jeudi 31 mai 2018

mercredi 30 mai 2018

LA CITÉ EXSANGUE de Mathieu Gaborit





Éditions Mnémos
245 pages
18 euros


4ème de couv :

Abyme, ville merveilleuse et baroque, est aussi l’unique cité des Royaumes crépusculaires où les peuples mortels peuvent cohabiter avec les démons et leurs seigneurs infernaux… Jusqu’à aujourd’hui. Après dix ans d’absence, Maspalio, farfadet flamboyant et ancien Prince-voleur de renom revient dans sa cité de coeur sur une énigmatique injonction de son ancienne amante Cyre. Mais dès son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Abyme a changé et souffre d’une mystérieuse affliction. Aspiré dans un tourbillon de mésaventures, l’arrogant Maspalio devra se révéler d’une improbable humilité pour venir à bout des fléaux qui s’abattent sur lui et les siens…

Avec cette oeuvre située dans le même univers qu’Agone ou Abyme, titres comptant parmi les grands romans fondateurs de la fantasy française, Mathieu Gaborit nous emmène battre le pavé de cette cité fantasque, à la fois sublime et tragique. Dans cette course effrénée, on rencontre des personnages cabossés, on virevolte de toit en toit, on échappe de peu à la milice, on laisse des cendres derrière soi. Une nouvelle fois, Mathieu Gaborit signe un récit exceptionnel, halluciné et semblable à aucun autre, où démesure rime avec aventure.








2018 sera pour moi une année remarquable car elle signifiera avant toute chose le retour de Mathieu Gaborit à l’écriture. Comme je l’attendais ce retour ! Comme je l’espérais ! C’est pour moi le maître incontesté de la fantasy française, même s’il doit aujourd’hui partager son trône avec Jean-Philippe Jaworski que j’ai découvert entre-temps. Son absence de publication me peinait cruellement.

Et voilà, je suis comblée : 1) il revient. 2) en Abyme. 3) et sur la couverture il y a écrit Tome 1. Hiraaaaaaaaaa ! Oui parce que Abyme c’est quand même LE must de Mathieu Gaborit. Une véritable ode à l’imaginaire flamboyant que cette cité baroque, loufoque, décadente. Je pourrais continuer longtemps à lui aligner des qualificatifs tant cette ville m’a marquée profondément. Je le disais dans ma chronique d'alors, tout, vraiment tout est plaisant dans ce roman.

Mais voilà, je suis aussi atterrée que Maspalio par ce retour et ce que j’y découvre. Maspalio, notre petit farfadet, s’était retranché depuis 10 ans au fond des Abysses pour goûter à une retraite paisible en compagnie des démons, loin des intrigues de la ville. Il suffira d’une lettre alarmante de Cyre, son amour de toujours, qui craint pour l’avenir de son orphelinat pour qu’il accoure. Il est vieux Maspalio, le muscle raide et les articulations grinçantes, mais il y a toujours le verbe haut, la répartie qui fuse et cingle.

Et donc, au gré de cette nouvelle enquête que va entreprendre notre vieux farfadet, nous allons à nouveau arpenter Abyme. Retrouver ses quartiers, ses rues, ses canaux, ses quais, la folie de sa Grande Place, c'est juste jouissif. Certains changements sont subtils, d’autres radicaux. La main mise de l’Acier est partout, il faut des autorisations pour tout, même pour franchir les portes de la cité. Le palais des Gros est nettoyé ! Plus une seule fiente dessus ! Et les Gros, ces géniaux visionnaires et voyeurs, éleveurs de salanistes dans leurs replis, enfermés et mis au régime de force !!! Maspalio et le lecteur vont faire sans cesse des découvertes, et ce, pendant les 250 pages de ce roman. Cela n’arrête pas. Là je viens juste de vous dévoiler quelques pages seulement.

Cette cité, bel et bien exsangue, Mathieu Gaborit nous la décrit avec toujours autant de panache, même dans ses aspects les plus meurtris. Quelle imagination bondissante, de détails en noms, de noms en coutumes, de coutumes en usages. Abyme est de plus en plus travaillée, fouillée, on y explore de nouveaux quartiers même, comme cette mangrove entretenue en pleine ville, par et pour les lutins. Que du bonheur !

La cité exsangue est un concentré de bonheur qui vous procurera un panel d’émotions intenses en seulement 250 pages. Joie, peine, stupeur, effroi, colère, satisfaction. Car si je n'ai en bouche que le mot Abyme, l'intrigue développée par l'auteur est loin d'être en reste. Courses poursuites, bastons, magouilles et invocations de démons, tout est au programme de cette nouvelle aventure. C’est énorme ! À découvrir de toute urgence !
Ma fascination pour la cité d'Abyme me pousse à vous suggérer de lire Abyme avant ce roman, cependant La cité exsangue peut être découverte en premier. Vous aurez une vision différente d'Abyme ...mais lisez quand même Abyme, avant ou après, je m'en fous, mais lisez-le !



mardi 29 mai 2018

[Audio] REBECCA KEAN tome 1 de Cassandra O'Donnell


Tome 1: Traquée



Lu par : Caroline Klaus
Série : Rebecca Kean, livre audio 1
Durée : 11 h et 25 min
Version intégrale Livre audio
Date de publication : 13/07/2016
Langue : Français
Éditeur : Audible Studios



Nouvelle-Angleterre, Burlington... Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains.

Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu'il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de renseignements fournis par l'office de tourisme. Maudit soit-il...








Depuis bien longtemps je voulais découvrir cette série. D'abord parce que le sujet avait l'air fun et sympa et aussi - et surtout- parce que l'action se passe à Burlington dans le Vermont. Un endroit que je connais pour y être passé plusieurs fois.Et s'il y a bien un lieu où je n'imaginais pas un récit plein d'action, c'est celui-ci ! :)
J'avais donc acheté les deux premiers tomes lors de leur sortie il y a bien longtemps ... oui mais voilà (chanson connue) ma PAL étant ce qu'elle est, je ne trouvais jamais le temps de  les lire. Puis un beau jour, en feuilletant le catalogue d'Audible, je tombe sur une version audio de cette série. Je n'y avais même pas pensé un instant, mais ni une ni deux, je savais que c'était pour moi.

Je ne vais pas revenir en détail sur l'intrigue, car ça a été fait des dizaines de fois dans des chroniques. En grandes lignes, le récit est fait à la première personne par Rebecca Kean. Rebecca est une sorcière de guerre, mais ça, personne ne le sait car elle est en fuite et elle cache son secret le mieux possible. Elle vit avec sa fille Léo. Une vie normale, la plus paisible possible ... ou presque. Elle est originaire de France, vit à Burlington et enseigne à l'université. Sa meilleure amie Beth est ...un loup- garou.

Donc là ça se complique évidemment. On se rend compte que tout n'est pas si paisible à Burlington. Le calme et la sérénité perçues ne sont juste qu'une image de surface, car dans les coins plus sombres de la ville et de ses environs pullulent les créatures de toutes sortes. Ces créatures sont dirigées par un conseil et interagissent le moins possible avec les humains. Tout se passait très bien dans le Vermont jusqu'à ce que certaines créatures se fassent enlever: un démon, un loup-garou et une poisonneuse. Or enlever de telles créatures n'est pas donné à tous.

Bon quel rapport avec notre Rebecca donc ? En fait, peu de temps auparavant Rebecca a rencontré "par hasard" Raphael , un très vieux vampire qui se trouve être le chef du secteur. Son anonymat est donc fortement compromis, même si Raphael a promis de ne rien dire. Mais quand les enlèvements ont lieu, provocant une crise entre les différentes confréries, Raphael ne peut que penser à Rebecca pour être leur "enquêtrice en chef" . En effet, qui de mieux qu'une sorcière peut enquêter sachant que Rebecca et les siennes détestent toutes les autres confréries au point d'avoir été en guerre contre eux. Bon, ce n'est pas uniquement pour ses qualités d'enquêtrices que Raphael en a après la sorcière mais ça hein, vous l'aurez deviné.

Évidemment notre Rebecca Kean est mignonne, évidemment le Raphael est à tomber, et il n'est pas le seul du genre. On pourrait imaginer une histoire vue et revue, ce qui n'est pas faux, mais celle-ci a le mérite d'être complexe et d'y faire participer un nombre de protagonistes aussi large que varié. Des héros sympathiques ou pas, mais souvent bien troussés. Rebecca est une sorcière, mais aussi une mère et elle doit donc gérer sa fille, ce qui n'est pas banal, avouez-le!

Le récit est mené tambour battant avec beaucoup d'humour et d'apartés. Rien d'extraordinairement novateur, mais le tout est sacrément bien ficelé, plein de suspense, de surprises et de charmantes rencontres (ou pas ...).

Côté audio, la lectrice, Caroline Klaus rentre dans la peau de Rebecca Kean. Le récit étant à la première personne du singulier, elle EST la sorcière et y réussi sacrément bien. Le ton, l'humour décalé, le côté désabusé et surtout sa cruauté parfois nécessaire, tout est parfaitement rendu. Ce qui surprend au début dans ce livre plein de dialogues, ce sont les voix masculines. Beaucoup de beaux mâles rodent autour de Rebecca et la lectrice adopte des tonalités différentes pour chacun. Voix enjoleuses ou menaçantes. Au début, l'impression est étrange. Ces voix d'hommes un peu caricaturales par une voix féminine. Et puis, on s'y habitue et même on les reconnaît. Chaque personnage a sa propre tonalité et c'est une belle réussite. A tel point d'ailleurs que je ne me vois pas lire Rebecca Kean maintenant, il me faut la suite en audio.

Côté récit Rebecca Kean est beaucoup plus complexe qu'on peut le penser au départ. C'est pas "juste de la bit-lit". C'est péchu, drôle souvent, très dur parfois aussi. Une lecture enlevée et pleine de pep's. Côté audio, Caroline Klaus nous fait vivre les personnages avec beaucoup de maîtrise. C'est un audiolivre très agréable car le rythme est rapide, le récit facile à suivre. Le truc idéal pour vos ballades ou votre jardinage. Totalement conquise à la fois par le livre et par le concept.


lundi 28 mai 2018

[Audio] GAGNER LA GUERRE de Jean-Philippe Jaworski









Durée : 35 h et 54 min
Version intégrale Livre audio
Date de publication : 02/06/2016
Langue : Français
Éditeur : Audible Studios


Le pitch :



"Gagner une guerre, c'est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d'orgueil et d'ambition, le coup de grâce infligé à l'ennemi n'est qu'un amuse-gueule. C'est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l'art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c'est au sein de la famille qu'on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c'est plutôt mon rayon...". 



Gagner la guerre est le premier roman de Jean-Philippe Jaworski. On y retrouve avec plaisir l'écriture inimitable de l'auteur des nouvelles de Janua vera et don Benvenuto, personnage aussi truculent que détestable.





Alors que je me suis offert l’an dernier aux Imaginales la superbe édition des Moutons électriques de ce roman, je continue ma découverte des écrits de Monsieur Jaworski avec la version audio tant je suis sous le charme du narrateur Jean-Christophe Lebert. Le pavé de 682 pages s’est donc transformé en 36 heures d’écoutes merveilleuses.

Monsieur Jaworski et Monsieur Lebert c’est le combo gagnant !

Je n’ai pas lu Janua Vera qui est pourtant le tome 1 de cette série « Récits du Vieux Royaume » qui est un recueil de nouvelles, mais cela ne nuit en rien pour la compréhension de cette histoire.
Adieu la Gaule et ses tribus celtiques de la série « Rois du monde », ici Jean-Philippe Jaworski nous plonge dans un univers médiéval italien teinté de renaissance où l'art, et notamment la peinture prend une belle place. 

Nous découvrons la fabuleuse Cité-État de Ciudalia sise en bord de mer où le climat y est doux. Ciudalia est dirigée par deux podestats élus, dont le podestat Leonide Ducatore, responsable militaire de la défense de la cité. Lorsque le roman débute, ils viennent de gagner la guerre contre le royaume de Ressine dont les descriptions rappellent fortement l’empire Ottoman. Le personnage principal et narrateur est Don Benvenuto Gesufal qui est l’exécuteur des basses œuvres du podestat. En effet ce dernier, machiavélique et retors, magouille en permanence pour faire main basse sur la totalité du pouvoir ciudalien. Cette guerre n’était rien moins qu’une mise en scène servant ses desseins, et ce faisant, il va engluer Don Benvenuto dans ses intrigues politiques.

Don Benvenuto, c’est LE personnage charismatique à l’état pur, une des meilleures fine lame de Ciudalia, belle gueule (un peu cassée tout de même), cabotin voire grande gueule, ce qui lui jouera plus d’un tour. Avant d’être au service du podestat, il appartenait à la Guilde des Chuchoteurs (assassins, voleurs). Il nous compte donc ses aventures et au fil des pages il endossera bien des statuts : homme de main, héros de guerre, puis traître, puis brièvement prisonnier, puis fugitif (Rhooo ce chapitre entier sur l’évasion de Benvenuto du palais par les toits puis les ruelles de Ciudalia, je l’ai écouté deux fois tellement j’ai adoré), puis exilé, puis hors-la-loi, puis.… tellement de casquettes ! Et il les porte si bien, ce personnage croustillant avec son humour noir et cynique. C’est un régal de suivre ses péripéties, on ne s'ennuie pas une seule seconde.

Ce que j’adore aussi c’est que de temps en temps, au détour d’une action, d’une réflexion, Benvenuto nous apostrophe avec un "Vous vous doutez bien que..."  ou un "Non ne riez pas !" Et puis, page 435 il y a tout un paragraphe consacré entièrement à une diatribe nous concernant nous lecteurs, et le délice c’est qu’il nous imagine (et nous aussi du coup) vivant à son époque !
« Et vous, oui, vous ! mon très cher lecteur ! Vous vous prélassez bien au chaud, sur votre coussiège favori ou dans la cathédre de votre cabinet de lecture, en tournant d’une main indolente les pages de ce volume où je risque bien de perdre ma santé, ma vie, sans compter ma réputation. Est-ce que vous mesurez seulement ce que j’ai sué, d’angoisse et de labeur, sur l’ouvrage que vous avez le culot de parcourir comme un conte divertissant ? Vous vous rendez compte de ce que je risque, à vous dévoiler ainsi les dessous de la politique ciudalienne ? Vous croyez peut-être que je fais ça uniquement par plaisir ? Ou par malveillance ? Vous croyez qu’on accouche d’un pavé pareil seulement pour l’agrément de cafarder ?
Tant de légèreté, tiens, ça me dégoûte !
Alors pour l’épopée du sorcier et de ses deux primates, vous repasserez. Moi j’en ai ma claque, de l’historiographie !
Et estimez-vous heureux que je vous raconte la fin de mon histoire, à moi !
Face à tant d’ingratitude, je pourrais bien tout laisser en plan ! »
Tout cela clamé, voire vociféré par un narrateur parfait. C'est la première fois que j'adore me faire engueuler ! :))

La plume de l’auteur est toujours aussi savoureuse, riche et recherchée, qui n’empêche pas certains jurons bien enlevés et des passages en argot franchement savoureux. Que l’on soit dans la narration ou dans l’action, Jean-Philippe Jaworski sait capter en permanence l’attention de son lecteur. Je serai sûrement allée plus vite en le lisant, c’est sûr, mais je ne regrette en rien de me l'être laissée conter par cet excellent narrateur qui m’a captivée du début à la fin.

On est bien dans de la Fantasy néanmoins. Benvenuto fera route pendant quelques chapitres avec Sassanos le mage nécromant du podestat dont les pouvoirs sont pour le moins surprenants. On n’y croisera également un nain et deux, trois elfes qui nous offrirons quelques poèmes délicieux.

Gagner la guerre est un merveilleux coup de cœur. Don Benvenuto surpasse largement Bellovèse dans mon cœur, son côté canaille sans doute :))  Je ne peux que vous conseiller de vite le découvrir, si ce n’est déjà fait. Choisissez votre support, audio, papier ou numérique, mais découvrez de toute urgence Don Benvenuto. Personnellement je vous conseillerai l'audio-livre qui est en tous points remarquable !

vendredi 25 mai 2018

COMPLOT de Nicolas Beuglet





Éditions XO
490 pages
19,90 euros


4ème de couv :

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.
Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.
Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…
De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…






Après l'affaire plus que mouvementée du patient 488, dans Le cri, Sarah Geringën goûte enfin aux joies d’une vie paisible en famille puisqu’elle vit désormais avec Christopher et l’enfant adoptif de ce dernier, Simon. Mais le répit ne sera que de courte durée. Un hélicoptère des forces spéciales va venir l’arracher à ce cocon près d'Oslo pour l’embarquer à l’autre bout de la Norvège, Vardø. La ville la plus au nord de ce pays : juste après Vardø, c’est la Russie... Ses capacités exceptionnelles d’enquêtrice sont requises : la première ministre norvégienne vient d'être assassinée.

Sarah va sentir des pressions de sa hiérarchie pour conclure son enquête dans une direction qu’elle n’est pas sûre de vouloir prendre. La mise en scène symbolique de ce meurtre, la personnalité cachée de la victime qui se dévoile sous ses yeux et des tas d’autres indices vont la diriger sur une autre piste. On va tenter de la dissuader, même de la destituer de l’enquête, mais... vous avez déjà vu un pitbull lâcher sa proie vous ?

Dès lors cela va devenir une course contre la montre au cours de laquelle il lui faudra résoudre des énigmes. Christopher va la rejoindre et ensembles ils vont voyager : à Byblos au Liban, la plus vieille ville de l'humanité, en Allemagne, puis au Vatican en plein conclave, sur les traces d’un tueur fanatique et déterminé.

Nicolas Beuglet enchaîne les scènes d’action, tout en étayant le complot qu'ont mis à jour Sarah et Christopher par leurs déductions. Trois femmes s'apprêtent à dénoncer une manipulation majeure de l’Humanité qui remonte à des millénaires, mais que je vous laisse découvrir. Comme toujours avec cet auteur, les éléments de son intrigue sont creusés, étayés historiquement et scientifiquement,  et les interprétations bibliques donnent bien du grain à moudre !  

Quant au personnage de Sarah qui s’étoffe encore plus, elle devient de plus en plus passionnante. Il y a en elle une dualité intéressante. Elle est avide d’une vie calme et rangée auprès de sa toute nouvelle famille, mais en même temps tout ceci devient secondaire, annexe dès lors qu'elle est sur la piste d’un tueur. Son devoir vis-à-vis des victimes prime sur tout le reste. Nicolas fait en sorte que plus on la côtoie et moins on la comprend. Elle nous cache encore beaucoup de choses, notamment l'origine de ses crises d’angoisses qui peuvent être paralysantes. Donc forcément, on ne pourra que la retrouver dans le prochain roman de l’auteur, et j’espère rapidement car il faut avouer qu’on la laisse en fort mauvaise posture... Quel retournement cette fin, wow !!!

Complot est un roman bourré d’action, mais où celle-ci ne prime pas sur la réflexion. Un roman qui met au cœur de son intrigue la place de la femme dans la société actuelle, celle qu’elle avait, celle qu’elle revendique. Nul doute qu’il trouvera son public de passionnées.

jeudi 24 mai 2018

HAZEL WOOD de Melissa Albert





Editions MILAN
Date de parution: 25/04/2018
462 pages
17.90 euros


« Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood. »

Ces quelques mots laissés par la mère d’Alice juste avant son enlèvement scellent à tout jamais le destin de la jeune fille.

Hazel Wood, la résidence légendaire d’Althéa Proserpine, auteur des célèbres « Contes de l’Hinterland ».
Hazel Wood, dont vient d’hériter Alice.
Hazel Wood, où Alice doit s’aventurer pour espérer sauver sa mère.
Hazel Wood, cette demeure d’où semblent s’échapper des personnages inventés par Althéa.
Hazel Wood, dont personne ne revient jamais.

Et si Hazel Wood était bien plus qu’un simple manoir ? Un leurre ? Une porte d’entrée sur l’Hinterland ?
Et si Alice était bien plus qu’une simple New-Yorkaise ? Une princesse ? Une tueuse ?

Il était une fois… Hazel Wood.










Pas facile de parler d'Hazel Wood, un roman inclassable à mi-chemin entre conte, thriller, fantastique et limite horreur. Un joli mélange de genres qui lui donne une identité tout à fait à part et très réussie.

Le roman démarre doucement. Le lecteur fait la connaissance d'Alice, une adolescente "presque" normale qui suit tranquillement ses cours au lycée. "Presque" seulement car pour une raison qui nous échappe au début, il semble qu'Alice et sa mère n'ont jamais été capables de s'établir quelque part plus de quelques mois. Toute sa vie Alice a eu sa valise prête à partir sous son lit. Elle a vécu dans des chambres de motel pourries ou squattant chez des amis. Mais là, sa mère, Ella, s'est mariée avec Harold, un richissime homme d'affaire et par conséquent Alice se retrouve dans une prestigieuse école privée avec sa demi-soeur qu'elle ne porte pas dans son coeur. Elle fait contre mauvaise fortune bon coeur et si elle ne comprend pas pourquoi sa mère a épousé Harold, elle "fait avec".

Jusqu'au jour où sa mère disparaît. Alors Alice va mener son enquête et remuer ciel et terre pour la retrouver !

Ce qu'il faut préciser pour bien situer le contexte c'est qu'Alice est la petite fille d'Althéa Proserpine, une femme qui a fait toute sa réputation avec un livre. Un livre et un seul. Et pas n'importe lequel, un livre de contes: Les contes de l'Hinterland. Un livre devenu culte, impossible à trouver, jamais réédité. A tel point qu'Alice n'a jamais pu le lire. Ce qu'elle sait c'est que L'Hinterland est le pays des histoires et des créatures magiques de toutes sortes. Elle sait aussi que sa grand-mère s'est isolée dans sa propriété d'Hazel Wood, "quelque part dans le Nord du pays". Elle ne l'a jamais vue, et petite elle avait développé une fascination pour cette grand-mère si mystérieuse, mais sa mère l'en avait rapidement et fortement dissuadée. Persuadée que la disparition d'Ella a un rapport avec Hazel Wood, Alice aidée de Finch un copain de lycée fan des contes de l'Hinterland, va se mettre en quête d'Hazel Wood.

La première moitié du roman se déroule de façon classique, des mômes, des ados plutôt qui décident d'enquêter. Quoi de plus normal finalement puisque la mère d'Alice a disparu. Puis petit à petit, des détails étranges attirent l'attention. Ce fichu bouquin qui semble toujours disparaître, des gens bizarres qui rôdent, des faits étranges. Plus on avance, plus le roman dérive vers le conte. Mais pas le conte Disney, pas du tout. C'est sombre, étrange et ça fiche les chocottes. Le tout est bien dosé. Le lecteur suit l'enquête, essaye de comprendre les relations entre les différents protagonistes de l'histoire. Qui est cette Althéa Prosepine? Pourquoi Alice semble être la clé de tout ce récit? Et puis on est tout aussi curieux de ce domaine d'Hazel Wood et de ce qu'il peut cacher. Sans compter cet Hinterland qui semble si réel ...

Quant aux héros, Alice en tête, ils sont bien campés et réalistes. Alice, en ado parfaite est tout aussi attachante, qu'agaçante. On l'aime mais son comportement est en dépit du bon sens parfois. Son pote Finch est du même accabit. De ce fait ils sont très rééls, tous les deux.

Les chapitres sont courts et le récit rythmé, ce qui en fait une lecture prenante en plus d'être étonnante. La première partie est plus lente. C'est la partie dans le monde réel et la présentation des personnages. Je suppose que certains y trouveront à redire, mais en ce qui me concerne, j'ai toujours apprécié ces approches lentes et la mise en place du récit en bonne fan de longes saga de fantasy. Cela permet de s'immerger dans l'histoire, de prendre possession du monde créé par l'auteur et de s'attacher au protagonistes. Ceci étant, aucun moment mort en vue, ni aucun ennui, loin de là. La seconde moitié est plus dense, car nous sommes plongés dans un autre monde, mais là je n'en dirai pas plus. A vous de le découvrir.

Bref, si vous aimez les contes de fées et les princesses tout de rose habillées, ce roman risque de vous retourner. Mais si vous aimez gratter le surface et découvrir la noirceur qui se cache dessous, alors vous allez vous régaler. Hazel Wood, n'est pas un livre banal. C'est ce qu'on appelle sur Bookenstock, un OLNI "Objet Littéraire Non Identifié". Ce mélange des genres est savoureux, épicé juste comme il faut. 

Hazel Wood attire d'abord par sa belle couverture, mais vous piège ensuite par son contenu atypique et fascinant. Un roman pas comme les autres c'est clair et une vision noire des contes de fées qui en régalera plus d'un!





mercredi 23 mai 2018

Absence de Vénérables... pour cause d'Imaginales !




Bon, ce week-end vous le passerez sans nous! Oui je sais ça va être terriblement difficile ! 😜

Si jamais vous êtes du côté d'Epinal, vous pouvez nous y retrouver.

Phooka y sera (avec mini-Phooka) du vendredi midi au dimanche midi et on la reconnait à ça:


Quant à Dup elle sera là du samedi midi au dimanche aprèm et vous la repérerez à ça, et/ou à ça :



Sauf qu'évidemment, ces sacs et le flamboyant verdoyant BookBringer seront plein à craquer ...

mardi 22 mai 2018

[Audio] LA FORME DE L'EAU de Guillermo del Toro et Daniel Kraus









Le pitch :


Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale. 



Un soir, elle surprend quelque chose qu'elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d'une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l'espace de la Guerre Froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnifique - elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, la créature devient sa seule raison de vivre. 

Pendant ce temps, Richard Strickland, le militaire brutal qui a capturé la créature en Amazonie, envisage de la disséquer avant que les Russes ne tentent de s'en emparer. Elisa doit tout risquer pour sauver la créature. Avec l'aide d'une collègue qui souffre du racisme ambiant et d'un voisin malchanceux qui n'a plus rien à perdre, elle met au point un plan d'évasion. Mais Strickland ne l'entend pas de cette oreille. Et les Russes sont bel et bien sur l'affaire...




Ce n’est pas le tapage autour de la sortie du film qui m’a attirée vers ce livre audio, c’est plutôt l’association des deux noms d’auteurs. De Guillermo del Toro j’ai lu La lignée et Daniel Kraus, j'ai récemment découvert sa plume incisive et acérée dans le merveilleusement glauque Teigneux. La forme de l'eau avait donc des arguments sérieux pour me séduire.


Amazonie : Richard Strickland est un militaire qui revient de la guerre de Corée. Nous sommes dans les années 60. Il vient d'être envoyé par son supérieur, le colonel Hoyd pour débusquer le dernier dieu sur terre : Deus Brânquia qui se terre dans les marécages profonds de l’Amazonie. Sa traque durera un an et demi. Un an et demi pendant lesquels on assistera à la montée en puissance de la violence et de la folie de Richard. Le dieu vivant sera ramené aux USA, à Baltimore, dans les laboratoires hautement sécurisés d'Ockam afin d’y être étudié pour ses capacités amphibiennes.

Baltimore : nous suivons une jeune femme muette Elisa qui travaille de nuit à Ockam comme femme de ménage avec son amie Zelda, une black volubile qui a pris la peine d’apprendre le langage des signes pour communiquer avec elle. Leur routine habituelle va être perturbée par de nouvelles zones jusque-là inaccessibles qu’elles vont devoir nettoyer : le secteur F1 où vient de se jouer un drame. Le superviseur de ces locaux, Richard Strickland vient de se faire sectionner deux doigts qu'Elisa récupérera au sol. Ce faisant elle croisera le regard luminescent et hypnotique de la créature enchaînée dans un bassin.

Commencera alors une romance naïve et ma foi poétique entre ces deux êtres… Mais les grains de sable seront nombreux, à commencer par notre fou furieux de Richard. Mal dans sa peau depuis son retour, n’arrivant pas à retrouver sa place auprès de sa femme et ses enfants. Shooté h 24 aux analgésiques à cause de la douleur de son amputation, la folie monte crescendo. Et ce rayon là, Daniel Kraus excelle à le décrire et nous faire flipper. Le second grain de sable sera un professeur bardé de diplômes, d’origine russe qui lui aussi sera sous le charme de Deus Brânquia. Dimitri, qui se fait appeler Bob et qui est un agent soviétique infiltré (1960, la guerre froide, tout ça, tout ça...).

Le choix de la narration alternée et au présent joue bien son rôle et les chapitres s'écoulent tous seuls, s'enchaînent sur un rythme soutenu. Cette histoire nous évoque clairement La belle et la bête où bien sûr le monstre n’est pas la bête que l'on croit. Cependant elle permet également d’aborder de nombreux sujets brûlants de l’époque. En suivant Lainie, la femme de Richard, la caricature même de la femme au foyer des années 50 dans son chemin vers l'émancipation dans une Amérique machiste, à l’image de son mari. Une Amérique rétrograde qui charrie son lot d'opprimés : les femmes (Elisa), les noirs (Zelda), les homosexuels (Giles, un ami d'Elisa).

La forme de l’eau est un roman qui fait passer un agréable moment, sans prétention. Une romance fantastique vite lue écoutée, probablement vite oubliée. En revanche ce que j’ai le plus apprécié dans cette écoute est sans conteste l’évolution de la folie de Strickland, ce personnage hautement détestable, avec ses explications, ses origines et les différents facteurs qui l'activent. Je ne regrette donc absolument pas mes 12 heures d’écoute en compagnie de Manon Jomain. Elle forcerait un poil moins sa voix dans certains dialogues et ce serait parfait.

lundi 21 mai 2018

[Sorties] Folio SF en mai 2018




Mai 2018





Jacques ABEILLE

 Les jardins statuaires



Couverture de Anne-Gaëlle Amiot





************



Jacques ABEILLE

 Le veilleur du jour


Couverture de Anne-Gaëlle Amiot





************
Marta RANDALL

 L'épée de l'hiver

Traduit de l'américain par Nathalie Serval


Couverture d'Alain Brion

samedi 19 mai 2018

Potins de Phooka #4 Un petit tour au HERO festival de Grenoble ?



L'année dernière, nous avions découvert le premier Hero Festival de Grenoble et nous avions adoré l'atmosphère. Du coup, il était évident que nous ne pouvions rater le second ...



Alors oui, je ne suis pas fan de manga et même que j'y connais rien ! :) Il n'empêche que j'adore voir tous les cosplay. Et puis, il n'y a pas que des mangas au Hero Festival. A Grenoble, l'ambiance est bon enfant et tout le monde y va de son cosplay quelque soit le thème (pas que du manga donc).

Alors je vous en fais profiter avec quelques photos (pas très réussies mais c'est pas grave).



 Magnifique, non?






Celui là j'ai adoré, vraiment très réussi et belle prestation sur scène.







On peut y aller en groupe ...



Quelque soit son âge ou son style ...
Un magnifique groupe steampunk, vraiment incroyable !!


 


 Ou en couple ... 




Entre potes ...



Et s'initier au combat de sabres lasers ...



On peut monter sur scène ...





 On y croise des stars comme Bernard Minet ...:)






Ou Fred of the Dead , alias Sparadra ..







Et le top, cette rencontre improbable de Farcry 5 et du Seigneur des anneaux !! :)




Et bien sûr après l'effort, le réconfort ...



Et en plus j'ai rencontré Marguerite (Lael)...que j'ai oublié de prendre en photo! =D

vendredi 18 mai 2018

CEUX DES LIMBES de Camille Brissot




Editions Syros
Date de parution: 05/04/2018
17.95 euros
480 pages



La forêt est devenue le territoire des limbes. Le risque de contamination se cache dans chaque zone d’ombre. Préparez-vous à vivre une expédition sous haute tension.
Du haut du Mont-Survie, Oto admire chaque jour la forêt qui l’encercle à perte de vue. Elle est si belle qu’il en oublierait presque ce qui se tapit sous les arbres. Mais lorsque la montagne s’endort, que les lumières s’éteignent et que les voix s’effacent, le vent résonne d’un chant inhumain, effroyable : le gémissement des limbes, les victimes de l’épidémie. Bientôt, Naha devra passer plusieurs jours et plusieurs nuits dans la forêt. Oto refuse de rester cloîtré en espérant le retour de celle qu’il aime plus que tout. Quitte à être une proie de plus, il va sortir lui aussi.








Oto, de son vrai nom Otolan, est un survivant. Quand il avait 5 ans, il a survécu à une attaque de limbes, par un miracle que personne n'explique.

Survivre, c'est le maître mot de ces hommes et ces femmes qui habitent ... le Mont-Survie. Un mont au milieu d'une forêt hostile. Un mont protégé par des  barrières et des pièges, mais aussi par des règles de vie très sévères. Plus vous êtes haut placés dans la hiérarchie et plus vous êtes haut dans le Mont. Être en haut c'est un sacré avantage, car en cas d'attaque de limbes non maîtrisée, ce sont les niveaux du bas qui trinquent. Et quand je dis "trinquent" c'est loin d'être une fête. Car les limbes ce sont en fait des humains qui ont été contaminés par le sang ou les liquides corporels d'autres limbes. Des spores qui se répandent dans le corps hôtes et celui-ci est transformé en une sorte de zombie. Rien de bien plaisant quoi ...

Alors les habitants du Mont-Survie se défendent du mieux qu'ils peuvent. Ils ont des troupes d'éclaireurs, des soldats d'élite, chargés de défendre la cité, mais aussi de prospecter. Parce que depuis leur Mont les habitants n'ont jamais vu d'autres humains. De là à penser qu'ils sont les seuls survivants, il n'y a qu'un pas. Mais la survie c'est aussi la nourriture et dans les profondeurs du Mont se cultive "le mush", un truc infâme à base de champignons. Les gens qui y travaillent passent leurs journées dans le noir, dans des  grottes humides et puantes. Inutile de préciser qu'en récompense de ce dur labeur, ils habitent tout en bas du Mont-Survie ...

Otolan faisait lui aussi partie des bas niveaux avant d'être considéré comme une sorte de héros, "vainqueur de limbes" et monté tout en haut de la montagne jusqu'à l'Arche-Maître. Du jamais vu, qui attise bien des jalousies et des brimades. Il y est resté 5 ans jusqu'à ce qu'il décide qu'il ne voulait pas être éclaireur et redescende vers les niveaux intermédiaires. Ça non plus, c'était du jamais vu.

Et puis arrive l'âge où tous les adolescents de la génération d'Oto doivent faire une sortie en forêt pour montrer leur aptitudes à se défendre. Une sortie extrêmement risquée où certains y perdent la vie.  Naha, la jeune botaniste dont Oto est épris est sur la liste, mais pas Oto ...

Impossible de ne pas s'attacher immédiatement à Oto. Cet ado est sympa, intelligent, pas prétentieux et tout simplement adorable! Son amour pour Naha est sincère et ces deux là vont parfaitement ensemble. Le lecteur les adopte tout de suite, tout comme Pietro l'ami d'enfance d'Oto. Et de la même façon, on déteste Rostre, ce grand type qui passe son temps à martyriser les autres et surtout Oto. Bref, Camille Brissot nous campe là de superbes personnages que le lecteur s'approprie en un rien de temps.
Mais ce qu'elle rend encore plus incroyable, c'est le monde qu'elle crée en deux coup de pinceaux. En quelques pages, vous avez le décor. Ce mont fortifié et isolé dans une mer d'arbres. Le danger qui rôde partout et qui peut surgir à n'importe quel moment. La structure pyramidale du Mont, ses privilégiés et ses laissés pour compte. Tout vous explose à la figure et tout prend forme, de même que les héros y prennent vie. Ensuite vous êtes ferrés, car il est impossible d'abandonner Oto à son destin. Les chapitres sont courts, le récit est bien rythmé et les pages défilent à toute allure.

C'est  mon premier" Camille Brissot", une auteure que je ne connaissais que de renom, mais ce qui est sûr c'est que je ne vais pas m'arrêter là. La puissance de sa plume est phénoménale et le récit qui en découle est palpitant. Bourré d'adrénaline, de réflexions, d'amour de ses personnages ... bourré de talent!

Et si je dois absolument trouver un défaut, je dirais que la fin est un peu trop rapide à mon goût, mais je sais que c'est parce que j'aurais aimé passer plus de temps à suivre Oto et Naha.

Ceux des limbes m'a emballée, scotchée. J'ai frémis, haleté et même pleuré. Bref, cette lecture m'a enthousiasmée et m'a confirmé que tout le bien que j'avais entendu à propos de Camille Brissot était amplement mérité. Ce roman est une superbe réussite et je ne peux que vous conseiller de vous y plonger.










jeudi 17 mai 2018

DES SORCIERS ET DES HOMMES de Thomas Geha





Éditions Critic
318 pages
19 euros



4ème de couv :

Sur la grande île de Colme, quand on sait mettre toute morale de côté, la vie offre de nombreuses opportunités. Boire, voler, rudoyer ou tuer, tel est le quotidien de Hent Guer, un guerrier redoutable, et de Pic Caram, un sorcier aux rubans. Tous deux écument routes et cités à la recherche de proies faciles. Toutefois, leurs plans se trouvent contrariés lorsqu’un matin de gueule de bois, Hent constate, impuissant, la disparition de Pic. Sur la grande île de Colme comme ailleurs, les talents d’un sorcier aux rubans attirent bien des convoitises ! Pour le mercenaire, pas question d’abandonner son partenaire de crime : spolier son prochain est beaucoup plus drôle avec l’aide d’un sorcier à la morale légère. Voici donc le récit des aventures de Hent Guer et Pic Caram, et les mésaventures de ceux qui ont la malchance de croiser leur route !







Hent Guer est un barbare de Scalèpe, et rien que son apparence fait trembler. Vous rajoutez à cela que c’est un excellent guerrier sans scrupule, qui occis à tour de bras pour obtenir ce qu’il veut, amoureux de la bonne chair, de la bonne bouffe, de la picole et le tableau est dressé. Un autre que les scrupules n’étouffent pas non plus c’est Pic Caram, un sorcier aux rubans (j’y reviendrai). Alors quand ces deux là se rencontrent, puis marchent main dans la main, cela va faire des dégâts. Opportunistes en diable, le grand costaud et le petit gros vont sillonner les petites îles comme la grande île de Colme, à dos de qerins (tout ce que je viens de dire est sur la couverture).

Là où ils passent, les séquelles sont terribles et les vengeances couvent. Mais celles-ci sont éparpillées au gré de leurs pérégrinations... et des épisodes. Car oui, la structure de ce roman n’a rien de classique. C’est un recueil d’épisodes relatant, tout du moins au début, les méfaits de notre association de malfaiteurs, à droite puis à gauche, sans qu’on puisse vraiment les relier (au début vous dis-je !)

Et puis… et puis on démarre un épisode avec un nouveau personnage : Drao Druber, un Fouillevie assermenté. Comprendre le métier de ce gars est déjà un délice en soi. Le voir enquêter pour résoudre son énigme, la disparition d’un enfant dans sa cité, un deuxième plaisir qui dépeint l’amour de l’auteur pour la maréchaussée :)). Mais quand on comprend bien des épisodes plus tard que celui-ci faisait en quelque sorte office de flash-back sur le passé d’un de nos personnages principaux, c’est le ravissement. 

Et ainsi petit à petit, des pièces du puzzle s'emboîtent. Les vengeurs, manipulés par une sorcière bien énigmatique et aux manières de faire peu ragoûtantes (Rhooo Thomas, c’est dégoûtant le sort de Bikkir!!!) vont se rassembler pour traquer nos deux compères.

Le nouvel univers de Fantasy créé par Thomas Geha est fouillé, des paysages somptueux diversifiés et surtout, ce que j’apprécie avec cet auteur, une flore et une faune adaptées à l’environnement. Cet univers a un potentiel énorme que je trouve à la limite sous-exploité ici. J’espère bien que l’on retournera dans ces îles!

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, ce sont les différents pouvoirs des sorciers. Un sorcier aux rubans… C’est joli comme terme non ? C’est mignon. Et bien je peux vous dire qu’il fait de bien vilaines choses avec vos rubans ce Pic Caram ! Et ne comptez pas sur moi pour vous révéler l’affaire. Il y en a d’autres des sorciers. L’imagination de Thomas déborde pour notre plus grand plaisir, jusqu’à prêter des pouvoirs plus que particuliers à certains autres personnages qui ne sont que des hommes, ou des femmes.

Des sorciers et des hommes est un roman à la structure déroutante, voire déstabilisante… au début. J’ai eu du mal à trouver mon rythme, d’autant que Thomas ne fait rien pour qu’on les prennent en sympathie nos deux personnages principaux. Alors il faut attendre, en chercher un autre à chouchouter. Puis on le trouve, on le traque au gré des épisodes, et vlan, Thomas le tue. Ah ces auteurs, ils sont sans-cœur… et le pire, c’est que c'est pour ça qu’on les aime ! Et non je ne vous dirai pas qui. Et puis quoi encore ! Vous n'avez qu’à le lire, il sort la semaine prochaine : le 24 mai.



mercredi 16 mai 2018

En mai chez LES MOUTONS ÉLECTRIQUES






PRÉSENTENT EN MAI



Le troisième tome des Sentiers des Astres de Stefan Platteau

MEIJO




Une réédition de Terri Windling

L'ÉPOUSE DE BOIS