mardi 24 octobre 2017

SÉNÉCHAL de Grégory Da Rosa (Phooka)

Tome 1




Éditions Mnémos
320 pages
19,50 euros




« Sénéchal, la ville est assiégée ! »



Telle est la phrase que l’on m’a jetée sur le coin de la goule. Depuis, tout part à vau-l’eau. Oui, tout, alors que ce siège pourrait se dérouler selon les lois de la guerre, selon la noblesse de nos rangs, selon la piété de nos âmes. Nenni.


Lysimaque, la Ville aux Fleurs, fière capitale du royaume de Méronne, est encerclée et menacée par une mystérieuse armée. Et pour le sénéchal Philippe Gardeval, ce n’est que le début des ennuis. Suite à l’empoisonnement d’un dignitaire de la cité, il découvre que l’ennemi est déjà infiltré au sein de la cour, dans leurs propres rangs ! Sous quels traits se cache le félon ? Parmi les puissants, les ambitieux et les adversaires politiques ne manquent pas ; le sénéchal devra alors faire preuve d’ingéniosité pour défendre la ville et sa vie dans ce contexte étouffant d’intrigues de palais.






Je me suis lancée dans cette lecture sans la moindre idée de ce dont parlait le roman. La seule chose que je savais c'est que Dup l'avait adoré, qu'elle n'était pas la seule et que Gregory Da Rosa rencontré aux Oniriques était un tout jeune auteur. Voilà ... C'est déjà pas mal me direz-vous !

Je me suis donc lancée, assistant au réveil de ce fameux Sénéchal à la première page du roman. Réveil en fanfare si l'on peut dire car on lui apprend que sa ville, Lysimaque, est assiégée. 
Vont alors commencer les trois jours constituants ce récit. Trois jours, oui seulement trois jours pour un roman. Mais trois jours incroyablement intenses pendant lesquels les heures défilent lentement apportant chacune leur lot de surprises.

Je ne vais pas m'étendre sur le récit, car d'autres l'ont déjà fait (dont Dup évidemment). Ce que je retiens moi, c'est le culot de ce jeune auteur débutant de créer un personnage tel que notre Sénéchal. Un homme vieillissant, dont les capacités de guerrier commencent à décliner légèrement, mais qui par contre a toute sa tête.  Philippe Gardeval, le Sénéchal donc, est le deuxième homme du royaume, mais il n'en reste pas moins un roturier, ce que ne manquent pas de lui faire remarquer la plupart des nobles alentour. Il en conçoit une aigreur certaine et garde comme ambition profonde d'être un jour anobli, lui ou son fils au moins. Son énorme atout c'est son intelligence. Comme le dit si bien Roufos, Gardeval pense tout le temps. Mais ce qui fait réellement sa force c'est son amitié de toujours avec le roi. Ils sont amis d'enfance et seul le sénéchal peut calmer ses colères homériques. En effet, si le roi est reconnu pour son courage, sa réputation fait surtout référence à sa propension à s'emporter pour un oui ou un non.

Le deuxième point sur lequel je souhaite insister c'est donc la temporalité du récit. Trois jours, comme dit précédemment. En cela, je repense aux héros d'Abercrombie dont les 850 pages racontent trois jours de bataille. Oui mais là, de bataille, il n'y en a point. Parce que oui le siège est annoncé, oui des armées campent à l'extérieur des murailles, mais il ne se passe pas la moindre escarmouche pendant ce premier tome. Ce contre quoi le Sénéchal va devoir se battre, ce sont les dangers intérieurs. Les complots et les trahisons, mais plus bassement aussi les "petits conflits" de tous les jours dont l'ampleur est exacerbée par les circonstances.

Le récit est à la première personne, car en fait nous lisons le journal du Sénéchal. Tout y est rapporté avec la plus grande précision. Il nous raconte à sa façon le déroulement des faits. Et c'est encore là un coup de maître de l'auteur, le langage utilisé est constitué pour beaucoup de vieux français. C'est absolument délicieux! J'en vois déjà qui se disent que ça va être pénible à lire. Que nenni !! L'astuce trouvée par l'auteur c'est que lors des batailles et autres scènes d'action dites "rapides", le langage est tout à fait accessible, ne nuisant donc en aucun cas à la rapidité de lecture. Cependant lors des digressions et autres envolées lyriques du Sénéchal, il utilise alors un langage plus fleuri qui, en plus d'être "immersif" donne une touche incroyablement colorée aux écrits.

Bref, je vais arrêter d'être dithyrambique sur ce roman, mais je dois reconnaître que je suis totalement bluffée par le talent et la maîtrise de Gregory Da Rosa. Quand je pense que c'est un premier roman ...

Sénéchal est un roman à lire et à savourer. Un récit de Dark Fantasy moyen-ageux, plein de gouaille et de suspense. Un délicieux mélange de batailles, de trahisons et de complots, le lecteur est immergé dans cette ambiance lourde et pesante du "pré-siège". Je suis bien contente d'avoir le tome 2 sur mon étagère !

7 commentaires:

  1. J'avais déjà entendu du bien de ce livre, mais je n'avais pas trop compris de quoi ça parlait. Tu combles cette lacune et tu me donnes très envie de le lire!

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    1. J'espère qu'il te plaira autant qu'à moi

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  2. Faudrait arrêter d'alimenter ma whish-list comme ça ^^

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    1. Oh, tu sais Thrr-Gilag, tu as mis le doigt dans un engrenage fatal par ici :)

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  3. Pour ma part, je n'avais pas accroché à cause des longueurs (je m'attendais à un récit plus rythmé du fait de sa surée de trois jours). Mais, je dois reconnaître que c'est bien écrit.

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  4. Je partage amplement ton avis... les dernieres pages ouvrent des perspectives interessantes avec le fiston. J ai franchement hâte de mieux connaître le monsieur d ici quelques jours ! ;)

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