mercredi 20 août 2014

CHAMBRE 507 de J.C. Hutchins et Jordan Weisman




Éditions Super 8
418 pages
20 euros


Le pitch :


Construit en 1875 à New York dans les profondeurs d’une ancienne mine de grès, l’hôpital Brinkvale est peuplé de criminels impossibles à traiter ailleurs – trop dangereux pour l’asile, trop déséquilibrés pour la prison. C’est dans ce cadre extrême que Zachary Taylor, jeune thérapeute, doit analyser la personnalité de Martin Grace afin de déterminer si celui-ci est suffisamment sain d’esprit pour répondre pénalement des crimes dont on l’accuse. Soupçonné de douze homicides, Grace a annoncé à chaque fois aux victimes leur mort imminente. Et les meurtres ont cessé deux ans plus tôt lorsqu’il est devenu aveugle. Mais l’affaire est délicate : Grace, en effet, dispose d’un alibi solide pour chacun des meurtres. Dans la chambre 507 de l’hôpital Brinkvale, l’interrogatoire prend progressivement l’allure d’un jeu aussi dangereux que passionnant. Martin Grace est-il un authentique génie du crime ou, comme il entend le faire croire, un esprit hanté en proie à des visions prémonitoires ? Surtout, pourquoi sait-il autant de choses sur la vie privée de Zachary ? Est-il vraiment ici par hasard ? Lorsqu’après de multiples coups de théâtre la vérité éclatera enfin, elle sera bien plus surprenante que tout ce que le lecteur a pu imaginer.


L'avis de Dup :

Wow !!! Autant annoncer la couleur tout de suite, énorme coup de coeur pour ce roman.

L'avis de l'éditeur est le suivant : « Ce thriller cauchemardesque, à l’atmosphère oppressante et à l’intrigue machiavélique, touche à l’essence même du fantastique : quand la réalité se dérobe sous vos pieds, à quoi pouvez-vous vous raccrocher ?  Entrez dans le cauchemar ! »  Et bien, je plussoie ! Pas un seul mot n'est exagéré dans cette accroche, pas un.

Tout d'abord vous prévenir que si vous lisez les premières pages de ce roman, vous êtes cuits, impossible de le lâcher. Il commence pourtant gentiment, en faisant tout d'abord connaissance avec le personnage principal Zachary Taylor, dit Zach, voire Z. C'est lui le narrateur, ce qui augmente encore plus l'empathie que l'on ressent dès le départ pour ce jeune homme sympathique, simple, à fleur de peau malgré tout, mais passionné par son boulot. Il est art-thérapeute dans le grand institut Brinkval, là où atterrissent ceux qu'on ne peut pas mettre ailleurs. C'est l'art, le dessin en l’occurrence, qui l'a sauvé de ses dérives d'ado, alors qu'il empruntait la mauvaise pente. Un Zach à qui les auteurs prêtent beaucoup d'humour et un oeil acéré, avec les mots qu'il faut pour décrire les lieux, l'environnement, les personnes qui l'entourent. Extrait page 10 :
La voix de Peterson possède une cadence distinctive qui trahit une très haute éducation : chaque mot est clairement énoncé, amidonné et bien repassé. :))

Et dès le premier chapitre, le directeur du centre, le Dr Peterson, lui confie un cas délicat : Martin Grace.  J'ai été prise par cette énigme soumise à Zach. Cet aveugle psychosomatique accusé de tant de meurtres, qu'il avait prédits, il a pourtant des alibis en béton pour chacun de ces meurtres. Il a perdu la vue il y a deux ans et depuis, plus de visions, plus de meurtres non plus. Il refuse de parler aux psychiatres et Zach doit déterminer s'il est responsable de ses actes ou non.

Puis Zach nous présente ses proches. Sa déesse tatouée, sa geek aux cheveux magenta, bref sa nana Rachael. Puis son sympathique petit frère Lucas. Ils forment un solide trio, plein de peps et d'humour. Ils vont bien l'épauler pour découvrir la vérité enfouie dans l'inconscient du patient Martin Grace. 

Et plus on avance dans le roman et plus on stresse. Le tout est accentué par la nyctophobie de Zach, soigneusement exploitée par le requin qu'il doit soigner. On est toujours sur la tangente, on ne sait plus qui est manipulé ou manipulateur. Ce roman est un vrai cauchemar, il remue toutes nos vieilles peurs d'enfants, tout ce que notre côté rationnel a écarté au fur et à mesure de notre apprentissage vers la vie d'adulte. J'étais stressée par ces visions, stressée par le patient de la chambre 507, stressée par son alccolique de fils que Zach doit cotoyer, stressée par Zach lui-même qui perdait souvent les pédales et m'entraînait avec lui. Stressée comme lui par son père autoritaire et peu aimant, le grand procureur William Taylor, stressé par...et bien, par tout !

C'est impossible de ne pas tourner les pages. Pour fuir les peurs précédentes, pour comprendre, pour courir après la lumière. Et comme si tout cela n'allait pas assez vite, les auteurs font de Lucas un adepte du parkour, ce sport urbain extrême. Extrait page 324 :
Lucas est un véritable kangourou urbain. Il bondissait, roulait et glissait entre les piétons, les esquivait comme par miracle, avec une audace folle et une grâce infinie. Le monde était sa voie express, son terrain de jeu. Les supports des auvents de magasins devenaient des barres fixes ; les bouches d'incendie, des tours de lancement. 
Et nous nous courrions derrière en l'appelant à tue-tête.
Et le lecteur court aussi derrière, en apné !

Infernal, puissant, passionnant.
Un livre qui vous marquera profondément.
Un livre à lire absolument.
Un Super 8 quoi !


mardi 19 août 2014

L'ARMÉE DES MORTS, Anthologie présentée par Christopher Golden.




Éditions Panini
543 pages
14 euros

Présentation de l'éditeur :

Préparez-vous à l'apocalypse zombie, Christopher Golden a réuni, dans cette anthologie zombie, dix-neuf nouvelles inédites écrites par les plus grands noms de la littérature fantastique. Avec des récits de Max Brooks, Joe Hill, John Connolly, Kelley Armstrong, Tad Williams, David Liss, David Wellington, Jonathan Maberry, Tim Lebbon, Aimee Bender, Joe R. Lansdale, James A. Moore... REJOIGNEZ L'ARMÉE DES MORTS !


L'avis de Dup :

Me voilà en train de chroniquer 1) une anthologie de nouvelles, 2) de zombies !!! Comme quoi tout arrive n'est-ce-pas ! Et qu'est-ce-qui m'a fait craquer pour postuler à ce partenariat ? Bien sûr, la liste des grands noms énumérés sur la couverture.

Des nouvelles de zombies purs et durs, puants et dégoulinants, massacreurs de vivants, il y en a dans ce recueil. Ainsi les amateurs ne seront pas floués. Pour ma part, j'ai un peu de mal avec ces récits. Autant des scènes gores dans un policier ou un thriller passent très bien, autant des descriptions détaillées de putréfaction et des odeurs qui vont avec me retournent le coeur. Et oui, les zombies et moi... Mais heureusement, il n'y a pas que ça.

On a du pragmatique avec les zombies-esclaves de David Liss. Une grande entreprise General Reanimation qui "fabrique", vend et entretien ces machines à tout faire, quasi inusables, fonctionnant sans aucun apport d'énergie et obéissantes... enfin presque. Du pragmatique encore avec David Wellington qui les transforme en CPM ( Combattants Post Mortem ). De la chair à canon pour l'armée des USA, manipulée comme dans un jeu de rôle, avec un joystick.

On a du médical lorsque la "zombitude" frappe comme une épidémie avec Tim Lebbon, Bryan Keene, Rick Hautala. On révise ainsi toutes les règles des mesures sanitaires d'urgence, on transgresse les principes déontologiques, et même d'étique que c'est un plaisir revanchard sur toutes ces règles que j'ai dû apprendre par coeur il y a bien longtemps, merci messieurs !

On a droit à une belle leçon de vie, via le respect que l'on doit aux morts, non, au morts-vivants plutôt, avec Jonathan Maberry. Un brin moralisatrice néanmoins...

On a des nouvelles qui sont les vraies nouvelles que je n'aime pas. Sans chute, une fin qui arrive alors que l'histoire a tout juste, voire pas, commencée. J'en ai même relue une deux fois, en me disant que j'avais dû rater quelque chose, mais non, c'était vraiment la fin de l'histoire !

Il y a ma plus grosse déception du recueil, la nouvelle de Joe Hill, que j'attendais impatiemment, qui n'arrive qu'en dernier et que je commenterai d'un "ouais, bof". Et il y a même une nouvelle dans cette anthologie zombie sans zombies, ni morts-vivants, ni rien qui s'y rattache ! Juste un mort, qu'on fourre dans le coffre d'une voiture et le tout au fond du lac. Mdr

Mais heureusement, il y en a quelques unes qui sont de vrais bijoux. Celle de Tad Williams menée tambour battant, sur un scénario classique des forces du mal combattant sournoisement aux portes de la mort. Avec un Nightingale, enquêteur du paranormal, comme le grand Nightingale de Ben Aaronovitch, le patron de notre apprenti sorcier ! Une nouvelle stressante, vrai page-turner, et donc horripilante car trop courte alors qu'on en veut plus, bien plus !

On a un chef d'oeuvre d'humour noir avec Les gosses et leurs jouets de James A. Moore. Excellente, j'ai adoré.

Voilà un petit compte-rendu de mes lectures. Une chronique un peu disparate, un brin décousue, mais je ne sais comment faire autrement face à un recueil. En revanche, je sais maintenant que je ne souscrirai plus pour les anthologies afin d'éviter cet écueil. En résumé, je dirai que je n'ai pas apprécié la moitié de ces nouvelles, un quart que j'ai trouvé pas mal, et un quart de pépites. Mais voilà, je ne fais pas partie du bon lectorat pour ce genre de littérature et je pense qu'il plaira aux vrais amateurs !



dimanche 17 août 2014

SALMACIS d' Emmanuelle de Jesus





Tome 1 - L’Élue





Editions Hachette

Collection BlackMoon

Date de parution : 30/04/2014
A partir de 13 ans
396 pages - 16 €




Faustine et Sasha ont dix-sept ans. Ils sont jumeaux. Et sans famille… ou presque. Inscrits dans un pensionnat d’élite en pleine montagne par leur tante marginale, ils découvrent un monde de sélection et de compétition, aux règles impitoyables. Charmant et sociable, Sasha devient vite populaire, tandis que Faustine reste à l’écart. Jusqu’à ce qu’elle ait une révélation inattendue, lors du choix d’une option sportive : le corps à corps avec la pierre et les rochers, l’escalade, c’est là qu’elle retrouve la sensation de vivre. Surtout lorsqu’elle est couvée par le regard violet d’Andrea Salvaggi, le mystérieux assistant du professeur. Leur lien est plus puissant qu’un simple coup de foudre, ils sont encordés… vers quel sommet ?



L'avis de Phooka:


J'avais besoin d'une lecture légère entre deux séries de monstrueux pavés et mon choix s'est porté sur Salmacis. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, n'ayant lu aucune chronique, mais le pitch me "parlait".

Ce roman correspond en tout point à ce que j'en attendais: une lecture légère et agréable.
Les situations sont convenues et on a pu voir le même genre de trame par ailleurs, mais l'écriture est agréable et les personnages attachants. De plus, l'auteur "cible" son récit de façon moins attendue qu'on pourrait le penser. Alors évidemment ce dernier point risque de ne pas plaire à tous. 

Mais revenons au récit. Faustine et Sasha sont deux jumeaux fusionnels. Leur père est décédé lors de l'attentat du World-Trade Center en 2001 et leur mère, qui ne s'en est jamais remise, vient de se suicider quelques jours avant que le lecteur ne les rencontre. Ils sont bien évidemment bouleversés, mais doivent "aller en avant". Leur amour réciproque les aide à tenir et ils vont s'installer chez leur tante Anna et leur oncle Ben. Pour le lycée, ils se retrouvent dans un pensionnat chic dans les Alpes françaises, pas très loin de Genève. Là, ils doivent "faire leur trou", recommencer leur vie et commencer par se refaire des amis. C'est chose aisée pour Sasha qui a toujours été populaire, mais c'est plus difficile pour Faustine qui est plus réservée. Sasha, le beau gosse va tout de suite se faire draguer par la sublime "coturne" (comprendre copine de chambre, enfin copine est un grand mot ...) de Faustine, et cette liaison aura pour conséquence de distendre les liens si forts entre les deux jumeaux. De son côté Faustine va rencontrer Andrea ...

Ce qui est le plus troublant dans le parti prix de l'auteur, c'est que la touche "fantastique" n'arrive qu'au trois quart du roman. Bien sûr, on "sait" qu'il y a quelque chose, mais rien de précis et surtout ce n'est pas le coeur du sujet. Emmanuelle de Jesus se concentre sur l'installation des jumeaux au pensionnat, sur leurs relations avec les autres et surtout sur cet amour fusionnel entre Faustine et Sasha. C'est là, qu'elle prend le contre-pied de ce qui est attendu, puisque, bien que l'histoire d'amour entre Faustine et Andrea soit le centre du récit, elle se concentre sur les relations gémellaires, au risque de perdre certains lecteurs. Effectivement, cette vision a déplu à certains (vu les quelques chroniques que j'ai lues), mais en ce qui me concerne j'ai lu cette partie avec intérêt et plaisir, ayant même du mal à arrêter ma lecture à une heure raisonnable .

Puis arrive la partie "fantastique" dont je ne vous dirai rien car autant garder la surprise. Je trouve honnêtement que c'est réussi et plutôt original. Comme dit plus avant, on se doute bien qu'il se passe des choses étranges, mais on ne devine pas quoi et la révélation est brutale. Aussi brutale d'ailleurs pour le lecteur que pour Faustine et du coup, on comprend son trouble et sa difficulté à assimiler ce qui se passe.

Alors oui, ce qui est frustrant c'est que, évidemment, c'est à partir de là qu'il y a le plus de suspense et on a vraiment envie de savoir ce qui va se passer. Or, comme cette partie ne commence que vers la fin du livre on est bon pour un cliffhanger de "ouf" et on referme le livre en maudissant l'auteur et l'éditeur de ne pas avoir déjà mis le tome 2 à notre disposition.

Salmacis est donc un livre YA, assez "banal" au début, même si l'approche de l'auteur est différente de ce qu'on attend d'habitude dans ce genre de roman un peu 'typé'. Le côté fantastique est original et peu banal. Une lecture plaisante qui convenait tout à fait à mon état d'esprit, en recherche de détente. Ce qui est sûr et certain, c'est que je lirai la suite que j'attends avec impatience. 


vendredi 15 août 2014

Sortie de DÉCHIRÉS chez Super 8





Éditions Super 8
400 pages
21 euros
Parution août 2014

Le pitch :


« J’ai peut-être raté ma vie, mais au moins, j’ai toujours ma tête et mes bras. »

Accro à la méthamphétamine, Chase Daniels est un junkie minable sans cesse en quête d’un nouveau fix. Quand il se réveille un beau matin pour voir une fillette déchiqueter un rottweiler, il ne s’inquiète pas plus que ça. Ouais, peut-être qu’il devrait.
Car la fin des temps est là : les rues grouillent de zombies avides de chair humaine, et survivre est devenu un objectif à très court terme. Mais que signifie l’apocalypse, se demande Chase, quand la société a déjà tiré sur vous un trait définitif ? Et cette malédiction, qui semble toucher tout le monde sauf lui et son ami Typewriter, n’est-elle pas l’occasion qu’il attendait – celle de prendre un nouveau départ et d’accomplir enfin quelque chose de grandiose ?
Dans un monde livré au chaos et aux flammes, le « nouveau » Chase Daniels, perdu dans ses rêves de rédemption et d’amour fou, se met en tête de retrouver son ex-petite amie et de la sauver. Les règles du jeu ont changé : désormais, c’est tuer ou être tué, fuir sans penser au lendemain. Hanté par les fantômes du passé, dévoré par le manque, Chase ne court-il pas au-devant de sa dernière désillusion ?


L'avis de l'éditeur :

Comédie noire, thriller horrifique, à la fois cruel et atrocement comique, Déchirés n’est pas seulement un grand roman de zombies porté par une écriture survoltée : c’est aussi, à mi-chemin entre The Walking Dead et Breaking Bad, Hubert Selby Jr. et Las Vegas Parano, l’histoire d’amour la plus extrême et déchirante que vous ayez jamais lue.



jeudi 14 août 2014

Des infos toutes fraîches sur LA DERNIÈRE TERRE !



Quoi encore !
Ben oui, encore et toujours !
Je ne suis pas prête d’arrêter de vous bassiner avec "ma" LDT
Mon plus gros coup de coeur en Fantasy des deux dernières années !

Et comme leurs auteurs, Magali ( ex-Villeneuve ) et Alexandre Dainche 
sont des zamours,
ils nous offrent ce scoop que je vous laisse apprécier en me taisant de suite :) 


Suivez le lien ICI





Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, une BD !!!






mercredi 13 août 2014

MAUVAIS AUGURES de Kelley Armstrong



CAINSVILLE

Tome 1
MAUVAIS AUGURES




Éditions Bragelonne
528 pages
23 euros


4ème de couv :



Le monde d’Olivia Taylor-Jones, fille unique d’une riche et célèbre famille, bascule lorsqu’elle apprend qu’elle a été adoptée… et que ses vrais parents sont un couple de tueurs en série ! Une nouvelle qui jette son entourage dans un indésirable tourbillon médiatique.
Contrainte de fuir, Olivia se retrouve à Cainsville, une mystérieuse petite ville dont les habitants semblaient attendre sa venue. Elle y rencontre l’ancien avocat de sa mère, qui souhaite l’aider à découvrir la vérité sur ses origines. Mais alors qu’ils commencent à enquêter, Olivia se surprend à utiliser des capacités enfouies depuis son enfance, des dons qui font d’elle un apport précieux pour cette communauté recluse…


L'avis de Dup :

Imaginez le choc que cela peut faire d'apprendre à vingt-quatre ans que vos parents vous ont menti depuis toujours, que vous avez été adoptée. Et comme ce n'est pas assez, Kelly Armstrong vous en rajoute une couche en vous donnant à comme géniteurs le tristement célèbre couple de tueurs en série, Pamela et Todd Larsen ! Ces derniers sont en prison depuis plus de vingt ans : perpétuité pour les meurtres de quatre jeunes couples...

Olivia Taylor-Jones, dite Liv, avait son avenir tout tracé : un job, peut-être, pour s'occuper éventuellement, si ses heures de bénévolat auprès des femmes en difficultés ne lui suffisent plus. Un fiancé, James, du même milieu qu'elle, qui se destine à embrasser une grande carrière politique en briguant les sénatoriales.

Bien sûr, tout cela s'écroule lorsque la bombe médiatique éclate, en cascade, comme un château de cartes. Même sa mère adoptive, tombant elle aussi des nues, lui tourne le dos. Mais Liv est une battante, elle va réagir, tâcher de faire face. Ironie du sort, elle va se retrouver dans la situation précaire des femmes qu'elle conseillait il y a peu encore ! Elle va pouvoir constater que les beaux plans sur le papier n'ont plus rien à voir avec la réalité...

En cherchant à se loger, elle va trouver chaussure à son pied à Cainsville, une petite bourgade isolée, dans la périphérie de Chicago, sa ville qu'elle croyait natale. Si Liv pense que c'est son choix, nous lecteurs, nous savons que c'était la volonté de quelqu'un. En plus, cette ville est tout sauf ordinaire, il s'y passe de drôles de choses. Ses habitants semblent tous se connaître, chacun y a son rôle à jouer et le lecteur est complètement paumé. Ils ont des appellations ou des grades bizarres : il y a les brùnaidh, les springgan et bien d'autres noms encore, qu'on engrange en attendant de mieux comprendre. Mais on est patient car Kelley Armstrong nous a prévenu au début du roman que les explications viendraient...

Je vais m'attarder un peu sur Cainsville car l'auteur en fait quasiment un personnage à part entière. Une ville où pullulent des gargouilles, c'est déjà spécial, mais quand vous rajoutez qu'elles sont capables de s'animer, de vous protéger ou au contraire vous attaquer, on passe la barrière du fantastique. Il y a également les corbeaux qui jouent une sorte de rôle annonciateur et une comptine enfouie dans le subconscient de Liv l'encourage à les compter sans arrêt.
Un corbeau, malheur,
Deux corbeaux, bonheur.
Trois corbeaux, un mariage,
Quatre corbeaux, une naissance.
Cinq corbeaux, fortune,
Six corbeaux, un voleur,
Sept corbeaux, un voyage,
Huit corbeaux, du chagrin.
À Cainsville, la cour d'école est grillagée et tout autour sont installés des gradins où les vieux de la ville viennent passer le temps. À Cainsville il y a une supérette, un café et un diner. Il y a des chats noirs, des penny qui traînent par terre et des étranges chiens qui apparaissent soudainement. Et pourtant Cainsville semble une petite bourgade si sereine...

Liv est de plus en plus réceptive à ce genre de présages, à l'écoute des bonnes ou mauvaises augures. Elle découvre même qu'elle possède une sorte de don pour cela. Dès son arrivée à Cainsville, elle rencontre Gabriel Walsh, l'ancien avocat de sa mère biologique. Il va lui proposer d'abord de rencontrer sa mère, puis, de fil en aiguille, d'enquêter avec lui pour creuser la vérité sur les meurtres dont sont accusés ses parents. Liv veut se défendre de ce sentiment étrange qui l'a envahie : la conviction que sa mère est innocente. Donc elle n'a rien de mieux à faire qu'enquêter. Quant à Gabriel, s'il devient l'avocat qui réussit à sortir de prison ce couple célèbre, sa notoriété ne sera plus à faire. Chacun pour des raisons totalement différentes donc, ce qui fait que ce tandem part sur des bases bien friables. Mais c'est ce qui fait la saveur de ce roman car les personnages sont rudement bien étoffés et les embûches qu'ils vont rencontrer de taille ! 

La construction du roman aussi est bien maîtrisée. Les chapitres alternent entre les aventures de Liv, puis de Liv et Gabriel avec des chapitres brefs concernant un ou des habitants de Cainsville, personnages secondaires à première vue. Ils apportent un éclairage tout autre sur ce qui arrivent à Liv, et notre interprétation est souvent diamétralement opposée à celle de la jeune femme. Le sentiment est vraiment spécial, je n'avais encore jamais lu un livre comme cela ! C'est déroutant, mais passionnant ! 

Encore un roman estampillé Thriller alors qu'il n'en a qu'un lien très lointain avec ce genre littéraire. Mais il semble que ce soit la mode ces derniers temps d'appeler  tout Thriller. Bref, peu importe, ce roman est vraiment très bien et je ne peux que vous conseiller de l'acquérir. Moi en tout cas, j'attends la suite avec impatience, car clairement il va y en avoir plusieurs autres, c'est même annoncé par l'auteur ! Or Kelley Armstrong n'est autre que l'auteur de la grande saga "Femmes de l'Autremonde" qui comprend 9 tomes...

Un grand merci à la Team de Livraddict de m'avoir sélectionnée pour ce partenariat succulent ! ♥




lundi 11 août 2014

CARTER CONTRE LE DIABLE de Glen David Gold






Super 8 éditions
816 pages
22 euros



1920, San Francisco. Carter le Grand, l’un des prestidigitateurs les plus célèbres du pays, donne ce soir-là un spectacle exceptionnel devant le président des États-Unis, Warren G. Harding, qu’il invite sur scène pour participer à l’un de ses stupéfiants numéros. La représentation est un triomphe mais, quelques heures plus tard, le président meurt mystérieusement dans sa chambre d’hôtel. Sachant qu’il va être suspecté, Carter disparaît afin de mener sa propre enquête. Aurait-il eu des raisons de se débarrasser du locataire de la Maison Blanche ? L’agent Griffin, des services secrets, se lance alors à ses trousses. Mais affronter un génie du trompe-l’œil et de l’illusion tel que Carter ne va pas être chose aisée. 


Avec cette formidable histoire de manipulations basée sur des personnages ayant réellement existé, Glen David Gold nous donne à la fois un palpitant thriller historique dans lequel tous les tours sont permis, et un portrait magistral de l’Amérique des années 1920. Carter contre le diable a été élu meilleur livre de l’année par le Washington Post et le Los Angeles Times. Les droits d’adaptation ont été acquis par la Warner, Johnny Depp est pressenti pour interpréter le rôle de Carter le Grand.




L'avis de Phooka:



Par quoi vais-je bien pouvoir commencer cette chronique ?

Est-ce que je crie déjà au coup de coeur ?
Est-ce que je dis que Super 8 sait à chaque fois me surprendre et me captiver ?
Ou même que si Carter est le plus grand des illusionniste, Super 8 le surpasse ?

Ben en fait, c'est tout ça à la fois.

Carter est un illusionniste. De ceux du début des années 1900/1920, quand les théâtres attiraient encore les foules pour voir de la magie, du simple numéro de cartes aux illusions les plus sophistiquées. C'était l'époque du grand Houdini. Mais la concurrence entre ces illusionnistes était féroce. Chacun se devait d'avoir un numéro plus impressionnant que les autres. La surprise devait être totale pour le spectateur. C'est pourquoi il était demandé au public de ne rien révéler du plus grand numéro de Carter, celui qui faisait la troisième et dernière partie de son spectacle: Carter contre le diable !
Or, il s'avère qu'un jour, le président des États-Unis himself, Warren G. Harding, assiste à ce numéro et en devient même la vedette pour son plus grand plaisir. Ce même président qui mourra quelques heures plus tard. Carter est évidemment soupçonné ...

Cet événement constitue le tout début du roman, mais à partir de là c'est le "grand spectacle". Le lecteur se retrouve d'abord plongé dans la jeunesse de Carter et découvre comment lui est venue la passion de la magie étant enfant. Puis on suit sa progression, depuis ses premiers spectacles de tour de cartes jusqu'aux illusions.
Puis on revient dans le présent, dans l'enquête. On suit toujours Carter, mais on fait aussi plus ample connaissance avec l'agent Griffin. Un agent un peu raté et mal considéré dans son service. Griffin croit Carter coupable, même s'il ne sait pas comment il a pu tuer le président (mais bon Carter est magicien donc tout est possible).
Puis arrive le troisième acte du roman, le "Carter contre le diable" dont je ne vous dirai rien pour ne pas gâcher votre plaisir. Un troisième acte incroyablement dense et prenant.

Je l'ai déjà dit au début, j'ai adoré ce roman. Le récit , l'écriture, tout ! Un récit trompeur, plein d'illusions bien sûr, qui commence lentement, qui détaille la vie de Carter puis de Griffin, par petites touches. Un récit qui ne laisse rien au hasard et qui prend le temps de poser son atmosphère. J'ai souvent pensé à Jonathan Strange et Mister Norell pour la façon de camper les décors et les personnages, pour l'époque aussi. En tant que lecteur, on se trouve totalement imprégné par cette période, c'est une immersion totale. Puis le ton passe à l'enquête, au "polar". Griffin est en mode "chien de chasse", il veut trouver comment prouver la culpabilité de Carter. Quant à Carter, lui , il est à un moment de sa vie où il sent qu'il est temps de se remettre en question. De toute façon les illusionnistes n'ont plus tellement le vent en poupe. Puis arrive le final, trépidant, le rythme change encore pour devenir presque du thriller.
J'ai aimé les personnages, Carter bien sûr, qu'on finit par connaître comme un membre de sa famille proche. Griffin aussi. Et puis les autres, qui ont tous leur importance. Ceux qui vous détournent de la réalité, comme dans tout bon spectacle de magie. Ceux qui sont dans l'ombre et qui pourtant ont une importance primordiale.
Et puis, comme en passant, l'auteur aborde énormément de sujets "de société": le cinéma qui tue la scène, l'arrivée de la télévision, mais aussi le deuil, comment s'en remettre ... ou pas. Ce livre est une vraie mine d'or, capable d'aborder des sujets "sérieux" au milieu d'une aventure rocambolesque et c'est ce mélange qui lui donne toute sa saveur.

810 pages, c'est pas rien. D'autant qu'elles sont denses ces pages. Ce n'est pas le genre de livre qu'on "torche" en deux jours. Non, il fait plus de temps et ça permet de vraiment s’imprégner de tout. C'est un roman qui prend du temps, qui prend son temps et qui sait vous emporter très très loin.

Reprenons le début de cette chronique. Si Carter est le plus grand des illusionnistes, Glen David Gold est un grand magicien et il transporte son public dans un magnifique spectacle produit par le non moins talentueux Super 8 (qui décidément nous surprend toujours).

dimanche 10 août 2014

Sortie de CHAMBRE 507 de J. C . Hutchins et Jordan Weisman




Editions Super 8
Format : 14 x 20 
Nombre de pages : 350 pages 
Prix papier : 20 euros 
Prix numérique : 12,99 euros 
Mise en vente : août 2014


Construit en 1875 à New York dans les profondeurs d’une ancienne mine de grès, l’hôpital Brinkvale est peuplé de criminels impossibles à traiter ailleurs – trop dangereux pour l’asile, trop déséquilibrés pour la prison. C’est dans ce cadre extrême que Zachary Taylor, jeune thérapeute, doit analyser la personnalité de Martin Grace afin de déterminer si celui-ci est suffisamment sain d’esprit pour répondre pénalement des crimes dont on l’accuse. Soupçonné de douze homicides, Grace a annoncé à chaque fois aux victimes leur mort imminente. Et les meurtres ont cessé deux ans plus tôt lorsqu’il est devenu aveugle. Mais l’affaire est délicate : Grace, en effet, dispose d’un alibi solide pour chacun des meurtres. Dans la chambre 507 de l’hôpital Brinkvale, l’interrogatoire prend progressivement l’allure d’un jeu aussi dangereux que passionnant. Martin Grace est-il un authentique génie du crime ou, comme il entend le faire croire, un esprit hanté en proie à des visions prémonitoires ? Surtout, pourquoi sait-il autant de choses sur la vie privée de Zachary ? Est-il vraiment ici par hasard ? Lorsqu’après de multiples coups de théâtre la vérité éclatera enfin, elle sera bien plus surprenante que tout ce que le lecteur a pu imaginer.

Ce thriller cauchemardesque, à l’atmosphère oppressante et à l’intrigue machiavélique, touche à l’essence même du fantastique : quand la réalité se dérobe sous vos pieds, à quoi pouvez-vous vous raccrocher ? 

Entrez dans le cauchemar !

samedi 9 août 2014

LES CITÉS DES ANCIENS Tome 7 de Robin Hobb



7 - LE VOL DES DRAGONS


Éditions J'ai Lu
313 pages
6,70 euros


Résumé :


Les dragons et leurs gardiens dévoués ont enfin trouvé la cité perdue de Kelsingra. Les créatures magiques ont appris à utiliser leurs ailes et rentrent dans leur héritage, tandis que les humains changent eux aussi. Leurs liens avec leurs dragons s'approfondissant, Thymara, Tatou, Kanaï et même Sédric, le plus improbable des gardiens, commencent à se transformer en magnifiques Anciens, dotés de traits exquis qui reflètent les dragons qu'ils servent.
Mais si les humains ont exploré les rues désertes et les immenses édifices de Kelsingra, ils n'ont pas découvert les légendaires puits d'argent dont les dragons ont besoin pour leur santé et leur existence. Des ennemis approchent, et les gardiens vont devoir s'immerger dans les souvenirs d'Anciens disparus depuis des éternités, au risque d'en devenir dépendants, pour y puiser les indices nécessaires à leur survie.



L'avis de Dup :

La magie de la plume de Robin Hobb fonctionne toujours à merveille. Se retrouver dans le Désert des pluies avec Les Cités des Anciens ou un peu plus au nord-est, dans les Six Duchés avec L'Assassin Royal reste un ravissement. Elle écrit tellement bien, c'est juste magique ce qu'elle nous raconte ! Oui, je sais, je suis excessive, mais que voulez-vous, quand j'aime je suis toujours comme ça. Et puis, comme on est à l'avant-dernier tome, les personnages me sont proches, qu'ils soient humains ou dragons d'ailleurs et j'ai l'impression de les avoir quittés hier seulement.

Des dragons qui finissent tous par savoir voler, ainsi tout ce petit monde va pouvoir rejoindre Kelsingra qui jusque là restait inaccessible. La cité mythique et ses secrets se dévoilent de plus en plus. Le système de magie inventé par Robin Hobb est juste merveilleux : les souvenirs enfouis dans la pierre qui revivent. Moi, il me met des paillettes dans les yeux et je n'ai qu'une envie, croiser une cité comme celle-ci ! 

Les dragons gagnent leurs lettres de noblesse et on est bien loin des nabots difformes et éclopés qui sont sortis de leurs cocons. Ils sont grands, costauds, et leurs écailles scintillent de mille feux, chacun dans une gamme de couleur différente. Seuls leur fichus caractères restent inchangés ! Les gardiens aussi se transforment de plus en plus, et pas seulement physiquement. Cette auteur arrive même à me faire supporter sans rechigner un triangle amoureux ! Thymara est toujours hésitante entre l'insouciant Kanaï et le posé Tatou.

On tremble également pour Alise et Sédric car Hest se rapproche de plus en plus. Et même si ce dernier est en très mauvaise posture ( niark, niark, niark !), je crains les revirements de situations dont l'auteur est capable. 

Mais il manque un élément essentiel à la survie de nos dragons, un élément qui avait justifié la création de cette cité en plein milieu du Désert des pluies. C'est Kalo le grand mâle doré qui va s'en souvenir et on sait alors que ce sera l'objet du dernier tome de cette saga. On les quitte néanmoins sur un affreux cliffhanger désagréable et qui n'a strictement rien à voir avec cette quête. Rhaaa, cruelle Robin Hobb ! Malgré cet énorme bémol, j'en fais quand même un coup de coeur. Je ne regrette qu'une chose, c'est de ne pas être suffisamment avancée dans la saga de L'Assassin Royal, car visiblement tout le monde salue l'énorme clin d'oeil qui s'y trouve. Ma foi, je le découvrirai dans l'autre sens...


Et hop, une lecture de plus à afficher à mon score
pour le challenge Dark Fantasy de Zina



vendredi 8 août 2014

LA FERME DES DRAGONS 2 de Tad Williams et Deborah Beale





Traduit par Emmanuel Chastellière
Format epub
Éditions 12-21
298 pages


Résumé :


La Ferme Ordinaire est menacée ! Tyler et Lucinda vont devoir tout mettre en oeuvre pour la sauver.


Tyler et Lucinda sont de retour à la Ferme Ordinaire,en état de siège. Le milliardaire Ed Stillman, grand rivalde leur grand-père, semble en effet décidé à s'emparer de la ferme... et il n'est pas le seul. Lorsque leur oncle Gédéon disparaît, la menace se précise : la ferme vole en éclats et les créatures sont terrifiées. Tyler et Lucinda parviendront-ils à sauver la Ferme Ordinaire ?



L'avis de Dup :

Les grandes vacances approchent et cette fois ci, contrairement à l'année dernière ( cf La ferme des dragons 1), Lucinda et Tyler attendent avec beaucoup d'impatience de rejoindre la ferme de leur grand oncle Gédéon. Tyler n'a qu'une idée en tête, explorer à nouveau la Faille, quand à Lucinda, elle se demande si elle pourra toujours échanger mentalement avec les dragons.

Si à leur arrivée en train, la Vallée Banale semble inchangée, il en va tout autrement de la Ferme Ordinaire ! Très enthousiaste, Gédéon leur montre les nombreuses "améliorations" qu'il a installées pour garantir la sécurité de la ferme et ses occupants. Avec effroi, les enfants constatent l'existence de plusieurs enceintes successives, électrifiées, bardées de hauts murs, de barbelés et entre, circulent des "chiens" de garde d'un genre tout-à-fait particulier : des manticores ! Animal de la mythologie grecque qui ressemble à ça : 


Bref, il ne manque plus que des miradors au tableau. 

Mais tout cela ne serait rien si l'ambiance n'était pas aussi lourde. Les dragons boudent, beaucoup d'animaux sont malades, les licornes se font très discrètes... Gédéon semble à nouveau sous l'emprise de l'affreuse intendante, Mme Needle. L'entente avec Colin, son fils, du même âge que nos deux citadins reste difficile malgré les efforts de Lucinda.

Lorsqu'ils découvrent que cette sorcière complote pour modifier le testament de Gédéon à son avantage, ils vont devoir tout mettre en oeuvre pour ouvrir les yeux de leur grand oncle...

Si ce deuxième volet des aventures de Lucinda et Tyler plaira aux jeunes ados auquel il est destiné, il aura confirmé pour moi que ce n'était plus de mon âge. Malgré l'imagination débordante des auteurs pour mettre en scène une faune et une flore atypique et dangereuse, malgré le côté "fantastique" des péripéties, je me suis passablement ennuyée. Les intrigues me semblaient cousuent de fil blanc, les personnages m'indifféraient, bref, je n'ai pas réussi à m'impliquer dans ces aventures. Je le conseille néanmoins, mais pour un public que je situerai aux alentours de dix ans.