vendredi 22 mars 2019

L'ÂGE DES ASSASSINS T1 de RJ Barker


L'âge des assassins: Le royaume blessé




Editions Le Livre de Poche
8.70 euros
549 pages



Girton est l’apprenti de la plus célèbre criminelle des Terres lasses et se destine à une prometteuse carrière d’assassin, même si être affublé d’un pied bot corse légèrement l’affaire. Si Girton se consacre d’ordinaire à l’art de tuer, sa nouvelle mission lui apporte un défi inédit : il s’agit cette fois de sauver une vie. Un mystérieux traître a tenté d’assassiner l’héritier du trône, et Girton et sa maîtresse sont recrutés pour le protéger en secret.

Au sein d’un château débordant de pièges et de faux-semblants, Girton se fait alors passer pour un simple écuyer et doit apprendre à reconnaître les alliés potentiels comme les ennemis de l’ombre. À mesure qu’il progresse dans cette toile d’illusions et de mensonges, l’apprenti assassin va se heurter aux ambitions du pouvoir, éprouver sa loyauté et tenter de déjouer une conspiration qui pourrait bien détruire le royaume tout entier.






Girton est un apprenti assassin un peu singulier. Singulier, car il est rare, voire même impossible, d'exercer ce "métier" en étant handicapé. Or Girton a un pied bot qui le fait souffrir souvent. Et pourtant il excelle dans son art. Il faut dire qu'il est à bonne école. Sa maîtresse, Merela Kam, est sans doute l'un des meilleurs assassins existant. Elle lui a appris tous les trucs, toutes les danses qui lui permettent d'être un combattant hors pair.

Mais justement, dans cette nouvelle mission qui l'amène au coeur même du château de Maniyadoc, il doit se faire passer pour un jeune écuyer sans connaissance du combat. Tout ça pour essayer de mettre la main sur l'assassin engagé pour tuer Aydor, l'héritier du Royaume et surtout sur son commanditaire. 

Pour avoir plus d'informations sur le récit lui-même, je vous conseille fortement de lire l'excellente chronique de Dup. Comme elle l'a déjà très bien fait, je peux aller direct au but. 

Girton m'a tout de suite fait penser à Yarvi dans les Chroniques de la Mer Eclatée de Joe Abercrombie, car oui il est assez rare de croiser des héros porteurs de handicap dans la fantasy et le traitement fait par l'auteur de la gestion du handicap est souvent très intéressant. Ce que Yarvi arrivait à faire gràce à son intelligence, Girton lui, compense son handicap de façon différente, mais je ne vous en dirai pas plus.

Le récit s'articule sur deux axes: 

La vie de Girton au château. Une vie qui lui réserve quelques surprises, car Girton a toujours vécu isolé, seul avec sa maîtresse, apprenant son art et l'exerçant dans l'ombre. Son rôle d'écuyer va l'obliger à fréquenter d'autres personnes, jeunes ou moins jeunes, sympathiques ... ou moins sympathiques. Ce qui est sûr, c'est que pour lui c'est une expérience totalement nouvelle. Il va vivre une vie de jeune garçon "normal", découvrir l'amitié, la haine et l'amour. Et ce Girton-normal va avoir du mal à s'adapter à cette façon de vivre, très éloignée de celle du Girton-assassin. Une expérience vraiment déstabilisante pour un jeune ado. Et justement cette dualité est vraiment le point le plus intéressant du roman.

Le deuxième axe c'est évidemment l'enquête menée par Merela et Girton. Qui a loué les services d'un assassin pour tenter d'éliminer Aydor ? Même si on souhaite que cet assassin réussisse compte tenu du comportement exécrable de l'héritier, on a aussi très envie de savoir. Les nombreuses fausses pistes qui jalonnent le récit maintiennent le suspense. Cependant le moment des "révélations" me semble particulièrement raté. En effet, en 2 ou 3 pages à la fin du roman, toutes les questions trouvent leurs réponses lors d'un monologue de Merela. C'est si dense qu'on est obligé de le relire plusieurs fois pour en comprendre tous les tenants et aboutissants alors que le reste de l'enquête se déroulait plutôt sur un rythme lent. Une distillation plus progressive des réponses aurait été bien plus agréable.

Ce premier tome des aventures de Girton est auto suffisant, dans le sens où l'enquête trouve son aboutissement. Je suppose que les autres tomes verront Girton grandir et devenir un assassin adulte.  La lecture de cet opus est agréable mais pas non plus transcendante. Trop de lenteurs dans l'enquête tuent le rythme et sa conclusion est elle, bien trop rapide. Cependant la dualité des deux Girton est vraiment très originale et permet de suivre le récit avec intérêt. Je serai donc curieuse de lire la suite pour découvrir comment Girton évolue en devenant adulte.




jeudi 21 mars 2019

LA DERNIÈRE FILLE de Riley Sager




Éditions Michel Lafon
460 pages
19,95 euros




« La Dernière Fille » : c’est ainsi que l’on désigne la survivante dans un film d’horreur…

Quincy est l’une de ces filles… mais pas au cinéma. Dix ans auparavant, alors que cinq de ses amis se faisaient sauvagement assassiner, un policier en patrouille lui a miraculeusement sauvé la vie.
Pour la presse, deux autres jeunes femmes forment avec Quincy « Le club des Dernières Filles » : il y a Lisa, qui a vu mourir neuf de ses camarades d’université, et Samantha, qui a survécu à la tuerie du motel où elle travaillait pour payer ses études.
Elles ne se connaissent pas. Ne se sont même jamais rencontrées. Mais à l’annonce du suicide de Lisa, Samantha frappe à la porte de Quincy et fait irruption dans sa vie.
Cette rencontre fait voler sa vie et ses certitudes en éclats…

L’heure de la vérité aurait-elle sonné ?







La Dernière Fille, c'est celle qui survit d'une tuerie genre Massacre à la tronçonneuse. Un peu comme s'il fallait un témoin des horreurs perpétrées. Quincy en est une, sauf que comme témoin elle n'est pas d'une grande aide : amnésie rétrograde. De ce weekend entre amis à Pine Cottage elle ne se souvient que de leur arrivée jusqu'au premier coup de couteau puis c'est le trou noir jusqu'à sa fuite éperdue dans la forêt, le tueur à ses trousses et enfin un flic qui la sauve, Coop. Cela fait 10 ans.

Elles sont trois à se partager ce triste titre, Lisa rescapée d'une tuerie dans une sororité d'une fac, Samantha d'une boucherie dans un motel et Quincy, la dernière en date. Trois à tenter de réapprendre à vivre normalement.

À première vue Quincy s'en sort bien. En couple avec un jeune avocat aimant, elle a fait de sa passion pour la pâtisserie son gagne-pain en tenant un site web. Mais on découvre très vite que malgré cette normalité affichée, les béquilles sont là : le Xanax, le vin, rouge rosé ou blanc, peu importe et la plus solide d'entre elles, le contact qu'elle a gardé avec l'agent Coop. Il a habite à deux heures de Manathan où elle réside, mais accourt dès qu'elle l'appelle, la soutient, la rassure.

Ce fragile équilibre va voler en éclat lorsqu'elle va apprendre que Lisa, assurément la plus forte des trois, vient de se suicider. Et très peu de temps après surgit devant sa porte Samantha qui refait surface alors qu'elle avait disparue aux yeux de tous. Une Samantha qui va taper l'incruste chez Quincy et jouer le rôle d'agitateur au milieu de toute cette banale normalité. Que cherche-t'elle ? Et pourquoi Lisa a cherché à joindre Quincy peu de temps avant son suicide ? Quincy va devoir enquêter alors que quelques flash-back de Pine Cottage resurgissent, bien trop brefs cependant.

Un prologue choc, puis un début de roman piano piano le temps de faire connaissance avec Quincy qui est la narratrice. Oh je vous rassure, cela ne dure que les 50 premières pages ce piano piano ! Puis dès l'annonce du suicide de Lisa, la tension et le malaise s'installent et ils vont ne faire que monter. J'ai élaboré des tas de théories durant ma lecture, refusant celles montrées par l'auteur, pour y revenir sans cesse au fil des arguments dévoilés, pour finir par faire une fixette sur un des personnages. Revenant même en arrière pour corroborer mon choix, me persuadant que j'avais raison... et bien sûr, j'ai eu tout faux (heureusement sinon j'aurai été déçue :)).

Ce thriller est plus qu'efficace, l'effet page-turner s'installe rapidement, et je préfère vous prévenir, un fois atteint le dernier tiers de ce livre, on ne peut absolument plus le reposer. C'est impossible, tout le reste doit attendre. Un roman à conseiller à tous les amateurs du genre. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que ce livre est le lauréat 2018 du meilleur thriller international. Avec un premier roman, Riley Sager frappe fort. 

mercredi 20 mars 2019

Troisième série prévue sous la collection BIG BANG !






Pour juin 2019 celle-ci, le 12 plus exactement.





La magie est peu fréquente dans l'Empire raverrain, et ceux qui naissent avec ce pouvoir sont étroitement contrôlés : repérés dès l'enfance, ils se retrouvent enrôlés de force dans le régiment des Faucons.
Zaira a évité ce sort ; elle a grandi dans les rues en volant pour survivre et en dissimulant sa nature. Mais elle cache une magie rare et dangereuse, une magie qui pourrait menacer l'Empire tout entier.

Amalia Cornaro n'était pas destinée à devenir Fauconnière. Héritière d'une puissante famille, érudite, elle vit dans le monde dangereux des machinations politiques. Mais le sort va réunir l'héritière et la sorcière en une alliance improbable. Alors que la menace de la guerre se profile, il pourrait suffire d'une étincelle pour transformer leur cité en un brasier incandescent...


Tome 2 en septembre 2019
Tome 3 en 2020

mardi 19 mars 2019

[Sorties] Les sorties chez Folio SF en avril 2019



Avril 2019

Laurent Genefort
 Ce qui relie

Spire, I


Couverture: Manchu


*****


Rafael Pinedo
 Plop

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Denis Amutio


Couverture: George Clarenk


*****

Jo Walton
 Mes vrais enfants

Traduit de l’anglais (pays de Galles) par Florence Dolisi

Prix James Tiptree Jr.

Prix ActuSF de l’uchronie

Prix Planète-SF des blogueurs


Couverture: Aurélien Police


*****

lundi 18 mars 2019

CATARACTES de Sonja Delzongle




Il sortira le 4 avril 
Éditions Denoël
400 pages
20,90 euros



Il y a quarante ans, le petit Jan Kosta, trois ans, a été l’un des rares survivants de la terrible catastrophe de Zavoï. Lors d’un gigantesque glissement de terrain, ce village des Balkans a été littéralement englouti sous des torrents de boue. Sauvé par son chien qui l’a traîné, inconscient, hors de l’eau fangeuse, Jan a perdu toute sa famille.
Devenu hydrogéologue, Jan reçoit un coup de fil alarmé d’un ami ingénieur. Il se passe des choses étranges dans et autour de la centrale construite sur les flancs de la montagne de son enfance. Les gens ont des comportements imprévisibles, parfois violents. Les moines du monastère voisin ont tous disparu, et les bâtiments délaissés accueillent désormais un institut psychiatrique.
Vladimir demande à Jan de venir étudier les faits. Que le mal vienne de la centrale, de la montagne ou des hommes, si un nouveau drame est sur le point de se produire, seul un survivant de Zavoï aura une chance de pouvoir tout arrêter.







Pour son nouveau roman Sonja Delzongle abandonne les glaces et le froid du Groenland de Boréal et plante le décor dans un pays qu'elle connait bien, la Serbie. Loin de Belgrade, dans les montagnes du Grand Balkan, à Zavoï.

Un prologue choc, comme elle sait si bien le faire : en quelques pages elle nous noue les tripes et efface Zavoï de la carte ! Un glissement de terrain, un torrent de boue et d'arbres déracinés dévale la montagne. Deux survivants, Kosta 3 ans et son chien Hasta, un gros léonberg fidèle, ramassés mourants par un ermite Djol.

Aujourd'hui Kosta approche de la quarantaine et est installé avec sa femme et sa fille à Dubaï où il travaille en tant qu'ingénieur hydrogéologue. Mais ses services vont être sollicités par un ancien camarade d'études, Vladimir qui travaille dans une centrale hydraulique construite sur les lieux de l'ancien Zavoï. Le voilà donc de retour au pays, sur les lieux du drame alors qu'il n'y avait jamais remis les pieds.

En approchant des lieux, Kosta constate avec stupeur que le vieux monastère a été transformé en asile psychiatrique, que la vallée qui l'a vu naître est engloutie par le lac de retenue du barrage de la centrale. L'ambiance sur place est plutôt tendue faisant suite à la disparition d'un employé, des actes de sabotage et des scènes d'hallucinations plus ou moins collectives.

Tandis que Kosta part dans la montagne accompagné d'une jeune journaliste, Marija, pour trouver et inspecter la source qui alimente la centrale et l'ancien monastère, Vladimir reste sur place et va devoir affronter une série de meurtres, une grève et les venues incessantes de la milice. Le récit va donc alterner entre ces deux hommes qui chacun de leur côté enquêtent.

Au début j'ai cherché un lien entre les faits qui se passent entre les deux histoires que nous suivons en parallèle, puis j'ai très vite arrêté, portée par les récits où il se passe tant (trop ?) de choses. L'autrice enchaîne les surprises, les coups de théâtre et les retournements de situations qu'on ne sait plus où donner de la tête, où trouver le fil rouge directeur de l'intrigue, si ce n'est le rôle de l'eau dans ce roman. La psychologie des personnages est travaillée et va réserver bien des surprises.

Mais une chose est sûre, avec ou sans fil directeur, ce roman se dévore porté par une écriture nerveuse et sûre, les chapitres sont courts et percutants, le syndrome "encore un petit chapitre" fonctionne à fond. Sonja Delzongle en profite pour nous montrer les séquelles laissées par la guerre fratricide qui a secoué son pays il y a quelques années, soulignant l'absurdité de ce conflit. Mais si certaines scènes sont dures, voire violentes, dans chaque page transparaît son amour pour la Serbie. Et on la comprend, certaines descriptions vendent du rêve. Accrochez vous cependant, la fin est toxique ! Sonja, tu es sans coeur ! :(


Sonja Delzongle sur Bookenstock :

Le hameau des purs
Dust
Quand la neige danse
Récidive
Boréal

Légende : ☻ = fan Dup :))

samedi 16 mars 2019

En avril également, dans la collection BIG BANG


Un logo que vous risquez fort de voir souvent...

:)






Le 10 avril aussi, en même temps que Le serment de l'Orage du sieur Katz, sortira une autre série Young Adult, avec un rythme de parution encore plus élevé : Tome 2 en août 2019 et le tome 3 en octobre 2019.
Prenez vite le train en marche !


APOCALYPSE BLUES
# 1 : La saison des ravages

de Chloé Jo Bertrand




Quand survient le chaos, l'humanité peut-elle renaître ?
Ils s'appellent Kiran, Matthew, Tobias et Charly.
Ils ont quatorze, vingt, dix et seize ans.
Ils vivent en Inde, en Australie et dans l'Utah.
Ce sont des enfants du même monde, un monde où soudain tout va mal. Tornades, tsunamis, inondations – le dérèglement climatique brutal est à la hauteur de l'inconscience qui l'a précédé, et les conséquences sont cataclysmiques.
Pris dans la tourmente et livrés à eux-mêmes, tous les quatre vont se lancer dans une longue errance, fuyant territoires hostiles et folie humaine, à la recherche de leur famille, de lieux plus sûrs et, par-dessus tout, de l'espoir qu'une vie heureuse est encore possible, quelque part.



vendredi 15 mars 2019

Et Bragelonne créa "Big Bang" ... avec du Katz dedans!





Bragelonne crée un nouveau label nommé "Big Bang". Un label spécialisé dans le Young Adult. Une sorte relais entre Castelmore qui vise plutôt la catégorie "Jeunesse" et le Bragelonne "classique" de la SFFF adulte.

Ça c'est déjà une bonne nouvelle, mais quand on apprend qu'en plus le premier roman publié sera le premier tome d'une trilogie de Monsieur Gabriel Katz, l'intensité de l'excitation monte encore d'un cran !!!

Annoncé pour le 10 avril 2019, en Grand Format (16.90 euros), cette nouvelle série de Gabriel Katz Le Serment d'Orage sera suivi d'un tome 2 en octobre 2019 et d'un tome 3 début 2020 ...







« Ils étaient sept.
Sept chevaliers sous un ciel d’orage. »

Morgien et Cynon, deux jeunes chevaliers, la tête pleine de rêves de gloire et de hauts faits, n’ont qu’une hâte : prouver leur valeur. Ils n’hésitent pas un instant lorsque le seigneur Edwin de Gore leur propose d’entrer à son service dans les Hautes Terres. Des landes arides et occupées par une bande armée. Sans hommes ni moyens, les deux chevaliers devront faire face à l’adversité avec bravoure et honneur. Mais il plane en ces lieux une atmosphère sombre et malsaine. Alors que la demeure seigneuriale devient le théâtre de morts inexpliquées, une forteresse macabre apparaît à la faveur de la nuit. Les phénomènes inquiétants se multiplient, et bientôt, nul doute qu’une malédiction est à l’œuvre. Le Diable approche, et avec lui, la fin du royaume.

jeudi 14 mars 2019

[Audio] EMMA DANS LA NUIT de Wendy Walker







Durée : 9 h et 43 min


Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d'absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d'un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s'intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique. Que s'est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?





Wendy Walker a fait une entrée fracassante dans le cercle restreint des auteurs de thrillers psychologiques avec son premier roman Tout n'est pas perdu qui m'avait profondément marqué. J'attendais la suite de pied ferme... et je ne l'ai pas vu passer lors de sa publication en janvier 2018 chez Sonatine ! Heureusement je viens de le trouver dans le catalogue d'Audible et l'erreur est enfin réparée. Parce que oui, c'est une erreur de passer à côté des publications de cette dame lorsqu'on est amatrice du genre, je peux l'affirmer aujourd'hui. Deux thrillers, deux énormes coups de cœur.

Cette autrice a un don pour vous mettre dans la tête de tous ses personnages, même les secondaires comme c'est le cas ici. La psyché de chacun d'eux est tellement bien décortiquée qu'on semble les connaître parfaitement, qu'on devine leurs pensées intimes. Et je vous prie de croire que lorsque le dit personnage est disons, dysfonctionnel, et bien c'est l'effroi total. Ici elle explore le syndrome narcissique, pas très souvent mis en scène, et encore moins chez une femme, une mère...

Emma et Cass Tanner, 17 et 15 ans, disparaissent. La mère pleure devant les caméras. Trois ans après Cass réapparaît, elle a échappé à leurs ravisseurs et supplie le FBI local de retrouver l'île où sa soeur et le bébé qu'elle a eu entre temps sont toujours retenus. L'équipe du FBI qui avait officié lors de la disparition reprend donc du service, et c'est tant mieux car Abigail, la psychologue de l'équipe est encore hantée par leur échec d'alors. Parce qu'Aby savait très bien ce qu'enduraient les filles de Judy, elle même ayant subit les revers d'une mère narcissique.

Le récit alterne donc entre Cass et Abigail. Audible a choisi deux narratrices pour cet audio et c'est vraiment top. 
On a d'un côté Cass qui relate les faits, nous conte également leur enfance avec une mère qu'elles devaient sans cesse rassurer : " tu es la plus jolie", "tu es la meilleure des mamans", puis une mère qui divorce, se bat pour garder ses filles admiratrices mais leur impose de l'appeler Madame Martins...Cass est froide, analytique, on sait qu'elle attend son heure, mais pourquoi ?
De l'autre, on a une Abigail fragile, qui patauge et ne comprend pas pourquoi elle patauge. Elle sait qu'elle passe à côté de quelque chose, mais quoi ? Une Aby torturée à l'idée que son coéquipier ne croit pas en sa théorie du syndrome qui se transmet au sein d'une famille. Une mère qui manipule en permanence ses proches... mais qui est si facilement manipulable. 

C'est donc un grand jeu de manipulations dont il est question ici, où tous les personnages s'en donnent à cœur joie, pour aboutir à un final totalement inattendu ! Et là on se rend compte que le premier manipulé c'est le lecteur, et dans les grandes largeurs, j'adore me faire mystifier ainsi. Respect Madame Walker !


mardi 12 mars 2019

Potins de Phooka #5 : Les Oniriques en 1 minute ...



Les Oniriques en 1 minute ...





Oui le titre est un peu exagéré parce que nous (MiniPhooka et moi même) avons dû quand même y passer 1H30 (sandwich compris), mais néanmoins cette virée aux Oniriques a plus relevé de l'opération commando que de la visite de salon tranquille...

Du coup pas de tables rondes, pas d'interview et même pas de photo.

J'avais ma liste de courses et j'ai foncé tête baissée vers mes "cibles".

Nous avons d'abord croisé Manon Fargetton avant d'arriver à la médiathèque. J'ai été épatée qu'elle me reconnaisse moi qui n'ai aucune mémoire des noms et des visages. Vu le nombre de lecteurs qu'elle croise c'est remarquable ! Mais elle n'est pas la seule dans ce cas, tous les auteurs que nous avons été voir en coup de vent savaient qui nous étions, à croire que nous avions un petit panneau avec notre nom sur la tête comme dans les MMORPG (clin d'oeil à Noob....).

Une fois entrés, avant même 10h samedi matin, notre première victime a été Adrien Tomas pour la dédicace d'Engrenages et Sortilèges. Apparemment le roman marche plutôt bien donc on peut vraiment espérer un autre épisode dans ce joli monde de magiciens et de mécaniciens. Mais encore mieux, Adrien est en train d'écrire un roman adulte dans ce même monde ... Joie!! 

Pendant que je discute avec Adrien Tomas, j'entends une voix qui dit à MiniPhooka "Dis bonjour à ta mère". C'est Olivier Gay qui passe, mais il est attendu alors c'est un coucou de loin et comme il ne dédicace pas samedi matin, on ne le reverra pas.

Là, on voit un monde fou dans le hall et je commence à me demander si je vais réussir à voir tous ceux que j'ai prévu mais en fait c'est la queue pour Christelle Dabos qui déborde largement comme aux Imaginales. De toute façon je n'ai pas pris ses romans avec moi alors pas de regrets.

Manon est arrivée à sa table, assaillie par des collégiens qui visiblement sont dingues de sa série des plieurs de temps. Ca fait chaud au coeur tous ces mômes avec leurs livres entre les mains! Moi je me décide pour "Dix jours avant la fin du monde" dont le pitch me plaît bien.

A côté se trouve Estelle Faye (qui s'ennuie parce que sa voisine Aurélie Wellenstein n'est pas encore arrivée). Embrassades et discussions passionnantes, comme toujours avec Estelle qui est une perle. Je prends évidemment 2 Bohen sinon Dup ne m'aurait jamais pardonnée ...

On va dire bonjour à Lionel et on discute de son tome 3 des Dieux Sauvages qui doit sortir en Mai. Apparemment un monstre aussi bien en qualité qu'en quantité. Un énorme pavé, j'en bave par avance !

Et puis on croise Nadia Coste, qui n'est pas censée signer samedi matin mais qui nous trouve un coin de table pour dédicacer Rhizome que j'avais apporté et j'en profite pour lui acheter son petit dernier "Comment je suis devenue un robot" dont j'ai la toute première dédicace (numérotée !!! :)). On discute bouquins, couture et cosplay ! Adorable comme toujours Nadia! 

Entre temps Aurélie Wellenstein est arrivée, je me présente, elle est tout sourire. Elle me parle de la chronique enthousiaste de Dup pour Mers Mortes que je lui achète bien évidemment!

On doit déjà partir, un petit coucou à Estelle du Comptoir de l'écureuil sur le stand des Indès de l'Imaginaire. Stefan Platteau n'est pas là ce matin (il semblerait qu'il soit en train de rédiger sa nouvelle pour les Imaginales parce qu'un peu en retard ... :)). Tant pis, il fera parti des nombreux auteurs que nous n'avons pas eu le temps de saluer. 

Une autre fois ...



lundi 11 mars 2019

[Audio] SHAKTI de Stefan Platteau



Les sentiers des astres : Tome 2





Les sentiers des astres 2
Lu par : Matthieu Dahan
Durée : 15 h et 9 min


Sept hommes, une femme et une enfant. Ce sont les derniers compagnons qu'il reste au barde Fintan Calathynn pour mener à bien la quête du Roi-diseur, à travers une forêt boréale plus menaçante que jamais. Neuf survivants aux abois, retranchés dans la grotte des Teules, encerclés par l'ennemi. 

À l'heure où la gabarre livre ses derniers secrets, et où les arbres tremblent de la colère des géants, les fugitifs devront jouer cartes sur table et révéler les ombres issues de leur passé. A commencer par l'énigmatique Shakti.







Shakti, je vous le rappelle, est la seule femme adulte de l'expédition narrée dans le premier tome. Elle est à moitié chamane et est accompagnée de sa fille qui, elle aussi possède quelques dons, comme prédire l'avenir proche. Surnommée également la Courtisane, elle suscite l'interrogation de tous, d'autant que le seul qui la connaissait, le capitaine de l'expédition, n'est plus. Alors que les survivants se requinquent chez les Theules, ce peuple de la forêt du grand nord, Fintan Calathynn qui a pris le rôle de dirigeant, la prie de se raconter.

Le dit de Fintan alterne donc maintenant avec le récit de la Courtisane.

Le dit du barde nous raconte comment ils ont réussi à s'échapper de l'étau de leurs poursuivants, et comment ils ont été récupérés par les Theules. On va découvrir les us et coutumes de ce peuple particulier, des capacités si singulières des femmes Theules (ça vaut le détour croyez moi !!! Oo), voir notre bâtard semi-solaire s'épanouir au milieu de ces gens. Et puis Fintan ne sait toujours pas qui est le traître de leur équipée nordique. Qui donc avait intérêt à empoisonner leur capitaine ? Il doit le découvrir avant de repartir en quête du Roi-diseur.

Quant au récit de la Courtisane, il occupe quand même les deux tiers de ce volume, le titre n'est donc pas usurpé ! Son récit commence à son adolescence, dans le lempio, la Mère-forêt. Dans le Fintami, bien loin de l'Héritage dont sont issus tous les autres. Sa rencontre avec Meijo, le jeu de séduction de ce dernier pour l'entraîner dans une chasse interdite, afin de rapporter un beau trophée à la cour. Il jette son dévolu sur Charogne, dite la Croque-carcasse, une ourse gigantesque emplie de mauvaiseté depuis des lustres. Le prix de cette mise à mort va être très élevé pour nos deux amoureux qui vont devoir fuir sous peine d'être anéantis par l'esprit revanchard de l'animal sacré. Un récit mouvementé entre la réalité et l'Outre-songe, un récit totalement captivant, complètement hypnotisant et...vraiment flippant.

J'ai écouté les trois quart de ce récit lors de mes randonnées en montagne cet automne, et bien je peux vous dire que toute seule au milieu de la forêt jurassienne, je n'en menais pas large du tout. Le jeu des voix du narrateur m'a fait sursauter, accélérer, arrêter net, regarder autour de moi avec le palpitant qui sprintait tout seul, bref flipper plus d'une fois. Une mention spéciale pour le discours de l'esprit-gardien, Matram Toram !!! En plus de la voix d'outre-tome prise, le narrateur y a ajouté un effet d'écho saisissant que l'on ne peut pas avoir à la simple lecture. C'était juste énorme. Heureusement que c'était un esprit bienfaisant celui-ci !

Plus de quinze heures d'écoute en compagnie du récit de notre barde Stefan Platteau et j'en redemande. J'attends juste que la neige qui a envahit mes chemins s'en aille pour "chausser" mes écouteurs et partir en compagnie de Meijo. Ayant lu Manesh et écouté Shakti, je pense sincèrement que la version audio des Sentiers des astres est plus impactante que la lecture, et vous la recommande chaudement. Platteau-Dahan, un excellent combo !