mardi 18 décembre 2018

[Sortie] LES QUESTIONS DANGEREUSES de Lionel Davoust


Rien que le titre éveille la curiosité ...

Et que dire de cette superbe couverture !!



Le prochain "Davoust" Chez Helios sortira début 2019. 
A suivre ...

lundi 17 décembre 2018

LE CHANT DES RONCES de Leigh Bardugo



CONTES DE MINUIT ET
AUTRES MAGIES SANGLANTES



Éditions Milan
277 pages
19,90 euros


4ème de couv :

Si l'amour s'exprime avec des fleurs, la vérité exige des épines.

Six contes où règnent passion, trahison et vengeance.








Non mais regardez-moi cette merveille ! Une couverture rigide, toilée, avec du relief et des "dorures", enfin du orange métallisé. C’est superbe. Mais attendez, la surprise ne s’arrête pas là. Chaque conte accueille des illustrations qui évoluent au fil des pages jusqu’à former un tableau final. 

Voici un exemple concernant un des contes que j’ai beaucoup aimé. Il faut savoir qu’entre la photo numéro 2 et la photo numéro 4 (fin du compte), il y a douze doubles pages avec un dessin qui s’étoffe à chaque fois, jusqu’au tableau final !

Nous devons ces illustration à Sara Kipin.
Un grand bravo à elle !



Photo 1 et 2


Photo 3 et 4


Tableau final



Étant une fan absolue de l’univers de Leigh Bardugo, appelé par les aficionados le GrishaVerse, je ne pouvais que me ruer sur cette merveille.

L’autrice nous livre ici six contes, classés suivant l’origine de la contrée dont il est issu, et pour mon plus grand bonheur trois concernant Ravka , et un seul pour Kerch, Novyi Zem et Fjerda. Tous sont sympas hein, mais forcément certains plus que d’autres. J’ai adoré Le renard trop rusé et La sorcière de Duva. J’ai moins aimé Le prince soldat. Ceci dit, tous ces contes sont frustrants car beaucoup trop courts ! On a envie de rester dans l’ambiance, avec ces personnages qu’on ne fait que croiser. Mais cette frustration est de suite gommée pour se précipiter sur le conte suivant. Parce qu'à chaque conte que je découvrais, j’étais attentive aux mots, aux indices qui pourraient relier cette nouvelle histoire avec Six of crows ou Grisha. Cette quête a été un moteur de lecture incroyable !

Ces six contes sont tous différents les uns des autres. Chacun apporte un message, une morale à tirer voire même une leçon. Certains m’ont même surpris, je ne m’attendais pas du tout à une chute de ce genre. 

Ce livre se dévore, la magie des mots de Leigh Bardugo, son univers, ses histoires, ses personnages transforment ce recueil en page-turner et on arrive bien vite (trop ?) à la fin. D’autant que l’autrice nous avait habitué à de bons pavés de lecture. 
Si vous n'avez pas d'idées pour Noël, ne cherchez plus, c’est un merveilleux cadeau à offrir, un indispensable pour les amoureux du GrishaVerse !



Leigh Bardugo sur Bookenstock :




vendredi 14 décembre 2018

[BD] COMMUNISTES! de Pascal Thivillon







Editions Glénat
Collection : 1000 Feuilles
Format : 170 x 240 mm
120 pages
Prix : 15.00 €
Disponible en numérique




Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes


Dans les années 1970, Pascal grandit au sein d’une famille de militants communistes. Sensibilisé très tôt par ses parents à l’idée de justice sociale, il vit de l’intérieur tout ce qui fait l’essence de la lutte : les manifs, les distributions de tracts, les assemblées générales, le collage d’affiches sauvages, la fête, Pif et l’espoir des lendemains qui chantent. Le communisme, c’est tout cela, et bien plus encore ! De son regard naïf et innocent, il dresse ainsi un inventaire de ces obstinations, de ces rêves, de ce ridicule parfois, de ce dogmatisme souvent, mais aussi de cette réelle camaraderie, de cette générosité débordante et de cet enthousiasme aveugle, écrivant le récit d’une lutte aussi farouche que belle et joyeuse.

Pascal Thivillon nous livre le récit autobiographique de ses chroniques au sein d’une famille communiste dans les années 1970. De ses souvenirs, il offre le témoignage tendrement nostalgique d’une époque vue à travers le prisme de la jeunesse. Un album léger, drôle et touchant, tout sauf militant.






*Un album touchant plein de nostalgie et de désillusions* 


Quand je passe dans une librairie, j'en sors rarement les mains vides. Cette fois, c'est cette BD que j'ai raflée au passage. J'aime beaucoup les BD autobiographiques (Riad Sattouf, Guy Deslisles ...), alors cet album qui raconte la jeunesse de l'auteur dont les parents sont des communistes convaincus m'a séduit.

Communistes! raconte donc la jeunesse de Pascal Thivillon. Il a 8 ans, un frère de 9 ans 1/2 et des parents militants. Ses journées il les passe à l'école comme tous les gamins, mais ses soirées sont souvent synonymes de longues réunions de sympathisants dans le "local". Là, il joue et rêvasse tout en écoutant les adultes débattrent des actions à faire. Ça se passe au tout début des années 80, juste avant le 10 mai  1981 ...





Des parents aimants et idéalistes, qui rêvent d'un monde meilleur pour eux mais surtout pour leurs enfants. Ils espèrent un futur dans lequel le communismes permettraient à tous de vivre mieux. Ils militent, essayent de convaincre les gens autour d'eux. Ils donnent beaucoup d'eux-même pour tenter d'atteindre leur idéal. Ils sont vraiment lumineux.



Les dessins sont en noir et blanc dans lesquels seuls apparaissent parfois des slogans bien connus sur fond rouge. C'est très réussi et très frappant.



Communistes! est une jolie BD pleine de nostalgie et d'espoirs perdus. Une image d'une époque révolue. Une époque où certains, comme les parents de l'auteur, pensaient pouvoir changer le monde pour en créer un meilleur. Au fil des pages, on voit les manifestations, les 1er mai ouvriers, la fête de l'huma, l'ambiance bon enfant. On croise les figures légendaires de l'époque, Giscard, Marché, Barre ... Le démarchage que font les parents, du porte à porte, est parfois mal reçu. Et il faut beaucoup de courage et de volonté à ces gens pour continuer encore et encore. C'est très touchant et très réaliste, un peu triste aussi ... L'alliance du PC et du PS en ce début 1981, l'espoir qui naît, qui grandit, qui explose pour retomber dans d'amères désillusions.

Bref, une bien jolie BD qui rappellera des souvenirs à certains ou qui fera découvrir une partie de cette société des années 80 à d'autres.

Et vous? Vous savez comment on fait les sandwich en Russie ?


jeudi 13 décembre 2018

UNDERGROUND AIRLINES de Ben H. Winters





Éditions Actusf
426 pages
19,90 euros



4ème de couv :

Amérique. De nos jours. Ou presque.

Ils sont quatre. Quatre États du Sud des États-Unis à ne pas avoir aboli l'esclavage et à vivre sur l'exploitation abjecte de la détresse humaine. Mais au Nord, l'Underground Airlines permet aux esclaves évadés de rejoindre le Canada. Du moins s'ils parviennent à échapper aux chasseurs d'âmes, comme Victor. Ancien esclave contraint de travailler pour les U.S. Marshals, il va de ville en ville, pour traquer ses frères et soeurs en fuite. Le cas de Jackdaw n'était qu'une affaire de plus... mais elle va mettre au jour un terrible secret que le gouvernement tente à tout prix de protéger.

Un roman d'une brûlante actualité qui explore sous le faisceau de l'uchronie une Amérique bien trop familière...





De cet auteur, j’ai déjà à mon actif sa trilogie Dernier meurtre avant la fin du monde. Je me souviens que Lune l'avait qualifié de polar apocalyptique et c’était tout à fait ça (moi et les étiquettes...). J’avais vraiment apprécié cette lecture. Avec Underground Airlines, Ben H. Winters change la donne et se lance dans une uchronie d'envergure : la Guerre de Sécession n’a jamais eu lieu, Lincoln a été abattu avant la ratification du XIIIe amendement. L’esclavage perdure donc dans quatre États du sud des États-Unis : les Hard Fours.

Nous suivons Victor, qui est Noir et vit dans le Nord. Son boulot consiste à traquer les esclaves qui réussissent à s’évader afin de les renvoyer à leur propriétaire. Pas besoin de mettre des guillemets, c’est réellement ça. Sauf que l’on comprend très vite qu’il n’a pas le choix Victor. Il en faisait partie, il a été chopé, marqué, pucé et travaille pour le gouvernement… en laisse comme il dit. Soit il fait ce job, soit il retourne à la chaîne dans les abattoirs Bell d’où il vient.

L’auteur adopte la première personne du singulier et nous place ainsi dans la tête de Victor. On partage toutes ses réflexions les plus intimes, tous ses états d'âme et l’empathie est totale pour ce personnage torturé. C’est véritablement poignant.

Mais on n'a pas vraiment le temps de pleurer sur son sort. Lui non plus d’ailleurs, sauf lors de ses longues insomnies. Parce que ce roman est construit comme un véritable thriller et les pages s'enchaînent à une vitesse frénétique. Ce roman de 426 pages, je l’ai avalé en deux soirées, la plupart du temps avec la gorge serrée. C’est dur, c’est brut de décoffrage, c’est parfaitement adapté au sujet.

Victor est sur un nouveau dossier, le cas Jackdaw, le 212e… Il fait comme si, mais il se souvient de tous. C’est un très bon enquêteur, doublé d’un excellent acteur, capable de changer de personnalité comme de look en un tour de main. Et dans ce dossier Jackdaw, rien ne va. Il va devoir infiltrer l'Underground Airlines, cette filière qui se charge d’exfiltrer des esclaves fugitifs vers le Canada. Et pire, il va devoir retourner dans ce Sud honnis. Les retournements de situation sont légion et on tremble plus d'une fois pour lui. Il sera aidé par Martha, une jeune mère célibataire qu’il a rencontré dans le dernier hôtel où il était basé. Elle a un gamin, un métis… le père était un fugitif, il a été repris. Pas par Victor non, mais c’est tout comme pour la conscience de ce dernier.

Alors bien sûr c’est une uchronie, mais on ne peut pas s’empêcher de faire le rapprochement avec ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis, ou la majorité de la population noire reste en marge de la société. Où leurs droits sont plus souvent bafoués qu’à leurs tours. Où le président Trump ferme les yeux sur les agissements du Klu Klux Klan comme dernièrement...

Underground Airlines est un roman puissant, chargé en émotions et doublé d’un thriller d’une rare efficacité. Entièrement porté par un antihéros charismatique qui cherche à se montrer à nous sous son plus mauvais jour pour supporter sa honte, pour encaisser la peur qui le ronge h24. Ce roman m’a toute retournée et j’ai eu bien du mal à passer à autre chose une fois refermé. Je ne peux que vous conseiller, moi j’en fais un gros coup de cœur. Prévoir juste une phase de digestion post-prandiale délicate !

Un mot également sur la couverture de Diego Tripodi que je trouve superbe. Dommage d'ailleurs qu'on ne voit pas le dos qui est tout aussi parlant. Donc je vous mets la 4ème de couv !




Ben H. Winters sur Bookenstock :




mardi 11 décembre 2018

FEU ET SANG Tome 1 de George R. R. Martin



Editions Pygmalion
Collection Fantasy
Paru le 21/11/2018
512 pages
21.90 euros



"Au septième jour, une nuée de corbeaux jaillit des tours de Peyredragon pour propager la parole de lord Aegon aux Sept Couronnes de Westeros. Ils volaient vers les sept rois, vers la Citadelle de Villevieille, vers les seigneurs tant petits que grands. Tous apportaient le même message : à compter de ce jour, il n y aurait plus à Westeros qu un roi unique. Ceux qui ploieraient le genou devant Aegon de la maison Targaryen conserveraient terres et titres. Ceux qui prendraient les armes contre lui seraient jetés à bas, humiliés et anéantis."

Trois cents ans avant les événements du Trône de Fer, Feu et sang raconte l unification des sept royaumes.






"A réserver aux lecteurs avertis ... les fans de GoT"

Difficile de chroniquer un tel roman. Ha non, déjà ce n'est pas un roman mais une série de nouvelles dont certaines avaient déjà été publiées. Ce qu'il faut savoir aussi c'est que la publication originale est en un seul volume de 700 pages avec des illustrations et que Pygmalion a choisi de le sortir en deux volumes. Celui ci est le premier, le second sortira en mai 2019. Mais surtout il y a normalement 75 illustrations totalement absentes de ce premier volume. Même pas une petite carte qui permettrait de se remettre Westeros en mémoire.

Vu mon introduction, vous allez vous dire que je n'ai pas aimé. Oui ....et non!

En tant que fan de Game of Thrones, aussi bien la série que les romans, ce livre comble toutes mes envies de connaître l'histoire de Westeros. Qui est Aegon 1er, comment a t'il uni les Sept Royaumes, comment a t'il conquis Westeros ? Que sont devenus ses héritiers, comment étaient réparties les maisons d'alors (Lanister, Stark, Tyrrel etc ...) ? Alors oui, je suis comblée parce que tout y est avec une précision chirurgicale. Toute la lignée des Targaryen est épluchée en détail. Qui a fait quoi!? Qui s'est marié avec qui? Qui a combattu ? Et comment ? Quels ont été les conséquences de telle union ou de tel combat. Bref, un récit méthodique et détaillé de l'histoire des Targaryen et de leurs dragons.

Alors oui c'est super intéressant quand on aime GoT. Mais ....

Il a beaucoup de mais.

Déjà ce sont des nouvelles, qui à priori étaient censées être lues indépendamment. Parce que quand on attaque une "nouvelle nouvelle" et que l'introduction reprend un résumé de la précédente, franchement .... c'est chiant!

Ensuite c'est de la chronique historique, plutôt centrée sur les faits que sur la vie des personnages. C'est une sorte de catalogue des faits et gestes de machin ou truc (remplacer machin par Aegon , Aenys etc ...). C'est intéressant oui, passionnant non. Le lecteur n'entre pas dans l'intimité des héros et ne se sent que moyennement concerné par ce qui leur arrive. On en revient au catalogue, ou plutôt à l'arbre généalogique car c'est ainsi que j'ai ressenti ce livre. Un immense arbre généalogique qui m'amenait à chaque fois à un personnage différent dont j'apprenais le destin en quelques pages.

J'en reviens à ce que je disais avant, c'est tout à la fois passionnant et barbant. Passionnant de retrouver tous ces noms connus de familles légendaires, de connaître l'histoire de Westeros. Mais barbant parce qu'on a cette impression d'être en cours ... quand le prof est mauvais et qu'il récite des faits et dates sans y mettre une once d'âme.

En résumé, je suis contente d'avoir découvert ce livre d'histoire sur Westeros. Sa lecture m'a apporté beaucoup, mais ...
Mais il ne plaira pas à tout le monde, je le déconseille à tout autre qu'aux fans du trône de fer. Il ne faut surtout pas essayer de découvrir GoT en commençant par ce livre là.
Quant à la politique éditoriale qui coupe en deux un livre et en retire les illustrations (sans doute pour obliger les lecteurs à acheter le tome 2 parce que sinon il ne se vendrait pas du tout), je trouve ça quand même limite!

lundi 10 décembre 2018

LA VOIX DE L'EMPEREUR Tome 3 de Nabil Ouali



3 - Le Courage et le Vent


Éditions Mnémos
254 pages
21 euros


4ème de couv :


Le roi d’Ysabar et son armée se dirigent vers la Cité de Foi en emmenant avec eux Ravel, le champion de Lamborre, dans l’espoir de négocier une paix avec le roi-clerc. Dans la capitale impériale, Glawol l’évêque, Vilkond le général et Taskill l’intendant attendent désespérément des nouvelles de l’ennemi.

Saphir, la princesse de Sulividel, entend bien prouver à ses frères qu’elle a sa place sur le champ de bataille et devra surmonter de nombreux obstacles pour y parvenir. De son côté, alors qu’il cherche à venger ses maîtres, Ravel sera confronté à ses plus terribles peurs. Elin, enfin, partira à la reconquête de son royaume, à défaut de l’empire…







Comme vous le savez, je suis tombée sous le charme de l’écriture de Nabil Ouali dès le premier tome de sa saga. Je le mets sans hésiter dans cette catégorie d'auteurs que je lirai quelque soit le pitch proposé tant je suis convaincue que j’adorerai, grâce à une plume raffinée. Et là je pense à Jean-Philippe Jaworski, G.D. Arthur, Mathieu Gaborit... Pourtant on ne peut pas faire plus différent en terme de "production" n’est ce pas ? 

Reçu en Mois2 à l’occasion de la sortie du tome 2, nous avions passé un mois de décembre délicieux et plein de connivences. Bref, me voila enfin avec la conclusion de cette trilogie entre les mains, comme quoi tout arrive ( un jour peut-être aurons-nous la suite de Martyrs d'Olivier Peru hein Phooka ?!). Alors qu’en est-il de ce tome trois ? Balance Dup au lieu de tourner autour du pot ! Et bien oui, pas de coup de cœur cette fois ci :(

L’intrigue est dévoilée dans toute son intégralité. Elle s’était beaucoup ramifiée lors du tome 2, chaque branche de l’étoile créée par Nabil Ouali trouve ici sa conclusion. Le devenir de chaque royaume se profile presque comme un long fleuve tranquille, libéré du joug de l’Empire. Elin, démasqué n’est plus reconnu comme Empereur mais va tâcher de rester souverain de Fervadora. Lamborre, le royaume religieux des Justes, qui est à l’origine de tout ce cataclysme a reçu son retour de bâton, sa correction… oserais-je dire "divine" ? Et là j’ai un grand sourire ironique, sardonique même… que vous ne pourrez comprendre qu’en lisant ce tome 3. 
D’ailleurs, tout en restant volontairement floue, je tiens quand même à préciser que ce qui se passe à Lamborre, même avec la plume précieuse de l’auteur, m’a donné la nausée ! Si, si, les descriptions de certaines scènes me donnaient des hauts-le-cœur comme si j'y étais. En un mot, peu raffiné pour le coup, ça pouire à Lamborre !

Le principal reproche que je ferais à ce dernier volume c’est le manque de profondeur des personnages principaux, ou plus exactement le manque d’approfondissement de ceux-ci. Ravel que l’on suit plus longtemps que les autres, ressemble plus à une marionnette. Elin et Glawol sont survolés. Frimas joue son rôle, mais comment dire...de loin. J’attendais beaucoup de Tara. Elle est là oui, mais n’apporte pas grand chose à notre histoire. Un peu comme si Nabil estimait avoir fait le tour de ceux-ci et préférait nous en présenter d’autres. Et effectivement nous découvrons en détail les dirigeants des autres royaumes de son univers.

Alors moi je ne vois qu'une explication, et celle-ci est pleine d’espoir : contrairement à ce que dit l’éditeur « Avec Le Courage et le Vent, Nabil Ouali conclut en beauté sa trilogie de La Voix de l’empereur » ce tome 3 n’est pas une fin, mais un volume de transition vers une suite beaucoup plus ambitieuse. Nabil, tu ne peux pas laisser cet univers à l’abandon, je veux y retourner ! Et puis, cet épilogue, c’est bien une porte ouverte non ??? Allez, s’il te plaît !

Même si je n’en fais pas un coup de cœur, j’ai bien aimé cet opus Le Courage et le Vent. L’auteur s’est appliqué à clore toutes ses intrigues, peut-être au détriment de ses personnages. On voyage beaucoup et découvre les autres royaumes de cet empire moribond et leurs dirigeants. La plume de Nabil Ouali est toujours aussi fine et poétique, même dans l’abject. Une vraie fin, mais une porte reste entrebâillée tout de même. Le tout servi dans un écrin toujours aussi splendide. Les Éditions Mnémos me ravissent par la beauté de cette série qui est de loin ma préférée, la plus raffinée, et parfaitement à la hauteur de l’œuvre de l’auteur. 




Allez je remets la série pour le plaisir des yeux ! ♥♥♥






jeudi 6 décembre 2018

LE SIGNAL de Maxime Chattam





Éditions Albin Michel
740 pages
23,90 euros


La 4ème de couv de mon livre... je précise car j'ai fait 3 sites dont celui d'Albin-Michel et à chaque fois c'était un pitch différent !

La famille Spencer vient de s'installer à Mahingan Falls.
Jusqu'ici tout va bien.
Un vrai paradis.

Si ce n'étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d'effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.





Entre le trailer qui circule sur le web et cette couverture superbe, je ne pouvais faire autrement que de m’acheter et lire immédiatement Le signal. Du Chattam qui fait peur, enfin ! Depuis la trilogie du mal je piaffe. Toutefois on n'est plus dans le même registre, ici il est question de surnaturel et d’horreur. Rien à voir avec les thrillers bien gore… Enfin si, le gore est toujours là mais que voulez-vous j’aime ça et je dois dire que j’ai été servie. On est d’ailleurs tout de suite plongé dans une ambiance glauque grâce à la mise en page d’Albin-Michel version faire-part de deuil.



La famille Spencer vient de quitter New York pour s’installer à Mahingan Falls , une petite ville pas loin de Salem... rien que ce nom colle une ambiance sorcellerie.  Tom et Olivia les parents, deux ados du même âge, Chad et son cousin Owen qui a été adopté récemment suite au décès accidentel de ses parents, et la petite Zoey deux ans. À peine arrivés dans la Ferme, la maison que l’on voit sur la couverture, des phénomènes bizarres, angoissants ont lieu. Mais ne comptez pas sur moi pour divulguer le moindre élément.

Et ces phénomènes, loin d’être cantonnés à la Ferme surviennent un peu partout dans Mahingan Falls. Cette ville coincée entre l’océan d’un côté et une chaîne de hautes collines qui l’entoure. Maxime Chattam nous crée un huis clos de l’horreur qui n’est pas sans rappeler Dôme de Stephen King par la multitude des personnages d’une ville que l’on suit. Mais ce roman rappelle surtout Ça pour certaines scènes où l’on sent bien l’influence du maître sur l’auteur. Une chose est sûre, vous ne me verrez plus jamais arpenter un champ de maïs, ça c’est clair !

Dans la famille Spencer, si j’ai bien aimé le caractère et la trempe d’Olivia, c’est sans conteste les deux ados et leurs deux copains que j’ai préféré suivre. Cette force qu’il leur faudra pour affronter seuls les événements tant ils sont persuadés qu’aucun adulte ne les croirait... c’est juste émouvant. Ces mômes qui tremblent de peur mais qui avancent quand même, wow. Je crois bien que c’est leur sort qui m’a le plus impacté, leur peur qui a été la plus communicative. Ceci dit la scène entre Olivia et Derek est juste énorme ! Allez, si j'avoue que j'ai beaucoup aimé Olivia aussi. J’attendais beaucoup du personnage d'Ethan Cobb, jeune flic nouvellement installé lui aussi à Mahingan Falls. Mais non, il n’a pas détrôné Joshua Brolin qui reste à jamais mon préféré ♥♥♥.

L’écriture de Maxime Chattam est toujours aussi efficace, et la construction de ce roman avec des chapitres courts et qui alternent entre les différents groupes de personnages ou de lieux où se passent les actions, en fait un redoutable page turner. Ce roman de 740 pages je l’ai avalé en moins de trois jours. Il faut dire aussi que l’auteur a poussé le vice à nous semer à chaque fin de chapitre un mini cliffhanger qui interdisait de reposer le livre pour attaquer le suivant de suite. Procédé efficace s’il en est, en tout cas sur moi. On se retrouve enfermé comme dans une cocotte-minute et Maxime Chattam fait monter la pression de chapitre un chapitre.

Cependant j’avais bien du mal à relier tous les événements qui se passaient dans cette petite ville, et plus j'avançais vers la fin du livre et plus je me demandais quelle pirouette l’auteur allait devoir faire pour conclure et expliquer… Et là, je dois dire que j’ai été complètement bluffée. Un final grandiose, explosif, avec des explications qui tiennent bien la route et qui m’ont convaincue. Bref du grand Chattam comme toujours souvent.


mercredi 5 décembre 2018

[Sortie] Engrenages et sortilèges de Adrien Tomas


Ca se passe chez Rageot en janvier 2019 et c'est un roman d’aventures et d’apprentissage entre steampunk et fantasy.

Pas de couverture pour le moment (mais très bientôt me glisse t'on dans l'oreillette ....). En attendant je vous mets le magnifique portrait de l'auteur ...




Elle est belle hein !!!
Bon, Adrien aussi, alors on le laisse =D


© Chloé Deroy



Et un pitch sacrément alléchant ...



Grise et Cyrus sont élèves de quatrième année dans la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une nuit, les deux adolescents échappent de justesse à un enlèvement. Les voilà contraints de fuir ensemble alors qu’ils se détestent. Mais la cavale tourne court : l’apprentie mécanicienne et le jeune mage tombent dans les griffes de l’Arachnide, une reine du banditisme qui règne sans partage sur les bas-fonds de la ville. Elle leur propose un marché: s’ils cambriolent les coffres-forts de l’Académie, elle les protégera de leurs ravisseurs et missionnera ses meilleurs espions pour connaître la raison de cette tentative d’enlèvement.

mardi 4 décembre 2018

LES LOUPS-GAROUS DE THIERCELIEUX de Paul Beorn et Silène Edgar



Editions Castelmore
Paru le 14/11/2018
350 pages
9.90 euros


L'une vit le jour, l'autre vit la nuit... 1846. Un soir d'automne, le ciel est rouge au-dessus du village de Thiercelieux. Lapsa et Lune ont grandi ensemble mais cette nuit-là, l'appel de la lune rousse va les séparer. Lapsa découvre qu'on lui a menti sur la mort de ses parents et se jure de découvrir la vérité. Lune se lance à la poursuite d'un loup noir, jusqu'à un coffre caché sous un rocher. A l'intérieur : des masques de loups, un poème oublié qui parle de vengeance... 
Un masque sur son visage, la jeune fille se sent soudain investie d'une force animale. Elle fait le serment de lutter contre les injustices qui frappent le village. Mais la malédiction des loups, surgie du passé, ne risque-t-elle pas de bouleverser Thiercelieux et de les dépasser toutes les deux ? Après plus de 17 ans d'existence et une success-story éclatante, l'univers du jeu des Loups-Garous de Thiercelieux, créé par Philippe des Pallières et Hervé Marly, se renouvelle dans un roman captivant ! Ce récit d'amitié et de mystère, brillamment écrit par Silène Edgar et Paul Beorn (prix des Incorruptibles 2015-2016, prix Gulli du roman 2015, prix Tatoulu 2016, etc.), rappelle l'atmosphère à la fois douillette et inquiétante des veillées au coin du feu...







Un village perdu, Thiercelieux, des habitants "ordinaires", rien qui laisse présager une quelconque sombre histoire. Jusqu'à la lune rousse ... Cette lune rousse a lieu tous les quinze ans et pendant cette période d'étranges choses arrivent ...

Lapsa et Lune sont deux jeunes filles, amies depuis toujours. A quatorze ans, elles réalisent toutes les deux que la vie n'est pas si simple. Lune est fille de paysans, ses frères et soeurs sont morts très jeunes, elle est donc fille unique. Comme l'année a été très difficile, ses parents voient leur avenir très incertain. La seule façon se s'en sortir serait de marier leur fille à quelqu'un de riche. Cingly par exemple, le frère du baron. Mais Cingly est ... cinglé! Alors Lune rue dans les brancards et se révolte. 
Lapsa elle, est orpheline. Sa mère est morte en couches et son père avait été tué peu de temps avant sa naissance. Du moins, c'est ce qu'on lui a toujours dit. Elle vit avec sa grand-mère qui est la guérisseuse du village et avec elle, elle apprend l'art de l'utilisation des herbes.
Et puis il y a Arnoux, un grand gaillard qui travaille à la scierie et dont Lune est amoureuse. Il faut dire qu'il est sacrément beau garçon. Il y a aussi Dib son petit frère que ses parents martyrisent. Et Raoul. Raoul c'est un brave garçon, il travaille chez le boulanger. Il est gentil, secrètement amoureux de Lune lui aussi. Son patron, le boulanger est un fainéant voire même un escroc, et Raoul fait de son mieux pour aider les gens du village. Une bonne pâte ce Raoul. A travers cette aventure c'est tout un groupe d'adolescents qui va passer à l'âge adulte.

Tout se met en place doucement dans ce village, jusqu'à la nuit de la lune rousse. Là, la donne va changer. La découverte de masques de loups dans la forêt va inciter certains à se transformer en justiciers. Mais leurs interventions tournent mal. Pourquoi? Comment ? On ne sait pas trop. Il y a quelque chose de maléfique à Thiercelieux et tout le monde sera très rapidement dépassé.

Les points de vue alternent entre Lune et Lapsa. Elles ont chacune leur caractère, chacune leurs problèmes, chacune leur secret ...chacune leur auteur ! Une écriture à quatre mains qui permet de donner encore plus de substance à ces deux personnages. Elles vivent sous vos yeux et comme toute ado, si elles peuvent se montrer franchement agaçantes parfois, elles n'en sont pas moins terriblement attachantes.

C'est une lecture passionnante et très immersive. A tel point qu'à un moment j'avais oublié le jeu. Oui, le jeu ! Les loup-garous de Thiercellieux. Quand enfin, cette petite voix a fait son chemin dans ma cervelle, je me suis mise à chercher. Bon les loup-garous je savais qui c'était, mais la sorcière? la voyante? le chasseur? la petite fille ? Un véritable jeu de piste qui rend la lecture encore plus fun.

Les loup-garous de Thiercelieux est un fantastique roman, ou plutôt un roman fantastique, plein de suspense et de mystère. Inutile de connaître le jeu pour en apprécier toute la saveur. Néanmoins, si vous êtes joueur, la connaissance des personnages du jeu créera un niveau supplémentaire de lecture car vous allez chercher qui est qui. Forcément ! Comme toujours Paul Beorn et Silène Edgar ont réussi leur pari. Je dois reconnaître qu'au début je n'étais pas totalement convaincue par le concept, j'avais peur que les auteurs ne soient gênés par l'aura du jeu. Que nenni! Bien au contraire, ils ont su le transcender et en faire un atout majeur.
 Chapeau bas, sincèrement!


lundi 3 décembre 2018

LE VOILE DE LANCES de Bradley P. Beaulieu



SHARAKHAÏ

# 3

LE VOILE DE LANCES



Éditions Bragelonne
596 pages
25 euros


Le pitch :

Depuis la Nuit des Innombrables Lames, les rebelles des Hôtes sans Lune sont traqués sans relâche. La plupart d'entre eux ont été obligés de fuir la cité. Çeda, qui s'est réfugiée dans le désert, découvre qu'un Roi compte se retourner contre les autres souverains. Elle espère exploiter ces dissensions, mais en qui peut-elle faire confiance ? Tous sont susceptibles de la trahir.
Çeda imagine alors un plan risqué : libérer les asirim, les esclaves immortels des Rois. Mais le meilleur stratège de ces derniers, le Roi des Lames, est à ses trousses...
Tandis que la jeune fille tente de sauver les siens, la machiavélique reine de Qaimir, l'impitoyable mage de sang Hamzakiir et le Roi des Lames se préparent au terrible affrontement qui décidera du sort des peuples du désert...






/!\ spoil sur les tomes précédents !

Appréciez cette couverture magnifique de Marc Simonetti ! Elle dépeint à merveille une des scènes de ce livre. Qu’est-ce que j’aime cette série, l'intérieur, l'extérieur, tout est bien ! L’auteur a créé un univers qui me ravit à chaque tome. Aussi bien le désert du Grand Shangazi que sa perle d’ambre plantée au milieu, la ville de Sharakhaï. Les termes développés pour transformer ce désert un véritable océan de sable parcouru par des navires de toutes sortes, du plus grand vaisseau amiral de la flotte royale au petit skiff en passant par les boutres, les caravelles etc. sont juste énormes.

Et ces tribus du désert, ces peuples nomades qui ne se déplacent qu’en voilier ( et non à dos de chameaux ou dromadaires), donne une ambiance magique à ce roman. Lorsqu’ils font une pause, une halte, les navires sont installés en cercle et ils se réunissent au centre ce qui donne une petite connotation western délicieuse. Ces bateaux sont leurs biens les plus précieux et ils savent les manier à la perfection. L’auteur ne peut être qu’amateur de voile tant les termes techniques sont pointus et adaptés. 

Dans ce tome trois nous allons assister à de grandes batailles navales, à des courses poursuites dans le désert qui sont des passages intenses de lecture. Le fracas des nombreux combats résonne encore à mes oreilles alors que j’ai fermé mon livre depuis un moment. On sera plus souvent dans le désert que dans la ville de Sharakhaï ici.

Çeda poursuit toujours son but : détruire les rois de Sharakhaï. Elle en a déjà occit deux, un troisième a fuit dans le désert. C’est le Roi des lances, l'odieux Onur, amateur de chair humaine... Il fait bande à part, cherche à rallier, enfin à assujettir plutôt, les tribus du désert et affronter Sharakhaï pour être le seul à régner. Mais le but ultime de Çeda a changé, elle n’est plus animée par la quête aveugle du début, celle de venger sa mère. Ce qu’elle désire plus que tout, c’est libérer les asirim. Ces ancêtres de la treizième tribu, assujettis au bon vouloir des Rois, prisonniers des adicharas et qui souffrent depuis plus de 400 ans, depuis qu’ils ont été floués par les Rois et les Dieux. Seule la déesse Nalamae est de leur côté et tente de rééquilibrer les pouvoirs.

L’intrigue de Bradley Beaulieu se ramifie, se densifie. Les rois complotent, plusieurs factions se dessinent. Hamzakiir le grand mage de sang compte bien en profiter. On découvre plus en profondeur les pouvoirs de chaque Roi conférés par les dieux et c’est passionnant.
Les Hôtes de la Lune ont subit un revers, fuient Sharakhaï et rejoignent les survivants de la treizième tribu. Çeda va se joindre à eux. Elle tâchera de rallier quelques Vierges du Sabre à son combat.
  
Mais la plus grande comploteuse dans l’affaire, c’est sans aucun doute Meryam, la frêle et fragile reine du Qaimir, puissante mage de sang, qui louvoie entre tous ces Rois, Mages et Démons. Lorsqu'elle dévoile son plan et son but à la toute fin de cet opus j’avoue que je suis restée comme deux ronds de flan. Je ne la voyais absolument pas venir et du coup je n’ai qu’une hâte, lire la suite. Elle embarque Ramahd dans sa tornade, réussira-t-il à se désengluer ?

Et puis il y a Davud aussi, grand mage de sang en devenir. Il est toujours accompagné d'Anila qui se révèle une nécromancienne de talent. Ce jeune Davud, étudiant appliqué du Collegium de Sharakhaï, secrètement amoureux de Çeda est lui aussi manipulé. Par le Roi Sukru d’abord puis par un mystérieux personnage qui se fait appeler le Moineau. Or au milieu de cet opus, Davud disparaît et on n’en entend plus parler ! Rhaaaaaa, vivement le tome 4 !

Le voile de lances est un pavé de 596 pages que j’ai savouré page après page, durant une semaine. L’intrigue de Bradley Beaulieu monte en puissance et il nous livre avec ce tome 3 un roman bourré d’action, de combats navals et de complots à tout-va. Les personnages principaux sont ciselés et charismatiques, les secondaires très nombreux s'étoffent considérablement. Et toujours cet univers qui reste un enchantement malgré ou grâce à sa rudesse, ses grands écarts de température, son manque d’eau, ses tempêtes de sable et ses nombreux dangers. Je suis vraiment fan !!!



Si vous avez raté le début :