lundi 25 juin 2018

D'ENCRE, DE VERRE ET D'ACIER de Gwendolyn Clare





Éditions Lumen
470 pages
15 euros


Le pitch :


Et si on pouvait vraiment créer un monde avec de l’encre et du papier ?
Avec la bonne plume, le bon papier et en respectant des règles complexes, il est désormais possible de voir naître sous ses doigts un nouveau monde. Cette nouvelle branche de la science, la scriptologie, connaît deux adeptes hors du commun : Jumi da Veldana et sa fille Elsa sont nées, comme l’univers d’où elles viennent, sous les doigts d’un scriptologue. Mais elles se sont révoltées et ont elles-mêmes appris, à leur tour, les secrets de cet art, et repris le contrôle de leur petit paradis.
Leur bonheur ne dure pas : Jumi cache un noir secret et disparaît, enlevée sous les yeux de sa fille, qui doit s’aventurer dans le monde réel pour retrouver sa trace. Des canaux d’Amsterdam aux rues du Pise, elle finit par trouver refuge dans une véritable " maison de fous " appartenant à l’ordre d’Archimède, c’est-à-dire une institution où scriptologues, alchimistes et mécaniciens peuvent venir se mettre à l’abri, étudier et travailler en compagnie d’autres scientifiques. C’est aussi un pensionnat, dont les élèves l’observent avec beaucoup de curiosité – au premier rang d’entre eux, Léo, un mécanicien de génie, avec qui sa rencontre fait des étincelles. L’aide promise à Elsa par l’ordre tardant à se concrétiser, la jeune fille décide de prendre les choses en main. Et ce n’est pas peu dire. Car Elsa, elle aussi, dissimule un secret...
Saura-t-elle réparer par l’écriture un univers devenu fou ? Elsa va devoir apprivoiser les règles de ce nouveau monde et se faire à la complexité des relations humaines si elle veut parvenir à retrouver la trace de sa mère. Passé tragique et ténébreuses conspirations, mondes de poche et armes ultimes : suivez cette héroïne armée d’encre et de papier dans une aventure pleine de charme et de suspense !









Relisez bien le résumé ci-dessus, sinon vous n’allez rien comprendre à cette chronique ! Le principe même de cet univers imaginé par l’auteur à partir de cette discipline la scriptologie est assez remarquable et original. Mais bon n’est pas scriptologue qui veut, il faut avoir certaines aptitudes.
Le monde de Gwendolyn Clare se divise en deux catégories, les moldus en quelque sorte et les autres, désignés ici comme des "fous". Ne me demandez pas pourquoi ! Peut-être un problème de traduction ? Car ces fous n'ont rien de dérangé, ils sont justes plus intelligents que le commun des mortels et une aptitude innée dans l’une des trois disciplines suivantes : la scriptologie, la mécanique ou l’alchimie. Certains encore plus fous que d’autres, réunissent plusieurs de ces aptitudes et sont appelés alors des polymathes. Ils sont de ce fait fortement recherchés par tous les gouvernements car leurs inventions sont primordiales.

Elsa vivait peinarde dans son monde scripté par sa mère Jumi, mais la quiétude des lieux explose lorsque sa mère est enlevée tandis qu’elle subit les effets d’un gaz narcotique. Dès son réveil Elsa franchit un portail lui permettant de revenir dans le monde réel où elle va mener son enquête pour retrouver sa mère et le livre-monde de Veldana, son univers natal. Un monde créé à la base par un certain Montaigne, un scriptologue parisien dont Jumi en a modifié le livre-monde pour s’en emparer et gagner son indépendance. L’enquête d’Elsa démarre mal car le portail la mène tout droit chez Montaigne qui gît mort au milieu des flammes de son bureau en feu… 

Elsa va remonter la piste : Paris, Amsterdam puis Pise en Italie. Jusqu’à une impasse due aux tractations politiques de l’Ordre d’Archimède qui protège les fous. Elle va devoir attendre dans un pensionnat italien considéré comme un asile de fous. Rien que la description de Casa, cette maison si particulière vaut le détour, c'est juste énorme !  Elsa découvrira les vertus de l’amitié auprès de Léo, Porzia et Faraz, mais également les prémices du sentiment amoureux malgré les recommandations rabâchées maintes fois par sa mère. 

Face à l’attentisme des adultes ces quatre jeunes vont foncer. Leurs aptitudes particulières vont rendre cette enquête passionnante et pour le moins singulière, navigant sans cesse entre le monde réel et des mondes, voire simplement des pièces scriptées. Ainsi Elsa dispose à sa guise d’un atelier portatif en quelque sorte, car elle peut y avoir accès de partout où elle se trouve dans le monde réel. Avouez que c’est pratique ! Bon il ne faut pas se tromper dans les coordonnées pour franchir les portails sinon vous risquez purement et simplement de disparaître dans le néant.

Dans ce jeu de cache-cache entre tant d’univers, les découvertes d’Elsa et les coups de théâtres seront nombreux. Elle découvrira aussi la saveur amère de la trahison, de la déception. Un cocktail de relations humaines auquel elle n’était pas du tout préparée, vivant en ermite avec sa mère à Veldana.

Si j’ai eu un peu de mal au début à appréhender le fonctionnement de ces mondes créés par l’auteur, une fois pigé le principe, cette lecture fut franchement agréable. Et vu comment se termine ce volume, il reste quelques règlements de compte en suspend, je n’ai qu’une hâte lire la suite ! Un bon conseil, prenez le train en marche ! Et puis sérieusement, vous avez vu la beauté de cette couverture ? On dirait une aquarelle, elle est à la fois belle et inquiétante. Je la trouve franchement réussie et je suis ravie d’accueillir un si beau livre dans ma bibliothèque.



5 commentaires:

  1. Je l'ai dans ma PAL numérique, faut vraiment que j'y jette un coup d’œil !

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  2. J'avais déjà envie de le lire mais alors là ... je ne vais pas pouvoir tenir longtemps avant de craquer ! mdr

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    1. ça m'étonnerait que tu regrettes Althea !

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  3. je ne regarde pas trop en jeunesse, car souvent déçue par la facilité, mais là l'univers a l'air vraiment fouillé, tentant !

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