vendredi 19 octobre 2018

Interview participative de CLÉMENT BOUHÉLIER # 4



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XL

Surtout n'écrivez pas pour la jeunesse, les ados ou les YA, il me semble qu'on est submergés de titres alors que la bonne SFFF adulte est plus rare, je suis avec intérêt le jeu des questions-réponses de cette interview et je n'en conclus qu'une chose, je vais approfondir ma connaissance de vos univers et lire Chaos... mais je pense que Torgend et Evyna n'ont pas dit leur dernier mot et que des personnages secondaires ont eu aussi des aventures à vivre! merci 


Clément:

Bonjour... et merci, je retiens le conseil ! Je suis ravi par ailleurs que vous ayez envie de découvrir mes bouquins. Quant à Torgend, Evyna et quelques autres, je vous confirme bien volontiers que leurs aventures ne sont pas terminées : Olangar est loin d'être un havre de paix... ;)






Bonjour Clément, 

J'arrive après le début des hostilités mais je viens de rattraper mon retard. Je vois qu'il y a déjà eu des questions et des réponses très intéressantes ! J'ai été très ravie de faire connaissance avec ta plume et tes univers dernièrement au travers de Passé déterré et Olangar. 

Même si du coup comme tu le soulignes dans une réponse ici tes romans ont tous une base assez thriller, as-tu préféré explorer ces enquêtes dans le monde réel ou dans l'univers de fantasy qui, peut-être (ou pas) laisse plus de liberté ?

Je rebondis aussi sur le métier de ta compagne qui me touche puisque je travaille moi-même dans l'environnement. Comme Olangar est assez engagé du côté politique, est-ce que la thématique environnemental (qui est aussi politique pour le coup) t'inspirerait pour un prochain roman ?



Clément:

Bonjour,

D'abord, merci beaucoup des très belles chroniques ;)

Concernant ta première question, clairement, j'ai adoré développé une enquête dans le monde d'Olangar, précisément parce qu'on peut y glisser les éléments que l'on veut et grossir certains traits, ce qui ne serait pas possible dans le réel. Par exemple, la thématique de la conquête de droits sociaux m'intéresse et j'avais envie de la mettre en scène de manière "grandiose". Bien entendu, il aurait été possible de le faire dans un cadre "réel". Les exemples en ce sens ne manquent pas, en particulier en France (après tout, on ne nous a pas donné "gratuitement" l'ensemble de nos acquis sociaux). Mais imaginer une lutte sociale de A à Z a ceci de plaisant qu'on peut y placer les personnages que l'on souhaite, et jouer avec tout le décorum" qui l'accompagne : la réaction du pouvoir, les espions, les agents doubles...


Pour ce qui est de la thématique environnementale, elle devait initialement être très présente dans l'intrigue, mais j'ai finalement privilégié l'aspect social. Du coup, c'est en effet quelque chose qui pourrait être réutilisé dans de prochains livres de cet univers. Je ne peux pas en dire plus pour le moment mais... clairement, c'est une piste ;)






Bonjour Clément, 
En attendant de recevoir Olangar, peux-tu un peu nous parler de ta routine écriture. Quand est-ce que tu écris? Plutot la nuit, la journée, entre les 2? dans le silence ou en musique? Sur ordi ou sur papier? En grignotant? Et dans un autre registre, quel a été ton parcours entre le moment où tu as écrit ton 1er roman et le moment où tu l'as enfin tenu en main? (l'envois du manuscrit, la réponse d'un édition, as-tu ton mot à dire sur le titre final, sur la couverture?)
j'abuse des parenthèses je sais, j'ai des questions dans les questions et je triche, j'assume ! et du coup on se verra peut être aux prochaines imaginales alors, ça serait cool :)



Clément:

Bonjour et... ah, je vois que les questions intimes reprennent ! Quand est-ce que j'écris ? Eh bien en bon salarié, principalement les soirs, les week-ends et pendant les vacances. Toujours dans un silence absolu, et rarement en grignotant mais en buvant du thé ou du café :) Il arrive que ça me tienne assez tard le soir de temps à autres. Et depuis que j'ai la chance de participer à des salons, je mets le temps de trajet à profit pour travailler sur les intrigues, les plan... Jusqu'à présent, je ne me suis jamais lancé dans un roman sans avoir une trame assez précise de ce qui se passe, du début à la fin. Il m'arrive de "dévier" un peu, mais c'est en générale pour revenir à ce que je souhaitais.



Pour ce qui est du manuscrit, le chemin est assez long en effet ! Comme je l'explique à Dup, il s'est d'abord passé plusieurs mois entre son envoi et la réponse de l'éditeur. Ensuite, il a fallu terminer le roman qui n'était pas achevé (il restait environ un tiers à écrire). Puis il y a eu toute la phase des corrections, d'abord sur le fond (les personnages qui doivent gagner ou perdre en importance, les scènes à ajouter ou à supprimer...) et ensuite sur la forme. C'est un travail assez long, mais extrêmement important et très enrichissant... et dans cette tâche, les Editions Critic sont très bienveillantes.



Vient ensuite le moment du choix du titre : c'est alors une succession de propositions, de débats, d'échanges entre l'auteur, l'éditeur et la personne qui dirige les corrections. Enfin, un illustrateur choisi par l'éditeur fait des propositions et, en effet, l'auteur a la possibilité de faire des retours. C'est pour Olangar que j'ai eu le plus l'occasion d'intervenir, car j'ai eu la chance de voir les premières propositions de croquis.





Hello Clément,

Moi je vais compléter la question de Régina Falange. 
Besançon, Lyon... comment as-tu atterri à l'autre bout de la France aux éditions Critic de Rennes ?



Clément:

Hello Dup ! Eh bien malheureusement, aucune histoire rocambolesque là-dedans. Mais une jolie petite anecdote tout de même, à mes yeux en tous cas. J'en étais aux deux-tiers de Chaos, environ, quand je me suis décidé à tenter ma chance du côté des maisons d'édition de SF et de fantastique. Je ne savais pas trop quoi penser de cette démarche et assez rapidement, je me suis dis que je ne perdais rien à essayer de convaincre un éditeur. En bon enfant de la génération "Google est ton ami", j'ai demandé à notre Big Brother de Mountain View se me sortir tout ce qu'il avait sur le sujet. Et je dois avouer que j'ai découvert pas mal de maisons d'éditions de SF à cette époque. Je n'ai pas fait attention à la localisation géographique.


Le 22 décembre 2013 très exactement (oui oui, je viens de retrouver !), j'ai envoyé un mail au service des manuscrits des éditions. J'ai reçu un mail de réception le 27 décembre et un autre le... 30 octobre 2014 :) Il me disait : "votre manuscrit a retenu l'attention d'un des membres de notre comité de lecture". Ce qui m'a fait bondir de joie, comme tu imagines. Ce membre était une dame qui a été par la suite ma directrice de correction pour Chaos et sans qui le manuscrit ne serait pas devenu un roman, j'ai eu beaucoup de chance... et si elle lit ces lignes et se reconnaît, qu'elle sache que je la remercie encore :)

jeudi 18 octobre 2018

[Audio] LA SAISON DES FEUX de Celeste Ng




Celeste Ng





Durée : 12 h et 9 min
Version intégrale Livre audio
Date de publication : 06/09/2018
Langue : Français
Éditeur : Lizzie




Quand le voile des apparences ne peut être déchiré, il faut parfois y mettre le feu.
À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s'installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d'abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l'entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.







Chacun sait que d’une simple braise, d’un petit mégot peut surgir un incendie de forêt. On nous en parle bien assez souvent au courant de l’été. Un tout petit rien et au final des conséquences dramatiques. C’est ce que l’auteur va s’appliquer à démontrer dans ce roman. Encore une fois Sonatine me surprend. Thriller ? Non. Roman noir ? Non. Plutôt une critique sociale livrée avec finesse et assurance par une plume que je découvre et qui me ravit.

Lorsque débute ce roman, Elena Richardson est sur sa pelouse et regarde le feu dévaster sa belle et grande maison de Shaker Heights. Ses trois aînés l’entourent mais il manque la petite dernière Izzy, or tout porte à croire que c’est elle qui a mis le feu. Izzy, l’ado rebelle et incontrôlable… la folle selon sa soeur et ses frères. La famille Richardson va donc aller s’installer provisoirement dans le petit appartement qu'elle louait précédemment à Mia et sa fille Pearl, à qui Elena venait la veille de signifier leur expulsion.

Et puis, comme une sorte de travelling arrière nous revenons au début, à l’arrivée de Mia et Pearl à Shaker Heights. Banlieue chic de Cleveland, où tout est régi par des règles strictes de discipline, de propreté, de respect auxquelles Elena a toujours cru. Elle va "accueillir" - dans sa tête une bonne action - louer sa deuxième maison destinée depuis toujours à la location à Mia, une artiste photographe un peu bohème, mère célibataire. Pearl va être de suite attirée par la fratrie Richardson et leur aisance sociale et financière. Mais l’inverse aussi sera vrai, la liberté de Pearl et de sa mère agira comme un aimant.

Des liens vont se créer, forcément. Mais aussi des tensions, des jalousies... forcément. Puis un événement va surgir, l’adoption d’une petite fille chinoise d’abord abandonnée puis réclamée à nouveau par la mère biologique, une collègue de Mia. À l’instar du grain de sable qui vient bloquer le déroulement d’une vie bien planifiée, ce sera la petite braise attisée par tous les petits secrets, les non-dits de chacun, les mensonges… jusqu’à l’incendie final.

Dans ce roman Celeste Ng nous dresse de magnifiques portraits de femmes. Les hommes ici sont vraiment des personnages secondaires, même les fils de la famille Richardson qui jouent malgré tout un rôle non négligeable, même Mr Richardson qui est avocat et sera le défenseur du richissime couple d'adoptant. Ce roman est une ode au droit d’être femme, au droit d’être mère ou de ne pas l’être, au droit d'être fille. Les relations mère-fille sont disséquées, et pas forcément magnifiées, loin s'en faut ! Le tout en finesse, c’est jamais cru, juste posé là, montré, expliqué, sans aucune leçon. Toutes les thématiques essentiellement féminines y sont abordées : le droit à l’avortement, la PMA, l’adoption.

Ce roman, lu magnifiquement bien par Micky Sébastian m’a absorbé littéralement. Commencé lors de mes balades automnales, je n’arrivais pas à m’en détacher une fois rentrée. Je prolongeais mon écoute à la maison, passant pour une vraie asociale, car il faut reconnaître qu’une écoute accapare encore plus l’attention qu’une lecture. Bref, je me suis attirée bien des remarques, mais je ne regrette rien. J’ai découvert grâce à Audible une plume superbe que je continuerai à suivre. Je pense d’ailleurs essayer de trouver le temps de lire le premier roman de cette auteur, le précédent, qui n’existe pas encore en audio d’ailleurs : Tout ce qu’on ne s’est jamais dit.



mercredi 17 octobre 2018

UN GRAND FEU DE JOIE - Partie 4/5









Partie 4/5







Le chef de garde ne laissa pas le temps à ses hommes de réfléchir. En une seconde, la lourde épée qui pendait à son côté se retrouva pointée en direction de la grande porte.

― Chargez !

Nul ne distinguait véritablement l’ennemi dans la pénombre naissante. Une chance. La troupe s’élança. Merillac, le premier, franchit l’ouverture qui donnait sur la route de terre.


Vous avez été plus rapides que prévu, mais tâtez donc de ma lame !


Il aperçut une large silhouette sur sa gauche et frappa au niveau des yeux jaunes. Un cri rauque lui répondit. Un grognement qui n’avait…


… rien d’humain, par le sang des dieux.


Derrière leur chef, les soldats d’Enguerrand passèrent la grande porte en trombe. Ils entouraient les chariots, que les paysans avaient lancés à toute allure en fouettant les chevaux. Les gardes abattirent leurs piques presque au hasard. Le fer des armes rencontra celui des cuirasses et une série de clang retentit devant les murs de la maison forte. Les gars ne devaient jamais oublier les yeux jaunes rageurs. Mais sur le moment, ils virent à peine les masses de chair vertes qui tentaient de les encercler sans y parvenir. Dans le tumulte du combat, Merillac se tourna vers l’escorte.

― Ne vous arrêtez pas !

L’ordre était inutile. Les chevaux ne ralentirent pas, les chariots non plus. La troupe traversa les rangs ennemis sans coup férir. Du reste, les orcs n’étaient pas nombreux. Il ne devait s’agir que d’une patrouille de l’avant-garde. Les soldats ne se demandèrent pas s’ils avaient abattu une Peau-Verte. Ils frappèrent furieusement les flancs des montures et gagnèrent la route. À l’embranchement, ils suivirent Merillac qui venait de prendre le virage.

― Distancez-les !

Mais le convoi n’était pas poursuivi. Aucun orc ne s’était élancé derrière les fuyards. Les yeux jaunes étaient de nouveau tournés vers les murailles de la maison forte. Et vers la grande tour toute proche.




***




Hert fut sur le point de dire quelque chose et se ravisa. Il bouscula le lèniste et courut jusqu’à la fenêtre du scrimvero.

― Par l’Enfant maudit…

Il venait de distinguer du mouvement dans la cour : ce n’étaient pas les camarades ni les paysans du hameau. Le locanentes avait clairement entendu le bruit du combat. Dans l’obscurité qui recouvrait la maison forte, il aperçut une forme sombre, et deux lueurs jaunes qui brillaient dans la nuit. Hert n’avait jamais vu d’orc. Mais il ne pouvait s’agir que d’une Peau-Verte. La silhouette se dirigeait vers la porte de la tour, celle qui n’était pas fermée.


Il est encore temps.


Hert se retourna. Face à lui, le prêtre n’avait pas fait un mouvement. Le jeune soldat alla la claquer et fit basculer la poutre qui servait à bloquer l’entrée des lieux. Elle était recouverte de poussière. Malek ne verrouillait jamais l’accès à la bibliothèque. Alors que Hert reculait au milieu du scrimvero, l’homme de foi parla enfin.

― Pourquoi tu n’as pas fui avec les autres ?

Malgré la pénombre, Hert distinguait les traits stupéfiés du prêtre. Celui-ci sembla devoir se faire violence pour continuer.

― Quand je ne t’ai pas vu redescendre dans la cour, j’ai eu un doute. Quand je ne t’ai pas trouvé parmi les soldats au moment du départ, j’ai eu peur pour toi. J’ai pensé que, peut-être, tu avais besoin d’aide.

Ses yeux filèrent le long des étagères de livres.

― Et tu t’apprêtais à brûler la bibliothèque ! Au nom des trois dieux, qu’est-ce qui te prend ? Tu ne comprends donc pas à quel point tout ici est précieux ?

Le locanentes se força à ne pas laisser éclater sa propre colère. Il ne restait que quelques secondes. Il fallait allumer la traînée de poudre et vider les lieux au plus vite.

― Les orcs sont dans la place !

― Eh bien, fuyons ! Mais par Diom, cesse ce que tu fais là !

― Ce sont les ordres !

― Quels ordres ? Ceux de Merillac ? Alors c’est comme s’il t’avait demandé de me planter un couteau dans le cœur.

Hert contint un cri de rage. Il venait d’entendre quelque chose en bas : le bruit d’une porte qu’on ouvrait.

― On peut en tuer plusieurs, murmura le soldat. Dix, peut-être davantage.

― Pour tuer dix ennemis, tu assassines dix siècles de notre mémoire.

Cette fois, le locanentes ne put s’empêcher de glapir.

― Malek ! Ils vont tout détruire ! Ravager et brûler la maison forte. Si je ne le fais pas, eux le feront ! Tes livres sont perdus de toute façon !

De nouveau, le prêtre fit un pas en avant. Ses muscles crispés sous sa soutane venaient de se détendre.

― Tu n’en sais rien, rétorqua-t-il d’une voix brusquement plus calme.

Trois autres pas, et il se planta devant Hert.

― Tu n’as jamais vu de Peau-Verte. Ni moi. Ni personne ici.

Le jeune soldat se dégagea. Dans l’escalier…, du bruit de nouveau. L’orc aperçu un instant plus tôt dans la cour se dirigeait vers la bibliothèque. Peut-être étaient-ils plusieurs à monter les marches à présent.


Maintenant ou jamais.


Hert tira de ses poches deux petites tiges de métal. En les frottant, on produisait une étincelle. Une seule suffirait.

― Il y a une échelle de corde qui permet de descendre le long du mur depuis ta chambre, gronda le locanentes. Pars, Malek ! J’ai décidé que je mettrais le feu, je le ferai.

Il hésita, jeta un bref coup d’œil autour de lui, et reprit d’une voix qui tremblait :

― Ce ne sont que des pages et de l’encre.

Face à lui, Malek ne bougea pas. Simplement, il laissa errer son regard le long des étagères.

― Les légendes que je lis aux enfants de ce village, prononça-t-il doucement. L’histoire des provinces du Sud, celle d’Enguerrand…, notre histoire à tous. Et celle d’Olangar. Tout ce que nous avons pu apprendre en médecine. Les cartes de ce monde. Les poissons et les créatures des mers qui entourent le royaume. Le mode de vie des animaux de nos contrées. Les récits de guerre et les aventures de tous ceux qui nous ont précédés sur ces terres…

Il reporta son regard sur Hert.

― Les trois dieux nous ont accordé le don extraordinaire de la connaissance.

― Les orcs sont là, Malek !

― Peut-être ont-ils leurs livres eux aussi. C’est ce qu’affirment les marchands qui les ont fréquentés avant cette guerre. Et peut-être qu’un jour, quand ce cauchemar sera terminé, nous les comprendrons.

Hert fit le geste de frotter les deux tiges au-dessus de la traînée de poudre.

― Tu délires. File d’ici, ou flambe avec tes damnés livres !

― Fais-moi flamber.

Les mains du locanentes se glacèrent. Jamais le prêtre n’avait affiché une telle certitude. À cette seconde, il bombait le torse au milieu de la bibliothèque. Il paraissait défier les trois dieux eux-mêmes.

― Dernier avertissement ! hurla Hert.

Mais sa menace sonnait faux. Il entendit un bruit derrière la porte. Le lèniste ne faisait pas un mouvement. Dans la voix du jeune soldat, la colère céda la place à la supplication.

― Je ne veux pas te faire brûler avec cette tour. L’échelle est là, un cheval attend au pont des daims. Par pitié, rejoins les autres. Fiche le camp !

Il baissa les yeux et sentit le regard de Malek sur son front.

― Lâche tes maudites tiges, répondit le prêtre. Oublie ton tonneau de poudre. Nous partons d’ici ensemble.




***




Il montait les marches avec prudence.

Ici, comme dans beaucoup de places fortes conquises par la Horde, l’ennemi avait décampé. Aucune armée digne de ce nom ne se dressait devant les guerriers. Pour autant, certains hommes se montraient curieusement valeureux. Ils ne détalaient pas. Parfois même, ils sacrifiaient leur vie pour permettre à leurs semblables de fuir.

C’était étrange. Chez ceux de sa race, on faisait face quoiqu’il arrive, sous peine de subir le bannissement ou la plus honteuse des mises à mort. Malgré tout, il trouvait une forme de courage à ces onsan qui acceptaient l’Ak pour offrir aux peureux quelques minutes de répit. Et il se méfiait des recoins sombres, de tous ces endroits où l’obscurité s’étendait trop. Dans la précédente bourgade envahie, l’une des femelles de ce peuple l’avait attaqué. Dans l’une des pièces du château, elle s’était dissimulée derrière une porte pour se jeter sur lui armée d’un couteau et…


… Domlok !…


… elle avait bien failli lui prendre un œil.

Redoublant de prudence, il gravit quelques marches de plus. Il était presque certain d’avoir entendu du bruit plus haut. En bas, ses camarades cherchaient toute la nourriture qui pouvait rester dans cette grande demeure. Le gros des troupes arriverait bientôt. L’avant-garde d’abord, puis l’armée tout entière. Le seigneur Kantral en personne. Sans doute installerait-on le camp non loin d’ici. Les quelques milliers de guerriers de la Horde seraient réunis.

Mais dans l’immédiat, il était seul. Et il n’était pas question qu’il rebrousse chemin pour demander de l’aide : il était jeune, il avait encore tout à prouver…


… alors explore cette tour et si certaines choses ont été cachées dans ce lieu, trouve-les.


Il aperçut une lueur toute proche, qui passait sous une porte de bois. Sans s’arrêter, il attrapa le manche de la hache qui pendait dans son dos. Il la brandit au-dessus de sa tête avant de laisser retomber son bras, et bomba le torse.


Quelqu’un est ici.


Il en était brusquement sûr. Un mouvement avait troublé le rai de lumière. Il déplaça son grand corps contre le mur à sa droite, et sentit le plastron et la côte de maille effleurer la pierre. Il y eut un grincement léger. Qu’importait. Il était à peu près certain qu’on l’avait déjà entendu : il avait claqué le battant de bois à l’entrée de cette tour.


Si l’ennemi se trouve à l’intérieur…


… il verrait arriver un éventuel assaut. Il monta trois marches de plus et resserra ses doigts autour du manche de son arme. Dans la pièce, il y eut un bruit. Quelque chose qui ressemblait à un chuchotement. Mais nul ne surgit dans l’escalier pour l’attaquer, et le guerrier atteignit la porte sans être inquiété. Durant quelques secondes, il écouta attentivement. De l’autre côté, un grattement presque imperceptible se fit entendre.


Maintenant.


Il plaqua son énorme main contre le bois. Le battant résista. L’éclaireur de la Horde fit un pas en arrière.


C’est un honneur de servir Kantral. C’est un honneur de lui ouvrir le chemin et de tuer en son nom.


Il leva sa hache.




***

La suite mercredi prochain




mardi 16 octobre 2018

[Audio] GAGNER LA GUERRE de Jean-Philippe Jaworski (Phooka)





Durée : 35 h et 54 min

Version intégrale Livre audio

Date de publication : 02/06/2016
Langue : Français
Éditeur : Audible Studios





"Gagner une guerre, c'est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d'orgueil et d'ambition, le coup de grâce infligé à l'ennemi n'est qu'un amuse-gueule. C'est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l'art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c'est au sein de la famille qu'on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c'est plutôt mon rayon...". 



Gagner la guerre est le premier roman de Jean-Philippe Jaworski. On y retrouve avec plaisir l'écriture inimitable de l'auteur des nouvelles de Janua vera et don Benvenuto, personnage aussi truculent que détestable.







Quelle claque! Bon sang quelle claque j'ai pris avec ce "Gagner la guerre", une grosse mandale version Benvenuto en plein dans la tronche. Du genre qui assomme, qui sèche sur place !


Tout le monde, absolument tout le monde ne dit que du bien de ce roman et de monsieur Jaworsky en général. C'est à un point tel que je me suis dit qu'il devait y avoir une cabale, un truc louche, un coup monté. Y'avait anguille sous roche. C'était pas net quoi. Du coup, quand je me suis mise à l'audio j'ai voulu découvrir ce titre là en particulier, parce qu'en plus d'être un "putain de roman" il paraît que le narrateur est un "putain de narrateur". Ça commence à faire beaucoup non ? A tel point que je flairais une arnaque, j'étais persuadée que j'allais jeter l'éponge rapidement. J'en étais quasi sûre ... mais non !

Tout ce qui se dit est vrai (le putain de bouquin, le putain de narrateur)! Et même plus que ça, parce que je ne trouve pas les mots. J'écoutais le livre cet été quand je faisais mes ballades matinales pour me maintenir en forme. Et au fil des ballades et de mon écoute, les distances s'allongeaient. Non pas que je sois une fan de sport, non loin de là, mais je ne voulais pas quitter Benvenuto.

Alors non, je ne vais pas vous raconter l'histoire, car Dup le fait déjà très bien dans sa chronique. Sachez juste que suivre Benvenuto est un plaisir de tous les instants. Enfin plaisir c'est quand même un mot un peu mal choisi, car le pauvre Benvenuto en voit de toutes les couleurs. Mais à travers lui, c'est en fait son maître que l'on suit, le podestat Leonide Ducatore, le dirigeant de la cité de Ciudalia, dont Benvenuto est l'exécuteur des basses oeuvres. Alors oui, on suit Benvenuto, dans ses aventures ou plutôt mésaventures d'ailleurs, mais à travers lui c'est toute la manipulation exceptionnelle du podestat que l'on suit. Il tire toutes les ficelles. Tout est prévu, minuté, scrupuleusement étudié. Chaque réaction, chaque destin, chaque parole. Le pauvre Benvenuto n'est qu'une marionnette. Certes une marionnette pas toujours aisée à manipuler, néanmoins rien ne peut arrêter l'extraordinaire machination de son patron. Un patron d'ailleurs suffisamment malin pour laisser à Benvenuto (et aux lecteurs par la même occasion) l'impression qu'il peut prendre son destin en main ...

C'est grandiose, traité de façon magistrale aussi bien dans la description de la ville, de la façon de vivre, des décors que dans la gestion des personnages, plus grands que nature ! Et ne parlons pas de la trame du récit, d'une complexité hors norme et dont les fils apparaissent petit à petit, dévoilés au rythme de l'intrigue, vous emmenant parfois dans de fausses directions pour mieux vous ligoter. Vous êtes prisonnier du récit et votre destin est inexorablement lié à celui de Benvenuto.

Quant au narrateur de cette version audio ... Je ne saurais qualifier son talent. Ses intonations permettent de tout ressentir. La douleur, la détresse, la machination. Tout y est. Pour moi, cela ne fait aucun doute Jean Christophe Lebert EST Benvenuto. Si Benvenuto était parmi nous, il aurait cette voix et nulle autre. Sans compter que ce narrateur passe d'un personnage à l'autre avec une facilité déconcertante et une réussite parfaite !

Que dire de plus ? Je me demande si j'aurais autant aimé le roman que l'audio. Oui j'en suis à ce point. Le couple Jaworsky/Lebert fonctionne tellement bien que le récit en est magnifié. A la fin du roman, quand les derniers mots se sont éteints, j'en suis restée sous le choc, incapable de réagir, incapable de me dire que c'était fini. Les heures passées avec Benvenuto qui me parlait, oui qui me parlait à moi, Phooka, ne pouvaient pas prendre fin comme ça. C'est trop dur, comme si un ami me quittait. J'en avais les larmes aux yeux. C'est vous dire si j'ai aimé cette écoute !

Comme je le disais au début de cette chronique:

"Un putain de bouquin, et un putain de narrateur".

Écoutez donc ce roman, faites entrer Benvenuto dans votre tête avant qu'il ne vous refasse le portrait. Croyez-moi, vous n'en ressortirez pas indemne !



lundi 15 octobre 2018

LES NUAGES DE MAGELLAN de Estelle Faye





Éditions Scrineo
275 pages
21 euros


4ème de couv :

27ème siècle. L’Humanité s’est étendue à toute la Voie Lactée. La nouvelle frontière, ce sont désormais les Nuages de Magellan. Mais les explorateurs ont cédé le pas aux toutes puissantes Compagnies…

Sur l’un des derniers planétoïdes terraformés de la galaxie, Dan, une jeune serveuse, chante le blues dans un bar miteux, tout en rêvant de partir vers les étoiles. Elle est fascinée par Mary, une cliente mystérieuse dont on murmure qu’elle aurait été membre de la « grande piraterie ». Car un mythe court la galaxie : sur une planète soigneusement dissimulée, les derniers pirates auraient créé une république idéale. Et si c’était vrai ?

Mary espère qu’on l’a perdue de vue. Mais on n’échappe pas aux limiers des Compagnies… Dan, elle, rêve d’aventures. Elle va être servie !








Voilà plus d’une semaine que je sèche lamentablement devant mon cahier de chroniques, échouant à parler de ce livre. Pourtant lu en même pas deux jours, je l’ai adoré. Vous le savez, c’est loin d’être ma came le Space-Opéra, mais Estelle Faye campe des personnages qu’on ne peut qu'aimer, une histoire entraînante et cela a suffi à m’embarquer !

Et puis «embarquer» a été le déclic. Et donc me voilà, moi, Dup embarquée clandestinement dans un vaisseau spatial, accolée au sort de Dan fuyant son astéroïde natal. Pas qu’elle le regrette hein, au contraire, elle y a rêvé tant de fois en abreuvant les spatiaux le soir au Frontier. Elle avait une vie bien creuse Dan, serveuse dans ce bouge, occasionnellement chanteuse. Et tout vient de basculer : une rebellion des pilotes pour un peu plus de liberté écrasée dans le sang par les Compagnies et holotransmise en direct, un peu trop d’alcool pour oublier les rêves avortés, un chant improvisé contre l’oppression qui a été filmé et devient viral, un mandat d’arrêt immédiat aux fesses.

Liliam, qui se faisait appeler Mary durant 4-5 ans qu’elle squattait le Frontier et son champ derrière avec son vieux vaisseau spatial tout rouillé, sait qu’elle doit partir suite aux infos. Et c’est dans son vaisseau que Dan et Dup se sont faufilées.

Bon ma logorrhée s’emballe n’est-ce pas… Mais je vous rassure, là je ne vous ai parlé que des trois premiers chapitres : 3 sur 27. Juste trente pages car les chapitres sont très courts, imprimant un rythme dingue aux aventures qui vont suivre.

Pour le coup, elle va être servie Dan, elle qui en rêvait en lisant seule dans sa chambre des vieux livres papier sur les pirates de l’espace. Embarquée avec Liliam ! La Liliam Rochelle, dernier capitaine du Carthagène, le vaisseau pirate le plus connu de la galaxie. Sans doute la dernière personne à savoir où se trouve Carabe. La mythique Carabe, la planète cachée des pirates. Des étoiles dans les yeux Dan va suivre Liliam. Avec elles nous allons aller de planètes en astéroïdes, pour fuir les Compagnies, pour rechercher la mémoire effacée de Liliam. Pour découvrir si Carabe est un mythe ou une réalité.

Alors oui, ces vaisseaux spatiaux avec une technologie futuriste (même rouillée) ne sont pas franchement ma tasse de thé. Vrai également que je préfère me frotter aux écailles d’un dragon qu’au moteur puant et bruyant d’une navette. Et pourtant, des tas de petits détails m’ont fait sourire, comme les écosystèmes embarqués pensés par Estelle... et que je vous laisse découvrir ! J’adore !

Et puis, encore et toujours, ces personnages féminins si forts, si beaux, si vrais. La jeune Dan, serveuse et lectrice, rêveuse. Qui ne sait pas bien où elle va, mais qui sent son rêve s’approcher, se concrétiser et qui va s’y accrocher. L’indépendance, la liberté, mais à quel prix ? La beaucoup plus âgée Liliam, qui sur le papier devrait l’être encore plus. Qui se raconte, qui cherche dans ses souvenirs effacés et qui déterre des pans de tristesse, d’espoirs souvent avortés, son amour pour Sol la cyborg tatouée, sa tendresse pour Dan… Je me suis sentie bien plus en phase avec elle, la sentant bien plus profonde, plus…humaine ?

Estelle nous entraîne derrière son intrigue déroulée à la manière d’une enquête : pourquoi Carabe a-t-elle été cachée, comment et où ? Cela va vite, très (trop ?) vite, car ce roman est court. La fin, qui en est vraiment une, en devient frustrante car on n’en reprendrait bien autant. Parce qu’on s’est régalé. Parce qu’on est fan tout simplement.

vendredi 12 octobre 2018

DE MON SANG tome 5 d'Amanda Hocking


Tome 5: Ultime


Editions Milady
Collection bit-lit
7.90 euros
383 pages
Parution : 19/09/2018


On ne peut effacer le passé…

Plus de cinq ans se sont écoulés… Alice vit en Europe, à Amsterdam. Désormais chasseuse de vampires au sein d’une agence, elle tente de mener une existence stable avec son petit ami Jack. Pas facile, quand des vampires qui prennent les humains pour du bétail ont décidé de refaire surface… Et la tranquillité d’Alice s’évanouit pour de bon lorsque la jeune femme reçoit en rêve un terrifiant message, un message qui la conduira jusqu’en Irlande afin d’élucider le meurtre d’Élise, l’âme sœur de Peter. Ce dernier trouvera-t-il enfin la paix ?





Bon,bon,bon ...

Alors que j'ai vraiment pris du plaisir à lire les quatre premiers tomes de la saga, je dois reconnaître que je trouve celui-ci totalement dispensable.

L'action se passe 5 ans après la fin des évènements du tome 4. La cellule familiale/vampirique si soudée au début de la série s'est disloquée, mais pas totalement. Chaque "sous groupe" a trouvé son équilibre et reste en contact avec les autres. La preuve, le mariage de Milo et Bobby les réunit tous.

Alice est devenue une chasseuse de vampires, une excellente chasseuse, un peu la Buffy du coin, sauf qu'elle est elle-même vampire. Elle est aidée de Bobby, toujours humain. Jack a ouvert un magasin de BDs, Milo suit des cours de cuisine, Mae et Ezra sont revenus ensembles. Bref chacun a réussi à travailler dans un secteur qui le passionne ou à trouver son équilibre. Reste Peter, toujours et encore Peter, mon personnage favori de la série, et totalement sous-exploité. Cet "ultime" tome va nous permettre d'en apprendre plus à son sujet et surtout de verser quelques larmes.

Bien que non dénué d'intérêt, tout ceci m'a semblé un peu creux, un peu surfait ou surjoué, je ne sais pas vraiment comment exprimer mon ressenti. J'aurais préféré ne pas lire ce tome 5 je pense, même si je ne l'ai pas détesté. Il ne m'a rien apporté. En fouinant un peu sur le net, j'ai vu qu'il s'est fait attendre, que l'auteur n'avait pas l'intention de l'écrire à la base et je suppose que  c'est sous la pression des fans qu'elle s'y est résolue et quelque part c'est ça que l'on ressent. Amanda Hocking aurait même dit que si elle écrivait un tome 5 , il ne serait pas à la hauteur des quatre premiers. Je ne sais pas si cette déclaration est vraie ou si c'est un hoax, mais ce qui est sûr c'est qu'elle se vérifie.

Bref, je n'ai pas envie de m'étendre sur cet opus, alors je vais m'arrêter là et vous dire simplement que les quatre premiers tomes de la série sont vraiment très sympas et vous feront passer un agréable moment. Je vous laisse juge si vous avez envie de continuer l'aventure avec ce tome 5. J'en ai lu de très bonnes critiques et de moins bonnes, je suis personnellement mitigée, donc c'est entièrement dépendant du lecteur. A vous de voir ! :)


Si vous avez raté le début:





jeudi 11 octobre 2018

[Audio] LE LION DE MACÉDOINE # 2 de David Gemmell



LE LION DE MACÉDOINE






Série : Le Lion de Macédoine, livre audio 2
Durée : 19 h et 47 min
Version intégrale Livre audio
Date de publication : 03/04/2017
Langue : Français
Éditeur : Hardigan


Deux âmes pour un seul corps, ombre et lumière... Telle est la malédiction du prince Alexandre, qui doit lutter pour ne pas succomber à l'Esprit du chaos, comme a déjà succombé son père Philippe de Macédoine. Lancés à sa recherche après son enlèvement par les serviteurs du Dieu noir, le général Parménion et l'assassin Attalus poursuivent leur quête jusqu'au royaume des dieux et des héros...






/!\  Spoil sur les tomes précédents

Cette deuxième intégrale d’Audible correspond aux tomes trois et quatre intitulés Le prince noir et L’esprit du chaos.

Avec la participation pour le moins active de Parménion dans la conception du fils de Philippe II, Alexandre, Gemmell prend définitivement ses aises avec l’Histoire… Mais on s’en moque complètement n’est-ce pas car c’est de la Fantasy que l’on lit ici ! Et effectivement, autant celle-ci était ténue lors de la première intégrale, autant dans cette seconde partie on s'y ancre définitivement. Elle est amenée de façon tout à fait naturelle par un premier voyage de Parménion au pays d'Hadès afin de sauver l'âme de l’enfant à naître dont le Dieu du Chaos cherche à s’emparer. Parménion aidé d’Aristote et de Tamis vaincra, mais pas totalement…

On suivra ensuite l’enfance d’Alexandre, qui nous permettra d’apprécier son intelligence et sa lutte de tous les instants contre les forces du mal qui l'habitent : c'est bien le prince noir. Puis Alexandre est enlevé, et pour le retrouver Parménion encore aidé d’Aristote, devra passer un portail et changer de monde. Un monde parallèle, dans lequel il affrontera Philippos, roi de Macédoïne qui sème la terreur sur tous les peuples de l'Égéa (dans laquelle on retrouve Athènes, Thèbes, Sparte etc.). Ce monde c’est aussi celui de l’enchantement, même si celui-ci se meurt à cause des guerres de Philippos. Centaures, minotaures, gorgones, satyres, etc... on retrouve tout le bestiaire de la mythologie antique aux premières loges, pour notre plus grand plaisir.

Le parcours de Parménion pour retrouver, puis libérer Alexandre ne sera pas aisé, vous vous en doutez bien, mais je le tairai  complètement pour vous laisser savourer l’esprit machiavélique de David Gemmell. Grandes batailles et ruses tactiques seront au programme bien évidemment. La dualité entre les deux mondes parallèles est vraiment savoureuse !

La dernière partie est consacrée au règne d’Alexandre, revenu dans son monde. Son accession au trône, ses ambitions de conquête, secondé par le désormais vieux général Parménion. Et sans cesse, dans l’ombre, le Dieu du Chaos qui interfère inlassablement…

Malgré pas mal de digressions, David Gemmell arrive à coller au mieux à la légende d’Alexandre le Grand que l’on connaît aujourd’hui, tout en faisant une part belle au général Parménion, l’oublié de l’Histoire avec un grand H. L’auteur mêle avec brio l’historique et le mythologique dans un récit riche et dense. Ce mélange des genres fait en revanche que ma comparaison initiale avec la trilogie Troie n’a plus lieu d’être. Cette deuxième intégrale se laisse conter par Nicolas Planchais qui je trouve, excelle à trouver le juste ton pour nous lire du Gemmell. Ce fut une écoute passionnante et j’en redemanderai bien une autre série ma foi. Des fois que vous ne l'ayez pas remarqué, j’aime toujours autant David Gemmell. =D


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mercredi 10 octobre 2018

UN GRAND FEU DE JOIE - Partie 3/5








Partie 3/5







Ils pénétrèrent dans la bibliothèque en soufflant.

― Déposez le tonneau ici, ordonna Hert en désignant le centre de la pièce. Puis allez retrouver le chef de garde et les autres, je m’occupe du reste.

Les soldats s’épongèrent le front. La montée des escaliers avec l’énorme contenant n’avait pas été facile. Ils le firent rouler à l’endroit indiqué, puis reculèrent de quelques pas, comme si un mauvais esprit s’élevait au-dessus des planches cerclées de fer. Hert s’avança au milieu des étagères de livres. Quelques titres lui sautèrent aux yeux.

Traité de médecine d’Arman Descarion. Récits de guerre de Germin II. Mémoires de…

Locanentes, vous êtes sûr de ce que vous faites ?

Il tourna la tête. Jusqu’à présent, comme prévu, les gars n’avaient pas posé de question. Mais inévitablement, ils avaient deviné ce qui allait se jouer.

― Tout ira bien. Installez l’échelle de corde dans la chambre de Malek. Attachez-la au pied du lit s’il le faut. Et n’oubliez pas le cheval au pont des daims.

Tandis qu’ils se dirigeaient vers la petite pièce, le gendre de Merillac évalua les distances. Environ quinze mètres de traînée de poudre : c’était faisable. En fait, c’était même simple. En barricadant la porte du scrimvero, il bloquerait la voie aux orcs, et il aurait largement le temps de mettre le feu avant de s’échapper par la fenêtre. En quelques secondes, il toucherait terre. Ne resterait plus qu’à disparaître dans le petit bois tout proche, tandis que l’étincelle filerait vers le tonneau. Il devrait se contenter du bruit de l’explosion. Les camarades en revanche, depuis la route de Grignard, profiteraient du spectacle. Sans doute même qu’Hémon d’Enguerrand verrait les fumées depuis les monts du Sommeil.

Hert pouvait assurer l’affaire en faisant serpenter la poudre au sol – de quoi gagner quelques secondes de plus – et en disposant une partie de la matière sur les étagères. De cette manière, il multipliait les chances de provoquer un incendie rapide et violent. Le meilleur endroit ? Son regard tomba sur le rayon où Malek avait rangé les livres qui traitaient des comptes de la province.


Je commencerai par là. Qui ouvre des livres de compte ?


Le lèniste aurait rétorqué que l’on pouvait aussi découvrir l’histoire des Enguerrand à travers ces lignes de nombres.


Le grand-père d’Hémon a instauré la taxe sur les grandes parcelles : de quoi financer la construction des forges et des écuries de Delac et Cobriau. Et après lui, son fils a augmenté cet impôt pour permettre l’édification de cette tour. À l’époque, ce chantier représentait un tour de force architectural. Des artisans et des maçons sont venus de toutes les provinces et même d’Olangar… Tout est écrit là.


Hert ferma brièvement les yeux. Oui, il placerait de la mixture explosive sur les étagères des livres de comptes. Il se servirait de papier déchiré et chiffonné pour compléter la traînée de poudre. Pour ce qui était du scrimvero, inutile de s’embarrasser : pour obtenir le combustible nécessaire, il suffirait de faire basculer les deux grandes armoires qui contenaient les notes de Malek sur la vie quotidienne du domaine.


Il m’a expliqué une fois que cela lui tenait à cœur… qu’il écrivait chaque jour, même quelques lignes.


Depuis leur éviction à la tête de l’Université d'Olangar, qu’ils avaient administrée durant cinq siècles, les prêtres lènistes s’étaient dispersés dans le royaume. Ils avaient créé des bibliothèques et des écoles. Ils entretenaient avec la connaissance un rapport étroit, et leur credo les poussait à être des professeurs pour la population. Le plus souvent, ils obtenaient peu de résultats : il n’était pas facile de convaincre des familles d’envoyer leurs enfants étudier au lieu de travailler dans les champs ou les manufactures. Peu à peu, l’influence des lènistes s’était faite plus discrète. Les responsables de l’ordre peinaient à recruter de nouvelles ouailles. Cependant, toujours plongés dans ces ouvrages qu’ils faisaient venir de tout le monde connu – y compris des contrées elfiques –, ces prêtres hors du commun fascinaient le petit peuple. Ils éveillaient parfois les consciences, Hert le savait. Sa propre mère avait bénéficié de quelques apprentissages en mathématiques. Cela lui avait permis de continuer à gérer la boutique de son époux quand celui-ci était décédé prématurément. De fait, elle avait insisté auprès de ses fils pour qu’ils s’initient à la lecture.

Hert avait détesté ce moment de sa vie. Il avait plusieurs fois craché à sa mère que les petites lettres des lènistes ne remplissaient pas les assiettes. Systématiquement, elle lui avait fait la même réponse.


Plus tard, peut-être, tu me remercieras.


Aujourd’hui…, il ne savait pas. Il avait passé peu de temps dans ce lieu, même s’il appréciait bien Malek. Il le trouvait dévoué, attentif aux besoins des gens du hameau. Un instant, le locanentes laissa son regard errer sur les livres. Si le métier des armes l’avait moins accaparé… Peut-être…

Locanentes ? Vous allez bien ?

Le jeune chef du mur nord tiqua comme si une guêpe s’était posée sur son cou. Les deux hommes avaient installé l’échelle de corde. Ils étaient de retour dans la bibliothèque.

― Ici, tout ça… insista le soldat. Vous êtes certain que…

Son compagnon hésita avant de lâcher quelques mots à son tour.

― Je me rappelle bien de cet endroit. Mon frère y venait. Le prêtre lui montrait des gravures sur l’agriculture et sur les nouvelles machines qu’on utilise à Olangar.

Hert se força à répondre d’une voix glaciale.

― Tristan, nous parlerons de ton frère une autre fois. Faites ce que j’ai dit : rejoignez vos camarades en bas.

Comme il l’avait affirmé à son beau-père, il avait passé toute sa vie sur ces terres. Elles étaient la source de ce qu’il possédait, de ce qu’il était devenu. Laisser tomber le pays aux mains des barbares venus de l’ouest sans en tuer un seul… Par le sang des trois dieux, c’était hors de question. Ce serait pour les hommes surpris à Ymer et à Angerac. Pour tous ceux que la horde massacrait sur son passage.




***




― Nous y sommes, ceannere.

Il n’était que temps. La nuit était là. Le messager avait annoncé trois heures avant l’arrivée de l’avant-garde des orcs. Deux s’étaient écoulés depuisqu’il avait dépassé le mur d’enceinte au galop. Il fallait faire vite.

― On allume les torches ?

― Surtout pas ! grogna Merillac. Si la charogne verte repère les feux, on risque gros. Nous connaissons la route et avec un peu de chance, la lune daignera se montrer. En selle !

Les derniers chevaux avaient été sortis des écuries. Plusieurs étaient harnachés aux chariots. Le chef de garde mit le pied à l’étrier. D’un bond, il fut sur le dos de sa monture. À présent, une fumée fine s’échappait de sa bouche quand il respirait. Le froid était arrivé en même temps que l’obscurité. Les soldats sautèrent en selle à leur tour, et les paysans grimpèrent sur les carrioles. Le messager porteur de la mauvaise nouvelle tenait à peine sur sa bête. Il était toujours très pâle.

― Allons, en avant !

La petite troupe s’ébranla et prit la direction de la grande porte. Au-delà s’ouvrait la route du hameau. En bifurquant vers l’ouest puis vers le sud, les hommes atteindraient les monts du Sommeil en quelques heures. Il était improbable que les orcs suivent les fuyards jusque-là : au pied des montagnes, l’épaisse forêt d’Engre offrait une protection efficace. Aucune armée ne pouvait s’y aventurer sans risquer de s’y perdre. De surcroît, elle pourrait péniblement progresser sur les sentiers étroits qui serpentaient vers les hauteurs.

Devant le convoi, Merillac se retourna une dernière fois. Il regarda le domaine, les murs de la maison forte et la tour.


Hert.


Il était encore temps. Gravir les étages, intimer au soldat de tout arrêter.


Je n’étais pas lucide quand on s’est parlé dans les catacombes, je…


Ceannere ! Droit devant !

Le chef de garde tourna la tête. Face à lui, presque sous la porte, une dizaine d’yeux jaunes perçaient l’obscurité.




***




Au sol, la poudre ressemblait à une ligne de suie discrète.

Hert ne s’était pas résolu à y ajouter du papier déchiré. Un moment, il avait avancé la main vers un livre.


Voyages vers les duchés du Continent.


Le jeune soldat avait reculé, comme si une force le repoussait. À présent, il se tenait devant le bureau du scrimvero. Les dents serrées, il fixait les étagères de bois qui contenaient les notes de Malek. Le lèniste avait élégamment relié ses ouvrages au moyen de cuir souple. Malgré la nuit tombante, les couleurs se distinguaient encore. Le rouge noble. Le jaune soleil. Sur l’un des livres, le prêtre avait même reproduit l’emblème d’Olangar, un aigle représenté de profil. Il s’était lancé dans l’écriture d’une histoire du royaume. Il n’en était qu’aux prémices et il manquait de temps. Mais un jour qu’il en discutait avec Hert, il lui avait confié que si lui n’achevait pas l’ouvrage, d’autres le feraient.

― Il n’y aura pas ton nom dessus alors ?

― Peut-être pas, et qu’importe ? Les écrits sont tout ce qui compte.

Oui. Peut-être. Le locanentes n’avait jamais réfléchi à la question. À cet instant, quelque chose en lui le regrettait. Il dut se faire violence pour saisir l’une des armoires à deux mains et la faire basculer vers l’avant. Le bois rencontra le bois dans un fracas de tonnerre. Des dizaines de livres tombèrent ouverts sur le sol. Malgré lui, Hert grimaça. Il recula de trois pas et contempla le scrimvero dévasté. Puis il regarda la deuxième étagère.

― Que fais-tu là malheureux !

Le soldat fit volte-face. Malek Roken se tenait dans l’embrasure de la porte.




***

La suite mercredi prochain





mardi 9 octobre 2018

MAGE DE BATAILLE de Peter A. Flannery



Tome 1


Editions Albin Michel
Collection Imaginaire
Parution: 26/09/2018
Traduction: Patrice Louinet
24 euros
538 pages


Falco Danté est un gringalet dans un monde en guerre peu à peu conquis par l'armée infernale des Possédés. Pire, Falco est méprisé, mis à l’écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Alors que la Reine tente de rassembler toutes les forces armées pour repousser les Possédés, Falco prend une décision qui va l'amener aux marges du désespoir : il va entrer à l'académie de la guerre, une école d’excellence pour les officiers. Là, il devra surmonter ses doutes, ceux de ses amis et même ceux de la Reine.

Le monde brûle ; seul un mage de bataille pourra sauver ce qu'il en reste. Falco réussira-t-il à libérer son pouvoir, à invoquer un dragon à sa mesure ou succombera-t-il à la folie... comme son père ?





La première fois que j'ai entendu parler de ce roman, c'est Mathieu Betton, notre "libraire de chez Decitre" qui en a donné un avis enthousiaste sur facebook. Curieuse, car je ne connaissais ni l'auteur, ni la collection, je suis allée à la pêche aux informations. Effectivement Albin Michel lançait une collection dédiée à l'Imaginaire. Date du lancement: 26 septembre 2018. Et cette collection démarrait avec trois titres dont celui-ci. Un nouveau venu dans l'Imaginaire, rien ne pouvait me faire plus plaisir !! Et quand j'ai lu le pitch de Mage de Bataille, je savais qu'il me fallait le lire ...




La couverture m'a tout de suite attirée. La "dentelle blanche" (dixit Dup) rend assez bizarre sur les photos, mais super bien en réalité. Un côté Old School/grimoire qui colle très bien à la collection. J'ai ouvert mon livre à peine reçu, j'ai commencé à le lire, puis très vite à le dévorer ...

C'est d'ailleurs étrange quand j'y pense, car tout dans ce roman est très classique. Nous n'avons pas à faire avec de la fantasy révolutionnaire ou matinée de science-fiction, non, c'est de la fantasy pure et dure. Avec des dragons, de la magie et des chevaliers. Oui mais, qu'est ce qui fait que cette lecture m'ait captivée à ce point ? Sans aucun doute l'attachement aux personnages. Car ils sont incroyablement puissants et attachants. Quand je dis "puissants" je ne parle pas en terme de capacité guerrière ou de magie, non, je pense à la puissance des émotions qu'ils suscitent dans le petit coeur des lecteurs ...

Venez donc rencontrer Falco, un grand adolescent, gringalet, souffreteux à qui il ne reste sans doute que peu d'années à vivre à cause de la phtisie qui le ronge depuis tout petit. Falco est orphelin, il vit en tant que serviteur dans la maison de Siméon, un ancien mage de bataille, retraité par force suite à de graves blessures. Mais au fait c'est quoi un mage de bataille ? Si je vous dis un mage qui participe aux batailles, vous allez râler je le sens ... En fait un mage de bataille est capable d'invoquer un dragon de "je ne sais où" et ce dragon fait communion avec le mage qui l'a invoqué. A la guerre ils sont quasiment invincibles, même quand l'armée en face est constituée de possédés dirigés par un démon. Ce sont même les seuls qui soient capables de s'opposer à une telle armée. Mais attention, il y a une limitation. Si le dragon est noir ou devient noir alors il est incontrôlable et il faut le tuer sous peine de le voir détruire tout autour de lui. Et c'est d'ailleurs ce qui est arrivé au père de Falco, grand mage de bataille qui a sombré dans la folie quand son dragon est devenu noir. Falco a donc un lourd héritage à porter. Sa maladie bien sûr, mais ça c'est presque anecdotique. Non, ce qu'il doit porter est bien plus lourd. Il porte la malédiction de son père, la culpabilité d'être le fils d'un fou qui a provoqué des milliers de morts.

Heureusement Falco n'est pas seul. Son meilleur ami c'est Malaki, le fils du forgeron de Caer Dour. Malaki est un solide gaillard, il voue une amitié sans faille à Falco et c'est d'ailleurs réciproque. Malaki a un rêve, celui de devenir chevalier et il s'entraîne au combat dès qu'il le peut. Il est d'ailleurs particulièrement doué.

Une armée de possédés s'approche justement de Caer Dour avec un puissant démon à leur tête. Si elle arrive jusqu'à la ville, rien ne pourra sauver les habitants qui comptent donc sur la venue d'un mage de bataille pour stopper la progression du démon. Malheureusement tout ne se passera pas comme prévu, et Falco y sera grandement pour quelque chose ... La population doit fuir sa propre ville..

Bref, je ne vais pas vous raconter tout le roman. D'abord parce que je ne saurais pas le faire correctement, ensuite parce que ce n'est pas le but d'une chronique. Mais je me rends compte que je me suis laissée emporter par le fait de raconter l'histoire, parce que cela me permet de m'y replonger avec délice.
Comme dit plus haut, les personnages sont incroyablement attachants. Je ne vous ai parlé que de Falco et de Malaki, mais il faudrait aussi citer Bryna, un sacré bout de bonne femme, d'Alex, de Sir William, de Mérédith ou d'Aurélian. Tous ont leur place dans le récit, tous sont parfaitement brossés par l'auteur, tous ont leurs forces et leurs faiblesses. Bryna, jeune noble archère, enrôlée dans l'armée et qui doit apprendre à vivre avec des rustres. Alex, un jeune homme timide et bavard qui va diriger une armée. Sir William, le grand chevalier si fier et puissant, Mérédith le thaumaturge qui se retrouve à aider Falco. Bref, je ne vais pas lister tout le monde.

Oui il y a un côté Harry Potter dans ce récit (mince j'ai lu ça dans une chronique mais je ne sais plus chez qui: qu'il ou elle se dénonce pour que je puisse citer :)). Parce que Falco va intégrer l'école militaire, une école dure qui forme l'élite et justement Falco à un immense pouvoir, mais il ne le maîtrise pas. Il a un blocage, la peur de devenir comme son père. Alors Falco va essayer d'apprendre mais c'est loin d'être gagné. D'autant plus qu'il n'est pas forcément le bienvenu. Il est le fils d'un mage fou. Il fait peur et le pire c'est que Falco comprend que les gens aient peur de lui, puisque lui-même se fait peur.

Bon je vais arrêter de vous saouler avec cette chronique. Sans doute une des pires que j'ai écrite parce qu'elle part dans tous les sens. Il y aurait tellement de choses dont je voudrais vous parler. Je pense vraiment que le mieux c'est que vous lisiez le roman et que vous veniez en discuter avec moi. J'adorerais ! Vous verrez, le style, les personnages, le monde et puis les dragons. Mais oui je n'ai pas parlé des dragons: puissants, orgueilleux et bienveillants tout à la fois. Avec une âme d'une profondeur extrême. Que se passe t'il quand ils deviennent noirs? D'où viennent t'ils? Pourquoi aident-ils les humains? Pourquoi les mages de batailles arrivent-ils à les appeler ?
Beaucoup de questions qui je l'espère commenceront à trouver leurs réponses dans le tome 2 qui doit sortir en janvier 2019.

En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir Mage de bataille. Faites connaissance avec Falco et tous ceux qui l'entourent, venez chevaucher les dragons, combattez les possédés et les démons. Vous ne le regretterez pas et vous en ressortirez probablement aussi enthousiaste que moi. Mage de bataille c'est de la fantasy classique, oui mais de la sacrément bonne ! Vous m'en direz des nouvelles !