jeudi 27 novembre 2014

CHRONIQUES DE KARN de Simon Sanahujas



RANCŒUR



Éditions Rivière Blanche
300 pages
20 euros


4ème de couv :

Dans la capitale du plus puissant des Royaumes, des nobles crapuleux se livrent à une lutte sans merci contre le mystérieux Creuset d'Ombres, tandis qu'une horreur sans nom hante les profondeurs de la cité.
Alors que Karn - héros trahi, brisé et mué en truand - se fraye une route sanglante dans cette cité devenue prison, une métamorphose insoupçonnée se profile. Et si ce tunnel sans espoir pouvait finalement révéler qui il est réellement ? Et si son âme torturée pouvait encore receler autre chose que de la RANCŒUR ?


L'avis de Dup :

Wow ! Quel plaisir de lecture j'ai eu avec ce roman ! Plaisir d'autant plus grand que j'y allais à reculons moi aussi. Pas pour les mêmes raisons que Phooka, juste pour un a priori négatif donné par la couverture, oup's. Ce livre ne m'attirait pas du tout, et aujourd'hui je suis ravie de l'accueillir dans ma bibliothèque car c'est un coup de coeur. 

Tout le roman se passe à Elia, capitale du grand royaume d'Exenia. Les temps de guerres et de conquêtes sont repoussés, l'armée exeniane est revenue couverte de la gloire de ses victoires, rognant un duché par ci, un comté par là à ses voisins. Et tout cela grâce aux actions décisives d'un seul homme : Karn, un luxian. Il est adulé, promu Maréchal et reçu partout avec les honneurs. Et plus on est perché haut et plus la chute est difficile. Karn va devoir s'enfuir suite à un complot dans lequel ses deux meilleurs amis sont assassinés sous ses yeux et qui le fait passer pour le pire traître à la couronne. 

Lui qui avait tout donné pour servir ce royaume qui n'est même pas le sien, se retrouver ainsi sali, banni de la pire façon qui soit a beaucoup de mal à passer. Il devient une boule de haine, assoiffé de vengeance et, après avoir massacré ses poursuivants, rejoint Elia par la seule issue qui s'offre à lui, les égouts.

La plume de Simon Sanahujas est très descriptive, résultat son roman est très...olfactif :). J'avoue avoir tordu le nez plus d'une fois. Mais le plus dur a été de constater la noirceur de certaines actions de Karn. Parce que l'auteur a réussi le tour de force de nous faire aimer cet horrible personnage, qui agit parfois sans aucun état d'âme ! Mais on sait, on sent qu'il a des excuses, et plus ses actions sont noires et plus on se dit que la révélation va être grande. Parce qu'on attend des explications qui arrivent par bribes, via des flashbacks, tout du long du récit.

Outre le côté récit en alternance qui accélère la lecture, ces chapitres en italiques offrent un brin de répit dans la noirceur, permet au lecteur de reprendre son souffle, et surtout, surtout nous dévoilent petit à petit les bons côtés de notre Karn. On découvre toutes les déchirures qu'il a subi depuis son enfance, et mon Dieu, on l'aime encore plus fort. Karn est un de ces personnages à la Gemmell, un autre Waylander que je ne suis pas prête d'oublier.

Une lecture coup de coeur que je dois à notre cher Mois2, donc je remercie  chaleureusement Simon de s'être prêté au jeu des questions-réponses, Phooka d'avoir insisté pour que je le lise et bien sûr les éditions Rivière Blanche qui ont permis tout cela.

Simon est toujours avec nous, jusqu'à la fin de ce mois de novembre. Vous pouvez le retrouver ICI et pour lui poser toutes les questions qui vous passent par la tête :)





Bon, avec cette lecture là, je suis sûre de mon coup pour l'inscrire au challenge de Zina !
Je ne serai pas fanny au moins :P



mercredi 26 novembre 2014

HELP : Qui est qui ?



RAPPEL DES RÈGLES DU JEU ICI

+ une règle : si celle(s) qui vous connaissez est(sont) déjà trouvée(s), vous pouvez toujours venir nous parler de ce que vous en avez lu, cela comptera pareil ! ;)

Le jeu est clôt !
Toutes ces dames ont été trouvées :))
Résultats en bas du billet !!!



Les connues de Dup :

KARINE GIÉBEL rencontrée aux QDP, tout lu :))








BARBARA ABEL grande envie de la découvrir...








NADINE MONFILS donnez moi des arguments pour avoir envie de la découvrir... ses titres me font fuir :P

Les fleurs brûlées, proposé par Nahe 






VIVIANE MOORE rencontrée à SANG D'ENCRE, un livre toujours dans ma PAL. Une info absolument pas littéraire, cette dame a des yeux bleus vraiment magnifiques :))







JILLIAN FLYNN rencontrée aux QDP, deux livres dans ma PAL et une furieuse envie de découvrir Les apparences également.







KARIN SLAUGHTER lue il y a très longtemps, mais je suis sûre que j'aimerai toujours. Du bon thriller psychologique dans le milieu médical.







SANDRINE COLLETTE, rencontrée aux QDP, tout lu... en même temps, que 2 !









MO HAYDER, lu Tokyo, il y a longtemps aussi, belle claque !









A vous !!!

A1 : Patricia Cornwell, trouvée par Did'.  Confirmé par Licorne ! 








A2  Patricia Highsmith ( Nahe ) ça me dit quelque chose, j'ai du en lire il y a longtemps








A4 : Janet Evanovitch  ??? proposé par Sia 
         Elisabeth George en fait, Sia toujours
         Tana French rectification de Nahe






A5   Ann Rule








B1   Gilda Piersenti !!! Rha, je me disais bien que je l'avais déjà vu ! Sang d'encre !!! Mais jamais lue.
Les saisons meurtrières conseillées par Nahe






B2 : Patricia MacDonald trouvée par Sia !








B5 : La grande inconnue !
Peut-être J.K. Rowling pour Marie Juliet ? qu'en dites vous ?
Dame Phooka confirme que ce pourrait être elle, niveau logistique, car elle a écrit effectivement des ou un polar sous le nom de Robert Galbraith.
Moi je ne trouve pas que ça lui ressemble mais bon... j'attends d'autres propositions !
C'est Nanou22 qui a trouvé ! C'est ODILE BOUHIER



B6   Dominique Sylvain ??? ( Nahe)  J'attends une confirmation of course ;)








B7 : Cathy Unsworth, qui connait ?








B8 : Camilla Läckberg, encore Did' :), confirmé par Sia !
J'ai un livre de cette dame dans ma PAL...  peut-être pour le challenge de Zina ?







C1 : Shirley Jackson, quelqu'un connait ?









C3 : Joyce Carol Oates. à lire : Zarbie les yeux verts, recommandé par Nahe !  Et confirmé par Aurélie !








C4 : Sue Grafton, inconnue, quelqu'un connait ?
C'est la "maman" de Kinsey Milhone, détective privée de son état, dixit Zina !







C6 : Agatha Christie , trouvée par Lady K








C7 : Asa Larsson, auteur de polar scandinaves recommandés par Nahe








C8 : Lauren Beukes , Nahe toujours ! Connais pas du tout ! Quelqu'un ?

Bon, et bien j'ai Les lumineuses à lire il parait !!! Merci Zina :)








Et encore un grand merci à Zina qui a bien voulu prêter sa bannière !


La gagnante du tirage au sort est :
SIA

Bravo miss, un ti mail sur bookenstock(at)gmail(point)com
avec tes coordonnées steup, j'ai la flemme de chercher :P

JEU DU TROMBINOSCOPE NOIR



LE JEU EST CLÔT !


Issue du Challenge LES DAMES EN NOIR, la bannière concoctée par Zina que voici


m'a donné une idée : CE JEU !

Après m'être creusée la tête pour retrouver à qui attribuer certaines trombines de cette bannière, je me suis dit que j'allais vous faire participer.

Et bien sûr, qui dit JEU et PARTICIPATION, dit GAIN.

Voilà la grille complète :


Voilà celles qui me restent à découvrir :



Comment participer ?

En mettant en commentaire une réponse par case. Ex : A8 = KARINE GIÉBEL
Les cases cochées ne comptent pas bien évidemment.
Je tirerai au sort parmi les réponses un candidat qui remportera rien moins que cette pépite :

SATAN ÉTAIT UN ANGE
KARINE GIÉBEL



Le jeu sera terminé lorsque les 16 cases restantes seront trouvées !
Pour l'instant votre pseudo suffira.
On verra plus tard pour les coordonnées du gagnant.

Soyez réactif, cela peut aller très vite ! 

Un grand merci aux Éditions Fleuve Noir d'avoir bien voulu suivre mon idée farfelue :))
Nous ne sommes pas responsable en cas de perte ou d'égarement du livre par la poste,
donc nous n'accepterons aucune réclamation.

Je vais installer sur un autre billet le trombinoscope déroulé avec les bonnes réponses déjà connues et celles attendues ;)
Je tâcherai de le mettre à jour au fur et à mesure... euh sauf si vous répondez au milieu de la nuit, car mémé Dup dort !!!

Pour le consulter c'est ICI
Il y a d'autres questions posées là-bas, pour participer autrement ;)

Le gagnant sera annoncé là-bas également.

LE JEU EST CLÔT !


Sortie de Le pacte du Hob de Patricia Briggs




Editions Milady
sortie le 21 novembre 2014




Haïe et redoutée, la magie avait disparu du pays. Libérée des sortilèges des mages de sang, elle revient à présent. Aren sent croître son pouvoir : la « vue », qui lui révèle des instants du passé comme d’obscurs éclats d’avenir. Peut-elle s’en servir au profit de son village menacé par les maraudeurs qui ont tué son mari ? Le peuple sauvage, fées, farfadets, spectres et gobelins, qui se manifeste à nouveau, peut-il lui venir en aide ? Et, surtout, est-ce une bonne idée de signer le pacte du hob de la montagne en échange de son soutien ?



mardi 25 novembre 2014

Interview Le mois de Simon Sanahujas Tome 3




Troisième page de l'interview, la première étant ICI, la seconde LA


crédit photographique : Brice Maire




« Mais qu’est-ce qu’il lui prend ? » lâche enfin l’homme au crâne rasé, vêtu de noir depuis ses rangers jusqu’à sa veste de treillis sans manches.
Dans ses mains épaisses, le nunchaku de bois sombre virevolte, comme agacé, comme doué d’une vie propre. À son côté, le grand gaillard aux cheveux hirsutes et au visage mangé de barbe et de balafres grogne :
« Aucune idée, Suleyman, ça fait plusieurs jours déjà qu’il est comme ça… »
Comme mal à l’aise, le plus grand réajuste nerveusement les sangles de la longue épée qui lui barre le dos. Le métal crisse sur les clous de sa broigne usée mais le troisième occupant des lieux ne semble se rendre compte de rien, le regard rivé à l’écran d’un petit ordinateur.
« Mais il n’écrit qu’au stylo Bic ! » reprend le premier. « C’est un crédo pour lui, quasi une religion, il est capable d’argumenter là-dessus durant des heures… »
L’autre soupir, ballade son regard d’un brun mêlé de vert dans la pièce où s’entassent livres et objets étranges, à la manière d’un cabinet de curiosité.
« C’est quoi ces trucs ?
― Des trombones… à coulisse, » répond le premier distraitement. « Il a commencé par des études de musique classique ce con, a chopé un ou deux prix de conservatoire puis a expliqué à son professeur qu’il plaquait tout pour écrire des romans de science-fiction. Paraît que le gars a halluciné… »
― Ah ouais ? » grogne le guerrier avant d’ajouter, pensif : « Me rappelais pas qu’il était chauve à ce point…
― Si ce n’était que ça, Karn ! Moi ce qui m’inquiète le plus, c’est son alcoolisme galopant… Il a sorti la bonbonne de marc de champagne, » lâche-t-il en désignant le bureau du menton.
Une large bouteille trône à proximité de l’ordinateur, emplie de trois ou quatre litres d’un liquide translucide. Sur le verre, un autocollant présente une tête de mort électrisée sous laquelle apparaît une inscription sibylline : World War III.
« C’est mauvais signe… » ajoute-t-il encore.
― Sans parler de ce putain d’ordi !
― Sans parler de ce putain d’ordi… »
Une pétarade tonitruante interrompt les deux hommes qui devinent la monstrueuse Harley Davidson en train de se garer sous les fenêtres. Ils échangent un regard qui en dit long tandis que des pas lourds et des bruissements de ferraille retentissent dans l’appartement. Lorsque le colosse fait irruption dans le bureau, c’est comme si l’air venait subitement à manquer tant sa carcasse prend de la place. Recouvert d’acier des pieds à la tête, le triple canon d’une Gatling à plasma reposant nonchalamment sur une épaule, le géant darde des yeux rougeoyants sur les deux héros tandis que sa voix d’outre-tombe retentit :
« Tout va bien ? Je suis venu dès que j’ai su… Il paraît qu’il va y passer un mois !
― Quoi ? » s’exclament les deux héros à l’unisson.
« Mais il ne peut pas me laisser comme ça, pas après la fin de Rancœur », jure Karn.
« Ouais je sais…
― Comment ça ?
― Ben j’ai lu tous ses bouquins, moi.
― Même le dernier ? » répond Karn en ignorant le reproche sous-jacent.
Suleyman acquiesce, un sourire au coin de la bouche.
« Et même ceux d’après… C’est pratique de connaître les portails qui relient les univers, pour ce genre de chose.
― Eh ! Et je finis comment ?
― Ah ben ça, désolé, mais je n’ai pas le droit de le dire. Il y a des règles…
― Je vois… Et toi ?
― Ah ben moi ça va, tu sais : on a un deal. Je l’ai coursé dans tout le Multivers, j’ai tué une dizaine de ses incarnations et après on s’est mis d’accord : il n’écrit plus sur moi. Depuis je suis tranquille.
― Et tu ne t’ennuies pas ?
― Ça m’arrive, parfois, c’est curieux d’ailleurs, comme sensation…
― Cela me rappelle un poème… » intervient le colosse au casque encadré de cornes d’acier.
« Non, Mercenaire ! » gueulent les deux héros à l’unisson alors que l’autre s’apprête visiblement à déclamer.
« Excusez-moi ? »
Surpris, les trois guerriers se retournent pour découvrir un jeune homme qui hésite sur le pas de la porte, un pinceau à la main. Il est vêtu d’une manière pathétiquement normale et, à côté d’eux, paraît rachitique. Le regard qu’ils lui portent ne masque aucunement leur pensée commune, brusquement résumée par le géant aux yeux pourpres :
« C’est qui ce blaireau ?
― Désolé de vous déranger mais voilà : je me suis fait largué par ma copine un peu brutalement y’a pas longtemps, ensuite il m’a fait lire un bouquin sur la psychologie évolutionniste, ça m’a retourné le crâne et puis, alors que j’allais en parler à mon pote Freddy, plus rien. Comme s’il m’avait brusquement laissé en plan…
― Je vois, » lâche Suleyman.
Karn acquiesce, mauvais, en dévisageant le nouveau venu de la tête au pied :
« Il a… changé, visiblement, notre ami l’écrivain…
― Merdier de merdier ! J’en ai marre d’entendre cette putain de chanson partout où je vais ! » intervient alors une voix féminine, en provenance du salon.
« Suleyman’s dream par-ci, Suleyman’s dream par-là… » jure-t-elle encore avant de débarquer dans le bureau, crinière blonde lâchée au vent et yeux gris pétillants.
« J’avais même pas remarqué, » grogne Mercenaire en changeant distraitement son arme infernale d’épaule.
« C’est un monomaniaque quand il écoute de la musique, et ça ne s’est pas arrangé depuis qu’il se pique d’écrire des textes de chanson… » commente Karn.
« Ça encore, ça va, mais le mois dernier il s’est fait imprimé le corps par une typographe. Paraît que c’était de l’art mais moi je n’ai rien compris, » renchérit Suleyman.
« Tu m’étonnes, au moins quand il partait faire le con au Gabon ou en Roumanie, en essayant de prouver l’existence de Tarzan ou de Dracula, ça allait : on se sentait vaguement concerné, quoi…
― Papa ! » lance soudain une voix aigue tandis qu’une gamine aux boucles blondes traverse la pièce comme une furie, bouscule les héros sur son passage et se jette dans les bras de Suleyman.
― Merde, t’as une môme toi maintenant ? » relève Karn.
« De la part d’un gars qui possède des héritiers dans la moitié des royaumes de son monde, je trouve cette remarque un peu déplacée…
― Il est malade le monsieur ? » demande la petite fille en ouvrant de grands yeux inquiets. « Moi je l’aime bien le monsieur, j’espère qu’il va guérir. Dis, tu crois que je peux aller lui faire un câlin, papa ?
― Non mon lapin bleu : on n’est pas vraiment là, tu sais. Et puis de toute manière, je te l’interdirais : il nous en a fait baver, à ta mère et moi… »
La petite a l’air déçue. La jeune femme qui l’a guidée ici lui lance un sourire affectueux puis jette, à la cantonade :
« Bon allez les gars, rien de vraiment grave : il répond aux questions des lecteurs de Book en Stock. Ca va durer un mois et ensuite il se remettra au taf, enfin j’espère… Maintenant, chacun réintègre son univers et fissa, sinon c’est encore moi que le Conseil va venir emmerder ! 
»

Pour relire le texte de Simon avec une police plus confortable, c'est ICI. On a resserré pour éviter de jouer de trop avec la roulette de la souris ;)

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Toujours dans la lecture de "L'emprise des rêves" que j'aime beaucoup. j'ai surtout remarqué que les personnages sont en mouvement perpétuel et ces histoires de différence de déroulement du temps. C'est un peu ce que beaucoup de monde voudrait, vivre plusieurs vies et parfois jouer avec le temps et modifier certaines choses... Est-ce que vous avez voulu faire passer ce message ou c'est mon interprétation personnelle ? Oui la question n'est pas très claire... Souvent dans le mouvement incessant on a l'impression d'une fuite en avant mais pas dans ce roman, on sent autre chose, une subtilité que je ne sais pas expliquer. NB : C'est malin, il faut absolument que je livre "Suleyman" maintenant ! ^^ 




Simon:



Salut Ramettes

Content que tu continues à prendre du plaisir au milieu des multiples univers de « L’emprise des rêves » J.
Sur les histoires de différence de déroulement du temps en fonction des mondes, et celles des différentes variables en fonction de nos choix, ce n’est pas tant la possibilité de remonter le cours des choses pour les modifier que de mettre en avant les conséquences de nos actes qui m’a intéressé. Je m’explique… Effectivement, beaucoup de gens rêvent de pouvoir revenir en arrière pour effectuer des choix différents et améliorer leur situation actuelle. Il y a un côté mystique, fascinant et très puissant dans cette idée, mais ce n’est pas ce à quoi je rêve personnellement. Si je prends l’exemple de ma vie, il y a des choix que j’aurais pu faire différemment et, comme tout le monde, j’ai commis certaines erreurs. Mais je ne regrette rien : ce sont des choix que j’ai fait aux époques concernées parce qu’alors ils me paraissaient les meilleurs, ou en tout cas les plus en phase avec ce que j’étais et ce que je voulais. Et ces erreurs sont extrêmement importantes pour moi car ce sont elles qui ont petit à petit forgé le personnage que je suis aujourd’hui. Si j’avais la possibilité de modifier certaines d’entre elles, eh bien je suis presque persuadé que je n’en ferais rien. Si le sujet t’intéresse, je te conseille vivement ma nouvelle « Le marchand de réalités » (publiée dans le recueil « Jeteurs de sorts » chez Malpertuis, puis dans mon recueil numérique « Le marchand de réalités » chez ActuSF). L’histoire est celle d’un jeune homme qui veut modifier un élément de son passé et qui se met en quête d’une sorte de mage auquel on prête ce pouvoir. Le texte joue sur les différentes réalités et, justement, sur cette envie très humaine de modifier le passé pour améliorer le présent. C’est une nouvelle qui se situe dans la continuité de « Suleyman » et de « L’emprise des rêves », mais qui va beaucoup plus loin, notamment dans sa structure…
Pour en revenir à ta question, ce que j’ai voulu montrer avec tout cela, c’est surtout l’importance des choix. À chaque fois que nous sommes confrontés à un choix, il en résulte plusieurs univers, lesquels peuvent être radicalement différents, même si le choix peut paraître minime à l’origine. C’était une manière pour moi d’essayer d’éveiller la conscience de ce que chacun d’entre nous possède comme impact sur le monde, et que chacune de nos actions recèlent en elles une importance énorme en cela qu’elle va participer à la détermination de notre futur, et de celui du monde dans lequel nous évoluons…
Enfin, le sentiment que tu as est très intéressant : le fait que les mouvements du livre n’évoquent pas la fuite en avant. C’est difficile pour moi de juger cela car, en tant qu’auteur, je ne possède aucun recul de lecteur sur ce roman. Mais je me demande si ce sentiment ne provient pas du fait que les personnages ont connaissance de ce dont je viens de parler. Ils savent que leurs multiples choix ont donné naissance à des doubles d’eux-mêmes qui vivent des existences différentes. Cette prise de conscience modifie complètement la perception que nous pouvons avoir en tant qu’humain ne bénéficiant théoriquement que d’une seule vie. Quelque part, les héros de « L’emprise des rêves » savent que, s’ils se fourvoient, un autre qu’eux aura fait le bon choix, dans une autre dimension. Et cela atteint son point culminant avec la métamorphose de Suleyman, qui est développée dans le premier roman, et dont je ne peux pas vraiment parler ici sous peine de déflorer cette histoire…








Bonjour Simon et merci pour votre réponse précédente.

Je suis en train de lire l'Emprise des rêves. Je commenterai en détail mes impressions quand j'aurai fini mais je peux déjà dire que le multivers me plait beaucoup. Je l'ai reçu avec retard et je suis particulièrement débordée en ce moment, j'aurais bien besoin de passer sur un monde où le temps va à l'envers pour souffler un peu.
Je vois que vous avez été présent au salon de Brive. Je n'ai pas pu y aller cette année, mais ce salon m'a paru l'an passé très sympathique et bien organisé en tant que lectrice. Et vous qu'en pensez-vous en tant qu'écrivain ? Etes-vous épuisé ou revigoré après un weekend de rencontres avec des lecteurs ? 
D'autre part je suis curieuse de savoir à quoi ressemble l'art typographique auquel vous avez participé... Oui, vous seriez déçu si on ne vous posait pas la question après cette belle accroche dans votre présentation, me trompè-je ? L'artiste a-t-elle un site ou blog où l'on peut voir de quoi il retourne exactement ?
Merci. 




Simon:



Salut Claire,

Simple : la Foire du Livre de Brive est tout simplement le meilleur salon auquel il m’a été donné de participer ! En tant qu’écrivain c’est un pur bonheur : organisateurs et libraires sont adorables, tout est parfaitement planifié et on est reçus comme des rois (et je ne parle pas de l’ambiance dans le train du livre qui achemine les auteurs depuis Paris). Et du côté des lecteurs c’est tout aussi fabuleux : ils sont des dizaines de milliers, sont curieux et, cerise sur le gâteau, ils achètent plein de bouquins J. Mon meilleur souvenir pour n’en citer qu’un, c’est celui d’une adolescente qui est venue m’acheter « Rancœur » le samedi, et qui est revenue me prendre tous mes autres bouquins le dimanche car elle avait dévoré le livre dans la nuit…
Après ce genre de week-end on est à la fois épuisé et archi-motivé. Epuisé parce qu’on n’a aucun répit (j’étais derrière mon stand, fidèle au poste, de 9h à 20h, et puis après il y avait les soirées…) et ressourcé au niveau de la motivation pour différentes raisons. Déjà il y a les rencontres avec les lecteurs, qui nous motivent, nous encouragent, et cela n’a pas de prix quand on passe la plupart de son temps seul devant son manuscrit. D’un coup on sait pourquoi on fait tout ça. Et ensuite il y a les rencontres avec les autres auteurs et les éditeurs : discuter avec de nouvelles personnes, évoquer de nouveaux projets, se rendre compte de tout ce qui est produit et se dire qu’il ne faut rien lâcher pour continuer de participer au tout, etc. J’essaye de faire peu de salon parce que je préfère consacrer mes week-ends à l’écriture, mais c’est important au niveau de cette motivation, et celui de Brive est tout simplement fabuleux…
Au sujet « d’art typographique », l’œuvre que j’évoquais s’intitule « L’homme-livre », et traite du devenir des expériences et des ressentis de chacun, de leur transmission via l’objet livre ou pas, ici incarné par le corps humain et son aspect forcément éphémère. Et pour l’anecdote, elle propose une double réalité (le hasard n’existe pas !) avec le texte qui se scinde en deux à la fin. J’avoue, en effet, que je ne l’ai pas évoquée juste comme ça ;-). Et ce pour une simple raison : depuis plusieurs années je m’applique à décliner l’écriture vers d’autres supports que le livre (ce type de projet mais aussi des choses en lien avec la musique, le multimedia, l’audiovisuel, le théâtre…), et j’ai trouvé que c’était une belle occasion de l’évoquer. En effet, lorsque je fais une interview dans le milieu littéraire, on ne me parle que de livres. C’est assez normal, mais c’est aussi frustrant puisque le reste de mon activité artistique est étroitement liée, et tout aussi importante pour moi.
Bref, « L’homme-livre » n’est pas visible sur internet pour une bête question de format : il s’agit d’un panneau taille réelle, d’1m80 de côté, et que le montrer en plus petit le dénature en partie. En compromis, je vous propose ici un détail qui représente, en quelque sorte, son ouverture :




Phooka :

Coucou Simon,
Une question peut-être un peu délicate ...
Plusieurs de tes romans ont été publiés chez feu "Asgard Edition" et du coup ils ne sont plus disponibles actuellement. Que vont-ils devenir ?

Simon :

Hello Phooka,
Eh bien je cherche tout simplement à les faire rééditer. Pour cela j’ai plusieurs options. Ma préférence va a une réédition en format poche, plus logique puisque ces deux romans ont déjà eu une vie en grand format. Ce serait également l’occasion de les retravailler et, surtout, de les compléter avec quelques textes inédits histoire d’enrichir l’univers ainsi que le passé de Karn. J’ai proposé cela à plusieurs éditeurs qui sont en train d’y réfléchir, affaire à suivre… Après il y a la solution du numérique, j’ai déjà reçu plusieurs propositions en ce sens. Enfin, pourquoi pas les ressortir en grand format avec un système d’impression à la demande, comme le fait Rivière Blanche.
Pour l’instant rien n’est arrêté mais, une chose est sûre : ils reviendront !

Ramettes 

Une question me vient sur l'éditeur. Je l'avais déjà posé à Thomas Geha... Comment êtes vous venu aux éditions Rivière Blanche ,spécialisées en SF mais qui sont dans l’Ariège ?


Simon :



Bonjour Ramettes,
Je suis venu aux éditions Rivière Blanche un peu par hasard, mais de manière finalement assez logique. Déjà, à l’heure d’internet, la position géographique d’un éditeur ne signifie plus grand-chose, hormis pour les éditeurs de textes régionaux, et encore… Quand j’ai commencé à écrire, dans les années 90’, je visais déjà l’édition, et ma cible à l’époque, c’était la collection Anticipation des éditions Fleuve Noir (d’ailleurs « Suleyman » est calibré à l’ancien format du Fleuve). Mais quand j’ai eu fini mon premier roman, la collection Anticipation avait cessé d’exister. Je me suis donc tourner vers d’autres éditeurs, plus gros et, surtout, qui publiaient une littérature somme toute assez différentes. J’ai essuyé des refus pendant quelques années puis j’ai entendu parler de la création d’une nouvelle maison d’édition : Rivière Blanche, qui voulait reprendre le flambeau du Fleuve. Pour moi ça a été la révélation. Non seulement je trouvais le concept excellent (notamment dans l’objectif de permettre aux jeunes auteurs de faire leurs premières armes, l’une des grandes qualités du Fleuve Noir Anticipation) mais en plus la ligne éditoriale collait parfaitement à « Suleyman ». J’ai donc envoyé mon roman à Philippe Ward, qui l’a accepté immédiatement et m’a donc offert ma première publication. Et je ne le regrette pas ! Rivière Blanche a beau être une « petite » maison d’édition, ils travaillent de manière très carrée, avec passion, et sans se soucier des contraintes économiques (actuellement, ils font partie des derniers à décider de publier un bouquin simplement parce qu’ils l’ont aimé, ce qui mérite d’être souligné). Et quand j’ai dû retrouver un éditeur dans l’urgence suite au décès des éditions Asgard, je me suis tourné sans hésiter vers Rivière Blanche. J’ai alors retrouvé l’inestimable plaisir de travailler avec Philippe Ward (dans l’efficacité et la sérénité) qui est vraiment un mec en or.







Bonsoir Simon,
Ravi d'avoir pu lire tes réponses et les questions de mes camarades de jeux et de lecture... Tu parles de l'écriture d'une de tes nouveaux livres dans le registre de la littérature générale... Qu'entends-tu par là ? Penses-tu qu'il faille systématiquement classifier les livres ? Cela ne les désavantagent-il t'ils pas un peu ? 


Simon :

Bonjour Olivier
Par « littérature générale », j’entends une histoire qui se déroule dans notre monde, peu ou prou de nos jours, sans élément fantastique, et qui ne ressort ni du policier ni du thriller. Les anglophones parlent de « mainstream », ce qui est peut-être un peu plus évocateur.
Je suis effectivement contre les étiquettes abusivement (et inutilement) complexes, du genre high-fantasy, dark-fantasy et compagnie. Mais elles possèdent tout de même un minimum d’importance, ne serait-ce que pour orienter (et surtout ne pas tromper) le lecteur. Le roman que j’écris en ce moment n’a strictement rien à voir, de près ou de loin avec ce que j’ai pu faire jusqu’à aujourd’hui. Cela me paraît important de le signaler car, si des lecteurs ayant aimé Karn ont également pris du plaisir à lire Suleyman et vice-versa, là c’est une autre paire de manche puisque je quitte complètement le champ des littératures de l’imaginaire au sens large. En effet, les étiquettes peuvent desservir un livre, mais elles sont également là pour guider les libraires qui vendent ces livres, il s’agit donc d’un équilibre très instable. Car le problème au fond, c’est que les libraires ont des rayons étiquetés. Par exemple, « Sur la piste de Tarzan » et « A la poursuite de Dracula » ont eu du mal à fonctionner en librairie parce que les libraires ne savaient pas trop quoi en faire. J’ai vu ces livres au rayon voyage, à celui du fantastique, et même dans un rayon photographie d’art… C’est très complexe. Sans parler des livres qui relèvent techniquement de la science-fiction, publiés en littérature générale, et qui ont été lus par des gens qui disent ne pas aimer la science-fiction et qui ignoraient même qu’ils se trouvaient justement en train d’en lire…
Bref, on est finalement un peu obligé de faire avec ces étiquettes.


Dup 


En parlant d'éditeur, tu as déjà des pistes pour ton prochain roman ? Car je suppose que de la littérature générale ne va pas trop aller avec Rivière Blanche...
Comment se passe cette phase de prospection ? 



Simon :

Salut Dup,


En effet : comme je change radicalement de registre, il va également falloir que je change d’éditeur ! Pour l’instant je me suis à peine posée la question, je préfère me concentrer sur la création et sur le défi que représente ce nouveau projet. Mais au final je ferai certainement comme tout auteur débutant : je sélectionnerai un panel d’éditeurs susceptibles d’accepter ce projet et je leur enverrai le tapuscrit. Le milieu de l’imaginaire français étant assez fermé, j’ai finalement peu de contacts au-delà de ces éditeurs, même si j’en possède un peu tout de même. Je m’apprête donc à jouer le jeu des piles de manuscrits avec la longue attente que cela implique. Ça ne me dérange pas : je suis habitué aux lenteurs de ce monde. Le délai entre la première idée jetée sur le papier et le moment où l’on tient le livre entre ses mains est tellement long (même quand on a déjà publié et qu’on travaille déjà avec un éditeur) que j’ai appris la patience. Et pendant que j’attendrai les réponses des éditeurs, j’écrirai un autre livre, c’est le meilleur moyen de passer le temps .

Phooka 

Encore moi ...
Ma question fétiche :)

Quand tu réponds à une interview, y'a t'il une question qui t'agace particulièrement ? 

Et quelle est celle que tu aimerais qu'on te pose ?



Simon :



Salut Phooka,
Eh bien pas particulièrement, en fait. D’une part parce qu’il en faut beaucoup pour m’agacer, et d’autre part parce que je suis tout à fait serein par rapport à mon activité littéraire : je n’en vis pas donc je n’ai pas de contraintes ni d’enjeu véritablement décisifs vis-à-vis d’elle. En conséquence, les interviews sont juste l’occasion d’échanger avec le lectorat et j’en suis tout à fait ravi, tout simplement, comme ici J.
Quant à la question que j’aimerais qu’on me pose… Eh bien je n’y ai jamais songé, réfléchissons… Ah voilà, j’ai trouvé ! Il ne s’agirait pas d’une question précise, et il n’y en aurait pas qu’une seule, mais il faudrait que ce soit une question qui me fasse mettre le doigt sur quelque chose, qui, en réfléchissant à la réponse à lui donner, me ferait comprendre un truc qui m’a échappé dans mes écrits. Bref, une question qui m’amène à observer quelque chose sous un aspect nouveau, à me faire progresser voire à m’orienter dans une nouvelle direction, ce qui est finalement la base de toute discussion.

TARA DUNCAN Tome 12 de Sophie Audouin-Mamikonian




Editions XO Jeunesse
Sortie le 18 septembre 2014
560 pages
19.90 euros




Tout est-il perdu ? Tara est épuisée. La puissance de sa terrible magie la met en première ligne pour lutter contre la comète qui tente toujours de dévaster les planètes démons et d'en collecter les âmes.
Lentement, mais sûrement, les sorceliers plient sous les assauts incessants.
Et les choses se compliquent, lorsque la reine des elfes est assassinée dans le Palais de Tingapour. Qui veut empêcher la reine de parler, et pourquoi ?
Sans compter que l'histoire d'amour entre Tara et Cal est suffisamment fragile pour que la jeune femme doute. Robin parviendra-t-il à reconquérir le cœur de la belle héritière ?

Envoyés en mission dans l'espace profond, Tara, le magicgang, mais aussi Archange, Maître Chem, Mourmur Duncan, Mara ou Selenba, vont déterrer un secret enfoui depuis plus de cinq mille ans.
Par une ironie du sort, Tara sera-t-elle sauvée par son pire ennemi Magister ? Ou alors est-ce encore un coup tordu du Sangrave pour dominer l'univers ?

L'ultime combat vient de commencer. Et tous ne survivront pas.


L'avis de Phooka:



Ben en fouinant sur le blog, je me rends compte que bien qu'ayant lu la série des Tara Duncan, je n'en ai chroniqué qu'un seul: le tome 8 ! Ne cherchez pas à comprendre ...

C'est avec un immense plaisir que je me suis attaquée à ce douzième et dernier tome de la série. Plaisir, mais aussi tristesse parce que c'est une série que je suivais avec assiduité, me réjouissant par avance de chaque nouvel opus.

Je ne veux pas parler de l'intrigue de cet ultime combat, ne voulant pas risquer de spoiler un lecteur qui n'aurait pas encore lu les volets précédents. Il suffit de savoir qu'une fois de plus Tara va se retrouver dans une situation quasi inextricable, qu'une fois de plus elle aura bien besoin de tous ses amis (et ils sont de plus en plus nombreux), mais qu'une fois de plus, c'est elle et elle seule, qui peut sauver le monde. Mes "une fois de plus" ne sont en aucun cas péjoratifs car ce schéma du récit est exactement ce que le lecteur attend. Tara est celle qui déclenche les catastrophes, mais aussi celle qui "sauve tout le monde à la fin". C'est comme ça depuis le premier tome et c'est très bien ! C'est sa marque de fabrique. Bien sûr, au fil des tomes, le nombre de personnages a considérablement grossi, les héros ont évolué et grandi, leur responsabilités et les dangers auxquels ils font face aussi, mais la trame reste la même.

Et bien pour une fois, figurez-vous que je ne dirais pas que du bien de ce tome-ci. Bien sûr, j'ai apprécié ma lecture, mais pas autant que les autres fois. Peut-être n'étais-je pas dans le bon "mood" pour ça, mais si j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver Tara, Cal, Moineau et tous les autres du magicgang, j'ai trouvé certains passages un peu longuets et la conclusion par contre un peu trop rapide. Cela ne m'a pas empêchée pour autant de passer un bon moment à la lecture de ce dernier opus. Cependant, ces petits défauts m'ont gênée et je n'ai pas été enthousiasmée par ma lecture avec la même intensité que pour les autres volumes de cette série. 

Dommage, mais ce n'est pas rédhibitoire non plus. J'aime toujours autant "l'humour à deux balles" de Sophie Audouin-Mamikonian et si ce dernier tome n'est pas un coup de cœur, la série dans son intégralité elle, en est un sans la moindre hésitation. Tara est une héroïne hors-norme et le monde crée par l'auteur a ce petit énorme grain de folie qui rend la lecture absolument savoureuse et incomparable. Une série à ne pas manquer !


lundi 24 novembre 2014

SATAN ÉTAIT UN ANGE de Karine Giébel




Éditions Fleuve Noir
332 pages
18,90 euros


Résumé :


Hier encore, François était quelqu’un. Un homme respectable et respecté. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fugitif qui tenterait d’échapper à son assassin. En vain. Sur la route, Paul, un jeune auto-stoppeur de 20 ans. François s’arrête. « Vous allez où ? » demande-t-il. « Je ne sais pas. Et vous ? » « Je ne sais pas non plus. »



Que cache ce mystérieux jeune homme ? Aucune importance pour François qui a désormais un compagnon de route. Malgré les blessures de l’un et les secrets de l’autre, malgré la mort et la violence, ces deux écorchés vifs vont miraculeusement s’apprivoiser et vivre un voyage qui les mènera au-delà de tout ce qu’ils avaient pu imaginer. Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout… Car la mort n’est pas forcément là où l’on pense la trouver.


L'avis de Dup :

Mon Dieu que j'aime cette auteur ! Il s'est fait attendre ce petit dernier de Karine Giébel, elle nous avait habituée à un livre chaque printemps. Et cette année 2014 a failli être une disette, mais le voilà, et cette arrivée "du nouveau Giébel" provoque en moi un panel d'émotions qui déferlent : impatience, espérance, beaucoup de curiosité et je dois l'avouer, beaucoup d'inquiétude également.


Impatience et espérance, ça tout le monde comprend. On est fan ou on ne l'est pas. De la curiosité, oui, car à chaque nouveau roman cette auteur se renouvelle. Ce n'est jamais la même chose, jamais. C'est clair qu'il n'y aura jamais de syndrome de lassitude dans son lectorat ! Alors, pourquoi de l'inquiétude ? Parce que j'aime tellement les écrits de cette auteur qu'à chaque fois j'ai peur d'être déçue. Il faut dire qu'elle met la barre tellement haut à chaque roman. Alors je vais vous rassurer de suite, j'ai adoré ce roman. Un roman noir, encore à part, impossible à comparer avec ses sept précédents livres.

Effrayé, paniqué par la terrible nouvelle qu'il vient d'apprendre, François Davin, 48 ans, avocat d'affaires à Lille prend sa voiture et part, direction le sud. Pourquoi le sud ? Pourquoi pas ! Il abandonne tout et trace la route, avalant les kilomètres, fuyant... Aux alentours de Lyon il va prendre un auto-stoppeur. C'est Paul, tout juste 20 ans, qui semble changer de lieu comme de métier, au gré des opportunités. Il n'a pas de point de chute non plus Paul, donc ils avancent, ils roulent.

Et ces deux là vont faire un bout de chemin ensemble, partageant l'habitacle de la BMW de François, les repas et les chambres d'hôtel. Contre toute attente, alors qu'un monde les sépare, un lien va se créer, fragile. Et il va falloir qu'ils le consolident, car ils en ont besoin l'un comme l'autre, mais cela va se faire dans la douleur des aveux, dans les bilans à tirer du passé.

Karine Giebel nous offre là une sorte de huis clos, sous forme de cavale, sur fond de mafia. Chacun des deux hommes a son problème, radicalement différent bien sûr, et semble vouloir le résoudre par une fuite en avant. Sauf qu'ils vont très vite se rendre compte que cela ne résout rien et qu'ils vont se retrouver devant un mur.

Inutile de vous dire que ces deux personnages sont fouillés comme il faut. C'est au fil des pages qu'ils se dévoilent et qu'on apprend à les aimer, et ces pages vont vite, trop vite. C'est la mort dans l'âme qu'on voit approcher les derniers chapitres, connaissant Karine Giébel !  Inutile de vous dire également la tonne d'émotions qu'ils charrient, très souvent en alternance d'ailleurs. C'est poignant.

Quant au sujet de fond qui y est développé, le traitement des déchets toxiques en tout genre ( chimiques, biologiques, nucléaires, hospitaliers, etc...) et ses odieuses magouilles qui en découlent, il est hélas toujours d'actualité. Certains détails dévoilés ici se basent sur des faits réels révoltants qui mériteraient d'être un peu plus connu. Mais comme d'hab, cela fait la une, cela émeut l'opinion, quelques jours. Quelques jours, pas plus. Tout retourne aux oubliettes, et l'horreur continue...

Le roman est entrecoupé par des extraits de certains poèmes des Fleurs du mal de Charles Baudelaire: Le spleen, L'horloge, Les litanies de Satan... Ils tombent bien sûr pile poil où il faut, glaçant encore plus le sang du lecteur. L'épilogue est conclu, ponctué par un passage de L'apocalypse selon Saint Jean. On déglutit et on referme sans bruit, respectueusement ce livre. Un profond besoin de silence pour le digérer...

Quant à la fin de ce roman (avant l'épilogue), la seule chose que je pourrais dire, c'est qu'elle m'a plus que surprise ! J'attends d'ailleurs vos avis sur ce point, ici ou ailleurs, sans spoiler bien sûr ! Peu aisée cette chronique d'ailleurs pour ne pas gâcher le plaisir des futurs lecteurs. Mais je m'y suis attelée, car c'est le seul auteur que j'apprécie de découvrir sans avoir lu même une phrase du résumé. Coup de cœur bien évidemment, même si le vingt sur vingt reste à Meurtres pour rédemption.



Et hop, ma première participation au nouveau challenge de Zina : Les dames en noir





dimanche 23 novembre 2014

Sortie des Héritiers de l'aube 3 de Patrick Mc Spare



3 - HANTISE


Éditions Scrinéo
400 pages
16,90 euros
Parution le 20 novembre 2014

Le pitch :

Versailles, 1672.

Des lettres saisies au décès de l'officier Sainte-Croix déclenchent un scandale retentissant : poisons, vengeances

et messes noires gangrènent la cour de Louis XIV.
Débarqués de Londres, les Héritiers se retrouvent aux abois. Privés des talents d'Alex et de Laure, blessée, ils ont peu d'espoir de conquérir la Pierre d'Émeraude. Seul un Primo-Sorcier pourrait les aider, mais le comte de Saint-Germain est censé naître dans vingt ans. Au coeur de ce monde fait d'intrigues, d'autres démons que les Fomoré perpétuent le Mal. Nos héros vont l'apprendre à leurs dépens, un maître des rituels satanistes se moque de la mort.


La chronique du premier tome par dame Phooka ICI



samedi 22 novembre 2014

Sortie de La Musique du silence de Patrick Rothfuss


La Musique du silence
de Patrick Rothfuss



Editions Bragelonne
Sortie le 19 novembre 2014
Editions reliée
Roman traduit par Colette Carrière et illustré par Marc Simonetti.
20 euros
192 pages


Une magnifique édition collector relié à tirage unique. Parmi les nombreuses rencontres de Kvothe, la plus attachante est sans doute celle d Auri. Cette jeune femme au caractère à la fois sauvage, enfantin et précieux reste voilée de mystère. Le regard qu elle porte sur le monde semble percevoir bien plus que celui du commun des mortels. Bientôt elle reverra Kvothe et il faudra lui offrir un présent, il est temps de se mettre en quête. Laissez-vous entraîner dans le Sous-Monde et découvrez l univers du personnage le plus touchant du Nom du vent.

vendredi 21 novembre 2014

Sortie du Haut-Royaume T2 de Pierre Pevel





Haut-Royaume T2 L'Héritier




Editions Bragelonne
Sortie le 19 novembre 2014
25 euros




Après les derniers événements qui ont déchiré le Haut-Royaume, le prince Alan a pris le commandement de la garde d Onyx, garante de l autorité du souverain. Mais la reine, aussi ambitieuse qu impitoyable, est bien décidée à gouverner à la place de son époux mourant. Menacé par la guerre civile et les luttes de pouvoir, le royaume se trouve plus divisé que jamais. Les desseins du Dragon du Destin sont obscurs, mais ils finissent toujours par s accomplir

jeudi 20 novembre 2014

JUNE 2 de Manon Fargetton



2 - LE CHOIX


Éditions Rageot
348 pages
7,70 euros


Résumé :

"Le temps joue contre moi, contre nous, contre tout ce qui vit. Je dois aller au bout. Je ne peux pas m'arrêter en route, pas maintenant."

Je m'appelle June, j'ai quinze ans. Je suis la dernière héritière des Sylphes et la seule à pouvoir rétablir l'harmonie dans un monde où le chaos domine. Trois sources doivent être réactivées. Avec mon frère Locki et mes compagnons, il me faut à présent me mettre en quête de la deuxième. Mais nos ennemis sont partout, y compris dans ces tours de verre qu'il nous faut infiltrer, pleine de fous et de dangers, d'espoir et de musique...



L'avis de Dup :

On retrouve June dans l'île du nord, qui file le parfait amour avec Jonsi, cet artiste et poète. Pourtant des nuages s'amoncèlent sur son bonheur. Il lui reste deux autres sources à libérer. Elle doit partir, la mort dans l'âme... et le lecteur aussi. 

L'auteur retranscrit très bien les sentiments et du coup, la première partie de ce tome qui concerne le voyage de June, Locki et leurs compagnons est triste et pleine de colère. Heureusement, il y a aussi beaucoup d'actions, de batailles contre les Oldariss, ces guerriers des forces du chaos.

Puis nous arrivons au terme de ce voyage en bateau volant et c'est la seconde partie. Et c'est un bien singulier endroit qui nous attend. Deux peuples y vivent, côte à côte et complètement séparés. Au sol, les pauvres qui survivent dans la misère et la boue, canalisés par une milice armée. Une milice qui protège les riches qui vivent dans cinq immenses tours de verre, magnifiques et lumineuses. Leur vie n'est que fêtes et insouciance.

C'est dans cette partie que l'on mesure toute l'ampleur de l'imagination de Manon Fargetton. Les descriptions de ces tours et leur fonctionnement est surprenant. Avec une plume toujours juste, elle nous décrit le désespoir, la fatalité ou la rébellion du peuple opprimé. On sait pertinemment qu'elle manipule nos sentiments au travers ceux de June, mais ça marche quand même ! Il y a des scènes très émouvantes, d'autres révoltantes, provocatrices même qui ne manqueront sûrement pas de faire réagir nos ados à qui ce livre est destiné ! 

Ce qui m'a beaucoup plu également dans ce tome 2, c'est qu'il est plus souvent question des Veilleurs et de leur rôle d'observateur. Du coup ces personnages à peine évoqués et mystérieux au volume 1 sont approfondis et on apprend à les aimer, et ces passages les concernant se dévorent. Et même si on ne comprend encore pas tout ce qu'ils cachent, on sent bien qu'on se rapproche des explications finales. Ce questionnement permanent est fort bien entretenu.

Donc si on résume tout ça, cela donne un suspense permanent, de l'action très souvent, un décor imaginaire de folie, des sentiments partagés par des personnages de plus en plus attachants, le tout servi par une plume agréable. Que vous faut-il de plus pour être convaincu ? June est une série pour ado qu'il faut lire, que l'on ait l'âge requis ou plus, bien plus même ! En tous cas j'attends la fin de cette trilogie avec impatience.


La biblio de Manon Fargetton sur Bookenstock :


mercredi 19 novembre 2014

Challenge LES DAMES EN NOIR



C'est QUI l'incorrigible qui s'inscrit partout et ne réussit jamais ?
C'est DUP !

La responsable ?
Encore ZINA 

Son nom ?
Les dames en noir

Son logo ?

Le principe ?
Lire des polars, des thrillers, des romans noirs écris par des dames.

Le timing ?
Jusqu'au 31 décembre 2015.

Vous voulez vous inscrire ?
C'est ICI ou


Quand je vois le trombinoscope là au-dessus, j'en connais déjà un paquet :))
Bon, ce coup-ci ça devrait le faire, qu'en pensez-vous ?
D'autant qu'il n'y a pas de grade, pas d'objectif de quantité.
Tranquille ballade, fingers in the nose =D


Résultats du concours ENDGAME



Merci à tous pour vos participations !
Nombreux vous avez été ! Oo

Est-ce parce qu'il n'y avait pas de questions pièges ?
Est-ce parce que l'appel d'Endgame (avec jeu de mots) est plus fort ?

Bref, je ne saurai pas, mais on s'en fout

The results now !

Recevront



TISHADOW
WOLF'S RAIN
LE COIN D'AUDREY

Bravo à eux !

Pour les autres, restez par là... GpP 2014 en approche ;)




mardi 18 novembre 2014

LE NŒUD DE LA SORCIÈRE de Deborah Harkness (concours inside)



Le livre perdu des sortilèges
Tome 3



Editions Orbit
576 pages
19.90 euros
sortie le 15 octobre 2014




Après un séjour en 1590, Diana Bishop et Matthew Clairmont reviennent dans le présent pour affronter d’anciens ennemis et de nouveaux dangers. Dans le domaine familial de Sept-Tours, la sorcière et le vampire vont retrouver amis et membres de leur vaste clan – à une exception près. Une terrible menace pèse sur leur avenir, et elle ne se dissipera que s’ils parviennent à récupérer les pages manquantes de l’Ashmole 782. Mais ils ne sont pas les seuls engagés dans cette quête, or le temps presse, car la grossesse de Diana arrive à son terme et Matthew a de son côté décidé de défier la Congrégation qui régit la vie de toutes les créatures surnaturelles.


De vieux châteaux en laboratoires universitaires, s’appuyant sur des savoirs séculaires aussi bien que sur les sciences modernes, depuis les collines de l’Auvergne jusqu’aux palais vénitiens, Diana et Matthew, décidés à protéger leur amour défendu coûte que coûte, finiront par découvrir le secret extraordinaire que les sorcières ont percé voilà des siècles et des siècles.



L'avis de Phooka:



C'est un immense plaisir que de retrouver Diana et Matthew dans ce troisième opus. Cette fois-ci, nous sommes de retour dans notre monde "moderne" après l'incursion dans le XVième siècle du tome 2. Nous retrouvons les lieux familiers déjà visité au cours du premier volume de la série, avec cette impression d'être dans un endroit connu et "rassurant" avec des gens que l'ont connaît depuis longtemps.

Et pourtant nos héros ont bien changé, enfin surtout Diana. Cette jeune femme dynamique mais inoffensive dont nous avions fait la connaissance et que nous avions appris à aimer, est devenu une sorcière aux pouvoirs quasi sans limites. Elle-même ignore ses propres capacités et elle doit porter une constante attention pour ne pas laisser ses pouvoirs lui échapper. Ça, plus le fait que son corps gorgé de magie, irradie, rend ses facultés bien difficiles à cacher. Et pourtant, personne ne doit savoir ce qu'elle est devenue. A côté d'elle, Matthew, son mari et père de ses enfants, semble bien frêle. Quand on sait qu'il est l'un des plus dangereux vampires de sa génération, on comprend le danger que peut représenter ce couple aux yeux des autres créatures.

Mais leur vie n'est pourtant pas simple. Matthew est atteint d'une "anomalie congénitale" qui peut être transmise à ses "enfants" (les guillemets sont là parce que dans le cas des vampires, le terme "enfant" a une signification un peu faussée). Diana et Matthew étant à la base des scientifiques, ils vont tout faire pour essayer de comprendre l'origine de cette anomalie et, dans le meilleur des cas, y trouver un remède. Pour cela, ils pourront compter sur une large palette d'amis et de membres de leurs familles. Et ils en auront bien besoin vu les montagnes de difficultés et les dangers auxquels ils vont se retrouver exposés. Leur ennemis sont eux aussi puissants ...

Bref, ceux qui n'ont pas lu la série ne vont rien comprendre à ce qui précède, ceux qui l'ont lue n'ont pas besoin que je leur ré explique.
Sachez seulement que c'est une trilogie qui se lit avec un immense plaisir. Le lecteur s'attache énormément aux personnages qui ont tous leurs spécificités. Nous sommes loin des héros stéréotypés, vampires, sorcières et cie. Ces héros là sont pleins de nuances et de subtilités. 

Une mention spéciale à Gallowglass, un vampire qui m'a vraiment touchée. Plus "humain" que Matthew, plus "fragile" aussi (toujours avec des guillemets puisqu'on parle de vampire, une fois encore la notion de fragilité est toute relative), il a su m'émouvoir bien plus que tous les autres. Mais je pourrais aussi citer Jack, un autre vampire vraiment pas comme les autres.
Bref, ce que je tiens à mettre en avant c'est que les protagonistes de ce récit sont tous touchants, passionnants, pleins de failles et de forces. 
De plus la longueur de la trilogie, composées de tomes très denses et qui se lisent avec lenteur, donne le temps au lecteur de s’imprégner de l'atmosphère et de se lier aux héros.

Sachez aussi, que la sorcellerie issue de Diana est un mélange de classicisme, avec potions et sorts, mais auxquels se rajoutent des pouvoirs très atypiques, à base de "cordes" et de "liens", ce qui explique le titre de ce troisième volume. En tout cas, une fois de plus l'auteur a su faire preuve de créativité et d'originalité. Ce mélange de pouvoirs "connus" et "inconnus" du lecteur est vraiment savoureux.

Cette série n'est pas le genre qui se dévore en un clin œil, elle est plutôt du style de celles qui se dégustent avec lenteur pour en apprécier tout le charme. 

En tous les cas, c'est une série qui a su me séduire et que j'ai pris énormément de plaisir à lire. Bien que "finie", la conclusion de ce récit est suffisamment ouverte pour espérer un jour en lire une suite, ce qui me réjouit fortement.

Évidemment ce "Nœud de la sorcière" est un coup de cœur, mais je tiens aussi à préciser que ce coup de cœur va à la série dans son intégralité.


Et hop, pour finir :



J'ai reçu deux exemplaires de ce roman par erreur, je vous propose donc d'en gagner un que je vous enverrai.
Pour le gagner, il suffit de nous envoyer à l'adresse habituelle bookenstock.concours@gmail.com, votre nom, adresse, votre pseudo si vous en avez un. 
Concours réservé à la France métropolitaine (frais de port obligent ... :( )
La seule chose qu'on vous demande, c'est de nous dire ce que vous avez pensé des tomes précédents et qui sont vos perso préférés (il est évidement que si vous jouez pour gagner cet exemplaires c'est que vous connaissez déjà la série)
On privilégiera nos lecteurs habituels, don't panic nous saurons vous reconnaître. 
Nous ne sommes pas responsables si votre livre se perd dans les méandres de la poste et nous n'accepterons aucune réclamation.
Date limite pour participer : 30/11/2014 minuit