jeudi 2 octobre 2014

Second tome de l'interview de Laurent Whale



Le tome 1 est ICI












Hello les tous ! (formule brevetée)







Nous voici donc amis pour la vie pendant un mois. Comme le veut la tradition, vous pouvez donc dès à présent me poser toutes les questions que vous désirez.



Oui, même celles que vous n’oseriez mentionner à votre psy. J’y répondrai bien entendu avec toute la mauvaise foi requise en pareille circonstance !



Blague à part (je sais, c’est moyen drôle !), le Chapternator et moi-même nous ferons un plaisir de dévoiler tous nos secrets, depuis le massacre de chapitres à la chaîne, en passant par l’art de la procrastination active et jusqu’à l’absorption de liquides stimulants pour les glande imaginatives.



Ma vie, mon œuvre et ma recette du cocktail d’escargots en tartare (c’est beurk, mais ça débarrasse des fâcheux).

Voilà, je crois que tout est dit, à vous les studios !



Astuce :

Les questions à éviter :

- Le montant de mes droits d’auteurs pharaoniques,

- La fin de mon prochain roman,

- Le téléphone de mon psy,

- Ma recette des bouchées au foie de hanneton (il y a des choses sacrées, tout de même)



Sinon, vous pouvez me tacler pour mon humour pourri, j’ai l’habitude.



Laurent.


******************************************************************************


Nahe :

Bonjour Laurent,

je viens de terminer "Goodbye Billy", emballée par ce titre et cette série des Rats de poussière. Grâce à Lune, je n'aurai pas à demander qui sera le prochain personnage central et j'ai déjà hâte de découvrir ce roman.

Dans un autre domaine, quel lecteur es-tu ? Des auteurs, des genres favoris ?



Laurent :


Bonjour Nahe,
Merci pour le compliment ;-)
Je suis un lecteur permanent. j'ai beaucoup lu de SF par le passé, ainsi que pas mal de thrillers. Depuis quelques années, je tends à lire tout ce qui me tombe sous la main dans tous les genres, y compris en littérature générale. Il n'y a que la fantasy et la bit-lit auxquelles je n'accroche pas. Seuls de rares livres ont su me convaincre dans ce genre-là : La somme des rêves, de Nathalie Dau, ainsi que le dyptique Chien du Heaume de Justine Niogret.
Je lis tous les jours et je prends ma lecture en cours plusieurs fois dans la même journée. Impossible de concevoir l'écriture sans la lecture. Mais je ne lis jamais un livre dans le même genre que celui que j'écris. Pour preuve, en ce moment, je rédige le deuxième épisode des Rats de poussière en lisant le dyptique (encore) Dominium Mundi de l'excellent François Baranger (qui est un space op).
En thriller, j'apprécie : Mickael Connelly, Clive Cussler, Robert Ludlum et Robert Crais. En littérature générale : Arturo Perez-Reverte, Luis Sepulveda, St Exupéry ou encore E.E. Schmitt... pour la SF, la liste est bien trop longue !



Partenariat Le mois de Simon Sanahujas/Rivière Blanche



Bookenstock et Les éditions Rivière Blanche vous proposent de découvrir:


  RANCŒUR





Un aventurier Luxian qui parcourt le monde à la recherche de lui-même.



La capitale du plus puissant des Royaumes, où des nobles crapuleux se livrent à une lutte sans merci contre le mystérieux Creuset d’Ombres tandis qu’une horreur sans nom hante les profondeurs de la cité.

Trahi par ceux auxquels il a sacrifié quatre années de sa vie, Karn est rongé de rancœur et tout son être crie vengeance.

Mais alors que le héros mué en truand se fraye une route sanglante dans cette cité devenue prison, que la haine le consume et le transforme, une métamorphose insoupçonnée se profile. Et si ce tunnel sans espoir pouvait finalement révéler ce qu’il est réellement et ce qu’il cherche depuis tant de tumultueuses années ?

L’auteur :

Né à Reims en 1979, Simon Sanahujas est l’auteur de cinq romans, Suleyman et L’emprise des rêves, parus respectivement en 2005 et 2008 chez Rivière Blanche (Black Coat Press, rééditions poches chez Lokomodo en 2011 et 2013) ainsi que Nereliath, Seuls les Dieux et Rancœur, qui clôture les Chroniques de Karn, parus en 2011, 2012 et 2014 aux éditions Asgard. Les nombreuses vies de Conan, un essai consacré au célèbre héros de Robert E. Howard, est quant à lui publié en 2008, chez Les Moutons électriques Éditeurs, avant d’être récompensé aux USA d’un Valusian Award par la Robert E. Howard Foundation. Avec le photographe Gwenn Dubourthoumieu, il part régulièrement muni de son seul sac à dos pour arpenter des endroits improbables et en ramène d’étonnants récits de voyages (Conan le Texan en 2008, Sur la piste de Tarzan en 2010 et À la poursuite de Dracula en 2012, toujours chez les Moutons électriques), cherchant à chaque fois à lier la découverte d’un héros de littérature populaire à celle d’un territoire réel. Simon Sanahujas compte aussi à son actif la publication d’une dizaine de nouvelles et de nombreux articles et dossiers écrits pour divers médias spécialisés (Black Mamba, Bifrost, Faëries...). Depuis 2011, il fait partie du collectif pluridisciplinaire Bronca, et anime également des ateliers d’écriture et différents types de rencontres autour de la littérature. 

(source FNAC)




L'emprise des rêves




Cinq années après avoir découvert les possibilités infinies du Multivers, Zoé s'investit dans la sauvegarde des mondes. Mais, alors qu'elle se trouve prise dans la tourmente de complots et contre-complots mettant en péril sa vie comme les univers dont elle a la charge, les pensées de la jeune femme restent tournées vers le souvenir de Suleyman. Qu'advient-il d'un héros lorsqu'il assassine l'écrivain qui l'a créé ? En tentant de résoudre ces problèmes, Zoé découvrira toute l'étendue de L'EMPRISE DES RÊVES





*********************


Et maintenant le blabla des règles... qui pourrait se résumer à ça : 

Annoncer ce mois2 début novembre, avec lien(s)
Votre chronique avant fin novembre, avec lien(s)
DES questions, des commentaires, bref venir tailler la bavette avec l'auteur quoi !




Merci de lire attentivement les règles 
de ce partenariat EN ENTIER avant de postuler !



Pour y participer, vous devez nous envoyer un mail à l'adresse suivante:


lemoisde[at]gmail[point]com


avec:

* l'adresse de votre blog
* Le livre pour lequel vous postulez
* votre pseudo, si vous en avez un sur livraddict/facebook/bit-lit.com/google+ etc..
* votre nom et adresse ou simplement votre mail pour les formats numériques 
* Les résultats du partenariats seront annoncés dans un billet dans les jours à venir. Nous ne prévenons pas les bénéficiaires par e-mail.


Si vous ne remplissez pas ces critères vous serez automatiquement écartés...



Les règles sont toujours les mêmes :

* Nous envoyer un mail pour annoncer que vous avez bien reçu le livre.

* Lire et chroniquer ce roman au plus tard le  25 novembre 2014 ,( avec les liens vers Bookenstock dans votre chronique ), et nous envoyer votre lien également.

Annoncer le Mois de Simon Sanahujas sur votre blog au début du mois de novembre.

Venir participer au Mois de Simon Sanahujas en posant plusieurs questions (ou commentaires) pendant son "Mois de ...".



Le partenariat restera ouvert au minimum 24 heures. Le choix des participants se fera sur des critères connus de Dup et Phooka.







Si le manque de participation et d'implication observé  le mois dernier se reproduit, ce sera le dernier "Mois de"

Le Mois de Novembre sera le mois de ...







Simon Sanahujas sur Bookenstock, c'est Nereliath publié chez feu Asgard éditions.



Mais vous le connaissez peut-être grâce à Suleyman ou Seuls les dieux




Ou à travers son petit dernier, Rancoeur, publié aux Editions Rivière Blanche !
(bientôt la chronique ici)





Mais il a aussi écrit de nombreuses nouvelles, bref, un auteur à part, une fois encore , que nous aurons le plaisir de découvrir en Novembre ! Grand merci à Simon, de se prêter au jeu !


mercredi 1 octobre 2014

Premier tome de l'interview de Laurent Whale














Hello les tous ! (formule brevetée)







Nous voici donc amis pour la vie pendant un mois. Comme le veut la tradition, vous pouvez donc dès à présent me poser toutes les questions que vous désirez.



Oui, même celles que vous n’oseriez mentionner à votre psy. J’y répondrai bien entendu avec toute la mauvaise foi requise en pareille circonstance !



Blague à part (je sais, c’est moyen drôle !), le Chapternator et moi-même nous ferons un plaisir de dévoiler tous nos secrets, depuis le massacre de chapitres à la chaîne, en passant par l’art de la procrastination active et jusqu’à l’absorption de liquides stimulants pour les glande imaginatives.



Ma vie, mon œuvre et ma recette du cocktail d’escargots en tartare (c’est beurk, mais ça débarrasse des fâcheux).

Voilà, je crois que tout est dit, à vous les studios !



Astuce :

Les questions à éviter :

- Le montant de mes droits d’auteurs pharaoniques,

- La fin de mon prochain roman,

- Le téléphone de mon psy,

- Ma recette des bouchées au foie de hanneton (il y a des choses sacrées, tout de même)



Sinon, vous pouvez me tacler pour mon humour pourri, j’ai l’habitude.



Laurent.


******************************************************************************






Violaine B.

Bonjour. Je commence ce mois de en remerciant le blog déjà de m'avoir fait découvrir Laurent Whale. Je ne connaissais pas du tout votre oeuvre et en lisant Goodbye Billy j'ai trouvé que vous aviez une imagination débordante. ..ou puisez vous votre inspiration? ?




Laurent:
Bonjour Violaine,

Question judicieuse. D'où vient donc l'inspiration ?
En ce qui me concerne, je me contente de garder un esprit ouvert à ce qui se passe autour de moi. Dans le monde, dans la vie en général. Parfois, une idée surgit d'une phrase mal entendue, d'une discussion sur un tout autre sujet mais qui déclenche une association d'idées. Une cascade de "et si ?" ou de "et pourquoi pas ?".
Dans Billy, l'idée de fond est venu en voulant lier un évènement présent à un personnage historique. Bien entendu, il a fallu en trouver un dont la mort posait débat, de manière à pouvoir agir sur les deux trames de l'intrigue. L'historique et la contemporaine.





Salut Laurent, moi je voudrais savoir qui sera le personnage célèbre qui sera au centre de la prochaine enquête des Rats de poussière ??



Laurent:

Bonjour Lune,

Je suis actuellement à la moitié de la rédaction du prochain opus des Rats depoussière, l'équipe qui mène l'enquête dans Goodbye Billy. Je peux donc dévoiler (après consultation de mon éditeur), que le prochain personnage historique point de départ de l'épisode 2 sera.... Robinson Crusoé !
Et oui, l'homme a réellement existé, sous un nom différent, et n'est pas resté 28 ans sur l'île, comme l'avait écrit Defoe, mais "seulement" 4.
Il y aura, bien sûr, une galerie d'autres crapules contemporaines en bonus ;-)





Bonjour Laurent, moi j'aimerais savoir pourquoi tu maltraites tous ces chapitres, pourquoi tant de haine ? ;) 

Laurent:


Bonjour Xapur,


Parce que la maltraitance n'est pas encore punie pour les chapitres, même mineurs ;-)
Sans rire, en fait si j'ai lancé cette "routine" c'est simplement parce que ça me motive pour écrire. Je sais qu'il y a des gens qui attendent le compteur de chapitres et je suis donc "obligé" de m'y tenir.
Sans compter que les délais, avec la vie en dehors de l'écriture à gérer, ne sont pas toujours faciles à tenir. Pour l'instant (depuis 3 ans) je maintiens le rythme d'un roman annuel, plus quelques nouvelles pour des AT, si j'ai le temps.



Sia 

Bonjour Laurent Whale et merci d'accepter de répondre aux questions dont même le psy ignore la réponse ! (Au passage, merci à Bookenstock). 
J'ai découvert Les Damnés de l'asphalte, et la première question qui m'est venue à l'esprit est : pourquoi avoir choisi l'Espagne comme décor ? (Pourquoi pas la Creuse, la Bretagne, ou la Corse ?). La lecture m'a donné furieusement envie d'aller traîner mes savates sur les côtes catalanes. 


Laurent:



Bonjour Sia,

L'Espagne a été le choix qui s'imposait car la famille Costa et consorts avaient émigré dans le sud, aux pieds des pyrénées. Les faire remonter vers la Bretagne n'aurait généré qu'une redite de leur voyage inverse. Comme dans ce 2eme tome, ils ne sont plus en avion, les distances sont donc nécessairement plus courtes. L'Espagne a donc été une destination à la fois exotique et proche géographiquement.
Pour la Corse, même remarque, c'est encore la France (pardon, ne plastiquez pas la niche du chien !) ^^
mais, les aventures des Costa sont prévues sur 4 volumes. Le prochain sera plus lointain et encore plus exotique... Les moyens de transport changeront également! Pour l'instant, un gros tiers est écrit, je devrais en terminer la rédaction dès que je boucle le deuxième épisode des Rats de poussière (l'équipe de Goodbye Billy, mon thriller historique)




Mariejuliet 

Bonjour Laurent,
Une question classique pour commencer : Qu'est-ce qui t'as amené à l'écriture ?




Laurent:


Bonjour Mariejuliet,

Encore une bonne question!
j'ai commencé d'écrire comme un jeu à quatre mains avec ma copine de l'époque (il y a 8 ou 9 ans). Nous avons commis une histoire de SF façon space-op mâtiné de sexe ! Mais ça m'a donné envie de voir si j'en étais capable seul. alors, j'ai goupillé un 2eme roman, dans le style du Fleuve noir Anticipation, très daté même à l'époque. J'ai eu l'outrecuidance de l'envoyer à des maisons d'édition et je suis donc à la tête d'une jolie collection de lettres de refus pour celui-ci !
Puis, j'ai rencontré le merveilleux Alain le Bussy, qui m'a gentiment reçu chez lui et appris les rudiments de l'écriture efficace. L'envie est vraiment arrivée à ce moment-là. Quand j'ai pu enfin concrétiser le premier rêve d'une longue série : mon 3eme roman écrit fut publié chez Rivière Blanche (Le chant des psychomorphes). merci à Philippe Ward, que l'ombre de son ombre soit bénie pour les siècles et les éons ;-)

Cornwall :




Salut Laurent, 
Quand j'ai su que tu étais la vedette du « mois de » des vénérables. J'avoue avoir mis de coté le projet d'interview par chez moi. 
Je n'ai donc pas encore lu Goodbye Billy. Honte à moi !
Ma question , c'est comment « Les pilleurs d'âmes » est arrivé entre les mains de Xavier ? Désolé c'est intime. Et comment en tant qu'auteur vit-on le fait que notre roman sera le roman de lancement d'une nouvelle maison d'édition ? 

Laurent :


hello Cornwall,Oui : honte à toi ! ^^Dans mon souvenir, Xavier est venu me voir parce que quelqu'un lui avait dit que j'avais une histoire de pirates sous le coude. Mais je peux me tromper, c'est un peu loin, maintenant (2009).Je crois que le sentiment que j'ai eu (je ne peux parler pour les autres) était un mélange de fierté et d'appréhension. De fierté parce-qu'un nouvel éditeur misait jusqu'à son dernier sou sur moi, et d'appréhension à cause de la responsabilité que cela crée. Ainsi que de l'angoisse, car si le roman ne trouve pas son public, on se sent responsable de l'échec.Pour ce roman en particulier, j'ai retravaillé le texte en profondeur pour Ad Astra car il avait été relégué dans le tiroir de l'oubli depuis un certain temps et avait subi des versions successives et une genèse assez chaotique.

Sia :

Les rugosos que l'on rencontre dans Les Damnés de l'asphalte sont-ils issus d'une légende urbaine ? Et si non, pourquoi avoir choisi ce genre de bestioles ? (l'effet était très réussi, j'avais moyennement envie de les croiser dans les couloirs)

*Note à moi-même : lire le premier volume des aventures des Costa* ! 

Laurent :

Sia,Non, les Rugosos sont juste issus d'une idée que j'ai eue pour renforcer la sensation que les anciens avaient vraiment déconné dans tous les domaines. Outre la pollution, les guerres et les conflits sociaux, il me fallait enfoncer le clou de la bêtise humaine de notre époque présente.Le fait que ces créatures soient issues d'expériences militaires me semblait plus logique que de les justifier par des expérimentations pharmaceutiques ou pire : les fameuses radiations chères aux cinéastes et auteurs des 50's.En une petite centaine d'années, il aurait été impossible, en effet, qu'une nouvelle espèce, issue de manipulations ou de malformations successives puisse devenir viable.Et puis, le kidnapping par des créatures étranges est bien plus fun que si Tom et Erwan s'étaient retrouvés prisonniers d'un quelconque roitelet local ;-)

Doris :

Bonjour Laurent !
Je commence mal : je ne vous ai jamais lu, n'ai jamais lu d'interview vous concernant, et n'ai pas encore commencé "Les étoiles s'en balancent" que j'ai pourtant reçu grâce à Bookenstock (merci!). Je suis à la traîne tant côté lecture que côté écriture.
Bref. C'est donc une question tout à fait générale et à la fois très personnelle que je vais vous poser : avez-vous une "méthode" d'écriture ? Un rituel satanique élaboré ? Un plan pour la sortie de secours ?


Ok, j'en ai posé trois. Allez, jamais trois sans quatre : vous forcez-vous parfois à écrire, même si l'envie n'y est pas, afin de respecter les deadlines ?


Laurent :


Bonsoir Doris,Vous êtes toute excusée. Asimov lui-même n'a jamais lu un de mes livres ! je n'ai même pas son portable, c'est dire.Une méthode ? Il y a quelque chose, dans le mot même qui me rebute.Pourtant, il en faut, de la méthode.D'une manière globale, j'essaie de me tenir à une moyenne d'un chapitre par jour. Pour donner une idée, mon record est de 4 chapitres en une journée. Le minimum étant de 0.5.Mais, avant tout, je commence par un plan. Qu'il soit formalisé par écrit ou juste dans ma tête. Un planning de l'histoire, de ce qu'il va s'y dérouler, avec un descriptif des personnages (sexe, taille, caractère, description, lien de parenté avec les autres etc). Ensuite, je trouve une idée et une ambiance pour lancer le prologue, et c'est parti. Un plan pour la sortie de secours ? Non. Il n'y a pas de sortie de secours, hormis de terminer le roman ! ^^Quant à l'envie, il arrive parfois qu'elle manque, mais cela coïncide souvent avec une panne d'inspiration passagère - souvent liée à une incertitude sur la validité de mes choix scénaristiques.

Ramettes :

Bonjour, 
J'ai choisi pour le partenariat "Les damnés de l'asphalte" parce que ça se passait en Espagne (je suis espagnole mais la France m'a adopté !). Dans le côté psy ... J'habite un village qui s'appelle Saint Laurent (Corbières) depuis 1 an et j'ai habité 25 ans Perpignan.. D'où mon émotion lorsque j'ai vu que vous parliez de Narbonne, Port Leucate, le Boulou ... 
Ma question... vous avez juste pris une carte de France, vous avez traversé cette région et vous avez écrit votre début de périple où vous avez habité dans le coin ?
Aimez-vous la cargolade ? pour les nordiques, ce sont des escargots grillés avec de l'aïlloli, spécialité catalane. 

Laurent :

Bonjour Ramettes,

Vous êtes du coin, donc.

En fait, je n'ai que quelques souvenirs de cette belle région où nous allions camper lorsque j'étais gosse. J'y suis retourné depuis, notamment vers Sète et Montpellier mais je dois avouer que j'ai beaucoup travaillé sur Google Earth et map, et visité de nombreux sites de voyagistes et de mairies. Je procède très souvent ainsi, en me procurant également les cartes papier de l'IGN de manière à pouvoir tracer le périple de mes personnages. J'essaie, dans la mesure du possible, de contacter des amis sur place, ou même les administrations locales, qui ne rechignent pas à me fournir de la documentation.

Malheureusement, même si je le souhaitais, il ne m'est pas toujours possible de me rendre sur place. Il faudrait, de plus, que ce soit à la même saison que mon histoire.

J'espère toutefois avoir été fidèle à cette superbe région, même si je l'ai quelque peu écornée dans mon scénario ;-)La Cargolade ? je dois avouer n'en n'avoir jamais dégusté, mais vous me faites envie ! J'ai testé la Mouclade, il y a plusieurs années, dans la région de Montpellier, mais cela se fait avec des moules. 

Marie-Juliet :

Je vais revenir à une question plus sérieuse.Qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire des romans post-apocalyptique ? J'avoue que la description de cette France (et de l'Espagne) en ruine est assez effrayante

Laurent :

Marie-Juliet,

L'envie, comme souvent chez moi, vient d'un coup de colère. D'une énième pantalonnade de nos "dirigeants". Le tout associé à la conscience "verte" qui est la mienne et au constat que chaque fois que l'on pense avoir touché le fond, il y en a toujours un qui continue de creuser !J'avais aussi envie de faire, modestement, mon "histoire du futur", en hommage à une tradition qui s'est un peu perdue depuis les années 80 dans la SF (française, en tout cas). Je voulais montrer ce que je pensais possible de se produire. D'ailleurs, depuis le premier tome, certains évènements me donnent raison.La description que je fais de la France et de l'Espagne n'est pas pire que ce qui se déroule déjà dans certain coins de la planète. Vois les pollutions massives en Afrique, la BP dans le golfe du Mexique, Fukushima, le mercure en Amazonie et j'en passe qu'on ne sait pas. Sans parler des révolutions, des émeutes de la faim, des guerres de "religions" et des épidémies (sida et ébola, entre autres). Il n'y a pas trop à creuser, cette fois, pour trouver encore pire que mes descriptions.Il suffitd'y ajouter la fonte des glaces, le réchauffement actuel, les tornades qui augmentent de fréquence, au même rythme que les tsunamis...Les guerres actuelles laisseront bientôt place aux conflits ouverts entre multinationales ou groupes financiers.Pour l'instant, l'Europe est relativement préservée, mais l'Ukraine n'est pas si loin.


Présentation de la biblio de Laurent Whale









Romans



  • Goodbye Billy, Éditions Critic 2014.
  • Les damnés de l'asphalte, Éditions Critic 2013.
  • Les étoiles s'en balancent, Éditions Critic 2012, Première édition épuisée Rivière Blanche, 2011.
  • Les Pilleurs d'Âmes, Ad Astra Éditions, 2010 (Prix Rosny aîné 20113)
  • Les Pierres du rêve, éditions Eons, 2007.
  • Le Chant des psychomorphes, Rivière Blanche, 2006. Réédition poche : éditions Lokomodo, 2011.

Nouvelles

« The Show Must Go On », in Black Mamba no 12, éd. Céléphaïs, 2008.
« Agonis », in Géante rouge no 10, éd. Répliques, 2008.
« Nicoland », in Appel d’air, anthologie, éditions ActuSF Les 3 souhaits, 2007.
« Les Humadroïdes », in Le Retour de Cal de Ter, de P.J. Herault, éd. Black Coat Press, 2007.
« Une tourte pour huit », in Géante rouge no 1, éd. Répliques, 2006.
« La Lettre au père Noël », in La machine venue d’ailleurs, de R. Bessière, éd. Eons, 2005, (finaliste Prix Rosny aîné 2006).
« Hélas Elias », in Les Enfants du silence, de C. Ecken, éd. Eons, 2004, (Prix Merlin 2005).
L'Étoile sur la lande, éd. Demeyer, 2004 (Belgique)
« L'Étoile sur la lande » (en collaboration avec A. Le Bussy), in Xuensé no 53, 2004 (Belgique).



Traductions

« Conte de fer, de Tor Åge Bringsværd », in Galaxies no 13. 2011
« Interview de Paul McAuley », in Galaxies no 10. 2010
« Same player shoots again », de R.R. Angell, in Galaxies no 8. 2010
« Eternité.com », d’I. Watson & R. Quaglia, in Galaxies no 7. 2010
« Noces océanes », de Julian West, in Galaxies no 6. 2009
« Instinct grégaire », de Jay Caselberg, in Galaxies no 5. 2009
« Exemples aléatoires de fantaisie cosmique », de Jetse de Vries, in Galaxies no 4, 2009
« Neutres », de K.J. Anderson, in Galaxies no 2 (NS), 2008.
« Les Marées de Saturne », de L. Nagata, in Galaxies no 2 (NS), 2008.


(Merci Wikipédia)




Sur Bookenstock














mardi 30 septembre 2014

Bilan du mois de Patrick Graham



Voilà, c'est fini...un mois se termine


un autre prendra la relève.

Il me reste à remercier encore une fois chaleureusement Patrick Graham d'avoir consacré plus qu'un peu de son temps à nos questions ! C'était un honneur pour nous tous, donc merci, merci, merci.

C'est l'heure du bilan maintenant :

Les interviews : 

Les chroniques issues du partenariat :

Ces lieux sont morts



Des fauves et des hommes




Son petit mot de la fin arrivera très vite, peut-être*, et fera alors*, l'objet d'un autre billet ;) :))*

* rajout...


En attendant, il vous dit à tous merci pour votre participation *

* rajout également :)
le 01/11/14





lundi 29 septembre 2014

Nos coups de coeur de septembre 2014





Et donc sélectionnés pour le GpP de 2014



COUPS DE CŒUR SFFF






COUPS DE CŒUR THRILLER-POLAR

COUPS DE CŒUR YA/ Jeunesse














nouvelle rubrique : OLNI !!!




D'ailleurs j'ai longuement hésité à y mettre Des fauves et des hommes
tellement ce n'est pas un thriller ce roman...




dimanche 28 septembre 2014

3ème volet de l'Interview de Patrick Graham



Vu la date, voici le troisième et dernier tome de cette interview participative.
Pour lire ou relire les précédents : Tome 1 et Tome 2



                                                       copyright Melania Avanzato

--> 

Coucou.

Mais on ne m’avait pas dit que j’allais retrouver plein de membres de Plume Libre ici ??? :) 

Heureux de vous revoir en tout cas. Pour la peine, voici en guise d’apéro un petit bout de la suite à venir de Ces lieux sont morts. Affecté par l’épisode précédent, Searl est hospitalisé dans une clinique perdue au fin fond des Rocheuses pour y subir un examen un peu particulier à base de questions déclencheuses et de clichés cérébraux. Voilà. C’est tout à vous.

À très bientôt.







Dup :

Comme me le disait Matt Verdier, tu es très discret sur le net, les réseaux sociaux, et je le comprends fort bien, c'est tellement chronophage !
Te tiens-tu au courant des avis sur tes romans ? Comment procèdes-tu ?
Quel est d'après toi l'impact des blogs littéraires sur un roman ?
Et enfin, et ce sera ma dernière question probablement, es-tu sensible à la critique en général ?


Patrick :

Comme me le disait Matt Verdier, tu es très discret sur le net, les réseaux sociaux, et je le comprends fort bien, c'est tellement chronophage !
Te tiens-tu au courant des avis sur tes romans ? Comment procèdes-tu ?

Je regarde les avis le moins possible et toujours par hasard parce que ça relève à mes yeux de la relation entre un lecteur et un livre. Je trouverais ça impudique de me mêler de ça.
Quel est d'après toi l'impact des blogs littéraires sur un roman ?
C'est avant tout un vecteur puissant pour mettre les lecteurs en relation avec un livre, pour laisser la parole à de vrais passionnés. C'est un mouvement participatif qui se développe et c'est une très bonne chose et une chance pour les auteurs. 
Et enfin, et ce sera ma dernière question probablement, es-tu sensible à la critique en général ?
A la critique d'un livre ? Le moins possible quand elle est négative, le plus possible quand elle est positive. J'y suis surtout sensible en terme d'échange pour autant qu'il y en ait un, ce qui n'est pas toujours le cas. Mais, encore une fois, je fais un boulot très solitaire et je suis obligé de me préoccuper assez peu de ce que les lecteurs vont penser d'un livre. Si cette urgence de plaire devient obsessionnelle dans l'esprit d'un auteur au point de diriger son écriture et ses choix, le risque est grand qu'il se perde dans des considérations autres que la seule écriture. 


Haha le retour de Léa :D des questions !!! 
- Sur toute votre production, si vous ne deviez retenir qu'un de vos livres, lequel serait-ce et pourquoi ?
- Pour des Fauves et des Hommes : est-ce que vous vous êtes inspirés (vaguement - comme tous les écrivains) de certaines oeuvres fondatrices ou films ? Car pour moi votre livre (coup de coeur !!) est un mélange du film Man on Fire (avec Denzel Washington) et d'un road trip classique ?
- Parmi l'ensemble des personnages que vous avez crée : lequel préférez-vous et pourquoi ?
- Un conseil pour des jeunes écrivains en herbe ?
- Pouvez-vous nous raconter une expérience particulière, qui vous a marqué du fait de votre métier ?

Merci beaucoup pour vos réponses et à Dup et Phooka pour leur excellent travail et cette merveilleuse idée du mois 2 :)

Patrick :



- Sur toute votre production, si vous ne deviez retenir qu'un de vos livres, lequel serait-ce et pourquoi ?
Si je traduis, vous posez la question qui revient à demander à un père ou une mère : "quel est celui de tes enfants que tu préfères ?" :) C'est très difficile de répondre à cela. Plus que mes livres, ce sont surtout mes personnages qui me manquent. Il faut comprendre qu'écrire un livre est une entreprise assez abstraite et souvent absurde qui va vous forcer à donner naissance à des gens qui n'existaient pas forcément, et qui, forcément, existeront après cela. Vous vous enfermez avec eux pendant au moins un an, vous vivez avec eux, vous pensez comme eux. Et puis un jour, alors que personne ne s'y attendait plus vraiment, ils s'en vont, comme ça, sans prévenir. Tous les jours en gros ils partent à l'école, et puis, ce jour-là, ils vous disent "je m'en vais" et vous, vous croyez qu'ils vont revenir, mais ils ne reviennent pas. Je ne relis jamais les livres que j'ai écris. Je ne les ouvre même pas parce qu'ils sont pleins de ces jours, de ces souvenirs, de leurs voix, de ce "je m'en vais" que je n'ai pas entendu, et que je n'aime pas ressentir cela. Pour répondre à la question, si je ne devais garder qu'un seul personnage ce serait sans nul doute celui de Carson dans les Fauves parce que, comme Sid, elle me manque affreusement. Si je ne devais garder qu'un livre, ce serait Retour à Rédemption. Mais c'est alors dire qu'on en préfère un, ce qui n'est jamais vrai. Disons que j'ai aimé les jours à Rédemption, et que, paradoxalement, même si secouer une histoire pareille secoue toujours les tripes de celui qui le fait, ce sont surtout eux qui me manquent. 
- Pour des Fauves et des Hommes : est-ce que vous vous êtes inspirés (vaguement - comme tous les écrivains) de certaines oeuvres fondatrices ou films ? Car pour moi votre livre (coup de coeur !!) est un mélange du film Man on Fire (avec Denzel Washington) et d'un road trip classique ?
Oui, forcément. L’œuvre de Steinbeck, d'abord, mais aussi presque tous les grands auteurs du sud. C'est amusant d'ailleurs parce que je tenais beaucoup à ce titre même si la scène de Sid et du camionneur au tout début est en fait librement inspirée du deuxième chapitre des Raisins de la colère et non des Souris et des hommes qui a plus inspiré le personnage d'Ezzie dans Retour à Rédemption. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est un livre qui m'a aussi beaucoup touché. Le jazz aussi, énormément, durant des centaines d'heures. Et surtout Agee. Et tous les autres. Il y a au fond tellement de sources d'inspiration que les énumérer est impossible. Et puis, souvent, cette source est très éloignée du résultat.
- Parmi l'ensemble des personnages que vous avez crée : lequel préférez-vous et pourquoi ?
Carson Fletcher Mills, donc. Parce qu'elle est entièrement. Elle m'a fait ce cadeau-là. Et puis elle peut vous flinguer n'importe qui à coup de questions. C'est un personnage christique qui m'a été directement inspiré par une photo de Dorothy Lange. J'ai été frappé par ce visage et il m'a habité totalement pendant tous ces mois d'écriture. Ezzie me manque aussi :) Je pense que Carson et Ezzie se seraient bien entendus. Je pense que Carson aurait pu sauver Ezzie. 
- Un conseil pour des jeunes écrivains en herbe ?
Lisez. Écrivez. Tous les jours, même pour rien, surtout pour rien. Soyez effrayés de ce que vous faites. Ne doutez de rien. Ne vous découragez pas. 
- Pouvez-vous nous raconter une expérience particulière, qui vous a marqué du fait de votre métier ?
L'hiver de 2007-2008, je me promenais en forêt, quelques mois donc après la sortie de l'Evangile. Il faisait très froid et il y avait de la neige et de la brume. Je marchais sur une petite route complètement déserte. J'ai soudain entendu des bruits de pas assez loin derrière moi. Quand je me suis retourné, j'ai aperçu deux religieuses qui marchaient vers moi. A leur vêtement très ancien, j'ai cru reconnaître celui des Recluses du Cervin. Je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Et puis la brume s'est refermé et elles ont disparu, et le bruit de leur pas avec elles. Quand je suis revenu dans mon patelin (j'habite une ville très ancienne avec des ruelles pavées et des maisons à vous glacer le sang), j'ai rencontré un vieux bonhomme que je connaissais. Je lui ai parlé de ce que j'avais vu et il m'a répondu que cela faisait plus de cinquante ans qu'il n'y avait plus de religieuses dans la région. Je ne suis jamais retourné me promener dans ce coin de la forêt. 



Je parlais plutôt du lancement et de la couverture de l'ouvrage, mais merci de cette réponse complète :)
Autre question, toujours en rapport avec la création de vos livres, faites-vous appel à un groupe de "bêta-lecteurs" ?


Patrick :

De rien :) Non, je n'ai jamais fait appel à ce genre de lecteurs. Je ne savais même pas que cela existait.


Bonjour et merci pour vos réponses...
J'ai noté que vous commenciez vos livres par des citations... A quel moment interviennent elles dans votre processus de création ? En tant qu'élément déclencheur ou après avoir écrit vous dites "tiens ça va bien avec ce que j'ai voulu dire" ?
Ma deuxième question : La première phrase vous vient au début ou c'est une fois le livre écrit que vous la trouvez. J'ai remarqué que ça peut être une dialogue ou de la narration, vous n'avez pas de préférence pour démarrer ?

Patrick :
Les citations viennent le plus souvent après le premier tiers du livre, quand le thème se précise. Comme le titre. Le plus souvent je travaille sans l'avoir trouvé, et puis, à un moment du livre il s'impose comme une évidence. Donc au début tous mes livres ont un faux titre : Les gardiens du Fleuve pour l'Apocalyse, Big One pour Retour à Rédemption, Oak Mills pour les Fauves. Pour la première phrase elle intervient par contre très tôt et je sais que le livre commencera par elle. Au moins parce qu'elle contient la sensation globale du livre et que j'en ai besoin d'entrée de jeu. ça a été le cas pour l'Evangile selon Satan où cette première phrase m'a vraiment hanté par les ténèbres qu'elle contenait et que cette chandelle allait révéler.


Comme mes messages ont l'air d'apparaître (étrange mes relations avec le net ! lol !) je pose une autre question :
J'ai débuté la lecture de "l'Apocalypse selon Marie" est quel n'a pas été ma surprise de voir des échos de "Ces lieux sont morts" : le camion fou, l'amnésie, la mémoire des odeurs, une Rebecca, le froid glacial de Boston, une discussion avec un psy, la discussion sur le cancer du tabac... 
Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que vous avez ses préoccupations sur le coma et les conséquences. 
Allez-vous continuer à développer ce thème ?

****
Sauf erreur de ma part vous n'avez pas écrit en jeunesse... Avez-vous des projets dans ce sens ?

Avez-vous des projets de nouvelles ou de scénarios ?

Que pensez-vous des BD qui se sont inspiré de vos œuvres ?

Patrick :
J'ai moi-même fait l'expérience du coma et de sa rééducation par les odeurs après l'amnésie, donc oui c'est un thème qui va souvent revenir. Je ne sais par contre pas du tout d'où vient ce camion fou. Une Rebecca oui, je ne sais pas non plus pourquoi mais tous mes personnages féminins s'appellent d'abord Rebecca ou Rachel, sauf Marie qui s'appelait déjà Marie. J'écris donc "il a une femme qui s'appelle Rachel" et ensuite je lui donne un autre prénom. Ou pas. J'en ai parlé à ma femme qui ne s'appelle pas Rachel et elle m'a répondu que c'était une bonne question :)



Non, je n'ai pas de projets en jeunesse. Les enfants me foutent un peu les jetons donc j'essaie d'éviter d'écrire pour eux. J'ai eu par contre des ados qui sont venus me dire dans les salons qu'ils avaient adoré l'Evangile.



Concernant les nouvelles, j'en ai écrit beaucoup et j'en écris encore mais je ne les ai jamais fait lire à un éditeur et je ne les ferai pas publier parce que, sans aucune fausse modestie, j'ai beaucoup trop de respect pour cet art vraiment majeur qu'est la nouvelle. J'ai aussi de cette façon trois romans que je garde pour moi au fond d'un tiroir. Je ne veux pas les publier. Je ne sais pas pourquoi. Alors je les garde. Ils sont comme la mare aux mots dans l'histoire de Lisey.


Concernant le scénario, j'ai eu pas mal de propositions mais c'est un autre rythme et, comme je suis difficile à vivre, je ne travaille presque jamais en équipe.


Pour les Bd, j'ai été très surpris et envieux de cet art que je ne maîtrise pas du tout. J'adorerai m'y mettre mais j'ai un peu peur du résultat que donneraient mes autres visions d'horreur couchées sur un dessin :)


Est ce que vous mettez beaucoup de vous dans l'écriture ?
J'entends par là, est-ce qu'on peut retrouver "du Patrick Graham" dans un ou plusieurs personnages ou parvenez vous à être suffisamment détaché quand vous écrivez ?

Patrick :
Je suis globalement absent de mes personnages. Il y a forcément un peu de mes peurs dans celles Ezzie ou de Peter Shepard, mais c'est plus sur le plan du ressenti que des personnages eux-mêmes. Ils sont beaucoup plus proches d'eux que de moi.


Une question bête et perso me titille l'esprit !
Mais elle est tellement naïve et je suis tellement intimidée que je n'ose pas la poser... (Pourtant je l'ai posée à d'autres !)

Aimez-vous le nutella ? :p

Du coup j'enchaîne sur de la pure curiosité :
en règle générale êtes vous un gourmand ? Un cuisinier ?
C'est quoi votre pêché mignon ?

Patrick :
J'aime beaucoup cette question :) Oui j'aime trop le Nutella. Donnez-moi une baguette fraîche, du beurre demi-sel et du Nutella et je vous soulève le monde. Je suis assez gourmand et j'aime cuisiner, même si je préfère manger ce que les autres cuisinent. Mon pêché mignon : du foie poêlé avec des fèves au beurre et un excellent chianti :)


Bonjour, enfin le temps de se poser et de découvrir les questions et réponses entre vous et vos lectrices / lecteurs. Pour ma part j'avoue avoir acheté à sa sortie "L'Evangile selon Satan" pour consciencieusement le recouvrir d'une masse non négligeable d'autres livres en me promettant de le lire mais sans me dire quand.... Je regrette d'avoir tant attendu et n'avoir commencé à vous découvrir qu'avec "Des Fauves et des Hommes" (http://passiondelecteur.over-blog.com/2014/09/des-fauves-et-des-hommes-de-patrick-graham.html) quoique.... ce livre reçu en partenariat vous a mis, pour moi, plus en avant tant il est "noir" et original ce qui fait que vous entrez maintenant dans ma très "short list" d'auteurs français d'un régistre ; celui du "road movie", du témoignage de la violence sociale, raciale, d'un certain échec de ce système américain qu'on nous vend comme idéal et dynamique alors que les soubresauts économiques se bousculent et reviennent cycliquement... autour d'une suspense et d'une course contre la montre. Ce qui ne gâche de plus rien c'est que l'on ne se dirige pas vers un énième "happy end"
D'après les avis de mes co lectrices et co lecteurs, "L'Evangile Selon Satan" s'encarte dans un phénomène littéraire plus classique; celui d'un polar historique avec des racines mystiques voire mythiques (Steve Berry, Dan Brown, Anonyme pour las américains, Umberto Eco pour l'Italie)... que j'aime également lire ou re lire mais n'a pas pour autant le parfum de l'inédit.... et je viens aussi de mettre à sa lecture.
La première idée et question qui me vient reste effectivement l'éclectisme des domaines que vous explorez ; c'est bien une volonté qui vous est propre que de ne pas se cantonner dans tel ou tel genre ? L'autre question porte sur la matière d'un livre tel que "Des Fauves et des Hommes" (au fait c'est bien un clin d'oeil à Steinbeck que vous avez fait dans un tel titre ?) pour ce livre donc vous avez du amasser un nombre énorme de témoignages, de documents pour retranscrire le portrait de la société américaine dans les années 40 ? Quelles sont les sources ou documents (plutôt papier ou plutôt film, entretiens ?) qu'il vous a fallu ingurgiter et synthétiser pour sa rédaction? Dans vos recherches, c'est vous qui amassez la liste des infos à lire et découvrir ? Combien de temps vous a-t'il fallu pour en dresser le synopsis et en terminer l'écriture ?

Patrick :
Bonjour et merci pour ce message. En fait je ne choisis pas mes thèmes et j'éprouve en effet beaucoup de difficultés à rester sur un genre. Je crois en fait assez peu à la théorie des genres et je pense en tout cas qu'on ne peut pas placer comme intention initiale à l'acte d'écrire le fait d'avoir envie d'écrire un thriller ou autre chose. Pour moi, au début, c'est vraiment une affaire de sensations au sens strict du terme. Je ne sais pas pourquoi ni comment mais un jour une sorte de vision se forme et tourne à l'obsession comme un frelon jusqu'à ce que je lui prête attention. Pour les Fauves (oui, c'est bien un clin d’œil à Steinbeck), j'avais devant les yeux cette route interminable sous le ciel des grandes plaines, et Sid, ce métayer et vétéran, qui avançait sur cette route. C'est fait de crissements de graviers sous les semelles, de vent dans les champs poussiéreux, de jazz aussi. Donc forcément le genre est très absent de ce genre de démarche. Et puis il ne faut pas écrire pour ses lecteurs. Il ne faut pas y penser. Il faut juste écrire.





Pour les Fauves plus encore que les autres, j'ai effectivement eu un très gros travail de recherche : des centaines d'heures d'écoute de musique, de spots radio de l'époque, de visionnage de films, de lectures, de notes, de recherches photographiques, de journaux... C'est une aventure qui vous prend tout entier et il faut savoir se laisser emporter par le flot de ces recherches sans trop chercher à les sélectionner, au moins au début. Donc en gros, de l'idée au mot "fin", un peu moins de deux ans s'écoulent, étant entendu que cela a occupé toutes vos journées de ces deux ans, une bonne partie de vos nuits, les vacances que vous ne prenez pas, les week-end aussi. Mais on ne peut pas tricher avec un thème comme celui-ci ni avec une époque aussi sombre et parfois merveilleuse que la Grande Dépression, car, paradoxalement, elle a donné naissance à une formidable énergie de vivre et de créer, un élan artistique incomparable. C'est d'ailleurs aussi touchant que passionnant de s'immerger dans de telles recherches. On le fait sur la pointe des pieds, avec beaucoup de respect parce que l'on sait qu'on s'apprête à ressusciter des gens qui ont beaucoup souffert, et leurs enfants après eux, et qu'il faut faire attention à eux. Mais le premier vrai choc qui a déclenché ce livre au bout du compte si modeste (toujours cette image des nains grimpés sur les épaules des géants), a certainement été Agee et son Louons maintenant les grands hommes. On ne sort pas indemne d'une telle lecture sur l'Amérique et ses paradoxes souvent monstrueux. C'est en effet un pays qu'on nous donne à admirer sans relâche, mais c'est oublier que, comme souvent dans l'histoire de l'humanité, les plus beaux monuments se dressent sur des ossements et des larmes.

Olivier :

Merci de vos réponses. Y a t'il un nouveau projet de l'ordre "Des Fauves et des Hommes" dans les prochains mois ? Des projets de rencontre de lecteurs et lectrices en province à venir ?

Patrick :

Je travaille sur autre chose actuellement donc pour le moment non mais il se pourrait qu'une "suite" des Fauves se précise en 2016 ou 2017. Un reste de tempo qui me trotte dans la tête. Je connais cette impression. Elle ne me laissera pas en paix. Oui pas mal de rencontres prévues cet hiver mais je n'ai pas encore les dates exactes.

Ramettes :



Je ne sais si vous aurez le temps de répondre encore à des questions :Le fait que "l'évangile selon Satan" votre premier roman publié ait eu autant de succès est-ce que vous avez écrit le deuxième sereinement ou un peu effrayé qu'on ne vous attende au tournant ? Vous avez vécu de votre plume très rapidement, il n'y a pas eu trop de jalousie autour de vous ?
Bienvenu au club des mangeurs de nutella et autres gourmandises !

Patrick :


Il y a toujours une appréhension après un succès mais ça doit compter le moins possible dans une démarche d'écriture. La preuve que je ne m'en suis pas si mal sorti, c'est que, au lieu de faire la suite que tout le monde me réclamait, je suis parti sur tout à fait autre chose. Mon côté sale gosse... Par contre cette suite va venir. Avec le recul, je me régale d'avance :) Pour ce qui est de la jalousie, je ne sais pas, je ne prête pas attention à ce type d'émotion.

Ramettes :

ça y est je me souviens d'une partie de la question qui s'est perdu sur le net :
Vous aimez mettre le lieu et parfois la date en début de chapitre (des repères importants pour les lecteurs) c'est assez courant mais est-ce que vous avez besoin en tant qu'auteur de poser cette pierre pour débuter un chapitre ? 

Patrick :

Oui j'en ai souvent besoin mais c'est plus une facilité aménagée afin de focaliser l'attention dès le début du chapitre sur une période précise sans obliger le lecteur a réfléchir sur ce positionnement. Si je parle par exemple d'un éleveur de chevaux dans les Cévennes au XVI° siècle, je trouve que c'est plus simple de le dire tout de suite pour faciliter la compréhension. Partant de là, il faut toujours se méfier des facilités mais celle-ci ne me choque pas.