lundi 20 avril 2015

GRETEL AND THE DARK de Eliza Granville




Mirobole Éditions
440 pages
22 euros

Le pitch :


Voici la sombre et fascinante histoire de deux mondes parallèles.


Vienne, à la fin du XIXe siècle. Josef Breuer – célèbre psychanalyste – est sur le point d’être confronté au cas le plus énigmatique de sa carrière. Trouvée près d’un asile d'aliénés, maigre, la tête rasée, la jeune fille prétend n’avoir pas de nom, pas de sentiments – d’être, en fait, une machine revenue pour tuer le Monstre. Intrigué, Breuer est déterminé à comprendre les racines de ses maux.

Quelque part en Allemagne, bien des années plus tard. Krysta est une petite fille dont la mère a mis fin à ses jours et qui tyrannise ses gouvernantes et son père, médecin dans un étrange dispensaire... Plongée dans le souvenir des contes de fées que lui racontait sa nounou d’antan, elle lutte pour trouver sa place quand, un matin, on découvre son père mort étranglé dans son lit. Désormais, la petite fille est véritablement seule au monde, sans rien ni personne pour la protéger.




L'avis de Dup :

Voilà un roman bien difficile à lire, mais il est surtout encore plus difficile d'en parler. Le moins que je puisse dire c'est qu'il ne peut pas laisser indifférent. C'est un véritable uppercut qu'assène l'auteur à son lecteur quand arrive la fin du récit. Remarquablement construit avec ses deux histoires qui sont suivies en parallèle et qui subtilement s'emmêlent.


D'un côté, Vienne, fin 19ème, Josef Breuer, un psychanalyste de renom aimerait découvrir ce que cache l'amnésie de la jeune fille qu'il héberge. Elle a été trouvée nue proche d'un hôpital psychiatrique, le crâne rasé, le corps marqué par divers sévices et le bras tatoué de plusieurs chiffres. Elle se dit être une machine dépourvue de sentiments, avec une mission : tuer le monstre.

De l'autre, ailleurs, quarante ans plus tard, nous faisons la connaissance avec une petite fille, Krysta qui est un véritable tyran pour son entourage : son père et les n gouvernantes qui se succèdent pour la garder. Il faut reconnaître qu'elle est odieuse malgré son physique avenant de petite princesse. À sa décharge, sa mère s'est suicidée il y a peu et elle avait été élevée jusque là par une nourrice assez spéciale qui passait son temps à lui raconter des histoires horribles. Sa spécialité était de rendre encore plus horrifique les contes enfantins censés faire frissonner nos chérubins : Hansel et Gretel bien sûr, mais aussi le joueur de flûte de Hamelin, la petite fille aux allumettes, Pierre et le loup, etc. Tous nos contes d'enfants vont défiler dans ce récit, et vont nous dresser à nous adultes, les cheveux sur la tête ! Si le début de la vie de Krysta n'est pas tout rose, ce n'est vraiment rien à côté des épreuves qui l'attendent par la suite...

Ce roman est vraiment déroutant à lire. C'est impossible de trouver des points de repère, ni de lieu, ni de temps. Les personnages sont différents d'une histoire à l'autre et pourtant on les retrouve parfois là où ils ne devraient pas. On finit par baisser les bras sur la compréhension globale et se laisser porter par les deux récits sans chercher plus avant. On navigue en permanence entre fantasme et réalité, on est complètement perdu... et c'est fait exprès ! L'auteur tisse ses fils avec maestria et intelligence. Elle nous soumet à une véritable douche écossaise, avec des passages touchants, émouvants et la page suivante c'est l'horreur totale, la cruauté à l'état pur, le tout asséné avec froideur et détachement. Impressionnant.

Lorsque l'on comprend enfin le lien entre ces deux histoires, à la toute fin seulement, c'est vraiment une énorme claque. Eliza Granville fait avec ce roman une véritable apologie du pouvoir de l'imaginaire. Toutes ces petites histoires qui en créent une grande et qui permettent d'affronter l'Histoire. On ne pouvait pas choisir meilleur titre !!!

C'est un roman sombre et dérangeant. J'ai rarement lu plus noir, et paradoxalement je suis ravie de l'avoir lu. À mon humble avis, Gretel and the dark fait parti des livres qu'il faut lire.

samedi 18 avril 2015

En avril chez Fleuve Noir, le nouveau Nicci French



TERRIBLE JEUDI

Le jour de l'innocence perdue


parution le 9 avril 2015
416 pages
20,90 euros


Le pitch :

Jamais la psychothérapeute Frieda Klein n’aurait imaginé revenir dans sa ville natale des côtes du Suffolk. Vingt-trois ans auparavant, elle avait quitté Braxton en laissant derrière elle parents et amis, et le souvenir d’une blessure insupportable. Le passé ne devait plus jamais la tourmenter. Jusqu’à ce que Maddie, une camarade de lycée, ne vienne frapper à sa porte pour demander son aide. La fille de cette dernière, Becky, seize ans, montre des signes inquiétants. 
Simple crise d’adolescence ou mal plus profond ? En acceptant de recevoir la jeune fille en consultation, Frieda va se retrouver confrontée pour la première fois à ses propres démons, prudemment refoulés. Elle n’a très vite d’autre choix que de retourner à Braxton, pour enfin faire la lumière sur cette terrible nuit du 11 février 1989...


Un Nicci French, c'est toujours une valeur sûre ! Avis aux amateurs ;)



vendredi 17 avril 2015

L'OBSESSION de James Renner (chez Pocket)





Editions Pocket
574 pages
8.40 euros



L'homme de Primrose Lane : on ne lui connaissait pas d'autre nom à Cleveland, Ohio. Sans famille ni amis, il vivait reclus et sortait toujours pourvu de moufles – été comme hiver. Quant à son assassinat brutal, il ne devait qu'obscurcir le mystère... Un sujet idéal pour le célèbre écrivain David Ness, qui sait pourtant ce qu'il en coûte de se laisser gagner par l'obsession. Il y a quatre ans, pour un livre-enquête qui fit sa gloire et mit un serial killer en prison, il ignora les signes avant-coureurs du suicide de sa femme. Mais cette nouvelle affaire le concerne de près, bien trop près, pour ne pas le replonger dans la folie. Encore et encore...




L'avis de Phooka:



Après avoir lu la fausse chronique de Dup, je me devais de lire son fabuleux "waouh". Ce thriller publié initialement chez Super 8 (maison d'édition qui nous déçoit rarement), est maintenant sorti chez Pocket. Plus rien ne peut nous empêcher de le lire.

L'obsession est effectivement un livre étrange. Scindé en trois parties séparées par des épilogues de quelques pages que l'on ne comprend qu'à la fin, il entraîne le lecteur dans l'obsession du héros, David. David est un auteur, presque par hasard. Il est d'abord journaliste et son "dada" ce sont les crimes non résolus. Il y a quelques années, il s'est acharné sur un cas, montrant l’erreur judiciaire et accusant le vrai coupable alors en liberté. De cette enquête il a fait un thriller qui l'a rendu fabuleusement riche. Malheureusement, obsédé par ses recherches, il n'a pas vu qu'il perdait sa compagne. Suite au suicide de sa femme, il reste plusieurs années à l'état de zombie, refusant tout nouveau projet. Jusqu'au jour où son éditeur lui propose le cas de "L'homme de Primrose Lane", un meurtre non élucidé. Et David va replonger dans ses obsessions sans savoir au départ qu'il va soulever le couvercle de la boîte de Pandore.

Comme dit plus haut, le roman est scindé en trois parties. La première est du pur polar/ thriller. Des meurtres, des enquêtes, des coupables, des innocents et bien sûr des cas non résolus. C'est classique et bien ficelé, on dévore.
Puis, premier interlude, un truc étrange, pas de rapport à priori avec ce qui précéde.
Arrive une seconde partie, un poil plus "bizarre", une touche de fantastique (la grenouille me fait penser à Lovecraft) ? de SF? à vous de juger. On dévore à nouveau.
Puis à nouveau un interlude étrange.
Puis la troisième partie, complètement barrée celle-ci. Amis des uchronies, des bizarreries en tout genre, cette partie est pour vous, on dévore une fois de plus.
Bref les 576 pages défilent comme un rien.

Et pourtant, je dois dire que j'avais deviné le ressort du roman. Assez rapidement d'ailleurs. Mais cela n'a en rien gâché ma lecture, parce que ce que je n'avais pas vu venir c'était les embranchements, les ramifications de ouf que l'auteur va nous pondre et ça c'est juste jouissif. Il a du s'éclater à écrire ça.

Comme le dit Dup, ce livre est un OLNI. Je ne suis peut-être pas aussi enthousiaste qu'elle , sans doute parce que les univers multiples présents dans la troisième partie ont déjà fait l'objet de nombreux ouvrages de SF. Il faut reconnaître cependant que James Renner pousse le bouchon sacrément loin et que c'est vraiment très réussi. Je vous assure que quand vous aurez tourné la dernière page, vous irez au début voir à qui le livre  a été dédicacé !!

Ce qui est vraiment étrange finalement c'est le voyage dans lequel vous entraîne l'auteur: de thriller classique, il passe à thriller teinté de fantastique, avant de finir en SF/multivers. Avouez quand même que ce n'est pas banal. Une fois de plus Super 8 a dégoté une perle, sorti maintenant en poche chez Pocket, alors filez chez votre dealer de livres préféré ! Et plus vite que ça !

jeudi 16 avril 2015

Infos sur le partenariat Bragelonne



Mais où sont donc passés nos précieux ?



Pas d'inquiétude, ils ne sont pas perdus !


Les ceusses qui ont pris leur facteur en otage, libérez le ! :))

Ils ne sont pas partis en fait, mais prendront le chemin de la poste dès demain matin.

Alors... va y avoir une petite modification quand même en terme de délais of course !
On repousse la date butoir des chroniques de huit jours. Vous avez donc (et nous aussi d'ailleurs)

  jusqu'au 8 mai pour rendre votre copie :) 

Et comme une bonne nouvelle ne va jamais toute seule, Manon Fargetton a accepté de jouer les prolongations avec nous ! Donc rien ne change, on a juste un mois2 un peu plus grassouillet :))



Cinquième volet de l'ITV de Manon Fargetton !



Pour lire, ou relire l'ITV fleuve de Manon voici les liens :






Bonjour, tous !


Première révélation d'importance : je n'aime pas les interviews.

(oui, je me suis dit que j'allais balancer cette information politiquement incorrecte d'entrée de jeu, comme ça c'est fait...)

Mon problème n'est pas l'idée de l'interview – je trouve ça chouette de pouvoir parler de mon travail et échanger avec mes lecteurs. C'est juste que ça prend un temps fou. Enfin, pour moi, parce que je n'aime pas répondre à moitié, ni répondre trois fois la même chose quand on me pose trois fois la même question dans des interviews différentes. J'aime bien creuser un peu, quoi.


Sauf que vous n'avez pas vue la tronche de mon planning (et vous ne la verrez pas, c'est personnel une tronche de planning, namého!). En plus de l'écriture, j'ai un autre métier : la régie lumière au théâtre ; je tente en parallèle de me remettre à la musique que j'ai délaissé ces dernières années ; et j'essaye aussi, parfois, un peu, d'avoir une vie personnelle. Par conséquent, lorsque je suis en train de répondre à une interview, surgit toujours dans ma tête une petite voix perfide qui me lance, au choix :


- Tu ne ferais pas mieux d'avancer sur ton bouquin en chantier, là ? T'as déjà du mal à trouver assez de temps pour écrire, qu'est-ce que tu fous à te demander si oui ou non Dune est ton roman préféré ever ? (ce à quoi je rétorque un timide : mais c'est important... et puis on attend ma réponse..., réflexion aussitôt mouché d'un « plus important que ton bouquin ? » devant lequel je m'incline sans plus de discussions.)


- Dis, tu ne devrais pas plutôt appeler le théâtre dans lequel ton spectacle joue la semaine prochaine pour vérifier qu'ils ont bien loué tout le matériel dont tu as besoin ?


- Tu ne crois pas que ton violoncelle en a marre de rester dans sa boîte ? Moi, à sa place, j'en aurais marre. Et puis tu vas encore devoir refaire toute la corne au bout de tes doigts...

- Tu ne ferais pas mieux de profiter de l'heure que tu as devant toi pour aller changer les ampoules chez ta mère comme elle te l'a demandé il y a trois semaines ?

- Et tes nièces, tu ne les as pas vu depuis combien de temps, tes nièces. Ouais. Bien ce que je pensais. Tata indigne.


Bref.
Vous voyez l'idée.



C'est pourquoi quand Dup et Phooka m'ont proposé d'être l'invitée du « mois de »... j'ai accepté avec enthousiasme !



Pas logique ?

Mais si ! J'ai fait un calcul savant (oui, on peut écrire des romans ET avoir fait un bac S!) qui a aussitôt relégué la petite voix perfide aux oubliettes de mon cerveau : si je prends le temps de répondre à toutes les questions imaginables durant un mois entier, je suis tranquille pour au moins un an ! Ben oui, quand on me demandera une interview dans ce laps de temps, je pourrais renvoyer mon interlocuteur vers ce blog avec un sacré défi : « trouvez-moi une seule question, en lien avec mes romans ou l'écriture (faut quand même pas déconner), que l'on ne m'a pas posée ici, et alors okay, j'accepte de vous répondre ».

Et j'espère bien que l'interlocuteur pré-cité n'en trouvera aucune.

Parce que c'est votre mission, qu'il n'en trouve aucune.

Je compte sur vous.

Et ça commence maintenant !




Heu...

Oui, alors en fait, ça ne va pas commencer maintenant-maintenant, rapport à la tronche du planning dont je vous parlais plus haut ; parce que là, tout de suite, je suis quelque part dans le Limousin pour assurer la régie lumière d'un super spectacle, et on est logée à un endroit où il n'y a pas de connexion internet. Voilà voilà. Du coup, ben, rendez-vous à mon retour, le 4 avril !


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Merci Manon pour toutes ces réponses ♥  On en apprend des choses, un régal :) Mais attention ce n'est pas fini donc aujourd'hui nouvelle question:

Aux vues de nombreuses photos que tu as partagé sur FB, on peut voir que tu as des affinités avec certains auteurs, as-tu déjà envisagé d’écrire un roman à quatre mains? Ou ne serais-ce qu’une nouvelle, genre comme un petit exercice juste pour voir ce que vos idées combinées pourraient déclencher?


Manon :


En fait, Elodie, j'ai beaucoup de mal avec l'idée d'une écriture à plusieurs. J'ai besoin de la solitude, la vraie, celle qui, parce qu'on se retrouve face à soi-même, permet d'admettre ce qui bouillonne en dedans, le beau comme le laid, pour le sublimer dans une histoire. Ce face à face m'est nécessaire. Il est essentiel, je crois, pour que le texte qui en émane soit juste. Si je me retrouvais face à quelqu'un au lieu de moi-même, je porterais forcément un masque, comme on en porte tous dans la vie sociale. Je vais mentir - du moins par omission - me mentir pour ne pas que l'autre distingue ce qui, dans les méandres de mon être, n'appartient qu'à moi et que je ne souhaite pas partager. Ce noyau, qui est la source de tous mes écrits. D'autres en sont manifestement capables. Moi, j'en doute. Ou alors il faudrait que ce soit avec quelqu'un qui me connaisse si intimement qu'il/elle a déjà entrevu ce noyau... ce qui limite trèèèèèès fortement les possibilités !

C'est drôle, je lisais hier soir "Ecrire" de Marguerite Duras, et elle a cette phrase, un peu trop définitive à mon goût mais qui est le reflet de sa propre conviction, et qui a trouvé un fort écho en moi : "Personne n'a jamais écrit à deux voix. On a pu chanter à deux voix, faire de la musique aussi, et du tennis, mais écrire, non. Jamais."Vous me direz, c'est faux, des livres ONT été écrits à deux voix. Mais je crois que ce qu'elle entendait par là, avec son absolue solitude d'écrivain, c'était la conviction qu'une deuxième voix brouillerait la première, et que donc, ce ne serait pas de "l'écriture" au sens où elle l'entend, c'est à dire empreint d'une pure intimité avec soi-même.

Et puis, de manière plus concrète, quand je veux travailler à plusieurs, je fais de la musique - qui s'y prête infiniment mieux ! - ou de la lumière avec une compagnie de théâtre. L'écriture, c'est à moi, juste à moi. Et ces deux pans de ma vie me sont aussi essentiels l'un que l'autre, ils s'équilibrent... alors il n'est pas question de les mélanger en ramenant d'autres personnes dans mon écriture ou en faisant du théâtre toute seule, ça ne m'intéresse pas. Sans mentionner le fait que, vraiment, je ne manque pas d'idées, je n'ai pas besoin que d'autres m'en donnent ! :p



Bonjour :-)
J'ai commencé hier et fini ce matin Le suivant sur la liste ! J'ai beaucoup apprécié l'intrigue et les personnages sont très attachants. Très bon livre, je me langui de découvrir la suite.

Sinon, j'ai pu remarquer que tu travailles beaucoup, mais parfois il faut prendre des congés. Du coup, tu aimes voyager ? Quelles ont été tes destinations ? Un lieu où tu aimerais visiter ?



Manon :


Bonjour Harmonie !
Prendre des "congés". Haha ! Pour moi, c'est un peu comme "week-end", un mot dont le sens s'est perdu... Pourtant tu as raison, de temps en temps, il faut en prendre, mais pour moi, mes congés sont seulement des congés de théâtre, je ne suis jamais en congé d'écriture. Même lorsque je pars en voyage, mon ordinateur m'accompagne. Alors forcément, j'écris moins que quand je suis chez moi, mais j'écris quand même.
J'ai toujours voyagé. Avec ma famille ou l'école, j'ai pas mal bougé en Europe (Écosse, Espagne, Portugal, Italie, Pays-bas, Suisse, Allemagne...). Mon tout premier souvenir, d'ailleurs est un souvenir de voyage, et nombre de mes souvenirs d'enfance se situent dans l'un de ces pays.
Pour les destinations que, plus tard, j'ai choisi, je suis surtout attirée par les hautes latitudes, proches des pôles. Ce sont les terres et les lumières qui me parlent droit au cœur. Du coup, j'ai été me balader en Islande, en Écosse, en Laponie, et au Québec, mais aussi à l'opposé, en Patagonie. J'ai été au Mexique, aussi, car j'en ai eu l'opportunité, c'est peut-être le voyage qui m'a le moins parlé, même s'il y a eu de beaux moments.
Souvent - le plus souvent possible -, je pars en solitaire, et pour une durée d'au moins trois semaines / un mois. C'est vraiment seule que je préfère voyager. Je ne sais pas si vous en avez déjà fait l'expérience, mais c'est d'une liberté incroyable. Aucun compromis. On peut entièrement écouter ses envies, les variations de ces envies, leurs voltes-faces, qui s'exécutent parfois si rapidement que, lorsqu'on est avec quelqu'un, on les fait taire, parce qu'on a décidé avec le/les autre/s de faire telle ou telle chose et que donc, on la fait. Seule, ça n'arrive pas. Il y a une épure, une évidence. Celle de la voix intérieure. Tu sors de ta tente pour aller quelque part, mais autre chose t'appelle en chemin, et tu ne te poses aucune question, juste, tu y vas. Tu as envie de rester à un endroit, tu y restes. Tu as envie de partir d'un endroit alors qu'en préparant le voyage tu avais projeté d'y passer plusieurs jours, tu en pars. Tu prends un bus. C'est aussi simple que ça. Certaines personnes, certaines femmes surtout, ont peur de voyager seules. J'ai la chance de n'avoir jamais eu cette peur, et d'avoir toujours trouvé sur ma route de belles personnes pour m'aider dans mes galères (il y en a eu !). Et puis j'ai été initiée très tôt par ma mère à la prudence en voyage, donc j'ai les bons réflexes. 
Je projette depuis quelques mois d'acheter un van pour refaire (encore !) l'écosse, explorer la Cornouaille et l'Irlande. Et puis il y a des chances que je retourne me balader une troisième fois en Islande, un de ces jours...


Elodie :

Même quand tu réponds aux questions il y a de la poésie dans tes mots.... C'est dingue ça ! :)Déjà le 5ème volet de l'interview ! Et ce n'est pas encore fini :p
On a tous notre propre façon de définir les choses donc aujourd’hui les définitions selon Manon de: Le métier d’auteur / Le fantasy / Le thriller ?



Manon :

Hello Elodie !

Alors, pour le métier d'auteur, j'ai déjà pas mal répondu. Je vais juste rajouter une précision sémantique, à propos de ce métier. Ni le terme "auteur" ni le terme "écrivain" ne me satisfait vraiment. On peut être auteur de plein de choses - d'un acte, d'une fusillade, d'une vidéo, d'un crime, d'un geste... -, ce n'est pas assez parlant. Et puis on est auteur de quelque chose de terminé, on est auteur "après coup", d'un livre qu'on peut déjà tenir entre ses mains, montrer à d'autres. En salon, en dédicace, en rencontre scolaire, d'accord, je suis auteur. Mais ce terme ne décrit pas du tout ma réalité de chantier d'écriture permanent. Mon quotidien : "écrivain" évoque mieux cette facette, pourtant, je préfère de loin le "writer" anglais, "celui-qui-écrit", "l'écriveur". Parce que c'est ça, ma vision de ce métier. C'est se coller à son ordi et écrire, quoi qu'il arrive.

La fantasy, waou, vaste sujet, j'en connais qui ont pondu des thèses entières pour essayer de donner une définition à ce terme ! Du coup, j'ai bien peur de ne sortir que des platitudes. Mais bon, allons-y. Déjà, le mot anglais fantasy signifie imagination. Partant de là, on peut conclure que TOUTES les œuvres de fictions sont des oeuvres de fantasy ! (muahaha !). Concernant le genre nommé fantasy, il s'agit généralement d'une histoire non basée sur la technologie, qui dessine une réalité différente (coexistant avec la notre ou sans aucun lien) dans laquelle existe souvent une forme de magie, et qui est parfois liée à certains de nos mythes... Voilà, c'est vague et très imparfait, car évidemment, on peut trouver des dizaines de textes de fantasy qui débordent de cette définition ou n'y correspondent pas du tout...

Le thriller, c'est plus simple : une menace surgit dans l'existence d'un ou de plusieurs héros et, jusqu'au bout, on ne sait pas s'il vont réussir à échapper à cette menace ou si elle va les détruire malgré leurs efforts. Parfois, les héros eux-même créent la menace qui risque de les détruire. 



Ramettes :

Bonjour,
Je suis encore dans la trilogie "June" que j'aime beaucoup. Et j'ai une petite question (la réponse est peut-être dans ce que je n'ai pas encore lu) Tu as pris l'arbre comme point de départ et comme point central. Est-ce parce qu'il est d'une part ancré dans la terre (racines/ passé) et qu'il déploie dans les airs (branches feuillage et avenir) ? où parce que c'est un élément important dans la culture Celtique ? c'est la réflexion des enfants dans Tome 2 de June qui sont étonnés qu'elle ait vu un arbre alors qu'elle n'est pas adulte, puis l'apparition des racines dans la cave de Mahaut... je ne veux pas spoiler... sans parler des feuilles qui chantent dans le tome 1...


 
Manon :

Bonjour Ramettes,
L'image de l'arbre est centrale dans June, oui, de même que l'idée de hauteur - ce que je n'avais pas remarqué au départ, c'est une blogueuse qui m'a fait remarquer que mes personnages étaient toujours perchés ! (heu, au sens premier du terme, hein ! ... quoi que ! ^^). C'est venu naturellement, peut-être juste parce que j'ai passé mon enfance à grimper dans des arbres et que je continue dès que l'occasion se présente. Mais bien sûr, l'image de l'arbre est indissociable des symboles qui s'y rapportent : l'arbre de vie celtique (mais l'arbre représente la vie dans de nombreuses cultures), l'arbre-abri, l'arbre généalogique, les "racines" de chacun... 

Ce qui est drôle, c'est qu'en parallèle, j'ai travaillé ces dernières années sur un super projet théâtrale avec Furiosa, l'une des compagnies avec qui je collabore en tant que régisseuse lumière, et ce spectacle s'intitule "Je est un arbre". Ce n'est pas moi qui l'ait écrit, mais j'ai adoré créer la lumière de ce spectacle, avec son arbre central utilisé comme métaphore de l'identité (le tronc entre les racines/passé et le feuillage/avenir/possibles, comme tu le disais dans ta question), parce qu'il entrait en résonnance avec mes propres questionnements. Vous pouvez trouver le teaser ici : http://fabiennemuet.wix.com/furiosart#!je-est-un-arbre/c23ih et des photos là : http://fabiennemuet.wix.com/furiosart#!photos-je-est-un-arbre/cpm3 .

J'ai utilisé l'image des racines dans le tome 2 de June à la fois parce que ces tours sont là depuis très longtemps, peut-être avant même l'arrivée des hommes, disparaissant et réapparaissant mystérieusement selon les époques. Et aussi parce que j'aime l'idée qu'un enchevêtrement souterrain (donc invisible) révèle la nature réelle de ce qu'on distingue à la surface, lui donne une cohérence impossible à deviner à première vue. Les racines, c'est le monde secret. Ce qu'on croyait inerte est vivant. Ce qu'on croyait isolé est relié. Dans cette ville, l'absence d'arbres est une absence de vie, et la cave de Mahaut, avec son trésor, est donc synonyme d'espoir...




LA NUIT DES FUGITIFS de Manon Fargetton (by Dup)




Éditions Rageot
Collection Thriller
285 pages
9,90 euros

4ème de couv :

Trois ans après avoir échappé au Pr Klein, Morgane et Izia sont réunies par Nathan, leur ami décédé et réincarné en intelligence artificielle. Elles veulent récupérer la vidéo de Klein, qui y révèle l’identité des commanditaires de son projet.

Au cours d’un huis-clos angoissant, les adolescents hybrides héros du Suivant sur la liste tentent de découvrir la vérité sur leurs origines et de trouver leur place dans une société qui les exhibe comme des bêtes de foire.


L'avis de Dup :

E-Nathan est encore plus performant maintenant, il n'est plus cantonné dans sa boite noire mais circule librement sur le web, sur les ondes. Il est devenu une entité omnisciente, il voit par la moindre caméra connectée, entend tout ce qui passe par les ondes et peut ainsi veiller sur nos ados, ou devrais-je dire nos hybrides. Car le mot a été lâché et c'est ainsi qu'ils sont catalogués depuis trois ans qu'a été révélé la manipulation de leur génome. Mais ils sont loin d'être les seuls et cette réalité dérange.

Ils vivent chacun dans leur coin, loin de Saint Malo. Les filles sont persuadées de la mort de Tim et ruminent la trahison de Samuel. A l'inverse Tim croit les filles décédées. Quant à Samuel qui parade à la télé dans l'émission sur les hybrides, il est convaincu être le seul survivant du groupe. E-Nathan va se charger de les réunir à nouveau et faire exploser les mensonges dans lesquels ils sont confinés. Et exploser est le bon terme pour ses retrouvailles car il va y avoir de sacrées étincelles.

Tout ce volume se déroule sur une seule nuit, et quasiment en un seul lieu : le studio d'enregistrement de l'émission de télévision consacrée aux hybrides Agora. «La foire aux monstres» fulmine Izia. A noter que l'ambiance régnant sur un plateau d'émission de télé est parfaitement retranscrit par Manon qui domine le sujet. On navigue entre le plateau, le studio, la salle de montage, les coulisses, les gradins pour le public. Les rôles parfaitement huilés entre le présentateurs, les invités, la régie et les spectateurs... L'émission doit livrer un scoop, des aveux du Professeur Klein, le généticien responsable de leur création qui est toujours en cavale. Outre les étincelles citées plus haut, il va y avoir une prise d'otages, des menaces, les preneurs d'otages pris eux mêmes en otage par une faction rivale, le tout encerclé par la police...

Une sacrée situation de crises gérée haut la main par Manon Fargetton, sans aucun doute secondée par E-Nathan ! :)) Si l'ingrédient principal de ce menu reste l'action, on y retrouve aussi pour l'équilibre l'humour, la tendresse et l'amour. Cependant la sauce est bien relevée par la jalousie. Le tout est servi par une écriture agréable dans un joli plat rempli de suspens. Ce fut un repas digne d'un trois étoiles au guide Dupien. Je vous conseille fortement de retenir cette adresse si vous voulez vous régaler :
Manon Fargeton
1 Le suivant sur la liste
2 Nuit des fugitifs
Rageot Thriller Cedex 2


Les chroniques de Phooka :

mercredi 15 avril 2015

Chez Fleuve Noir, en avril 2015



RÉVÉLÉE
de
Renée Knight



Parution le 9 avril
360 pages
19,50 euros

Le pitch :

Catherine ne sait plus comment ce livre lui est parvenu, mais depuis qu’elle l’a commencé, elle ne dort plus, terrifiée par ce que la fin pourrait révéler. Page après page, c’est sa propre vie qu’elle découvre, couchée sur le papier par un inconnu. Elle en est convaincue. Mais pire encore, l’auteur y expose un secret qu’aucune personne vivante n’est censée connaître...
Camouflé derrière un pseudonyme, il s’appelle en réalité Stephen Brigstocke. Ancien professeur, il a vu sa vie déraper doucement depuis le décès de sa femme. Jusqu’au moment où il a découvert dans les affaires de celle-ci des photos d’une femme posant sur la plage, puis nue, dans une chambre d’hôtel. Depuis, Stephen n’a plus qu’un seul but: révéler le vrai visage de Catherine à sa famille et au monde entier...


C'est un premier roman, mais rien que le pitch me fait saliver ! Et vous ?


mardi 14 avril 2015

L’HÉRITIÈRE de Melinda Salisbury




Editions Gallimard Jeunesse
336 pages
16.90 euros
Sortie le 10 avril 2015







Twylla, 17 ans, est une élue. Promise au prince, elle vit isolée dans le château de Lorture à cause de son don. Nourrie chaque mois d'un poison mortel contre lequel elle est immunisée, elle a le pouvoir d'exécuter les traîtres du royaume d'un simple contact de la main. Bientôt Lief, un nouveau garde particulièrement charmant, se rapproche d'elle. Premier roman.





L'avis de Phooka:



Voilà le genre de découverte que j'aime. Un jour arrive dans ma BAL un bouquin dont je n'ai jamais entendu parler et que je n'attendais pas. La couverture est belle, je ne connais pas l'auteur, je ne lis même pas le pitch et je me lance donc dans ce livre en n'ayant aucune attente d'aucune sorte. Du coup, la surprise est d'autant plus belle !

Twylla est une jeune fille à part. A part parce qu'elle vit solitaire. A part parce qu'elle est promise au prince héritier, Merek, mais surtout à part parce qu'elle est la Daunen incarnée, l'élue. La Daunen c'est la fille des dieux, elle est censée apporter la prospérité et rendre la justice. Ce dernier point est plutôt une malédiction pour Twylla puisque pour "rendre la justice", elle n'a qu'à toucher les gens qui meurent quasi instantanément empoisonnés. Un traumatisme pour elle. On comprend alors qu'elle ait une vie solitaire puisque personne ne peut la toucher, sauf le roi, la reine et le prince qui étant eux-même fils et filles de dieu, sont par conséquent immunisés. Drôle de vie pour Twylla, qui sort rarement de sa chambre sauf pour aller dans son temple et à la vue de qui tout le monde s'écarte précipitamment. Ses gardes ont peur d'elle et font tout pour changer de poste dès que possible. Alors quand Lief, son nouveau garde, arrive et qu'il se comporte "normalement" vis à vis d'elle, Twylla va s'y attacher plus que de raison.

Présenté comme ça on dirait une énième romance, mais il y a beaucoup plus que ça. Twylla est en réalité une marionnette, une pauvre fille, dont la mère est une dévoreuse. Entendez par là que lors des enterrements, sa mère mange tous les plats posés sur les cercueils des défunts pour avaler leur péchés. Drôle de métier, hein! Et évidemment plus les péchés sont graves et plus les plats sont mauvais/copieux. Le destin de Twylla était de suivre les traces de sa mère jusqu'à ce que la reine vienne la chercher. Twylla était ravie de quitter sa maison familiale, car sa mère n'avait aucun amour pour elle et son destin était noir. Elle espérait ainsi gagner en qualité de vie et richesse. Elle est devenue la Daunen incarnée, solitaire, sans amis, sans aucune relation et sans aucune nouvelle de sa petite sœur. Pas sûr qu'elle y ait gagné au change. Twylla est une pauvre fille, naïve, crédule mais aussi ambitieuse, dans le sens où elle rêve d'une vie facile et pleine de richesse. La reine a changé son destin, mais à quel prix? Et quelles sont les ambitions de cette reine ? On le découvre petit à petit. Reine machiavélique à souhait, retorse et cruelle. Seule son ambition la guide. C'est un personnage redoutable. Le roi n'a quasiment aucun pouvoir, quant au prince, il est sous la coupe de la mère, mais il est conscient du joug que la reine exerce sur tous et il essaye de changer les choses. Il va essayer d'aider Twylla, mais celle-ci a du mal à se secouer de cette servitude. Elle ne fait pas confiance à Merek. 
Et puis il y a Lief, ce jeune garde, si gentil, si charmant ...
Bien sûr on retombe dans le triangle Twylla/Merek/Lief , mais ce n'est pas si simple. Les dés sont faussés ... 
Les traîtres ne sont pas forcément là où on les attend, et ils ne sont pas tous punis par la justice divine de Twylla. Elle va l'apprendre à ses dépens. Pauvre Twylla ...

Twylla, c'est le personnage auquel on s'attache. Même si parfois elle est un peu "nunuche", elle a une vie tellement étrange, qu'on ne peut que l'aimer. Tout comme elle, on s'attache à Lief et Merek et on ne sait lequel choisir. Et on apprend à se méfier de cette reine noire, machiavélique au possible. Et encore ... on ne voit  venir toutes les ignominies qu'elle a mises en place qu'à la toute fin ...

Une fin d'ailleurs très réussie, qui donne envie de lire la suite, tout en étant pas un "cliffhanger de ouf", ce que j'apprécie énormément.

Bref, une belle découverte que ce roman dont je ne savais rien, qui a su me séduire et que j'ai dévoré à toute allure. Pas le livre du siècle mais un vrai bon moment de détente. Un triangle amoureux pas banal dans un univers sombre à souhait, avec de belles surprises et beaucoup d'imagination. Un premier tome d'une trilogie qui s'annonce passionnante.



lundi 13 avril 2015

Quatrième volet de l'interview de Manon Fargetton




Les premières pages de cette ITV se trouve ICI, le second 





Bonjour, tous !


Première révélation d'importance : je n'aime pas les interviews.

(oui, je me suis dit que j'allais balancer cette information politiquement incorrecte d'entrée de jeu, comme ça c'est fait...)

Mon problème n'est pas l'idée de l'interview – je trouve ça chouette de pouvoir parler de mon travail et échanger avec mes lecteurs. C'est juste que ça prend un temps fou. Enfin, pour moi, parce que je n'aime pas répondre à moitié, ni répondre trois fois la même chose quand on me pose trois fois la même question dans des interviews différentes. J'aime bien creuser un peu, quoi.


Sauf que vous n'avez pas vue la tronche de mon planning (et vous ne la verrez pas, c'est personnel une tronche de planning, namého!). En plus de l'écriture, j'ai un autre métier : la régie lumière au théâtre ; je tente en parallèle de me remettre à la musique que j'ai délaissé ces dernières années ; et j'essaye aussi, parfois, un peu, d'avoir une vie personnelle. Par conséquent, lorsque je suis en train de répondre à une interview, surgit toujours dans ma tête une petite voix perfide qui me lance, au choix :


- Tu ne ferais pas mieux d'avancer sur ton bouquin en chantier, là ? T'as déjà du mal à trouver assez de temps pour écrire, qu'est-ce que tu fous à te demander si oui ou non Dune est ton roman préféré ever ? (ce à quoi je rétorque un timide : mais c'est important... et puis on attend ma réponse..., réflexion aussitôt mouché d'un « plus important que ton bouquin ? » devant lequel je m'incline sans plus de discussions.)


- Dis, tu ne devrais pas plutôt appeler le théâtre dans lequel ton spectacle joue la semaine prochaine pour vérifier qu'ils ont bien loué tout le matériel dont tu as besoin ?


- Tu ne crois pas que ton violoncelle en a marre de rester dans sa boîte ? Moi, à sa place, j'en aurais marre. Et puis tu vas encore devoir refaire toute la corne au bout de tes doigts...

- Tu ne ferais pas mieux de profiter de l'heure que tu as devant toi pour aller changer les ampoules chez ta mère comme elle te l'a demandé il y a trois semaines ?

- Et tes nièces, tu ne les as pas vu depuis combien de temps, tes nièces. Ouais. Bien ce que je pensais. Tata indigne.


Bref.
Vous voyez l'idée.



C'est pourquoi quand Dup et Phooka m'ont proposé d'être l'invitée du « mois de »... j'ai accepté avec enthousiasme !



Pas logique ?

Mais si ! J'ai fait un calcul savant (oui, on peut écrire des romans ET avoir fait un bac S!) qui a aussitôt relégué la petite voix perfide aux oubliettes de mon cerveau : si je prends le temps de répondre à toutes les questions imaginables durant un mois entier, je suis tranquille pour au moins un an ! Ben oui, quand on me demandera une interview dans ce laps de temps, je pourrais renvoyer mon interlocuteur vers ce blog avec un sacré défi : « trouvez-moi une seule question, en lien avec mes romans ou l'écriture (faut quand même pas déconner), que l'on ne m'a pas posée ici, et alors okay, j'accepte de vous répondre ».

Et j'espère bien que l'interlocuteur pré-cité n'en trouvera aucune.

Parce que c'est votre mission, qu'il n'en trouve aucune.

Je compte sur vous.

Et ça commence maintenant !




Heu...

Oui, alors en fait, ça ne va pas commencer maintenant-maintenant, rapport à la tronche du planning dont je vous parlais plus haut ; parce que là, tout de suite, je suis quelque part dans le Limousin pour assurer la régie lumière d'un super spectacle, et on est logée à un endroit où il n'y a pas de connexion internet. Voilà voilà. Du coup, ben, rendez-vous à mon retour, le 4 avril !



****************************************


Chica :

Huuum j'avoue! Quand j'ai vu la taille de mon message je me suis dit aie aie XD

Aah bah j'allais justement te demander une anecdote de salon en plus! Celle que tu viens de nous raconter est extrêmement touchante <3 data-blogger-escaped-br="" data-blogger-escaped-quoi="" data-blogger-escaped-wouah="">
Puisque tu parlais de tes différents éditeurs et du fait que parfois tu écris un roman en ayant en tête la collection ou maison d'édition pour lequel il sera j'ai une petite question : comment s'est passée ton arrivée chez Rageot et chez Bragelonne? Je suis curieuse ^^ d'ailleurs j'ai beaucoup aimé aussi la façon dont tu y es allée au culot pour Mango!!! Mdr

Enfin (après j'arrête ^^) puisque tu veux bien en parler, je vais poser une question que l'on se pose certainement tous à un moment : la plupart des auteurs ont un autre emploi, on en conclue que vous ne devez pas percevoir énormément sur les ventes des livres non?

Aaah et j'ai une dernière question! Tu as parlé de tes illustrations de couverture de june plus haut : cmt cela se passe-t-il pour le choix de tes couvertures? Y participes-tu et as-tu ton "mot à dire" ou pas? (ce qui peut être un choix de ta part aussi ;) )

Merci pour tes réponses tjs aussi fournies et passionnantes! Bon week-end! :) 


Manon :


Pour Rageot, il me semble que j'en ai un peu parlé dans une question précédente : j'ai rencontré Agnès Guérin, l'une des éditrices de Rageot, dans une journée organisée autour du roman jeunesse à Besançon. J'y étais en tant qu'auteur, elle en tant qu'éditrice. Non seulement j'ai aimé ce qu'elle a dit ce jour-là lors des tables rondes (et je crois que c'était réciproque), mais on a bien accroché personnellement. Les premiers Rageot Thriller venaient de paraître, et cette idée d'hybrides traînait déjà dans un coin de ma tête, donc je lui ai demandé si je pouvais lui envoyer un synopsis. Quelques jours plus tard, elle avait mon projet de thriller sur sa boîte mail ! Suite à ça, j'ai rencontré toute l'équipe, et en particulier Caroline Westberg. On a très vite discuté de ce que je voulais faire, d'où je voulais aller en tant qu'auteur, à moyen terme. Pas juste un bouquin. Mais ensuite. ça m'a vraiment donné l'impression d'arriver "à la maison", et ma fidélité à Rageot est entière. ça ne veut pas dire que je ne publierai jamais de roman jeunesse ailleurs (il se peut que j'écrive un jour des textes qui, même en jeunesse, ne trouvent pas leur place chez eux), mais je leur proposerai toujours mes projets jeunesse en premier.

Pour Bragelonne, ça date d'il y a bien plus longtemps que ça. Après Aussi libres qu'un rêve, je n'ai pas publié pendant six ans. Ce qui ne signifie pas que je n'ai pas écrit ! Et entre autres, je me suis lancée dans un texte que j'avais vraiment besoin d'écrire. Rapidement, j'ai eu besoin d'en parler avec quelqu'un de neutre, pas un ami ou de la famille, quelqu'un qui ne me connaisse pas et me découvrirait par cette histoire. Stéphane Marsan, que j'avais rencontré en salon, a accepté de tenir ce rôle. On savait, lui comme moi, que ce roman n'était pas pour Bragelonne, et quand je l'ai terminé, il n'était pas question de publication. Je crois que c'est le seul texte que j'ai écrit pour moi, et qui restera au fond de mon disque dur.

Des années plus tard, alors que ce qui allait devenir L'Héritage des Rois-Passeurs ne se résumait encore qu'à deux images (deux rêves, dont je savais qu'ils allaient ensemble sans savoir encore comment), je suis allée le voir lors des Imaginales en lui disant "Cette fois, je crois que j'ai un projet qui pourrait être pour Bragelonne", et je lui ai décrit ces images. On en a reparlé l'année suivante, j'avais développé mon projet, mais je n'en étais pas encore au temps de l'écriture. Puis je lui ai envoyé les premiers chapitres, et après une longue discussion (durant laquelle on a aussi évoqué le "où veux-tu aller ? Que veux-tu faire à moyen terme ?"^^), Stéphane m'a dit "Okay, je le prends pour Bragelonne.".

Alors, parlons argent (boooouh, le gros mot !). En jeunesse, le pourcentage de l'auteur se trouve généralement entre 5 et 8% du prix du livre papier. En adulte, c'est plutôt entre 7% et 10% (il y a SUREMENT une bonne raison à cette différence. Si vous la trouvez, n'hésitez pas à m'en faire part ! ^^). Après, quand tu vends beaucoup, tu peux tenter de négocier plus. Et souvent, ce pourcentage est échelonné (par exemple : 6% jusqu'à 10 000 exemplaires vendus, 7% jusqu'à 50 000, 8% jusqu'à 100 000).
Donc, histoire d'être concrète, sur un roman vendu environ 10 euros, je gagne 60 centimes. (wouhou ! un carambar !)
Heureusement, je ne dois pas attendre que mes romans soient vendus pour toucher de l'argent. Il y a ce qu'on appelle un "à-valoir", qui est une avance sur les droits d'auteurs. Elle se situe pour moi (selon les romans et les maisons d'édition) entre 2400 et 3500 euros brut. Parfois, elle est versée d'un coup à signature du contrat, mais le plus souvent, en plusieurs versements (à signature, à rendu du texte, à parution...). Pourquoi est-ce une "avance" ? Parce que ça correspond à mes droits d'auteur sur un certain nombre d'exemplaires vendus.
Le calcul est simple !
3000/0,60 = 5000
Ce qui, pour les handicapés des maths, signifie que mon roman à 10 euros sur lequel je gagne 60 centimes, eh bien pour rembourser mon avance, je dois en vendre 5000 exemplaires. Mais si mon roman est à 20 euros, je dois en vendre 2500. Sauf que comme il est plus cher, l'éditeur risque d'en vendre moins. Ça va, vous suivez ? ^^
Si je n'atteins jamais ce nombre de vente, je garde mon à-valoir de toute façon. Si je le dépasse, l'éditeur me reverse des droits chaque année tant que le roman continue de se vendre - et c'est ce qui, selon moi, permet d'en vivre : cumuler les à-valoir des romans en cours d'écriture avec les droits de romans plus anciens. Si on ne compte que sur les à-valoir, c'est chaud...
Sauf que la moyenne des ventes sur un roman, en France, à l'heure actuelle, tous genres et toutes maisons confondues, doit tourner autour de 500 exemplaires vendus. On sait que certains se vendent beaucoup plus. Ce qui signifie que d'autres ne passent jamais la barre des 100 exemplaires vendus. (Ce qui explique que certaines petites maisons d'édition ne pratiquent pas l'à-valoir, et ne payent qu'après coup, sur les ventes réelles. Mais il est impossible de vivre de l'écriture - même en partie - avec ce fonctionnement.) Donc rembourser son à-valoir est loin d'être une évidence. Et vivre de sa plume, par conséquent, encore moins.

Une autre façon de s'en sortir (mieux) financièrement, surtout en jeunesse, c'est de faire des rencontres scolaires, qui sont bien payées. Mais là encore, on ne décide pas de faire une rencontre, c'est le collège qui t'invite, donc tu ne peux pas maîtriser combien d'interventions tu feras durant une année, et ça peut énormément varier d'une année sur l'autre.

Donc à moins d'avoir écrit un best-seller sur lequel tu peux vivre durant plusieurs années, ou à moins de choisir la galère (il y en a), la plupart d'entre nous ont un autre boulot, oui ! ;)


Concernant les couvertures de mes romans, ça dépend des éditeurs. Chez Rageot, je n'ai pas mon mot à dire. C'est eux qui choisissent l'illustrateur et/ou l'illustration. Chez Bragelonne, je donne mon avis. En fait, les deux fonctionnements ont leurs travers, il n'y en a pas d'idéal. La couverture est de toute manière, par contrat, la prérogative de l'éditeur (c'est lui qui vend le livre, donc c'est lui qui décide à quoi ressemble l'objet). En ne donnant à l'auteur aucun droit de regard, tu appliques le contrat à la lettre. Mais je ne suis pas toujours à l'aise quand on me demande mon avis. L'image, ce n'est pas mon métier. Du coup, je ne sais pas forcément comment communiquer autour d'une image. Il m'est arrivé de donner mon opinion, et de voir arriver la version suivante de la couverture, qui n'avait rien à voir avec ce que j'avais en tête, mais qui correspondait quand même à mes remarques, et là, tu t'arraches les cheveux ! (ce n'est pas ce que je voulais diiiiiire !). Au final, quand on ne te demande pas, ça te dégage de toute responsabilité. Mais si tu n'aimes pas ta couv, eh ben, tu l'as dans l'os... ^^





Vite vite je pars travailler dans 5 minutes (que c'est dur le dimanche!! aaa) Bonjour ^^



Je n'aurai pas penser à parler rémunération dans mes questions, mais puisque tu le soulèves :p

Je me demandais si à la signature du contrat tu touchais déjà un montant ou si c'était exclusivement une fois le roman paru et que tu touchais les bénéfices? (que j'imagine bien maigre d'ailleurs)

As-tu des retours par tes éditeurs régulièrement sur les ventes de tes livres?

Tu as reçu quelques prix déjà pour notamment Le suivant sur la liste, cela influence-t-il les ventes? En tout cas c'est une belle récompense :)

Plus qu'une minute !!! bon dimanche :) 



Manon :


Oui, le travail le dimanche (et le samedi, le soir, les vacances scolaires...), je connais bien !
J'ai déjà répondu sur la rémunération juste au dessus (décidément, vous êtes synchro dans vos questions, toutes les deux !). Petite précision tout de même : il est super compliqué pour un éditeur de savoir précisément combien de romans ont été vendus. Il y a des estimations, mais la seule chose dont ils sont sûrs, c'est ce qui n'est pas dans leur stock. Sauf que ce qui n'est pas dans leur stock, ça peut autant être vendu, qu'en train de traîner sur l'étagère d'un libraire, et les libraires peuvent retourner les romans invendus à l'éditeur. Donc chaque année, en recevant mes relevés de compte, j'ai une idée des ventes du roman, mais ce n'est jamais un chiffre sûr, c'est une estimation.
Les prix que j'ai reçu pour mon premier roman, Aussi libres qu'un rêve, ont je pense influé sur ses ventes (ça reste à ce jour mon roman qui s'est le mieux vendu). Concernant Le suivant sur la liste, je pense que ça joue, oui, mais je n'en aurai pas la certitude avant un an ou deux - rapport à ce que je t'expliquais juste au dessus.






Allisonline :



Raaaaaaaaah trop de tentations, maintenant je vais craquer sur June aux Imaginales, voilà ! (je fais genre je suis énervée et tout mais je suis trop contente d'avoir une excuse, hein)
Merci pour l'anecdote, elle est vraiment très touchante. Et merci pour tes loooongues réponses, cette interview est vraiment très intéressante :D Bon, ça m'embête aussi parce que je ne sais plus quoi demander maintenant...
Enfin, je me demandais tout de même ce que ça impliquait d'être chez plusieurs maisons d'édition ? Niveau logistique en salons, envoie de manuscrits, tout ça. Je ne suis pas précise volontairement, je veux une longue réponse moi aussi niark niark !
(et moi aussi j'adore la couverture de Marc Simonetti, j'ai hâte de lire le passage concerné maintenant !)


Manon :


Surtout qu'aux Imaginales j'aurai mes beeeeaux tampons encreurs spécial dédicace ! :D(oui, je te donne une excuse de plus pour craquer ! De rien ! ^^)





Être chez plusieurs maisons d'édition n'est pas si compliqué. Déjà, ça multiplie les possibilités de salon (ce sont souvent les éditeurs qui règlent les frais de transport et d'hébergement des auteurs en salon, donc deux porte-monnaie = plus de salons !). En revanche, ça veut souvent dire ne pas avoir tous ses romans sur la table de dédicace, puisque si tu es sur le stand d'un éditeur, tu as (sauf exception) uniquement les romans parus chez lui - ce qui n'empêche pas les lecteurs d'arriver avec un autre roman pour le faire dédicacer ! ;) Et puis bon, je n'ai pas non plus quinze maisons, j'en ai deux : une jeunesse, une adulte. Jusqu'ici, c'est assez simple. De même que l'envoi des projets, qui correspondent dès le départ à un lectorat ou à l'autre...



Olivier :

Bonjour Manon, tant de bonnes questions déjà posées et pour moi deux livres de toi déjà dévorés et comme on aime, on ne compte pas après " Le suivant sur la liste" et "La Nuit des Fugitifs" (rappel avis sous http://passiondelecteur.over-blog.com/2015/04/le-mois-de-est-revenu-chez-book-en-stock-et-avec-manon-fargetton.html), je m'attaque à mes acquisitions trouvées en occas d'" Aussi libres qu'un rêve" et l'intégralité de la trilogie " June". Autant de styles différents et une vocation de chanteuse me laissent sans voix et avec une furieuse envie de me glisser dans ton pc ou tes brouillons en cours. D'ailleurs en phase d'écriture tu tapes tes idées sous forme de plan ? directement sur pc ou tout simplement sur des feuilles ou un cahier ? Je remarque (ais-je tort ?) tu n'es pas de nature très optimiste sur l'humain, non ? Quelles seraient pour toi tes œuvres les plus positives ? Merci d'avance de tes réponses.

Manon :


Eh ben ! Tu vas bientôt avoir dévoré l'intégralité de ma bibliographie ! :D

J'ai déjà en partie répondu à ta question dans ma réponse à Licorne :

"Je fonctionne beaucoup en mémos sur mon téléphone (c'est toujours un problème quand je dois en changer ^^). Quand je commence à travailler sur un roman, dans la phase préparatoire à l'écriture, je griffonne sur des feuilles blanches ou des fiches cartonnées, puis je passe à l'ordinateur pour mettre en ordre mes notes. Après ça, je ne reviens au papier que si je bloque sur un point et que j'ai besoin de me faire des petits schémas avec des flèches dans tous les sens (pour clarifier des liens de cause à effet, ou les différents arguments logiques à développer dans un monologue par exemple.) Parfois, sur le trajet du retour après une session d'écriture, mon cerveau fonctionne encore à fond, et de nouvelles scènes / dialogues / idées sur le roman en cours me viennent, que je prends en note sur mon téléphone pour les retranscrire plus tard à l'ordinateur..."

Pendant la phase d'écriture, je garde ouvert le fichier qui contient mon travail préparatoire pour pouvoir m'y référer au besoin, et sinon, je fonctionne sur un seul fichier de traitement de texte. J'écris de manière chronologique, mais j'ai toujours des bouts de scènes qui me viennent en cours de route, des fragments de dialogues, que je note à la fin de mon fichier en essayant de les agencer à peu près dans l'ordre, et que j'intègre au fur et à mesure de mon écriture. Du coup, il est rare que je commence à écrire une scène sans avoir aucun matériel textuel, j'ai presque toujours déjà une phrase, une image, une réplique... ça m'évite l'angoisse de la page blanche ! ;)

Je ne suis pas d'accord avec toi, je pense être bien plus optimiste sur l'humain que beaucoup d'auteurs, tout comme sur la technologie d'ailleurs (cf ce que je disais sur les I.A. en début d'interview). Les humains ont leurs travers, nous sommes capables d'horreur et de perversité, pourtant, chacun dans ses imperfections peut être touchant, et mes "méchants" ont tous des raisons d'agir comme il le font, même lorsque je ne développe pas beaucoup cet aspect. Mais nous sommes surtout capable de beauté, de création et d'amour (chacune de ces capacités pouvant, dans l'extrême, nous pousser à l'horreur... c'est cette ambivalence qui est fascinante !), et ce sont des éléments très présents dans mes écrits. Je crois que mon roman le plus positif, ou du moins le plus poétique, est June, en particulier le premier tome. Et celui qui met le plus en scène ma foi en l'humanité est sûrement Aussi libres qu'un rêve, puisqu'il parle d'une révolte. :)




Elodie :

ET coucou ^^
"Aussi libres qu’un rêve" a été traduit en coréen, c’est plutôt original, comme ça se fait? (Je ne vois pas comment formuler cette question autrement :p Mais tu me comprends n’est-ce pas? :D )



En France, il y a énormément de romans d’auteurs étrangers traduits et publiés, l’inverse est plutôt rare (ceci dit c’est un phénomène qui touche également le cinéma, la télévision et la musique…) si tu avais l’opportunité de faire voyager tes romans, dans quels pays aimerais-tu les retrouver en librairie? Y-t-il une langue, avec ses sonorités peut être ou l’accent qui l’accompagne qui t’attire plus que les autres? Parles-tu une autre langue que le Français? 



Pour rester un peu dans les traductions même si ça irait plutôt vers une version, que penserais-tu d’une version audio de tes romans? Ou en braille peut être pourquoi pas? Qu'est-ce que c'est format apporteraient selon toi?

Manon :


Je te comprends ^^ Oui, être traduite en coréen est original, et ça m'avait pas mal surpris moi-même à l'époque ! Mais en fait, ce n'est pas si étrange : il y a une fois par an une grande foire du livre jeunesse où des éditeurs du monde entier se rendent pour se vendre les droits des romans les uns aux autres, donc ça aurait pu être n'importe quel pays, c'est juste que cette année là, sur ce roman là, c'est la Corée qui a été intéressée.

Beaucoup de romans français sont traduits à l'étranger, il ne faut pas croire ! Sur la production totale de romans français, effectivement, c'est peu, mais ce n'est pas du tout négligeable ! Le plus souvent, c'est en Allemagne que les éditeurs français trouvent preneur, ou dans les pays d'Europe de l'Est. La langue dans laquelle j'aimerais être traduite est aussi le marché le plus difficile à pénétrer : l'anglais. C'est une langue que j'adore, à la fois bien plus complexe et plus malléable qu'on l'imagine quand on l'apprend à l'école. Le truc, c'est que comme il y a déjà énormément de romans écrits en anglais, ils traduisent peu, par rapport à nous. Mais, eh, ça arrivera peut-être un jour !

Aussi libres qu'un rêve a eu droit à plusieurs versions audio amateurs (enregistrées par des élèves, par exemple). Je trouve cette idée très chouette. Petite, j'avais quelques cassettes avec des histoires que j'écoutais souvent ! Mais surtout, ça s'apparente à la lecture par le parent avant de dormir lorsqu'on est môme, et c'est toujours agréable de recréer ce genre de moment alors qu'on est grand/adulte. Et puis bien sûr, un livre audio ou en braille permet à des personnes déficientes visuelles d'avoir accès au roman, et je suis toujours pour les initiatives qui permettent d'élargir le lectorat possible. On écrit des histoires pour les partager, hein... ;)



Elise :






Bonjour bonjour ! :D

Alors, déjà, je voulais signaler quelque chose : j'ai un gros problème avec les livres qui parlent de musique : j'essaye toujours de me les imaginer ! Ce serait bien plus simple d'intégrer une ptite partition :'(
:p Donc, plus sérieusement, ma première question est : dans June, est-ce que tu as imaginé l'air des musiques de l'arbre bibliothèque ?
Ensuite, tu nous a dit que tu faisais du violoncelle et de la basse, si je me souviens bien, mais tu joues quel style de musique ? :)
Toujours (et encore!) sur la musique : qu'est-ce que tu écoutes quand tu écris ? 

Catégorie n°2 : les livres en eux-mêmes ^^
Mon prof d'histoire est auteur de SF adulte, et on lui a déjà commandé un livre jeunesse sur la même base que deux de ses livres adultes (du voyage dans le temps, en passant ^^ ) ! Je voulais savoir si tu imagines toujours tes histoires, ou s'il t'arrive d'avoir des demandes particulières de la part d'éditeurs ?
Et sinon, tu ne choisis pas ta couverture, mais c'est l'éditeur aussi qui écrit le résumé ? Et les titres ?

Et enfin, pour les salons ! :) Est-ce que c'est toi qui décides d'y aller, ou est-ce qu'on t'invite ? :)

Voilà voilà, ça fait beaucoup de questions ! :)
Continue d'écrire des livres magiques qu'on lit sans s'arrêter :) 



Manon :


Bonjour Elise !

Certaines chansons de l'arbre-bibliothèque ont effectivement un air, mais pas toutes ! Certaines chansons existaient d'ailleurs avant que je commence à penser à cette série... ;)En violoncelle, j'ai une formation classique (conservatoire), donc c'est ce que je joue pour me dérouiller les doigts - Bach en tête -, mais je suis ouverte à tous les styles, et le violoncelle comme la basse m'accompagnent quand je chante.

Quand j'écris, ça dépend des romans, souvent je reste bloquée sur un ou deux albums tout au long de l'écriture d'un roman, voire d'une série entière ! Pour June, c'était "Wake:sleep" de A Lily , de l'élecro assez minimaliste qui utilise des samples de voix et de bruits intégrés à la musique. 



Pour les thrillers, j'ai écouté en boucle "Treasure" de Cocteau Twins 


J'ai commencé l'Héritage des Rois-Passeurs sur la voix de Susan McKeown 


avant de migrer vers Midlake 


Le petit roman qui paraîtra à l'automne chez Rageot, c'était "telegram" de Björk


et Gaspard de la Nuit de Ravel

En ce moment, je suis sur PJ Harvey et Sinead O'Connor... Bref, ça varie, mais ce qui est sûr, c'est que je suis incapable d'écouter des chansons en français quand j'écris !

Ce n'est pas parce qu'on a des demandes particulières de la part d'un éditeur qu'on n'imagine pas ses histoires ! Comme je le disais en début d'interview, je connais les différentes collections de mes différents éditeurs, et ces "cases" dans lesquelles pourraient s'insérer mes futurs projets m'influencent forcément. Regarde, c'est parce que les premiers Rageot Thriller venaient de paraître et que j'en ai parlé avec l'éditrice que j'ai proposé à Rageot un projet de thriller. Mais ce n'est pas pour ça que je me sens enfermée : j'aime me poser des contraintes pour chaque projet, ça m'aide à construire, de la même manière que la contrainte des rimes m'aide à écrire des chansons ! Écrire pour Bragelonne, c'est se mettre la contrainte de la fantasy, du fantastique ou de l'horreur. écrire pour Rageot, c'est se mettre la contrainte de la jeunesse. Je sais que certains auteurs sont bloqués par les contraintes, mais pour moi, elle excitent ma créativité. C'est chaque fois un défi que je me lance à moi-même. 

Tout ce qui se trouve sur la couverture ou la quatrième de couverture est rédigé par l'éditeur (chez Bragelonne, je participe à la rédaction de la quatrième de couv, chez Rageot, non). Le titre est à part, soit il vient de moi, soit on le trouve en discussion avec l'éditeur, mais ils ne m'imposeront pas un titre que je n'aime pas.

Comme je le disais un peu plus haut, les salons, c'est souvent ton éditeur qui t'envoie ici ou là. Parfois, ce sont les salons qui t'invitent directement. Et parfois, c'est moi qui dit à mon éditeur que j'aimerais bien aller à tel endroit, et il regarde si c'est possible, mais c'est assez rare. Pas de règle, donc !



Petit intermède avec les dates des futurs salons de Manon :

 ✎ 1er au 3 mai : Salon du livre de Genève (SUISSE)

✎ 
6 mai : dédicace à la librairie Hisler (METZ, 57) dans le cadre du Prix des Embouquineurs.

✎ 16 mai, à 16h : dédicace de L'Héritage des Rois-Passeurs à la librairie "La Dimension Fantastique" (PARIS)

✎ 23 au 25 mai : Festival Étonnants Voyageurs (SAINT-MALO, 35)

✎ 28 au 31 mai : Les Imaginales (ÉPINAL, 88)

✎ 20 juin : Salon du livre jeunesse à la médiathèque de Rueil-Malmaison (HAUTS-DE-SEINE, 92)

✎ 21 juin : St-Maur en poche (sur le parvis de la gare RER ST-MAUR-CRÉTEIL, 94)

✎ 2 au 5 juillet : Japan Expo (Parc des Expositions de Paris-Nord VILLEPINTE, 93)

✎ 5 et 6 septembre : Écrivains en Provence (FUVEAU, proche AIX-EN-PROVENCE, 13)

✎ 10 octobre : Les Halliénales (HALLENNES-LEZ-HAUBOURDIN, proche LILLE, 59)

✎ 
2 au 6 décembre : Salon du livre et de la presse jeunesse (MONTREUIL, 93)