vendredi 18 avril 2014

CENT VISAGES de Thomas Geha








Editions Rageot
Sortie le  08 avril 2014
9.90 euros
224 pages




2025, aux environs d’Évry. Adolescent, Gregor appartient à la frange marginalisée de la population. Alors qu’il pénètre dans un entrepôt en quête de nourriture, il surprend le criminel Cent Visages et est agressé par un inconnu qui lui injecte un produit dans le bras. Gregor s’échappe grâce à une clandestine qui lutte contre le pouvoir autoritaire en place et l’entraîne à Paris chez les militants de la Capucine. Mais ne cherchent-ils pas à l’instrumentaliser ? Et quels liens les relient à Cent Visages ?

Dans un État policier qui abuse du contrôle biométrique, Cent Visages (ou Sans Visage ?), qui a trouvé un procédé pour voler les identités, est le criminel le plus redouté. Lui fait face Gregor, qui tente de recomposer son histoire familiale. Un thriller d’anticipation de Thomas Geha où chacun se cache derrière un masque.


L'avis de Phooka (et mini-Phooka)



On ne va quand même pas vous présenter Thomas Geha, ici, sur Bookenstock. Si par hasard un de nos blogolecteurs était tombé dans une faille temporelle et avait raté les deux "Mois de" qui lui étaient consacrés, je lui conseille d'aller jeter un oeil ici. Thomas Geha c'est un de nos chouchous et il a même réussi à convertir Dup à la SF, excusez du peu, alors ça si c'est pas un talent de ouf je ne sais pas ce qu'il vous faut ...

Cette fois-ci Thomas se lance dans du "jeunesse" et pas chez n'importe qui, mais chez Rageot, ce qui constitue quand même un joli gage de qualité. Son roman est une dystopie, on reste dans de la SF donc, mais de la SF proche aussi bien au niveau de la civilisation (malheureusement) que de la date. On se retrouve donc dans notre futur immédiat. Un futur dans lequel les inégalités n'ont fait que se renforcer, au point qu'un fossé infranchissable s'est creusé entre les "pauvres", les "réfracs" qui vivent dans des ghettos, et les riches qui eux vivent dans le luxe dans les villes. Villes inaccessibles pour les réfracs puisqu'ils n'ont pas de système biométrique de reconnaissance.  Ce système biométrique est d'ailleurs à la base du clivage de cette société, ce n'est pas uniquement la richesse qui fait fracture mais aussi, et surtout, le refus d'être "pucé" et ainsi d'être fiché et traçable à chaque moment de votre vie. Mais cette "pseudo" liberté a un prix et il est élevé. Vous ne faites plus partie de la société, vous n'avez plus le droit d'existence, vous devez vous cacher et éviter à tout prix de vous faire repérer. D'où les ghettos et la pauvreté ... A cette époque la liberté a un prix vraiment exorbitant.

Gregor est un "réfrac"; Jeune ado, il vit depuis toujours dans le ghetto avec sa mère adoptive, Faustine. La vie est dure, la nourriture difficile à trouver. Il a l'habitude d'aller parfois piller des entrepôts dans l'espoir de trouver de quoi manger pour lui et les siens. Jusqu'au jour où il va rencontrer Cent visages, ce mystérieux personnage masqué dont les agissements font trembler les clandestins, car il a la possibilité de "voler leurs identités". A partir de cette "rencontre" mouvementée, la vie de Gregor va changer du tout au tout. Il est obligé de fuir et son seul espoir réside dans une organisation clandestine: La Capucine.

A travers ce récit, Thomas Geha, nous offre une vision du futur très sombre, mais aussi très réaliste. Il y pointe les défauts de notre société: clivage, fracture sociale, pistage etc.. Notre société de plus en plus Big Brother. Mais il y montre aussi des excès plutôt "drôle" tels ces parisiens qui se baladent dans la rue avec des casquettes au logo clignotant ou des vêtement au dos desquels on voit des publicités holographiques. La "Geha's touch", un peu d'humour dans ce monde de brute. Mais de l'humour ciblé et furieusement réaliste quand on voit actuellement les gens qui se promènent avec leurs fringues de marques à grand renfort de logos immenses ...


Je suis surprise par contre d'avoir lu que Thomas Geha faisait un hommage au anciens héros masqués,mais ne vous y trompez pas, il ne s'agit pas de Robin des bois. Car si Cent visages est effectivement masqué, ses vraies motivations n'ont rien à voir avec l’altruisme...Il est plutôt du côté sombre de ce type de héros. Et si Cent visages, le roman, parle bien de Cent visages, le criminel, le vrai héros est bel et bien Gregor que le lecteur suit tout au long de ses péripéties. Il va se retrouver au coeur de l'action, un peu malgré lui et va devoir non seulement prendre parti, mais aussi décider de son futur et de celui de beaucoup de gens. Et tout ceci ne se fera pas sans risque.

A travers Gregor, nous découvrons cette société pourrie, la vie de villes et la vie des champs, les "résistants", les sans noms, bref c'est un joli cliché d'une société qu'on ne souhaite pas et un joli livre à mettre dans les mains de nos ados et pré-ados ... au cas où !

Bien sûr, tous les points sont exagérés, amplifiés, parfois un peu "faciles". Pour un adulte, ça peut parfois sembler un peu trop caricatural, mais il s'agit d'un roman jeunesse après tout et le contexte marquera les esprits à coup sûr. Un roman "social", mais sur fond d'aventure trépidante, le tout agrémenté de la jolie plume de Thomas Geha, permettant ainsi de faire réfléchir nos mômes sans leur prendre la tête. Mon "cobaye", mini-Phooka, 12 ans est une cible idéale. Il a incroyablement réagi à ce roman, pestant, s'insurgeant, les inégalités l'ont vraiment rendu "dingue", je suis sûre que pour Thomas ça aurait été un plaisir que de voir mon gamin lire Cent visages et y réagir aussi fortement. La conclusion de sa lecture a été "il a drôlement du talent cet auteur".

Et je crois que je vais rester sur ces mots car quoi de mieux que "Il a drôlement du talent cet auteur" !



Un autre avis chez Lune




Présentation de la biblio de Thomas/Xavier
Interview 1 de Thomas/Xavier
Interview 2
Interview 3
Interview 4
Interview 5
Bilan du mois de Thomas
Son mot de la fin et quelques réponses de plus

jeudi 17 avril 2014

M.O.N.S.T.R.E. - Tome 2 - de Hervé Jubert



LARMES DE SIRÈNE


Éditions Rageot
220 pages
9,90 euros

4ème de couv :

Onde fait partie du groupe M.O.N.S.T.R.E. mais cultive aussi un espace mental secret. Son tempérament d'artiste, sans doute...
Elle évacue son stress par impulsions, comme une bombe électromagnétique, et déclenche parfois contre son gré des catastrophes électroniques...
Sentimentale, elle attire Milo. Protectrice, elle parvient à communiquer avec une sirène.
Mais qui est le traître qui les menace tous ?
Et s'il y avait un monstre en vous ?



L'avis de Dup :

Wow ! Et bien je peux vous dire que Hervé Jubert est passé à la vitesse supérieure avec ce tome 2. Alors que le précédent était "bien mais sans plus", là, tout est monté d'un cran.

Les personnages sont plus profonds, on apprend à mieux les connaître. Surtout Onde et Milo se dévoilent et prennent de l'ampleur. Ils accaparent notre cœur et les épreuves qu'ils traversent en sont pour nous également. J'ai une énorme tendresse pour ces deux ados, leurs peines, leurs fêlures résonnent au fond de moi. Amitié, trahison, amour, jalousie sont bien exploités par l'auteur.


© livrement.com




L'intrigue elle aussi est beaucoup plus complexe. Dans cet opus qui concerne Onde, il s'agit d'une sirène qu'il leur faudra sauver puis protéger du chasseur invisible et manipulateur. D'autant qu'il a des alliés ce chasseur, et pas des moindres... Manipulation, doute, trahison, déception sont l'autre versant des émotions charriées par ce récit.

L'argent n'étant toujours pas le facteur limitant nous sillonnons la planète tantôt en hydravion ( là, la crédibilité en a pris un coup : Milo capable de piloter, décoller mais surtout atterrir, amerrir, simplement grâce aux heures passées plus jeune sur un flight-simulator...mouais ) en direction du Tchad, vers les lacs d'Ounianga, en plein désert. Tantôt en jet privé pour se rendre dans la station de ski de Ruapehu, en Nouvelle Zélande. Je vous conseille d'ailleurs de suivre leurs déplacements via Google Earth, c'est superbe !

Le tout servi par une écriture fluide et agréable. Une sauce qui plaira à coup sûr à nos vos ados, mais assurément aux plus grands également. Moi j'en fais un coup de cœur... malgré le nombre de points d'interrogation et l'inconfort certain dans lequel l'auteur laisse notre équipe de MONSTRE dans les dernières pages ! Rhaaa ! Je n'attends plus qu'une chose, la suite, et vite ! 
Et toujours une superbe couverture signée Magali Villeneuve.




mercredi 16 avril 2014

Concours uniquement pour les fans de...




mais pas que...

aussi pour les fans de Magali Villeneuve et Alexandre Dainche,
mais aussi les fans de belles illustrations tout court.

Bookenstock vous propose de gagner
le beau dessin de Cahir, réalisé par
Alexandre Dainche
que voici :
(le dessin, pas le Nalex :))



au format 10 x 15
5 exemplaires !
( je les ai entre mes mains et je peux vous dire qu'elles sont magnifiques ces cartes postales )



Comment faire ?

- Un mail sur bookenstock.concours(at)gmail.com avec l'intitulé CAHIR (attention, n'oubliez pas, il y a un autre concours en cours en ce moment ( ICI, venez voir !)

- avec la réponse à la question suivante : Quelle est la nationalité de Cahir ?

Pour vous aider voici les liens vers mes chroniques  Tome 1 et Tome 2

Vous avez jusqu'au lundi de Pâques (21 avril) minuit, résultats mercredi 23 avril (si tout se passe bien !), donc, FONCEZ !!!



mardi 15 avril 2014

LE DERNIER ROYAUME Tome 2 de Morgan Rhodes



Tome 2: Le roi du sang



Editions Michel Lafon jeunesse
Sortie le 10 avril 2014
pages
15.95 euros




Présentation de l'éditeur:


Les royaumes d’Auranos et Paelsia sont tombés, annexés à Liméros et à son roi du Sang, Gaïus. Au même moment, dans les cendres d’Auranos, se réveille une magie ancestrale. Un pouvoir tel qu’il pourrait changer le destin du monde. Pour le sauver… ou le détruire.

CLEO : l’héritière d’Auranos est désormais captive, promise à l’assassin de l’homme qu’elle aimait. Résistant à l’envahisseur, elle s’unit aux rebelles paelsiens et espionne le roi pour eux.

MAGNUS : toujours inquiet pour sa sœur, le prince héritier de l’Empire part à la recherche des Quatre Sœurs, des cristaux censés contenir une magie absolue.

LUCIA : l’Enchanteresse rencontre en rêve Alexius, une Sentinelle du Sanctuaire qui lui annonce qu’elle doit impérativement apprendre à contrôler son pouvoir exceptionnel avant qu’il ne la consume.

JONAS : le paysan paelsien est désormais à la tête de la résistance contre l’envahisseur, prêt à tout pour venger son frère et son peuple.
Lorsque le roi du Sang annonce qu’une route doit être construite à travers les montagnes interdites, il déclenche une chaîne d’événements cataclysmiques qui changeront le monde à jamais.

DOMINEZ LA MAGIE.



L'avis de Phooka:


Je pourrais faire court et dire: relisez ma chronique du tome 1 et vous aurez un bon aperçu du tome 2 ! 
Bon je sais, ça ne se fait pas et c'est un peu trop succinct.
Et pourtant ...

On retrouve dans cet opus tous les personnages du précédent .... moins les morts bien sûr (et je ne vous dirais pas qui ). Et des morts il y en a dans ce roi du sang aussi, parce que Morgan Rhodes n'est pas tendre avec ses personnages. Si elle n'en est pas encore au point d'un GRR Martin, disons qu'elle lui fait honneur. En effet, les héros de cette série sont plutôt malmenés. Mais soyons honnête, c'est aussi ça qui fait le charme de ce roman, car sinon il risquerait d'être terne ou du moins de ne pas se démarquer de la masse de fantasy jeunesse qui sort chaque mois. Dans cette série, non seulement les personnages sont attachants mais surtout ils sont atypiques dans le sens où il sont "trop typiques" ! Oui je sais je ne suis pas claire, mais ce qui me plaît c'est que les personnages sont presque trop "classiques" de ce type de roman. La jolie princesse, le beau rebelle, le méchant-mais-néanmoins-beau-prince etc etc ... Du coup, le lecteur se laisse berner et pense savoir à l'avance comment vont se nouer les relations entre les différents protagonistes du récit. Que nenni ! Vous aurez tout faux ! Et c'est un réel plaisir de voir que les situations n'évoluent pas dans un sens  (trop) attendu. 
La jolie princesse Cléo, héritière du trône, captive du diabolique roi Gaïus et promise contre son gré, au fils de celui-ci, Magnus, pourrait aider les rebelles contre l'envahisseur, mais son indécision et/ou son manque de réaction va coûter cher en vies humaines.
Magnus lui, est présenté comme un homme sans cœur. Toujours amoureux de sa sœur, Lucia, il est lui aussi marié contre son gré (avec Cléo donc). Mais est-il vraiment cet homme diabolique que l'on suppose ?
Quant à Lucia, la sœur (c'est bon vous suivez?), elle semble tellement frêle et innocente qu'on est choqué lorsque sa magie lui "échappe", faisant d'elle une sorte de monstre.
Et puis il y a Jonas, le chef des rebelles ... qui semble se tromper sur chaque décision qu'il prend ..
Et il y a tous les autres, les personnages secondaires à qui l'on s'attache, Brion, Lys et même cette reine controversée, la mère de Magnus dont l'image oscille entre le bien et le mal.
N'oublions pas Aaron, toujours présent, toujours odieux ...

Entre tous ceux-là vont se nouer des relations, voulues ou forcées, bonnes ou mauvaises, mais ils devront interagir qu'ils le veuillent ou non. Le royaume est en péril, mais pas que ... Parce qu'il y a une chose dont je n'ai pas encore parlé, ce sont les sentinelles, ces gardiens de la magie censés être des protecteurs de l'humanité. Quels sont leurs réels desseins ? Pourquoi manipulent-il Gaïus, cet homme assoiffé de pouvoir ? On se pose beaucoup de questions à leur sujet. Questions qui restent encore sans réponses à la fin de ce deuxième tome. Il faudra donc attendre la suite pour espérer y voir plus clair.


Alors après ce long bavardage, pourquoi donc ai-je dit au début que cette chronique ressemblait à la première ?
Parce que comme le tome 1, j'ai dévoré celui-ci avec gourmandise.
Parce que comme le tome 1, j'ai apprécié ma lecture.
Parce que comme le tome 1, les personnages réservent de belles surprises et ne font clichés que pour mieux les détourner.
Parce que comme le tome 1, je trouve malgré tout qu'il y a quelques longueurs et que le déroulement du récit pourrait être un peu plus rapide.
Parce que comme le tome 1, je vais attendre la suite avec impatience.




lundi 14 avril 2014

CARROUSEL FUNESTE de Fenriss



1 - LA MARQUE D'YSENGRIN


Éditions Midgard
354 pages
15 euros

4ème de couv :

Paris, de nos jours. Tandis que l'automne fauche ses dernières feuilles, plusieurs destins, apparemment sans liens entre eux, vont pourtant s'entremêler au travers d'une terrible affaire de meurtre de masse. C'est le cas de deux amis accidentellement impliqués dans le massacre, Samuel et Richard, ainsi que du commissaire Franco et de son ami l'inspecteur Markez, deux vieux routards de la Criminelle en charge de l'enquête et complètement dépassés par les événements. 
Mais l'affaire affectera également la jeune et rebelle Esperanza, poursuivie pour une raison qu'elle ignore elle-même, sans parler du baron Lupin, le seul d'entre tous qui soit conscient qu'un plan machiavélique est à l'œuvre et qu'il met en danger le monde Ordinaire tout autant que celui de l'Agartha, un monde proche du nôtre perdu entre rêve et imaginaire. Alors que le carrousel funeste se met en branle, qui survivra à la terrible morsure de l'hiver approchant ?


L'avis de Dup :

Paris, aujourd'hui. Esperanza, pas encore majeure, fuit pour la deuxième fois . La première fois c'était du domicile familial : une mère trop lâche et un beau-père entreprenant et brutal. Elle a été "recueillie" par Alfonso, le patron d'un bar qui recrute des escort-girl très jeunes, trop jeunes. De Charybde en Scylla... Mais si elle fuit, c'est parce qu'elle a été témoin d'une rencontre entre son patron et un inconnu qui désirait le rester. Instinctivement elle a su qu'elle était en danger, d'ailleurs le gorille à ses trousses depuis deux jours confirme ses craintes. Quartier latin, Boulevard Saint Michel, Esperanza se noie dans le flot des parisiens et des étudiants.

Scène ordinaire dans l'Ordinaire. L'Ordinaire de Fenriss c'est donc le Paris d'aujourd'hui. Cet Ordinaire est côtoyé par un autre Paris, le royaume d'Agartha. Un peu comme un Paris du passé. Mais là où cela se corse, c'est que c'est le passé d'un peu toutes les époques. Ainsi on y retrouve Messire de Morlay, Grand Maître des Templiers ( 1300 ), la Médicis ( 1550), le roi lui s'appelle juste Masque-de-fer mais sa garde rapprochée n'est autre que la fine équipe de gascons D'Artagnan, Athos, Portos et Aramis ( 1625). A la cour du roi on croise le Comte Saint germain, Beaumarchais et le chevalier d'Éon tout enrubanné (tous des alentours de 1750). Mais également le grand Vidocq qui complote ( 1850). L'assassin du roi n'est autre que le Dr Petiot (1900), le fameux Petiot, cuisinier à ses heures, argh ! Sur Montmartre règne la douce dame Poulain (fin 1900). 

Tout cela serait un brin banal, alors Fenriss y a rajouté quelques personnages fictifs célèbres ! Ainsi nous croisons en Agartha Quasimodo et Esméralda qui règne sur Notre Dame bien sûr, Arsène Lupin sur la cour des miracles et Titi Gavroche qui traîne dans les rues de Paris. Ces deux derniers, en plus, peuvent passer d'un monde à l'autre et c'est ainsi qu'Esperanza va être "cueillie" par Titi.

Le sous-sol parisien, c'est-à-dire le métro, les égouts et les catacombes correspondent en Agartha aux Abysses. Domaine peuplé d'êtres inférieurs et immondes, dirigé par l'Archonte Impensable qui fomente en permanence la guerre contre le roi. Mais en surface aussi ce n'est pas cool, cela complote à tout va, ouvertement ou en douce. Arsène Lupin essaye de démêler les ficelles d'un complot impliquant l'Ordinaire et Agartha, sans réaliser qu'il est la marionnette de quelqu'un d'autre. Qui est le maître véritable du jeu ? Quel est le rôle d'Esperanza dans tout cela ?

Et bien, pour le savoir il vous faudra lire ce roman, et, si vous êtes comme moi, sans doute aussi le suivant pour comprendre ce qu'il en retourne... J'avoue que je n'ai pas tout compris ! Cependant l'écriture est fluide,  agréable et l'action omniprésente m'a entraînée jusqu'à la fin, sans que je m'ennuie une seule seconde. J'ai refermé ce livre un brin désemparée tout de même. Donc je serai au rendez-vous pour lire la suite qui j'espère m'éclairera.



dimanche 13 avril 2014

Coup de poignard aux nostalgiques...



Oui, c'était annoncé dans le titre

ça va pleurer dans les chaumières
ça va grincer des dents...
c'est tout un pan de notre jeunesse
qui fout le camp !
:))


LES SIX COMPAGNONS s'offre un lifting !!!




Paru en 1961, Les Six Compagnons de la Croix-Rousse (initialement : Les compagnons de la Croix-Rousse) est le premier titre de la série Les Six Compagnons. Celle-ci en compte 49 au total, dont 37 écrits par Paul-Jacques Bonzon – Olivier Séchan, Pierre Dautun et Maurice Périsset prendront à sa mort la relève.



samedi 12 avril 2014

Le Mois de Fabrice Colin : ITV 3




Voici le troisième volet de cette interview :
Vous trouverez les deux premières sous les liens suivants : ITV1 et ITV2



Copyright pour cette photo: Patrick Imbert




Ça va être un mois intéressant : au moins pour moi. En fait, et cette considération rêveuse répondra sans doute d’emblée à la question rituelle « mais pourquoi diable écrivez-vous, vous aussi ? », j’ai toujours l’impression de vivre des mois intéressants depuis que je fais ce boulot (et je n’emploie pas juste l’adjectif “intéressant” parce qu’il illustre une malédiction chinoise). Sauf que ce coup-ci, vous savez quoi ?, ça va être encore plus rigolo & spécial, dans la mesure où je vous embarque dans mes bagages, au sens figuré et au sens propre.

J’avais pensé, en matière d’introduction, vous servir un mini-texte malin façon interrogatoire de police made in Wyoming avec, évidemment, des murs crasseux, une ampoule nue, une table en fer et un commissaire fatigué / divorcé et à 95% alcoolique censé représenter l’instance Book en Stock (trop sympa)… et moi dans le rôle du prévenu malingre, du mec bizarre et agité à qui on s’est juré de faire cracher tous ses sales petits secrets – en fait, je me voyais un peu comme Rust Cohle dans True Detective, à confectionner des sculptures incompréhensibles avec des restes de cannettes de bière tout en lâchant de-ci de-là quelques aphorismes métaphysiques parfaitement énigmatiques.
Mais je ne suis pas Rust Cohle, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour la communauté et, de nombreux auteurs ayant déjà fait en ces lieux étalage de leurs talents fictionnels en guise d’auto-présentation, je ne me voyais pas vraiment en rajouter une couche. (En revanche, s’il vous prend l’envie saugrenue, au cours des semaines à venir, de me demander d’écrire sur quelque chose en particulier – pas un gros texte, hein, 20-30 lignes maxi – eh bien, je relèverai le défi avec plaisir quel que soit le thème, tant il est vrai que j’adore les paris idiots et les exercices à contrainte.)

« Attendez, pourquoi ce type affirme-t-il qu’il va nous embarquer dans ses bagages au sens propre ? » vous demandez-vous à présent, légèrement anxieux(se), depuis le troisième balcon du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, en levant à vos yeux vos jumelles en nacre et laiton doré pour mieux suivre sur scène le spectacle déconcertant de mes gesticulations solitaires.
Simple. Dans quatre jours, et pour trois semaines, je pars à la Réunion. Et je n’y vais pas seulement parce que j’ai pris requin-tigre en seconde langue au collège, pas seulement parce que je suis convaincu que le dodo existe encore si on prend la peine de boire suffisamment de bières locales pour distinguer son ombre, pas uniquement parce que j’avais envie de suivre Chelsea-PSG à minuit heure locale dans un bar de Saint-Gilles-les-Bains tenu par des Marseillais, mais aussi parce que je vais rencontrer des collégiens pour parler littérature, comme je le fais depuis plus de douze ans maintenant. Et donc : causer avec vous de là-bas risque d’être particulièrement sympa. J’espère bien, au passage, que ça nous donnera l’occasion d’aborder le sujet de la littérature pour ados sous un angle suffisamment élargi – comment donner le goût de lire à ces passionnantes créatures, par exemple, comment croire encore, et plus que jamais, en l’avenir du livre, dans une civilisation dominée en apparence par le culte de l’immédiateté et une propension malheureuse à rédiger des statuts Facebook complètement ineptes.

Autre hasard du calendrier : mercredi soir, c’est la soirée Super 8, la nouvelle maison d’édition dont je suis le directeur éditorial. Je ne vous promets pas de photos compromettantes mais je vous assure que je ferai de mon mieux pour ne pas trop picoler afin d’être en mesure de répondre à vos questions dès le lendemain matin sans avoir l’impression qu’on m’enfonce une tige métallique chauffée à blanc dans l’œil droit à chaque fois que j’appuierai sur la touche espace de mon clavier.

A l’intention de ceux qui ne me connaissent pas ou qui n’auraient pas d’idées de questions gênantes à poser, sachez que j’écris des romans, des nouvelles (pour les adultes, pour les ados et pour les enfants) ainsi que des scénarios de BD, des pièces de théâtre radiophonique, des articles pour Chronicart tous les deux mois et des notices de blog.
Editeur, c’est juste pour passer le temps.

A part ça, un grand merci à Emma & Dup d’organiser cet échange. De façon très générale, il me semble primordial de donner au débat littéraire ce qu’il mérite, et ce sans quoi il ne saurait exister : du temps et de l’espace. Je vous attends !

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Dup :

Du roman de terroir, mdr ! Ou du Harlequin ? :))
La littérature générale donc... de toute façon, ton lectorat te suivra. Et puis passer du polar à la littérature générale a bien réussi à Pierre Lemaitre, alors c'est tout le mal que je te souhaite !
Bon, je papote, je papote et tout cela n'a rien à voir avec ma question. En fait je voulais revenir sur le sujet de ma question précédente : Albin Michel, Michel Lafon; Flammarion, Sonatine, Bragelonne... l'éventail est large, en fait on te retrouve un peu partout ! Est-ce toi qui a fait la démarche de les contacter où sont-ils venus te chercher pour te proposer un thème, une orientation ? Une anecdote à ce sujet ?

Fabrice :

Hello Dup,Voici comment les choses se passent : quand j'ai une idée de livre, j'ai un éditeur en tête. Un seul. Je lui propose mon livre - fini ou non, à l'état de projet parfois. S'il n'en veut pas, j'arrête tout et je passe à autre chose.Albin Michel et Sonatine, pour citer les plus emblèmatiques, sont des éditeurs vers lesquels je suis allé. Dans certains cas, "on" est venu à moi, et ça a parfois eu tendance à me refroidir. Comme disait Groucho Marx, "je ne voudrais pas entrer dans un club qui m'accepte comme membre."
  
Cornwall :

Bonjour Fabrice !
Tu m'excuseras, je ne sais pas vouvoyer ^^
Je ne me fais pas d'illusion sur les auteurs en salon, et je pense que nombre de lecteurs l'ont également compris, une belle opération de com'. Je conçois que ça soit éprouvant, faire des dédicaces, vendre ton sourire à l'objectif que tu n'as même pas demandé. Put** je détesterais ça !
Mais je t'avoue j'ai déjà pris un mur de la part d'un auteur, juste parce qu'il ne m'a pas considéré, comme si je ne méritais pas ces écrits et ça bordel, je crois qu'il se serait pris propre et net son bouquin dans la tr... si la rencontre avait été physique ( j'ai revendu son livre d'ailleurs ^^) Bref je pense aussi que le lectorat qu'on l'estime ou pas peut être respecté.
J'en viens à mes questions, comment travailles-tu tes personnages ? Comment tu les fais « naître » ?
Et quand tu écris un roman, sais-tu par avance pour quel public il sera adressé ? Si oui, comment cela se travaille-t-il ? Quels sont « les codes » pour un Jeunesse/YA adult, qu'on ne retrouvera pas pour la littérature adulte ? Au niveau de la correction après écriture, y-a t-il des différences fondamentales en fonction du public visé ?
Sinon ai-je des chances de te rencontrer sur Etonnants Voyageurs ?

Fabrice:

Bonjour Fabrice !

Tu m'excuseras, je ne sais pas vouvoyer ^^
Je ne me fais pas d'illusion sur les auteurs en salon, et je pense que nombre de lecteurs l'ont également compris, une belle opération de com'. Je conçois que ça soit éprouvant, faire des dédicaces, vendre ton sourire à l'objectif que tu n'as même pas demandé. Put** je détesterais ça !
Mais je t'avoue j'ai déjà pris un mur de la part d'un auteur, juste parce qu'il ne m'a pas considéré, comme si je ne méritais pas ces écrits et ça bordel, je crois qu'il se serait pris propre et net son bouquin dans la tr... si la rencontre avait été physique ( j'ai revendu son livre d'ailleurs ^^) Bref je pense aussi que le lectorat qu'on l'estime ou pas peut être respecté.

Salut Cornwall, comme je ne sais pas de qui tu parles et que j'ai du mal à visualiser la situation (le mec qui pense que tu ne mérites pas son livre ? mais, euh, il compte prendre juste le fric des gens qui le méritent ?), je ne peux pas trop rebondir là-dessus.


J'en viens à mes questions, comment travailles-tu tes personnages ? Comment tu les fais « naître » ?

J'ai énormément de mal avec cette question parce que c'est mon gros point faible ; il y a toute une mythologie autour de cette question qui met les auteurs en transe et ça me gêne un peu parce que pour moi, l'essentiel repose sur la technnique. Je n'ai pas envie de te faire une réponse présomptueuse. J'imagines des gens, je prends des notes dessus, etc. Je n'ai pas la sensation de les "ravailler" mais je comprends ce que tu veux dire.


Et quand tu écris un roman, sais-tu par avance pour quel public il sera adressé ? Si oui, comment cela se travaille-t-il ? Quels sont « les codes » pour un Jeunesse/YA adult, qu'on ne retrouvera pas pour la littérature adulte ? Au niveau de la correction après écriture, y-a t-il des différences fondamentales en fonction du public visé ?

Les deux thèmes qui changent sur le fond, ceux que je traite d'une façon différente : le sexe, la violence. Il y a aussi la question très délicate de la profondeur métaphysique.L'écriture n'est pas une fin en soi en littérature jeunesse. C'est un autre tabou. Mais comme je n'ai jamais non plus écrit un roman pour adultes en mettant strictement le style au premier plan, répondre à cette question n'est pas aisé pour moi.


Sinon ai-je des chances de te rencontrer sur Etonnants Voyageurs ?

Hélas non ! Je ne sais pas pourquoi je ne suis plus invité à ce salon - je l'adore pourtant.

Cornwall : 

Han l'autre frimeuse :p
Je te vois venir, on commence par dire qu'on est bretonne, ensuite bibliothécaire.
Après tu demandes si un choc thermique ne le traumatiserait pas et après hop tu l'invites à la médiathèque :p


Fabrice :

Il pleut à La Réunion aujourd'hui et il y a pas mal de Bretonnes.Franchement, je tiens le coup.




Merci pour les réponses apportées et pour nous narguer avec ce soleil et cette mer à 28° !! Heureusement, j'ai un rayon de soleil juste à côté de moi sans quoi ce serait déprimant :)

Je rebondis sur une de tes réponses à propos de 2° vie et de sa fin. J'avoue que je lis les fins des romans avant de les commencer et que celle de 2° vie me laisse perplexe. Mais je pense que je le lirais dès que ma bibliothèque aura investi ! 
Et je me demande, quand tu commences à écrire un roman, est-ce que (en général) tu sais déjà comment il va se terminer ? tu as déjà prévu les grandes lignes ou tout dans les moindres détails ? 
Je comprendrais que ce ne soit pas aussi concret que le nombre de pages écrites en un jour, mais c'est ce processus de création qui est vraiment intéressant ! 

Profite bien du soleil ! et si les casquettes ne te vont pas, il reste les bobs (de pêcheur, look imparable) ou les chapeaux de pailles ! 

Fabrice :

Je rebondis sur une de tes réponses à propos de 2° vie et de sa fin. J'avoue que je lis les fins des romans avant de les commencer et que celle de 2° vie me laisse perplexe. Mais je pense que je le lirais dès que ma bibliothèque aura investi !

Salut Crunches. Quelle habitude détestable ! Je dois dire que j'ai un peu la même.


Et je me demande, quand tu commences à écrire un roman, est-ce que (en général) tu sais déjà comment il va se terminer ? tu as déjà prévu les grandes lignes ou tout dans les moindres détails ? 
Je comprendrais que ce ne soit pas aussi concret que le nombre de pages écrites en un jour, mais c'est ce processus de création qui est vraiment intéressant

Il existe grosso modo deux types d'écrivains : les structuraux, qui établissent un plan, et les scripturaux, qui écrivent au fil de la ligne, à partir d'une situation de départ stimulante. Certains romans, les polars, notamment, me semblent très compliqués à écrire "sans filet". Je soupçonne les prétendus écrivains scripturaux d'écrire un premier jet totalement spontané et irraisonné avant de plaquer dessus le plan qui, entre-temps, s'est imposé de lui-même. Je ne sais pas si je suis bien clair !
Bref, je suis un structural, de toute évidence; Donc, oui, je connais à peu près la fin quand je commence.


Profite bien du soleil ! et si les casquettes ne te vont pas, il reste les bobs (de pêcheur, look imparable) ou les chapeaux de pailles !



Ma femme m'a rejoint. Comme je ne veux pas qu'elle reparte, je vais rester tête nue.



Phooka

Si tu n'étais pas auteur, quel métier aurais-tu aimé exercer ?



Fabrice :

J'ai souvent envie de répondre "psychanalyste" bien que je ne croie pas du tout à la psychanalyse - ceci expliquant sans doute cela.Prof de fac, ça me plairait bien aussi.
Mais je reviens d'un périple dans des collèges assez reculés de la Réunion, et ce qui s'y joue au plan humain me plaît énormément. Les profs et les documentalistes - enfin, les bons - méritent de façon générale notre admiration. Parfois, j'ai un peu honte d'être assis à ma table et d'écrire des trucs qui, avant tout, me concernent moi.





Ramettes

Bonjour,


Je voulais savoir si le choix des USA (je n'ai lu que "Bal de Givre à NY" et "Passeurs de Mort" était dû à quelque chose en particulier, comme par exemple, plus facile à transposer des images mythologiques... Les grattes-ciel (verticalité et chemin vers le ciel) l'eau (horizontalité) Central Parc (horizontalité) avec par exemple la barque de Charon comme un parallèle avec la barque des passeurs... Je ne sais pas si je suis claire...


Fabrice :


Question très intéressante, Ramettes, mais je crois bien que tu y as répondu toute seule. Il existe à mes yeux une "pyschogéographie" américaine (j'emploie ce terme depuis des années, je ne sais pas si je l'ai inventé ou piqué quelque part) - soit une propension du territoire à générer ses propres histoires spécifiques (les route sans fin, les déserts sans retour, les maisons de banlieue ouvertes, les motels, les canyons comme des cicatrices, etc.). Cette dualité verticalité / horizontalité (et chapeau pour la pertinence de cette thématique), j'en parle dans le prologue d'Or not to be. New York, c'est la vie, L.A., c'est la mort et le rêve, son corolaire. Dans Ta mort sera la mienne, le fait que Troy parte de la Floride n'a rien d'un hasard. L'Ouest, ne l'oublions pas, c'est le pays de la mort - là où le soleil vient sombrer dans une grande éclaboussure sanglante.



Kllouche
"Marrant ce que tu dis de Musso ; ça ne cadre pas avec ce que je connais de lui : un garçon très humble, qui fuit les mondanités. Tu parles d'une expérience personnelle ?"
= Non, je ne l'ai jamais rencontré. Je ne disais cela que par rapport à ce que j'ai pu voir de loin pendant des salons. Il sait donc très bien jouer la comédie ! Un changement de carrière à lui suggérer?


J'aime bien ce qu'a écrit Kafka. Mais je ne vous imaginais pas le lire. Je ne vous imaginais pas non plus vous tourner vers la littérature générale: trop "terre à terre". Mais vous ne semblez pas non plus vraiment suivre les effets de mode en littérature. (En ce moment, la dystopie et la romance érotique (hum...) sont l'objet de toutes les attentions des blogueuses par exemple). Vous arrive-t-il de vous sentir comme un marginal ? Que vous inspirent ces modes?

Fabrice :

"Marrant ce que tu dis de Musso ; ça ne cadre pas avec ce que je connais de lui : un garçon très humble, qui fuit les mondanités. Tu parles d'une expérience personnelle ?"
= Non, je ne l'ai jamais rencontré. Je ne disais cela que par rapport à ce que j'ai pu voir de loin pendant des salons. Il sait donc très bien jouer la comédie ! Un changement de carrière à lui suggérer?

Ah, ah. C'est son banquier qui serait content. Tu sais, quand tu as des centaines de milliers de lecteurs, les choses deviennent très compliqués à gérer, et je tire personnellement un coup de chapeau à ce garçon, qui a su rester naturel avec ses proches, affable, même, et n'a jamais prétendu être autre chose que ce qu'il était : un écrivain populaire.


J'aime bien ce qu'a écrit Kafka. Mais je ne vous imaginais pas le lire. Je ne vous imaginais pas non plus vous tourner vers la littérature générale: trop "terre à terre". Mais vous ne semblez pas non plus vraiment suivre les effets de mode en littérature. (En ce moment, la dystopie et la romance érotique (hum...) sont l'objet de toutes les attentions des blogueuses par exemple). Vous arrive-t-il de vous sentir comme un marginal ? Que vous inspirent ces modes?

Kafka est un vieil amour, et il me semble que le moment est venu d'embrasser cet amour. On est en présence d'un personnage unique, qui ne ressemble pas du tout aux clichés qu'il génère : un combattant, un féroce défenseur de la vérité. C'est en cela qu'il m'intéresse.J'aime beaucoup les modes littéraires. J'en suis certaines, d'ailleurs : la dystopie, les vampires. C'est drôle, parce que ce n'est jamais volontaire. Nous sommes traversés par des courants et il pourrait être intéressant de comprendre pourquoi. Les vagues viennent mourir à nos pieds mais nous ne savons pas où elles prennent naissance.

Je ne me sens pas du tout comme un marginal par rapport à ça. Et mon roman de littérature générale, s'il voit le jour, ne sera pas si terre à terre que tu sembles le craindre ou le penser




Sorties le 10 avril 2014 chez Fleuve Éditions





COLLECTION NOIRE

***
Mise en cène
Wayne Williams, Darren Allan


368 pages
18,90 euros

Résumé :

Deux jours après la crucifixion de Jésus, Judas l’Iscariote est rongé par la culpabilité. Et ses ennuis ne font que commencer ! Quelques jours après que le corps de son ami Gédéon a été retrouvé pendu par les pieds à un arbre, l’œil arraché, Judas découvre chez lui un étrange paquet, contenant un œil et une dent, accompagné d’un message explicite : « Je sais ce que tu as fait ». Qui a donc décidé de lui faire payer sa trahison ? Serait-ce Thomas, l’apôtre dont Jésus était si proche ? Ou Jonathan, son ami messager, le mieux placé pour lui avoir délivré ce courrier accusateur ? Ou bien même Jésus, que certains disent avoir vu ressuscité ?
À Jérusalem, tout est possible. Des bas-fonds de la ville où viennent s’encanailler les plus hauts fonctionnaires romains au majestueux Temple de Jérusalem, tout le monde a quelque chose à cacher. Et tandis que les meurtres se multiplient, Judas est pris d’une terrible pensée : la douce Marthe, sa bien aimée, risque bien d’être la prochaine sur la liste ! Pour se laver de son péché et ainsi arrêter la terrible malédiction, le félon ne voit qu’une solution : rendre la bourse de trente deniers à son propriétaire, le terrible Caïphe. Quitte à prendre tous les risques. Mais n’est-il pas trop tard pour arrêter la vengeance biblique ?



La dernière carte
Carin Gerhardsen


324 pages
19,90 euros


Résumé :

Sven-Gunnar Erlandsson est un homme ordinaire : entraîneur de football apprécié de tous, il mène une existence paisible entouré de sa femme Adrianti, une Singapourienne rencontrée lors d’un voyage en Asie, et de leurs deux enfants. Jusqu’à ce fameux soir où il se rend à une partie de poker et se fait abattre sur le chemin du retour. Dans sa poche, quarte cartes à jouer ainsi qu’un étrange code. Qui les y a mis et pourquoi ?
Le charmant Sandén et l’extravagante Gerdin, du commissariat de Hammarby, sont en charge de l’enquête. Leur instinct les pousse à interroger les partenaires de jeu de la victime, Wiklund, Siem et Jenner, qui ont chacun une bonne raison d’en vouloir à Erlandsson. Car au fur et à mesure des recherches, il s’avère que le père de famille bien sous tous rapports se révèle être un bluffeur invétéré qui trempe dans des affaires louches…



Sadako
Koji Suzuki


378 pages
14,90 euros

Résumé :

Takanori Andô est un graphiste spécialiste de l’analyse d’image. Il reçoit par son travail une vidéo amateur montrant un suicide à l’intérieur d’un appartement banal. Son client souhaite déterminer s’il s’agit d’un véritable suicide ou d’une simple mise en scène. Il fait une copie du fichier dans son ordinateur et à chaque visionnage de la vidéo, Takanori se rend compte que le cadre de l’image se décale très légèrement, permettant de voir jusqu’au visage du suicidé : Seiji Kashiwada. Ce dernier est un serial killer condamné à la peine de mort pour le meurtre de quatre fillettes, douze ans auparavant. Le mystère s’épaissit car l’exécution de Seiji Kashiwada a eu lieu peu de temps auparavant… mais que faisait-il hors de prison ?

Avec en prime le mot de l'éditeur parce qu'il m'a fait sourire...

Kôji Suzuki est un écrivain spécialisé dans les romans d’horreur. Il est surtout connu pour la série Ring ainsi que pour Dark Water qui ont connu une adaptation sur grand écran. Il est considéré comme le « Stephen King japonais ». Aujourd’hui, il donne aussi des conseils sur l’éducation des enfants car lors de l’écriture de son best-seller Ring, il était « homme au foyer ». Sa dernière trouvaille est une série de courtes histoires d’horreur écrites sur du papier toilette, à lire à l’endroit requis…


vendredi 11 avril 2014

RUSH, Contrat 1 de Phillip Gwynne


Tome 1
Dette de sang



Editions Casterman
255 pages
15 euros




Présentation de l'éditeur:


Dominic Silvagni est né sous une bonne étoile. 
Il a de la chance : il vit au soleil de la côte australienne. 
Il a de l’argent : son père est un riche homme d’affaires. 
Il a du talent : ses performances sur les pistes d’athlétisme le promettent à une brillante carrière sportive. 
Aujourd’hui Dom fête ses 15 ans. 
Mais son premier cadeau est une terrible révélation : sa famille a une dette envers la Mafia… une dette dont il est l’héritier ! 
Dom est contraint d’exécuter six contrats pour ces criminels ... ou il subira un terrible châtiment.



L'avis de Phooka:


Voilà une jolie découverte, un roman jeunesse de type aventure/thriller qui se dévore en un rien de temps. Et pourtant ce n'était pas gagné au départ, je traînai sur les premières pages, m'inquiétant des clichés. Encore un jeune issu d'une famille richissime, encore un beau gars, encore un sportif, bref je le sentais mal ..et quand le "thème" du récit (cette histoire de dette envers la mafia) est apparu, ça m'a paru totalement irréaliste, ça ne pouvait pas "marcher" ...
Et puis sans m'en rendre compte, je me suis retrouvée ferrée. J'ai commencé à engloutir les pages jusqu'à lire la dernière moitié d'une traite sans être capable de reposer le livre. Ferrée je vous dis !

Or donc, il s'agit de l'histoire de Dominic, Dom pour les intimes, jeune ado australien, fan de demi-fond, fils de milliardaire. Jusque là sa vie est plutôt cool. Mais voilà, ça ne pouvait pas durer. Le jour de ses 15 ans, il apprend par son père et son grand-père qui y sont passés avant lui, que l'un de leur ancêtres a contracté une dette importante auprès de la mafia avant de partir d'Italie pour émigrer en Australie. Le jour venu, incapable de rembourser sa dette, il a signé un contrat plutôt étrange (et égoïste ...). Tous ses descendants, à l'âge de 15 ans, devront exécuter 6 contrats pour la mafia. Quelle que soit la demande ils devront l'exécuter sous peine de représailles terribles. Dom renâcle au début, il ne veut pas y croire, mais il doit vite se rendre à l'évidence, il va devoir payer cette "dette", il n'a pas le choix.

On a de la peine pour Dom quand on voit ce qui lui tombe dessus, parce qu'il est plutôt sympa ce garçon. Pas trop "pourri" par le fric parental, il vit plutôt "simplement". Sa seule passion c'est courir. Ce n'est pas un génie, à l'école il est plutôt moyen, bref c'est un garçon très ordinaire. Son premier contrat, il se demande bien comment il va pouvoir le remplir. "Comment" et pas "si", parce qu'il a compris qu'il n'avait pas le choix ... ou plutôt "on" lui a fait clairement comprendre. S'il veut rester en vie, il doit trouver un moyen de "régler sa dette" ...

Voilà un concept pour le moins original pour mettre un jeune homme ordinaire dans la peau d'un héros/aventurier/espion malgré lui. Et en plus ... ça marche. Il reçoit bien un peu d'aide de sa soeur, une vraie geek et celle de Tristan, un type de son lycée qu'il déteste, mais sinon il doit se débrouiller seul. Il ne peut parler de son contrat avec personne, même pas son père et son grand-père qui ont pourtant eux aussi vécu la même chose à son âge. Il est franchement sympa ce Dom et on suit ses aventures avec beaucoup de plaisir (et d'inquiétude aussi).

Après quelques pages, une fois le décor et le contexte plantés, le lecteur se laisse prendre par le récit. Il se retrouve emporté dans l'action et se demande bien comment ce pauvre Dom qui n'a pas l'envergure d'un mafieux, va bien pouvoir s'en sortir. Du coup, les pages commencent à se tourner toutes seules et le syndrome du "encore un petit chapitre avant de refermer le livre" frappe très fort, surtout que ces chapitres sont assez courts et le style "percutant". Bref, on se retrouve à la fin du livre en un rien de temps en se demandant ce que pourront réserver les cinq prochains défis ...

Voilà donc un roman qui m'a agréablement surprise. Les petits (à partir de 12 ans) et les grands trouveront leur compte avec cette nouvelle série qui s'annonce vraiment prometteuse et originale.


jeudi 10 avril 2014

Concours : THUNDER de David S. Khara






Les éditions Rageot et Bookenstock
vous proposent
de gagner 3 exemplaires de




THUNDER
QUAND LA MENACE GRONDE
David S. Khara


Un magnat russe périt dans l’explosion criminelle d’une raffinerie en Sibérie. Son fils, Ilya Volochin, part en Angleterre vivre chez une grand-mère qu’il ne connaît pas. Dans son nouveau lycée, il rencontre Angela et trois autres adolescents au caractère affirmé. Agressés, ils réussissent à repousser leurs adversaires avant de découvrir qui est le commanditaire de ce guet-apens. Ils comprennent vite que leur réunion n’est pas le fruit du hasard…
Dans Thunder, David S. Khara développe en maniant l’humour et les références mythologiques l’univers de ses thrillers adultes à succès. Ses cinq héros adolescents subissent à leur insu une épreuve de recrutement pour intégrer la fondation Thunder. Après avoir découvert que leurs géniteurs sont issus des expérimentations génétiques du protocole Olympe et qu’ils ont hérité de leurs talents particuliers, Ilya et ses amis forment un commando voué aux missions les plus périlleuses.


Concours organisé conjointement avec le blog Livre Attitude

Pour participer, il vous suffit de :

Liker les pages facebook de Rageot et Bookenstock

"mailer " sur bookenstock.concours(at)gmail.com intitulé " Concours Thunder " avec :

- votre pseudo facebook 

- les réponses au petit QCM qui suit :

1)      Comment s’appelle le héros du livre ?
·         Boris
·         Ilya
·         Vladimir

2)      De quel pays est-il originaire ?
·         Russie
·         Norvège
·         Slovaquie

3)      Où part-il habiter ?
·         Aux États-Unis
·         En Suisse
·         En Angleterre


Clôture du concours le 24 avril minuit.

Les éditions Rageot livrent en France, Belgique, Suisse, Québec et Liban !

Trois autres exemplaires sont à gagner sur Livre attitude (avec les mêmes questions alors c'est "trop fasse"). Foncez !

NB : Nous ne sommes pas responsables des éventuelles pertes de colis par la poste. 
Aucune réclamation ne sera donc acceptée.







mercredi 9 avril 2014

M.O.N.S.T.R.E. - Tome 1 - de Hervé Jubert


CŒUR DE HARPIE


Éditions Rageot
201 pages
9,90 euros

4ème de couv :

Milo n'est pas un adolescent tout à fait comme les autres. Héritier d'un empire, passionné par les créatures fantastiques, il se sent à part. 
Quand ses compagnons de jeu en ligne le rejoignent à Oxford pour former le groupe M.O.N.S.T.R.E. et protéger une chimère, il s'interroge. Qui, de la harpie ou du chasseur qu'ils pourchassent, est le plus dangereux ?
Et s'il y avait un monstre en vous ?


L'avis de Dup:

MONSTRE est un acronyme créé avec les initiales des prénoms de sept ados. Sept gamins vivant chacun dans un pays différent, voire même un continent différent, si ce n'est qu'il y en a un dans le lot, Rolf, qui est plus discret, plus cachottier que les autres et on ne sait pas bien d'où il vient. Sept enfants qui ne se connaissaient que virtuellement, via "Chiméra", un jeu en ligne dans lequel ils ont formé ce groupe.
On a donc Milo, Onde, Nathan, Takiko, Rolf et Emile, quatre mecs et trois nanas. Tous parlent anglais, mais aussi le français, langue qui leur permet d'échanger au sein de Chiméra sans être compris de la plupart des joueurs.

Chiméra est donc un jeu vidéo dans lequel ils forment un groupe de Protecteurs de chimères. Il y a bien sûr l'autre "bord", les Chasseurs. Comme tout ado d'aujourd'hui, ils dominent tous les techniques informatiques... à croire que depuis les années 90 ne naissent que des geeks d'ailleurs :))  Il faut dire aussi qu'ils y passent du temps derrière leur ordi...

Et du temps justement, ça tombe bien, il en à revendre Milo. Il vit quasiment seul dans un grand manoir à Oxford. Sa mère est partie quand il avait sept ans et son père, à la tête d'une multinationale gérant beaucoup de domaines, n'est quasiment jamais là. Il y a bien Dickens, l'homme de main et ami de son père et la revêche Mrs Wells, l'intendante... mais ce ne sont  ni un papa, ni une maman. Lorsque le roman débute Milo vient de perdre son père, disparu dans des circonstances étranges. Son corps est retrouvé mais pas l'avion qu'il pilotait. Ce décès propulse le jeune gamin au rang d'héritier d'une des plus grande fortune du monde. Froidement il se dit que ça ne va pas changer grand chose dans sa vie de tous les jours...

Sauf qu'il y a bien des mystères autour de la mort de son père.
Sauf que quelqu'un va réunir les six autres ados autour de Milo. Ce même quelqu'un va leur soumettre quelques énigmes, soit par l'intermédiaire de Chiméra, soit par des sms mystérieux sur leurs portables. Ils se savent manipulés, mais n'ont pas d'autres choix qu'avancer s'ils veulent comprendre, s'ils veulent savoir qui et pourquoi. De plus, ils se rendent vite compte qu'ils s'apprécient mutuellement et décident de faire ce bout de chemin ensemble. 

Comme l'aspect financier n'est pas un soucis, faire un saut à Bangkok ou bien prospecter dans le désert du Nevada se réalise aussitôt décidé. C'est bien commode pour l'auteur et agréable pour le lecteur qui voyage beaucoup et découvre des lieux parfois insolites.

On parcourt cette aventure à travers les yeux de Milo. Chaque chapitre est d'ailleurs ponctué du superbe M que voici : 
© Livrement.com

Et je dois dire qu'il est attachant ce Milo, très touchant. Il crève de solitude et la venue des six autres lui apporte à la fois du bonheur et l'angoisse de les perdre. En même temps, ils bousculent ses habitudes et tout cela est bien dur à gérer.

Le roman bascule dans le fantastique lorsque l'auteur installe dans leur vraie vie et non par pixels interposés des chimères vivantes... Ainsi dans ce tome, comme l'indique le titre, ils vont traquer, puis être traqués, par une harpie : un aigle immense, démesuré, avec une tête de femme.

Sept lettres, sept gamins, sept tomes donc. Je viens de finir M(ilo) et je vais attaquer la suite dans la foulée, ce sera O(nde), la petite française du lot. Je vous conseille d'en faire autant pour ne pas vous faire larguer, ce serait ballot d'avoir une chimère de retard. :)) 
Je rajoute que je suis ravie de démarrer cette nouvelle série, qui grâce à ses magnifiques couvertures signées Magali Villeneuve, ne dépareillera pas ma bibliothèque !