vendredi 22 septembre 2017

[BD] LE PROJET BLEIBERG TOME 1 - LES FANTÔMES DU PASSÉ de Peynet, Khara, Le Tendre




Editions Dargaud
64 pages
14 euros


Depuis des décennies, une mystérieuse organisation met en tout en oeuvre afin de créer un nouvel ordre mondial. Son premier allié, dans les années 1920 : Hitler, à qui elle a promis, en échange de contreparties, d'énormes moyens afin d'accéder au pouvoir... Depuis, venue des heures les plus sombres de l'Histoire, une terrible machination s'est mise en marche, menaçant l'humanité tout entière. N'est-il pas déjà trop tard pour l'arrêter ? Un thriller haletant mené tambour battant par le scénariste de La Quête de l'oiseau du temps, d'après le roman choc de Khara, best-seller dans les librairies.









Quand j'ai entendu parler du passage en BD de l'une de nos série chouchoute, celle du fameux projet Bleiberg de David S. Khara, j'étais tout à la fois excitée comme une puce et effrayée comme une pucelle (humm, faut que j'arrête de lire des polars moi!). En effet, comment retranscrire en BD un récit aussi complexe que celui des romans? Voilà mon soucis ...

Résultat, je me suis ruée pour acheter la BD, je l'ai ramenée à la maison et posée sur une étagère. Depuis elle était restée là jusqu'à ce week-end. Mais là, j'ai vu que le tome 2 sortait, donc je me suis lancée, un peu inquiète, dans ma lecture.

Et mon inquiétude n'a fait que croître à la lecture des premières planches. Difficile de s'identifer au héros ou de ressentir de l'empathie, ce personnage est détestable, du moins au premier abord. Et puis je me suis souvenue qu'il en était de même dans le roman, il faut attendre, apprivoiser les personnages et d'un coup le déclic se fait. Eytan arrive ... La situation se met en place, les choses prennent tournure. 



A partir de ce moment, les pages tournent toutes seules. Il faut dire que le rythme est effréné et que l'action est omniprésente. Les personnages s'affinent, deviennent plus nuancés, plus intéressants. Évidemment il "manque" beaucoup de choses par rapport au roman, la complexité ne peut pas être du même niveau, mais il faut savoir s'en détacher et prendre le récit tel qu'il est dans la BD et "ça le fait bien!"

Le tout est servi par un très "joli" dessin. Joli n'est sans doute pas le terme approprié, mais le dessin rend bien le rythme nerveux de l'histoire. Il souligne les différentes périodes temporelles, car à l'instar du roman on navigue entre la période actuelle et les années 1930-1940. Petit à petit le puzzle prend forme.


Bref, ce premier tome (sur 3 prévus) se lit avec plaisir.  Ce n'est pas toujours facile pour ceux qui ont lu les romans de s'en détacher. Par contre, je me demande un peu ce que peuvent en penser ceux qui ne connaissent pas l'univers de Khara (si quelqu'un qui me lit n'a lu QUE la BD, je serai ravie de connaître son ressenti). Parce que Bleiberg est un récit complexe et à tiroir, qu'il n'est pas facile de retranscrire en BD, le risque étant de perdre totalement le lecteur. Je ne peux pas m'avancer sur ce point. La seule chose que je peux dire c'est que si on a aimé les romans, alors la BD constitue une jolie friandise pour se replonger dans cet univers, mais les romns restent quand même le plat principal! 





Pour en savoir plus sur les romans:

jeudi 21 septembre 2017

LE ROYAUME ÉVEILLÉ de Adrien Tomas



LE CHANT DES ÉPINES  

#  2


Éditions Mnémos
320 pages
19 euros


4ème de couv :


Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs
compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet de rassembler les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.

Presque un an après la bataille finale entre les citadelles de Sveld et d’Asreld, l’orpheline Ithaen est montée sur le trône du royaume unifié de Sveldia. Avec l’aide de ses amis et de l’étrange la Locuste, elle coordonne le destin de ses alliés, anciens ou nouveaux, avec la maîtrise d’un chef d’orchestre.
Mais il n’est pas certain que cela soit suffisant. Le Royaume Éveillé sera-t-il assez fort pour survivre à sa première grande guerre, alors que les Légions infinies de l’Empire séide se mettent en ordre de bataille ?






Rhaaaaa, Monsieur Adrien Tomas, vous subissez une très mauvaise influence à fréquenter Gabriel Katz. C'est inhumain une fin comme celle que vous nous avez concoctée là ! C'est même pire que le cliffhanger entre les deux tomes d'Aeternia, et je pèse mes mots. Une fin qui dure sur plusieurs chapitres, un uppercut massif à chaque fois. On finit par espérer que le chapitre qu'on lit sera le dernier de ce livre, mais non, un autre chapitre nous attend encore... misère !!!

Well, reprendre du début cette chronique va être dur maintenant que j'ai laissé exploser mon indignation. Retrouver l'écriture vive et entraînante d'Adrien a été un plaisir. Retrouver sa patte dans la construction de son récit aussi, où interviennent une foultitude de personnages au cours de chapitres courts les concernant. D'autant plus qu'on les connait tous, on les aime ou on les haït tous, aucun ne nous laisse indifférent.

Sveldia, le nouvel empire du nord a été créé au tome précédent. Nous retrouvons la jeune reine Ithaen et ses épines un an après. La tâche qui pèse sur leurs épaules est toujours aussi lourde, d'autant que la menace Séïde se confirme. Même si certains incrédules doutent toujours, nous lecteurs, nous savons car l'auteur nous trimbale aussi dans le sud. On y suit les préparatifs, les manigances, les alliances contre nature, les horreurs qui se préparent...

Rassembler les derniers clans réfractaires à l'union, renforcer les forces guerrières, augmenter les capacités défensives des nécromants. Tenter un rapprochement avec la sororité des Etoiles Grises, développer les pouvoirs déjà phénoménaux de la jeune sorcière Vermine, intégrer et profiter au mieux des ressources offertes par la présence de l'ange mécanique, ce fameux Projet 68. Elle a tout cela en tête notre toute jeune reine, alors batifoler avec l'un, l'une ou l'autre, non. Et ça a du mal à passer.

Il se passe vraiment beaucoup, beaucoup de choses dans ce tome 2, et cela va vite, trop vite peut-être alors que l'on se rend compte que l'on aborde déjà la bataille finale, attendue et redoutée. Je savais qu'il fallait la redouter celle là, mais à ce point, NON !

L'action prédomine vraiment, et pourtant les répercutions émotionnelles sur quelques uns des personnages ne sont pas en reste, particulièrement Ithaen et Vermine. On découvre un peu plus Solheim qui était plus en retrait dans l'opus précédent, au détriment de Ysemir et Merisia. Un Solheim bien naïf qui va perdre ses illusions dans la douleur. Adrien Tomas se permet même de faire entrer dans la danse de nouveaux personnages, Asphodèle une apprentie sorcière grise et même un membre du peuple de la forêt, Une. Un prénom qui veut tout dire...

Les questions que je me posais au sujet de La Locuste et Belunith ont été résolues... si je puis dire, mais remplacées par d'autres, beaucoup d'autres. Et ce qui m'a le plus frustrée c'est le peu de présence d'Ooldor*, le runique, l'historien. En revanche, le nombre de questions qui l'entoure est inversement proportionnel à sa présence donc je suis très curieuse de lire la suite de cette série.

Le royaume éveillé est un véritable page-turner qui apporte un grand plaisir de lecture, résout quelques questions mais en apporte tellement d'autres qu'on ne peut qu'attendre la suite avec beaucoup d'impatience. Une fin de ouf que je dois reconnaître génialissime même si je hurle et mon coeur saigne. Oui, un coup de coeur, vraiment, même si je crois que je préfère largement les bons gros pavés que l'auteur nous offrait précédemment, comme La geste et La maison des mages où les cliffhangers ne sont que des coups de théâtre...Vivement le tome 3 ! 
Adrien, si tu ne veux pas te faire lyncher en salon, tu as intérêt à sortir dare-dare ta suite !

* Ooldor, c'est affreux ce nom, à chaque fois que je l'ai lu je pensais à Hodor de GoT... or c'est bien le jour et la nuit ces deux là ! :)


Une lecture que j'inscris bien évidemment 


mercredi 20 septembre 2017

Pour le plaisir des yeux !





Sortie prévue le 15 novembre
Couverture de Marc Simonetti  ♥ ♥ ♥


Ça se passe presque de commentaires n'est-ce-pas ?  *bave*
Inutile de dire que je suis sur les starting-blocks !!!
Tellement, mais tellement hâte !



Et pour les veinards de parisiens :


Bradley P. Beaulieu sera en avant-première en dédicace à La Dimension Fantastique le vendredi 10 novembre de 18 heures à 20 heures !

Informations pratiques :
Librairie La Dimension Fantastique
106 Rue la Fayette, 75010 Paris
Métro 7 Poissonnière

mardi 19 septembre 2017

Interview de Chloé Chevalier Tome 3

Pour retrouver le début, ça se passe ici: ITV1, ITV 2


Photographe:Emmanuelle Heyd





Écrire un texte de présentation, quand je vais passer un mois à répondre à vos questions ? Quand me livrer, ailleurs que dans mes livres, n'est pas franchement mon fort ? Bigre. Quelle gageure. Que dire que je n'ai pas déjà laissé filtrer, volontairement ou non, dans le Demi-Loup, et sans trop anticiper sur les échanges à venir ?




Alors, puisqu'il sera probablement beaucoup question d'écrit, et que je vais pour vous, j'espère, noircir de nombreuses lignes, je propose de commencer par quelques images, plus ou moins mystérieuses et inédites. En guise de bande-annonce, si l'on veut !



Pendant ce Mois de, vous pourrez tout me demander sur...










… mes débuts dans l'écriture, le quoi, le comment ou le pourquoi.












… les origines du Demi-Loup.












… le reste de mon travail, de scénariste notamment. Sur mes marottes et mes sujets de prédilection quand il s'agit d'inventer une histoire.






Mais, surtout, surprenez-moi ! Si, plutôt que de littérature, vous préférez parler peinture, après tout pourquoi pas. Je peux même vous parler de mes chats, si cela vous tente. Ou bien d'escrime ou d'équitation, de Fitz, de d'Artagnan ou de Lyra, de Médée ou bien d'Antigone, de Pasolini ou de Joan Baez, d'Arizona dream ou de Titanic, de randonnée ou bien de ciné, de fleurs de montagne ou de fruits du verger.



Pendant ce Mois de, en somme, amusons-nous.





**********





Phooka  

Bonjour Chloé,

Puisqu'il y a un moment de creux, j'en profite pour y placer mes questions à la c** !:)

Quand tu n'écris pas, que fais tu?
As tu du temps pour les loisirs (on sait déjà que tu pratique l'équitation)? Lesquels?

Bon et puis Arizona Dream alors ? Qu'aimes tu? Kusturica? Depp? Dunaway? Lewis ? La musique d'Iggy Pop (moi là je craque totalement ..)

Tiens et quels sont tes films préférés?

(Je reviendrai plus tard, j'en ai plein d'autres des questions de ce stye! :)) 




Chloé




Bonjour Phooka !

J’ai tardé un peu sur ta question, désolée, mais comme ça je réponds à toute une salve d’un coup !

Mes loisirs quand je n’écris pas, donc.
L'équitation, même si désormais cela fait plus partie de mes passions que de mes loisirs réguliers, vu que je n’ai plus trop l’occasion de pratiquer aussi souvent que je le voudrais. (Je me suis pas mal étendue sur le sujet dans une autre réponse, donc je n’y reviens pas trop.)
Ce qui m’occupe le plus, c’est l'escrime, ou plus précisément les AMHE, les Arts Martiaux Historiques Européens, que je pratique depuis 2012. Comme d’expérience tout le monde ne connait pas, je vais détailler un peu : il s’agit d’une activité qui se développe depuis environ 10/15 ans (en France en tout cas), et qui croise à la fois une pratique sportive et de la recherche. L’idée est de reconstituer les différentes techniques de combats européennes, quelles que soient l’arme et l’époque, à travers les traces historiques et archéologiques qu’on en conserve - par exemple des traités écrits par des maîtres d’armes ou bien des manuels d’instruction militaire pour les siècles plus récents, ou des sources iconographiques pour les périodes plus anciennes. Cela va de la gladiature romaine à la baïonnette de la première guerre mondiale. On étudie et apprend à manier toute une variété d’armes et de techniques. Rapière, sabre, lance, dague, épée longue à deux mains, lutte, épée et bouclier vikings, etc. Il s’agit donc d’une activité à la fois intellectuelle (des traités qu’il faut traduire, déchiffrer...) et sportive puisque l’interprétation des sources passe par la mise en pratique, que ce soit dans du travail technique « en douceur » ou, quand on est plus expérimenté, dans des assauts, avec les protections nécessaires.
Je fais également du tir à l’arc, même si c’est un peu ma bête noire et que je reste très mauvaise malgré l’entraînement ! :) Par ailleurs, après avoir essayé pendant une journée de stage, et avec l’ouverture d’une section dans un centre équestre près de chez moi, j’aimerais pratiquer plus régulièrement le tir à l’arc à cheval. C’est assez difficile mais très intéressant (et assez excitant je dois dire) !
Sinon, dès que j’ai l’occasion pendant les weekends ou pendant les vacances, je vais randonner avec mon compagnon. Habiter à Grenoble, entourés de montagnes, en stimule l’envie et en fournit facilement l’occasion tout à la fois ! Je me suis aussi mise à l’escalade récemment, et j’espère que j’aurai le temps d’aller grimper régulièrement pendant l’année qui vient.
Pour ce qui est des activités non sportives, j’aime bien aller au cinéma, ou en tout cas voir des films, et lire, qu’il s’agisse de romans, d’essais, de BD. J’aime aussi beaucoup cuisiner, et faire quelques activités manuelles comme de la couture.
Et je prends aussi des cours de Polonais.
Là je crois que vous connaissez l’essentiel de ce qui compose mon emploi du temps !

Arizona Dream, un film parmi beaucoup d’autres que j’aurais pu citer ! Il m’a beaucoup marquée quand je l’ai découvert au collège, pour son côté à la fois déjanté, poétique et tragique… et sa BO très très cool, il faut bien l’admettre ! (j’ai d’ailleurs découvert la BO avant le film).
C’est difficile, voire impossible, d’élire un film préféré. Ce serait beaucoup trop restrictif !
Alors, complètement en vrac, sans aucune hiérarchie, quelques films, réalisateurs et séries que j’aime beaucoup et/ou qui m’on marquée lors de leur découverte et/ou qui m’ont accompagnée dans la vie.
Pasolini, Titanic, Amadeus, les Seigneur des Anneaux, Jane Campion, Game of Thrones, Breaking Bad, Star Wars, L’Ours, Urgences, le Cinquième élément, l’Histoire sans fin, Zardoz, Deliverance, Ponette, Dancer in the Dark, les frères Coen, the Wall… et tous ceux que j’oublie !


Pitiponks 

Oh la la, je découvre à peine "ce mois" de Chloé Chevalier, et je souffle de soulagement en constatant qu'il n'est pas encore trop tard pour poser mes questions!
Bonjour Chloé!
Je vais te tutoyer puisque c'est ce que tout le monde fait ici ^^ Déjà, je tiens à dire que la saga des Récits du Demi-Loup est une de mes préférées jusqu'ici, tous genres confondus. Je ne sais pas si je fais partie des chroniqueurs/euses que tu as eu l'occasion de lire alors je me permets de te laisser les liens de mes chroniques ici:
Maintenant que ceci est partagé j'aimerais rebondir sur tes goûts littéraires. L'Assassin Royal, Les Royaumes du Nord, Le Clan des Otori, Harry Potter... Que de références communes! Il faut dire aussi que nous avons presque le même âge (j'ai 27 ans).
Ma dernière découverte littéraire coup de poing est bien la saga de l'Assassin Royal (une découverte tardive puisqu'elle date de fin 2015). Véritable coup de foudre littéraire, je l'aime passionnément!! Je me suis acheté (ou fait offrir, hum hum) tous les livres de Robin Hobb (ou presque) mais je me retiens de ne pas tout dévorer d'un seul coup alors j'espace mes lectures.
Peux-tu nous dire comment tu as découvert Robin Hobb et l'Assassin Royal, ce qui t'a marqué dans cette histoire, les souvenirs que tu en gardes, une anecdote liée à cette lecture? (Attention, je n'ai pas encore lu le second cycle de l'Assassin Royal!)
En tout cas merci pour cet "interview" extrêmement intéressante et pour ces livres pépites que sont les volumes du Demi-Loup qui trônent fièrement dans ma bibliothèque. Vivement le 4! (je suis bien contente d'apprendre ici qu'il sera épais, miam)



PS: la question rigolote en bonus: quels sont tes plats préférés?? :P 




Chloé




Bonjour Pitiponks !

Tout d’abord merci beaucoup ! J’avais lu tes chroniques, oui, soit parce que mon éditeur me les avait relayées, soit parce que j’étais tombée dessus en me promenant sur le net pour voir ce qui se disait sur mes livres. Je les ai probablement, au moins en partie (je ne suis pas 100% exhaustive), relayées sur ma page FB d’ailleurs.Effectivement, on a à peu près le même âge, et les séries en question sont pour l’essentiel parues pendant nos années collège/lycée, normal que ça soit des références communes !

J’ai découvert l’Assassin Royal tout simplement quand un ami me l’a prêté, au collège. A l’époque, j’avais moyennement accroché et abandonné au bout de deux tomes. Puis j’ai recommencé deux/trois ans plus tard, et depuis je n’ai plus jamais lâché Fitz et les autres cycles qui se passent dans le même monde. J’ai relu certains un bon nombre de fois ! Le tout dernier tome de Fitz, le dernier du troisième cycle, en Anglais, attend dans ma bibliothèque depuis le printemps. Car après celui-là, ce sera fini...Ce qui précisément m’a marqué dans cette lecture ? Beaucoup de choses ! Hobb a une écriture tellement riche, fine, on est extrêmement près des émotions des personnages… Mais ce que j’aime avant tout, c’est son personnage principal, c’est Fitz. A force de lire (et relire) des centaines et des centaines de pages « de ses mémoires », de le suivre sur des décennies de sa vie pendant des années de la sienne, on a l’impression de le connaître comme une véritable personne, avec toutes ses qualités et ses (nombreux) défauts !Des petites anecdotes liées à l’Assassin Royal ou à sa lecture, à mon avis je pourrais en trouver des tas tellement ces bouquins m’accompagnent depuis longtemps et ont eu de l’importance pour moi. Au hasard, un souvenir de vacances, du lycée : on était parties avec des copines dans un chalet dans les Alpes, sans électricité ni eau courante, et personne n’avait le permis pour aller faire des courses. C’était nos premières vacances seules «comme des grandes», on avait un peu merdouillé sur la quantité de nourriture emportée et on passait notre temps à avoir très (très) faim. En même temps, on est toutes en train de lire à longueur de journée les premiers tomes de Fitz, à Castlecerf, où il ne fait que manger du ragoût et du fromage en piquant dans les cuisines du château toute la journée. C’était de la torture, on avait encore plus faim !Sinon, j’ai aussi un chat qui s’appelle Fitz (sauf que c’est une femelle, mais je l’ai vu trop tard). 

Un plat préféré, c’est presque aussi difficile qu’un livre ou un film préféré ! 
J’ai un gros gros faible pour tous les fruits à coque et tout ce qui en contient. Glaces à la noisette ou aux noix, purée d’amande, pâtisseries orientales, par exemple. J’aime bien les courges et le fromage aussi, tous. Mais en fait je suis très ouverte. Il n’y a aucun aliment que je n’aime pas (à part certains trucs industriels) et j’adore découvrir de nouvelles cuisines, de nouveaux mets, quand je voyage ou que je vais au restaurant.




Coucou Chloé ! Comment vas-tu ? 

Je suis impressionnée par ton utilisation de la première personne pour tant de personnages différents, tu le fais si bien ! Même sans les très jolis "blasons" en début de chapitres, on reconnait presque immédiatement le narrateur. Ce n'est pas difficile, de jongler d'une identité à l'autre ? écris-tu tout chronologiquement, comme nous le découvrons dans le roman fini, ou autrement ?

Et tiens d'ailleurs, laquelle des cinq te ressemble le plus ? Ont-elles toutes un peu de toi ? :)

Et puisque j'ai parlé des "blasons", je me suis rendue curieuse : comment ont-ils été créés ? C'est une collaboration avec Melchior aussi, comme pour la carte ? :)

Sinon, à quels salons littéraires pourrons-nous te croiser ? 



à bientôt ! 




Chloé




Bonjour Allisonline !

Ca va bien, merci ! :) Je vais tâcher de répondre à cette foule de questions intéressantes sans en oublier !

Jongler d’un personnage à l’autre ne m'est plus compliqué, mais ça l’était davantage au début. Quand les cinq filles vivent ensemble à Véridienne dans le tome 1, qu’elles ont toutes la même éducation, les mêmes repères, etc., elles forment un peu une masse indifférenciée. Elles se ressemblent toutes les unes les autres, ont les mêmes avis, la même façon de penser et de réagir. C’était plus délicat, à cette époque, de faire deviner des personnalités variées quand les différences étaient en réalité ténues, et que les filles vivaient tous plus ou moins les mêmes événements. Maintenant, quand j’en arrive au tome 4, et que les héroïnes sont devenues si différentes, qu’elles traversent des situations qui n’ont rien à voir, ça ne me pose plus de difficulté. Je sais immédiatement comment chacune réagit face à telle ou telle situation. J’ai plus l’impression de décrire des personnes que je connaitrais très bien, qui ont leur autonomie propre, que d’inventer. C’est d’ailleurs intéressant que tu utilises, dans ta question, l’expression « changer d’identité » plutôt que «changer de personnage » ou de point de vue ! Parce qu’il y a un peu de ça, en effet. Quand je passe à un chapitre narré par Lufthilde, il faut se glisser dans la « logique Lufthilde », puis basculer à la « logique Nersès », etc. Mais à ce stade de l’écriture, tous les ingrédients qui composent la psychologie des personnage sont déjà en place, il n’y a plus qu’à dérouler le fil.

J’écrivais scrupuleusement dans l’ordre du roman (donc l'ordre de lecture, qui n’est pas forcément l’ordre chronologique) pour les tomes 1 et 2, même si j’ai fini par les « remonter » au final pour changer un peu le rythme et la distribution des événements. Quand des idées pour une scène se passant longtemps après me venaient en tête, je les laissais de côté en me disant « non, on verra ça plus tard », même si je savais que le « plus tard » serait peut-être dans six ans. Au final, j’ai sans doute perdu beaucoup d’idées de scènes ainsi, ce qui est dommage. A parti du tome 3, j’ai commencé à assouplir ma technique. Par exemple, j’ai écrit tous les chapitres sur Aldemor, qui se trouve loin et déconnecté de ce qui se passe en Demi-Loup, d’une traite à la fin, puis les ai inséré au milieu des autres. Maintenant que j’en suis au tome 4, j’ai changé de méthode ! J’écris globalement dans le sens du roman, mais pas tant que ça. Dès qu’une idée me vient, j’écris la scène dans un carnet à part, quand bien même elle n'arriverait qu'à la fin du cycle (j’ai déjà écrit l’épilogue, par exemple). Ensuite j’agrège à mon texte tous ces petits fragments écrits au fur et à mesure. Ainsi, non seulement je gagne du temps, mais je ne perds aucune idée, et j’écris les scènes au moment où j’ai le plus envie de les écrire, ce qui est souvent un bon point pour la qualité.

Difficile de dire de laquelle des cinq filles je me sens la plus proche. Elles ont toutes un peu de moi, clairement - même si je ne vais certainement pas vous révéler quoi ! ;) - et sans doute certaines plus que d’autres. Comme elles changent pas mal au fil des tomes, cela fluctue, de toute façon. Je suppose que les lecteurs doivent ressentir la même chose : on n’aime pas les mêmes tout le temps, les préférences et identifications changent. Mais ça c’est à vous de me le dire !

Les blasons sont à l’origine une idée de ma bêta-lectrice Anna Brunstein, qui est monteuse dans le cinéma, et à qui j’ai fait relire tous mes textes. Elle m’avait suggéré ça pour aider à différencier visuellement les narrateurs dans le tome 1. Dans le manuscrit papier que j’avais envoyé aux Moutons, j’avais donc appliqué l’idée, en utilisant des petits logos tout moches trouvés sur internet. Les éditeurs ont accepté de garder l’idée, et Melchior a dessiné les blasons. Contrairement à la carte, on n’a pas fonctionné par aller-retours. J’ai juste indiqué quel «blason» (pas sûre que ça soit le meilleur terme, d’ailleurs… lettrines ? pictogrammes ?) je voulais pour chaque personnage (le chat pour Lufthilde, le loup pour Nersès, une fleur de lilas pour Cathelle, un renard pour Crassu, et le collier de torture pour Aldemor) et Melchior les a dessinés de son côté.


Niveau salons et dédicaces, rien de prévu dans les mois à venir hormis une signature à Décitre Chambéry le 26 octobre. Avis aux libraires et organisateurs de salons ! ;)



Bonsoir
Je reviens avec une question tellement cruciale que personne n'a osé la posée. 
Le jeu de rondelles existait-il avant d'écrire Veridienne? Sinon l'as-tu fabriqué ? Est-que tu as trouvé des joueurs ? Je joue à beaucoup de jeux de société avec mes gosses ... Bon là je n'ai plus que mon fils pour partager ce genre d'activité. .. et je ne connais pas ce jeu...


A plus 



Chloé




Bonjour Ramettes !

Ah, le jeu des rondelles ! Très bonne question, en effet.
L’objet en lui-même, tel qu’il est décrit dans les livres, est directement inspiré de la Tour de Hanoï, un jeu - ou plutôt un casse-tête - qui existe bel et bien. J’en ai toujours eu un chez moi, mais n’y ai jamais beaucoup joué parce que… c’est franchement ennuyeux (même si c’est joli dans la bibliothèque). Une fois qu’on a pigé l'algorithme pour résoudre le casse-tête, c’est juste long et répétitif pour arriver à la fin, mais on y parvient toujours.



Différentes règles, avec des variantes, sont citées dans les tomes du Demi-Loup. Toutes sont inspirées d’assez près de la Tour de Hanoï, à ceci près que j’en ai fait un jeu à plusieurs plutôt qu’un casse-tête solitaire… ce qui probablement rend la chose encore plus ennuyeuse. Je rigole toujours un peu quand j’écris les scènes où les files jouent au Jeu des Rondelles pendant des heures, parce que j’imagine un jeu à peu près aussi excitant qu’une Bataille ! Personnellement, je n’ai jamais essayé d’y jouer, mais il faudrait peut-être que je tente l’expérience, pour voir !


Le jeu le plus intéressant du Demi-Loup est sans doute la Rondelle du Loup, inventé par Crassu et ses amis à la fin du tome 3, pour détourner l’immémorial Jeu des Rondelles. Là à mon ami il y a beaucoup plus matière à s’amuser.



Encore moi ...

J'ai appris plein de choses en te lisant et en particulier l'existence de ce AMHE. J'imagine que les connaissances que tu acquières dans cet exercice, te servent aussi pour tes romans , non ?

Et à propos de connaissances, comment as tu réussi à te mettre dans la peau de Crassu pour retranscrire le handicap et la force que lui confère sa surdité? 




Chloé




Re-bonjour Phooka !

Oui, effectivement, la pratique de l’escrime, et surtout des AMHE, me sert dans les romans, pour rendre les scènes de combat, d’entraînement, tout ce qui touche aux armes ou aux techniques martiales plus crédibles. Quand on a soi-même une expérience, même très humble, du combat à l’épée (ou quelle que soit l’arme, d’ailleurs), ça aide beaucoup pour appréhender les scènes de façon plus concrète, plus vraisemblable. Pour autant, je suis loin d’être un puits de science ces questions d’armement ou d’histoire militaire, mais par contre j’ai plusieurs camarades escrimeurs qui sont de vraies encyclopédies sur ces sujets, et à qui je fais relire mes textes (du moins les plus récents) ou pose des questions pour vérifier si tout est crédible et prendre leurs précieux conseils.

Pour le personnage de Crassu, j’avoue n’avoir fait aucune recherche sur la surdité, ni échangé avec aucun sourd, que ce soit pour préparer l’écriture ou faire relire le texte. J’ai écrit entièrement à l’instinct, en suivant ce qui me semblait vraisemblable, mais sans me baser sur des témoignages ou quoi que ce soit de la sorte. Peut-être suis-je complètement à côté de la plaque sur certains points (voire beaucoup), d’ailleurs, je ne sais pas ! Je n’ai encore pas eu l’occasion d’en discuter avec le moindre lecteur sourd, même si je serais curieuse. Quoi qu’il en soit, on reste de toute façon dans de la fiction, et j’espère que les lecteurs sauront pardonner d’éventuelles entorses au réalisme, ou qu’en tout cas ça ne freinera pas leur plongée dans l’histoire.Quant à se « mettre dans la peau » de Crassu pour écrire ses passages, oui, il y a quelques contraintes inhérentes au personnage à respecter ! Garder toujours en tête que rien ne doit passer par le bruit : pas de description des sons d’ambiance, ni des timbres des voix ou des intonations, pas de réaction à des interpellations, difficultés à toujours tout percevoir, quand l’interlocuteur bouge, parle mal, etc. Mais en fait je trouve la contrainte plutôt stimulante, car elle me force à trouver d’autres solutions pour décrire les lieux et les personnages, et surtout ses perceptions des discussions. Mais ça m’oblige à rester hyper vigilante, pour ne rien laisser passer.Et puis quand ensuite je repasse à un autre personnage, il y toujours une petite phase où j’oublie que Cathelle, Lufthilde et cie entendent normalement, et donc que je peux remettre le son !


Olala quand tu dis ; "Le tout dernier tome de Fitz, le dernier du troisième cycle, en Anglais, attend dans ma bibliothèque depuis le printemps. Car après celui-là, ce sera fini..." j'ai l'impression de m'entendre. J'ai poussé le vice jusqu'à le mettre sur ma table de nuit, comme ça il me nargue tous les soirs !

Tes dernières réponses sont très intéressantes ! Je ne connaissais pas du tout l'AMHE, mais ça a l'air fascinant et ça m'a donné envie d'en savoir plus. Et merci d'avoir répondu de façon aussi détaillée à mon pavé :) je te laisse un peu de répit pour cette fois, mais je reviens :p 



Chloé



Et je serais prête ! ;)



Ramettes 

Merci
Chloé pour ta réponse franche... Mon côté naïf c'est laissé emporté par ta description du jeu qui semble passionnant... D'après ta description ici je me sens moins emballée ! algorithmes, casse tête ... des mots qui ne me correspondent pas. lol.
Donc bravo pour pour ton travail d'écriture qui emporte le lecteur.
oups pas de question...


C'est l'heure du goûter : thé ou café ?



Chloé

Thé, le plus souvent ! Le café pour les journées plus difficiles et la voiture.

MERS BRUMEUSES de Chloé Chevalier


RÉCITS DU DEMI-LOUP - Tome 3- 


Éditions Le moutons électriques
365 pages
19,90 euros


4ème de couv :

Pour Cathelle et Aldemor, l'heure n'est plus aux regrets. Rien n'arrêtera ce qu'ils ont déclenché.

Véridienne et les Éponas, pour la première fois, lèvent les armes l'un contre l'autre. Sur les rivages des Mers Brumeuses, les Chats de Calvina et les guerrières de Malvane se jaugent, et les deux Suivantes, résignées et amères, se préparent à devoir verser le sang de leurs camarades d'enfance. Alors que leurs reines, à tort ou à raison, leur retirent peu à peu toute confiance et que leurs terres se transforment en cimetières, plus rien ne semble pouvoir empêcher les désastres à venir.

Les rêves se fanent, les espoirs se muent en vaines illusions, amitiés et amours se délitent, tandis que le Demi-Loup, les yeux bandés, danse au bord du gouffre.











Que d'évolutions et de changements depuis le tout premier tome de la série !! La camaraderie, voire même l'amour qui unissait les deux princesses et leurs suivantes volent en éclat. Déjà lors du précédent opus, Cathelle avait fuit avec Aldemor, et les princesses étaient retournées chacune dans leur royaume respectif, le coeur plein de rancoeurs et de jalousie. Mais au moins les deux suivantes "survivantes" Nersès et Lufthilde restaient en contact et oeuvraient de concert en essayant d'aplanir du mieux possible les difficultés.

Mais voilà que la rencontre des Mers Brumeuses va réduire en miettes les derniers espoirs. Et là où les cinq ne faisaient qu'un  au début, elles vont faire dorénavant cinq entités totalement différentes et indépendantes. Chacune va agir à sa façon et les clivages deviennent inexorables. Bien sûr, Cathelle a bien oeuvré pour en arriver là. Qui mieux qu'une des cinq connaît les faiblesses des quatre autres ? Mais quand la manoeuvre devient évidente pour Lufthilde, il est trop tard, bien trop tard et les dés sont irrémédiablement jetés.

Véridienne était amour et harmonie, ou presque car on sentait quand même des dissensions parmi les cinq jeunes filles. Des failles qui n'ont fait que grandir, au point de devenir si profondes que plus rien ne peut les combler.

C'est avec ce regard toujours aussi perçant que Chloé Chevalier décortique les réactions de chacune, en les suivant tour à tour. On les aime toujours malgré leurs défauts, leurs erreurs ou leur manigances. On ne peut pas s'en empêcher c'est plus fort que nous, pauvres lecteurs.

Mais la cerise sur le gâteau, c'est la rencontre avec un nouveau personnage. Enfin nouveau, n'est pas le terme car il était présent avant, mais cette fois il est mis en avant et il "prend la parole". Crassu, le fils adoptif de Nersès fait une entrée fracassante dans le monde du Demi-Loup. Là encore Chloé Chevalier nous fait vibrer avec ce personnage hors du commun et tellement attachant. C'est lui qui éclaire ce tome 3, et dès le premier chapitre elle a sû en faire un héros discret mais d'une importance vitale.

Mers Brumeuses est le roman des discordes entre tous. On sent que l'on va inexorablement vers la fin, mais sans savoir de quoi cette fin sera faite. Au point où en sont rendus nos héros, on se dit que les choix vont être difficiles, que les sacrifices vont être immenses, bref que le destin tragique de certains (mais lesquels) va les rattraper implacablement. On pressent la tragédie tout en la refusant car nous, on les aime ces héros, malgré leurs erreurs. J'ai tout à la fois terriblement peur du quatrième et dernier tome et en même temps tellement envie de l'avoir entre les mains. 

Mers Brumeuses, est intense et prenant. On en sort bouleversé, mais je me doute que la suite va être encore plus puissante et forte en émotions. Une fois encore Chloé Chevalier brosse des tableaux de héros d'une profondeur incroyable, on en oublierait presque que ce sont des héros de papier!


Si vous avez raté le début:


lundi 18 septembre 2017

LE BAISER DE PANDORE de Patrick Ferrer





Éditions Incartades
551 pages
19 euros


Le pitch :

Je m’appelle Paul Heyland. Je suis flic, commissaire à la Crim’. Lorsque j’ai été affecté au meurtre de Julien Delatour, assassiné un froid matin d’hiver dans une chambre d’hôtel de luxe, je n’y ai vu qu’une sale enquête de plus… J’avais tort.
Je me souviens encore des lumières blafardes de cette salle d’interrogatoire où je l’ai rencontrée, la suspecte que tout accusait. Une Ukrainienne aux yeux gris. Belle, triste, mystérieuse. J’aurais dû me douter que tout cela allait mal se terminer... Pourquoi suis-je resté sourd aux voix qui me chuchotaient à l’oreille de tourner le dos et m’enfuir ?
C’était le début de la fin. Une longue course semée de cadavres, comme autant de cailloux blancs laissés à mon attention, qui allait m’entraîner dans une poursuite effrénée jusqu’aux confins d’une Russie encore hantée par les fantômes du passé. Au bout de la route, je savais que je n’en sortirais pas indemne. Tous ces macchabées croisés durant ma carrière de flic me l’avaient déjà annoncé.
Mais depuis l’instant où j’avais croisé son maudit regard gris, je n’avais plus le choix…






Paul Heyland, le narrateur, est flic au 36 où il forme avec Ariel un tandem efficace et respecté. Deux hommes que tout oppose mais qui se complètent. Le meurtre de Julien Delatour semble déranger en haut lieu et la pression leur est mise pour qu'ils bouclent l'enquête fissa. Et pour couronner le tout, on leur met dans les pattes la coupable idéale qu'ils doivent arrêter.

Tout cela est allé trop vite pour que Paul puisse analyser et comprendre. De plus il fonctionne plus à l'intuition et le regard gris et profond de Délia qu'il a tout juste eu le temps de croiser crie son innocence. Ni une, ni deux, il décide de "l'échapper" de sa cellule. Commence alors des courses poursuites haletantes et une cavale angoissante. Cette première partie démarre sur les chapeaux de roues et entraîne le lecteur jusqu'à sa fin plus que surprenante : Délia disparaît et Paul est arrêté. Fin de sa carrière.

Deuxième partie, on retrouve Paul qui est désormais Privé et c'est la veuve Delatour qui lui remet dans les mains cette enquête au goût amer. Délia a été aperçue à Moscou, Paul part sur ses traces. Enquête, quête personnelle, découverte de l'URSS des bas-fonds de la capitale aux luxueuses datchas privées, tout se mêle dans un rythme beaucoup plus lent.

Troisième partie, retour à Paris alors que la partie d'échec menée en Russie est finie, les protagonistes de cette affaire bien compliquée ont joué leur rôle. Qui du cavalier, qui de la tour, du roi, de la reine. Cependant il reste quelques pièces éparses sur le damier et Paul a bien l'intention de les découvrir.

Les personnages de Patrick Ferrer sont travaillés et intéressants, notamment Paul bien sûr. Il n'est pas spécialement attachant, mais reste en permanence une énigme que l'on a envie de creuser. Il a été le principal moteur de ma lecture, plus que l'intrigue en elle même qui m'a larguée par moment, tant il y a d'entrées avec les nombreux flash back.

Il me faut également parler du style de l'auteur qui est très spécial et déroutant au début. Ensuite on s'y fait et cela devient très vite une sorte de marque de fabrique "made in Ferrer". Il n'y a pas à proprement parler de dialogue. Paul Heyland est le narrateur et ses questions, ses réflexions sont inclues dans le fil narratif. Vient ensuite, à la ligne, un tiret narratif uniquement pour l'interlocuteur.
Page 102
Elle se colla contre moi et commença à me caresser de sa main si douce mais nos ébats avaient épuisé toute mon ardeur virile pour le moment. Je m'empressai de changer de sujet. Comment savait-elle que j'avais bossé ce dimanche ?
- C'est mon mari qui m'en a parlé. Il parait que tu étais plutôt remonté.
J'espérais que ce n'était pas lui qui l'avait envoyée me consoler. Ça m'aurait étonné de Letroux, mais chaque homme a ses fantasmes.
- Ne sois pas stupide. Jules n'est pas idiot [... ] 
Le baiser de Pandore est un roman policier qui ne se laisse pas apprivoiser facilement l'intrigue étant touffue et bien ramifiée. En fait ce qui m'a le plus subjuguée dans ce roman, c'est son personnage principal que l'auteur a construit d'une telle façon qu'il me fallait le suivre alors même qu'il m'était indifférent. J'attendais toujours quelque chose venant de lui. J'ai apprécié sa lecture même si je suis restée sur ma faim avec un final frustrant. J'attendais encore quelques réponses et Paul est resté une énigme. À votre tour de vous laisser surprendre par cet auteur atypique.





samedi 16 septembre 2017

Un crowfunding spécial LOVECRAFT



LES ÉDITIONS ACTUSF

se lancent dans un projet un peu fou,
osons le dire, 
c'est pourquoi ils passent par une souscription

ça se passe ICI


UNE TRADUCTION FRANÇAISE DE 
LA BIOGRAPHIE INTÉGRALE DE H.P. LOVECRAFT





Cette souscription a démarré il y a une semaine et déjà le premier objectif est atteint, il reste cependant d'autres paliers à pourvoir ! 

Cet ouvrage complétera à merveille la monographie lancée, elle aussi avec succès, l'an dernier.


  

vendredi 15 septembre 2017

[BD]S'ENFUIR de Guy Delisle


S'enfuir. Récit d'un otage





Editions DARGAUD
16/09/2016
432 pages
27.50 euros



En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ? Un ouvrage déchirant, par l'auteur de "Pyongyang", de "Shenzhen", de "Chroniques birmanes" et de "Chroniques de Jérusalem".










Guy Delisle, je suis fan et ce n'est pas nouveau. J'adore sa façon de témoigner de notre monde. Tel un photographe, il nous montre la vie de tous les jours. Le quotidien. Son quotidien à lui, qui suit sa femme qui travaille pour Médecin sans frontière. Ainsi, il nous a emmené avec lui en Birmanie, à Jerusalem, Pyongyang ou Shenzhen. Par petites touches, il nous a fait toucher du doigt la vie de ces pays. C'est toujours passionnant, extrêmement instructif, tout en état léger et plein d'humour (voir la liste chroniques à la fin).

Mais cette fois-ci Guy Delisle, ne nous raconte pas sa propre vie, mais celle de Christophe André. Christophe travaillait pour une ONG (Médecin sans frontière) depuis deux mois lorsqu'il s'est fait kidnapper. S'enfuir: récit d'un otage, raconte sa captivité. De son point de vue d'otage, c'est-à-dire dans l'ignorance et l'incompréhension totale de ce qui lui arrive.


Quand il entend des bruits dans la maison où il dort, Christophe pense tout d'abord que ce sont des cambrioleurs. En effet, la paie de toute l'équipe est dans un coffre-fort dont il est le seul à détenir la clé. Puis la réalité lui tombe dessus, il est enlevé. Il pense que c'est une question de quelques jours, mais les jours passent, puis les semaines, puis les mois ...




Christophe est enfermé dans une chambre quasi vide, avec juste une paillasse et un radiateur auquel il est en permanence attaché par une menotte. Il est détaché deux fois par jour, pour manger son maigre repas, toujours le même, un bol de bouillon et une tasse de thé et pour aller aux toilettes. Il ne comprend pas un mot de ce que disent ses kidnappeurs et n'a aucune idée de ce qui se passe au dehors, ni même où il est. La seule chose qu'il sait c'est qu'il a à faire à des tchétchènes.


Les jours passent. Lentement. Toujours le même décor, toujours les mêmes rituels. Christophe essaie de s'occuper l'esprit, de ne pas désespérer. Ne rien savoir c'est le plus dur. Ne pas oublier la date, ne pas oublier qui il est.


Chaque soir, il espère une libération, car au fond de lui il pense que ça ne peut se passer que de nuit. Chaque matin, il se réveille sur un nouveau jour, un nouveau bol de bouillon.

Que faire? Comment s'en sortir? L'incertitude est sans doute ce qui ronge le plus Christophe. Essayer de s'évader? Difficile, mais à quelques rares occasions il en a peut-être la possibilité. Mais comment? Il ne sait même pas où il est, ce qu'il va trouver dehors. Et s'il se fait rattraper? Ses geôliers ne sont pas très sympathiques, mais pas des monstres non plus. S'il essaie de s’échapper et qu'il est repris sa situation peut très gravement empirer.
Indécision, incertitude, ignorance, des sentiments bien difficiles à gérer.

Cette BD est basée sur le récit que Christophe André a fait à Guy Delisle. C'est sa voix que vous entendez à travers les dessins. Et quels dessins ! Un huis-clos en BD. Toujours le même décor très dépouillé, toujours le même personnage. Et pourtant c'est passionnant. On tremble pour Christophe (alors qu'on sait qu'il s'en sort puisqu'il raconte son histoire). Nous aussi on veut comprendre, on veut savoir, mais on ne sait rien de plus que l'otage. Alors on stresse, les pages tournent frénétiquement. Et quand il se retrouve enfin libre, on n'y croit pas jusqu'à ce qu'il se retrouve en terrain sûr. Une vraie prouesse, croyez-moi !


S'enfuir se doit de siéger dans toutes les bibliothèques. C'est une expérience incroyable. Guy Delisle se surpasse une fois de plus. C'est un énorme coup de coeur.  A découvrir sans faute!




A découvrir absoluement:


jeudi 14 septembre 2017

LE BÂTARD DE KOSIGAN #2 de Fabien Cerutti




LE FOU PREND LE ROI



Éditions Folio SF
578 pages
8,80 euros


Le pitch :



1340. Pierre Cordwain de Kosigan se retrouve mêlé à ce qui ressemble fort à un complot de grande envergure contre le roi de France. Il se pourrait que des forces supérieures soient à l’œuvre, menaçant la paix dans l’Europe tout entière. Cette fois, ses capacités surnaturelles ne suffiront pas à le tirer d’affaire. Bien au contraire, au milieu des trahisons et des soupçons de l’Inquisition, elles pourraient devenir sa plus grande faiblesse. 

1899. Le descendant du Bâtard a subi une tentative d’assassinat. Ses proches cherchent à en découvrir l’auteur. Mais enfoncer les mains dans les entrailles de l’histoire comporte des risques qu’ils ne s’attendent peut-être pas à courir. 






Mon Dieu que je l'aime ce Bâtard de Kosigan ! Toujours aussi charismatique et roublard qu'au premier tome, moins charmeur mais c'est uniquement parce qu'il n'a pas le temps le pauvre ! Il est poursuivi par les événements qui s'enchaînent à l'aube de la fameuse guerre de Cent Ans. 

Et il n'aime pas être poursuivi, il préfère précéder, anticiper. Il aime avoir les cartes en main lorsqu'il joue ses parties notre héros, mais là, force lui est de reconnaître qu'il les découvre au fur et à mesure, il ne domine plus le jeu. Il va carrément se faire bousculer par tout ce qui se passe, se retrouver au centre d'un immense complot qui pourrait bien changer la donne en Europe. En quelque sorte Fabien Cerutti nous fait une uchronie de cette époque 1340. Le Bâtard ne maîtrise plus la partie, alors même qu'il s'apprête à mener un dangereux double-jeu... bon, en même temps il est accusé d'avoir assassiné le prince Jean, fils du roi Philippe VI, faut bien qu'il s'implique pour prouver son innocence !

Nous sommes toujours dans un roman de Fantasy historique, mais carrément plus Fantasy que le premier tome. Si dans le premier opus on côtoyait une branche elfique en Champagne, ici il va être question de magie sacrificielle celte, de créatures diverses telles que des dru-wi-des et des elfes noirs pas sympathiques du tout, mais également un bestiaire qui s'enrichit de striantes, de vouivres grises et même d'un dragon pourpre alors qu'on les croyait disparus. 

Que du bonheur cette Fantasy au milieu de ces passages concernant notre Bâtard, qui se rapproche à la fois d'un récit d'aventures, d'un cape et d'épée baigné d'Histoire de France. Aucun temps mort, de l'action, des batailles à l'épée et des bastons, sur terre, sur l'eau, des complots, du suspense, des morts...beaucoup de morts.

On retrouve avec plaisir son équipe de mercenaires : Janvier, Cinq-mai, on s'attache énormément au jeune Edric et sa débrouillardise. Dùn n'est pas sur le terrain avec eux, elle enquête à Bruges, le Bâtard est obligé de déléguer, il contrôle de moins en moins...

Et puis, petit à petit, on se rapproche de la révélation, de la quête première qui lui tient à coeur : les origines de ses pouvoirs qu'il faut bien qualifier de surnaturels. Bon, j'ai dit on se rapproche, pas on atteint... rhaaaa, la suite Monsieur Cerutti, viiiiiiiiite !

Et puis, la cerise sur le gâteau de ce Fou prend le roi, c'est qu'on a toujours ce deuxième récit qui s'intercale, celui de 1899 concernant le descendant du Bâtard, Michaël Konnigan. Alors que ce dernier est dans le coma suite à une explosion dans un lieu où il effectuait des fouilles, ses amis enquêtent. Et là aussi va être dévoilé un complot depuis fort longtemps fomenté. Et cette intrigue parallèle qui m'avait moyennement passionnée lors du tome 1 prend une toute autre dimension soudain. On commence réellement à entrevoir le lien entre les deux récits, et c'est jubilatoire. Je ne parle pas bien sûr du simple fait qu'ils sont issus de la même famille, ça on le savait déjà.

1340, 1889, cela devient un vrai page-turner, les chapitres s'enchaînent rapidement, bien aidés en cela par la plume de Fabien Cerutti qui est un délice, vivante, dynamique et surtout pleine d'humour. Franchement j'adore. 

Un tome 2 plus sombre mais ô combien addictif. Un personnage principal qui s'étoffe au fur et à mesure des "déboires" accusés par ses partenaires. Un virage résolument Fantasy dans ce récit historique vraiment loin de me déplaire (encore que si je voulais être plus honnête, je devrais avouer qu'avec cet auteur le côté historique devient vraiment sympa. Une matière que j'ai exécrée au lycée, mais avec un Fabien Cerutti ou un Guy Gavriel Kay comme prof, moi je veux bien retourner sur les bancs d'antan), et encore beaucoup, beaucoup de choses à découvrir. 
Voilà M'sieur Cerutti, j'ai obéis aux ordres (cf ci-dessous) ! À vous maintenant : le tome 4 fissa, car moi j'enchaîne le 3 très bientôt ! ;)




Je rajoute cette lecture au challenge 4 de la Licorne