mardi 5 décembre 2017

PASSÉ DÉTERRÉ de Clément Bouhélier





Couverture de André Sanchez
Éditions Critic
380 pages
21 euros


Le pitch :


Quelque part dans la campagne autour de Vernay, un car scolaire conduit par un chauffeur saoul s'écrase dans le fossé. Sept enfants périssent dans l'accident. Six ans plus tard, lorsque l'ancien conducteur du car est retrouvé assassiné chez lui, les souvenirs se réveillent. Marquée par la disparition de son fils, Estelle Baupin est aspirée dans le tourbillon de l'enquête. Elle comprend rapidement que des forces mystérieuses oeuvrent dans l'ombre, bien décidées à faire payer les responsables du drame. Alors que les morts se multiplient, Estelle sait que pour les arrêter, elle doit découvrir le lourd secret qui pèse sur Vernay. Et faire face à son propre passé.




En pleine écoute audio de Ça tome 1 de Stephen King, je prenais grand soin de réserver mes soirées pour un autre genre de littérature afin de préserver mon sommeil. C'est ainsi que plusieurs livres se succédaient sur ma table de nuit alors que mon écoute au long cours (26h tout de même) se poursuivait. Et puis dans ma PAL attendait Passé déterré. Un bref coup d'oeil au résumé, un thriller, parfait...

Non mais franchement, relisez un coup le résumé : ça à l'air gentil non ? Ok, des forces mystérieuses. On se dit -enfin, je me suis dit- cool, un peu de fantastique pour pimenter l'affaire... De Dieu, Clément Bouhélier y a mis toute la bouteille de Tabasco dans ces lignes !!!






On commence avec un prologue choc. Forcément puisque l'auteur choisit d'installer là, juste après une scène de crime un peu floue, le récit de l'accident de car. La toute première petite ligne du résumé est transformé en une dizaine de pages assez difficiles, normal. On assiste aux circonstances du drame à travers la vision de plusieurs personnages, et d'entrée de jeu une certaine tension s'installe.

Et bien je peux vous dire que celle-ci ne retombe pas franchement. Alors qu'on suit quelques familles du village dévastées par la perte d'un enfant, Clément Bouhélier montre comment chacun réagit à sa façon devant ce deuil. Tout le village de Vernay est sous le choc : 7 enfants et 2 adultes ont été tués. Et puis très vite l'auteur nous propulse six ans plus tard, où l'on voit encore les conséquences du drame.

Si on suit plusieurs personnages, c'est surtout Estelle Baupin qui est le plus souvent mise au devant de la scène. Estelle qui a perdu son petit garçon Thomas. Depuis elle vit seule, elle s'est séparée de son compagnon. Et elle cauchemarde toujours autant, même si aujourd'hui elle ne hurle plus en se réveillant. Et on s'y attache très vite à cette Estelle, pas tant à cause de sa souffrance, mais plutôt devant la force qu'elle déploît pour lutter contre.

Ce sera Estelle qui découvrira le premier corps déchiqueté. Or celui-ci n'est autre que le chauffeur du bus, sorti de prison depuis quelques temps. Alors que l'enquête des gendarmes s'oriente vers une vengeance banalement humaine, Estelle sera la seule à associer ce meurtre à certains faits étranges qui surviennent à Vernay depuis peu. Mais les meurtres se multiplient, la gendarmerie est au taquet, puis aux abois. Et nous on flippe car on est aux premières loges de cette hécatombe.

Il ne fait pas bon traîner dans les rues de Vernay à la nuit tombée...
Il ne fait pas bon lire Passé déterré en hiver alors que la nuit tombe si vite...
Il ne fait pas bon DU TOUT enchaîner Ça avec Passé déterré :P
Parce que ce roman est un piège monumental. L'ambiance lourde mais pas stressante qui s'installe au début nous fait croire qu'on est capable de gérer. Parce que le côté fantastique s'installe insidieusement, par petites touches au fil des pages. Et même lorsqu'on est confronté aux créatures cauchemardesques de l'auteur, des yeux rouges, la peau en lambeaux, assoiffés de sang, on se dit qu'on gère, du déjà vu n'est-ce-pas ? Sauf que la mayonnaise prend bougrement bien parce qu'on s'attache à cette femme courageuse, parce que comme elle on veut comprendre.

Passé déterré est un thriller fantastique d'une rare intensité que l'on peut sans aucun doute classer en horrifique également. L'auteur domine allègrement son affaire et nous embarque sans que l'on s'en rende compte, pour nous laisser à la fin, pantois et tremblant. À aller vérifier que les portes sont bien fermées et aller se coucher en laissant les lumières allumées...
À noter une superbe couverture que l'on doit à André Sanchez.




Un autre Thriller/Polar pour le challenge de la Licorne !





4 commentaires:

  1. J'avais bien aimé son dyptique Chaos qui était également très bien écrit... mais alors celui là c'est clairement pas pour moi... rien que de lire ta chronique ca me stresse ;)

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  2. Dup, tu me ravis, je me sens moins seule ! Moi non plus je ne me suis pas méfiée du début, qui a l'air de commencer "gentiment" alors qu'en fait... c'est pour mieux nous terrifier !!

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  3. Rolalala ta chronique me donne drôlement envie de le lire *____*

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    1. Merci !!! J'en suis ravie. Tu me diras alors ?

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