mardi 26 septembre 2017

Interview de Chloé Chevalier Tome 4

Pour retrouver le début, ça se passe ici: ITV1ITV 2, ITV3


Photographe:Emmanuelle Heyd





Écrire un texte de présentation, quand je vais passer un mois à répondre à vos questions ? Quand me livrer, ailleurs que dans mes livres, n'est pas franchement mon fort ? Bigre. Quelle gageure. Que dire que je n'ai pas déjà laissé filtrer, volontairement ou non, dans le Demi-Loup, et sans trop anticiper sur les échanges à venir ?




Alors, puisqu'il sera probablement beaucoup question d'écrit, et que je vais pour vous, j'espère, noircir de nombreuses lignes, je propose de commencer par quelques images, plus ou moins mystérieuses et inédites. En guise de bande-annonce, si l'on veut !



Pendant ce Mois de, vous pourrez tout me demander sur...










… mes débuts dans l'écriture, le quoi, le comment ou le pourquoi.












… les origines du Demi-Loup.












… le reste de mon travail, de scénariste notamment. Sur mes marottes et mes sujets de prédilection quand il s'agit d'inventer une histoire.






Mais, surtout, surprenez-moi ! Si, plutôt que de littérature, vous préférez parler peinture, après tout pourquoi pas. Je peux même vous parler de mes chats, si cela vous tente. Ou bien d'escrime ou d'équitation, de Fitz, de d'Artagnan ou de Lyra, de Médée ou bien d'Antigone, de Pasolini ou de Joan Baez, d'Arizona dream ou de Titanic, de randonnée ou bien de ciné, de fleurs de montagne ou de fruits du verger.



Pendant ce Mois de, en somme, amusons-nous.





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Enfin le temps de poster ma chronique sur le premier volume de cette saga( http://passiondelecteur.over-blog.com/2017/08/retour-du-mois-de.chez-book-en-stock.html), de relire questions et réponses et d'en adresser quelques-unes, toutes mes excuses pour ce délai mais une telle découverte cela se déguste, cela se digère et cela demande très vite la lecture des 3 volumes à suivre.... Un grand merci en préambule pour ces temps partagés et la richesse des échanges... Première question ; est-ce que tu es ou à été sensible aux grands classiques de la littérature et de la tragédie (Aristophane, Homère mais aussi Racine,Shakespeare, entre autres ?) parce qu'il m'a semblé que même si ton cycle repose d'abord sur un court métrage de ton cru, on pourrait transposer facilement cela sur une scène de théâtre? Dans ces grands répertoires classique tu as d'autres auteurs de prédilection ? Tu nous annonces ne pas vouloir aller au-delà de 4 tomes (même si des récits antérieurs ou des livres croisés ne sont pas impossibles) mais comment as tu bâti tout ce cycle à l'avance ? en posant par volumes des faits majeurs ?un plan volume par volume à l'origine de ton écriture? Le lecteur que je suis n'a pas eu d'héroïnes préférées parmi les princesses, reine et suivantes dans ce premier volume, comment arrives-tu à un tel équilibre ? Par vos échanges tu me donnes envie de reprendre le cycle de l'Assassin Royal (j'ai les 4 premiers qui stagnent dans ma bibliothèque et j'en avais abandonné la lecture du premier tome aux premiers chapitres ...)mais qu'un auteur comme Maxime Chattam se soit lançé dans un registre radicalement inhabituel avec Autre Monde, cela te donnerait-il l'envie d'écrire un thriller par exemple ou tout autre genre ? si oui lequel?







Chloé:




Bonjour Olivier ! Et merci.

Alors, Racine, oui, j’aime beaucoup même si je n’ai pas tout lu, Shakespeare pareil, même si j’en ai lu moins que Racine. Homère, oui aussi, même si j’avoue n’avoir lu que l’Iliade (et que je ne suis pas allée au bout). Aristophane, pour ce que j’en connais, j’ai du mal à le voir comme un auteur de tragédies !
Par contre, s’il y a trois auteurs, trois piliers de la littérature comme ceux que tu as cités, que j’ai beaucoup beaucoup lus, ce sont les trois tragiques grecs Eschyle, Sophocle et Euripide. J’ai lu (et parfois plusieurs fois) la quasi intégralité de tout ce qu’on a conservé d’eux. A une époque je pense que j’étais capable de résumer scène par scène la moitié des pièces de Sophocle (bon, ok, ça fait que 3… et j’ai beaucoup perdu depuis), et que j’en connaissais de nombreux passages par coeur. Ca ne m’a pas influencée consciemment, ou du moins je n’ai pas cherché à m’en inspirer à aucun moment, mais nul doute que ça m’a beaucoup nourrie.
Pour ce qui est du côté théâtral, ou de la possibilité d'un transposition théâtrale, je suis tout à fait d’accord, mais c’est probablement surtout le tome 1 qui donne cet effet là, vu qu’on est quasi à huis-clos dans le château de Véridienne, avec tous ces chassés-croisés de personnages dans un nombre restreint de lieux - la salle des eaux, la chambre rouge, la salle du trône - qui forment autant de scènes. A partir du tome 2, les personnages sont solitaires, éclatés spatialement, et surtout se déplacent toujours. Plus dur d’imaginer ça en théâtre !

Pour ce qui est des plans, maintenant. Je dirais que je fonctionne avec des trames de plus en plus serrées. J’ai d’abord eu une trame à l’échelle du cycle (sans savoir combien de tomes cela nécessiterait, d’ailleurs). Je savais grosso modo qui était vivant ou mort à la fin, qui finit avec quel pouvoir, quels sont les événements majeurs qui ont agité le royaume. Ensuite, je rajoute des fils pour arriver à une trame à l’échelle d’un tome. Où je commence et où j’interrompt le tome, combien de chapitres, selon quelle alternance de narrateurs, déroulé des événements. Puis je passe à une trame encore plus serrée, à l’échelle du chapitre. Liste des événements, majeurs ou mineurs, qui s’y déroulent, et comment ils s’enchaînent et s’entremêlent. La dernière échelle est celle de l’écriture elle-même, et là il s’agit de broder ensemble ces différentes trames pour obtenir un ensemble cohérent et rythmé (et par rythmé je ne veux pas dire rapide).

Pour ce qui est de l’équilibre entre les narrateurs et la difficulté à avoir un personnage préféré, ça rejoint pas mal la question posée par Emilie, pour laquelle je viens de poster une réponse. Du coup je fais d’une pierre deux coups et je te renvoie à cette autre question !

Ecrire dans un un tout autre genre que de la fantasy, oui, bien sûr ! Mes deux autres projets après le Demi-Loup relèvent de la science-fiction, par exemple. Après, pour ce qui est du thriller en particulier, ce n’est pas franchement ma tasse de thé, pour être honnête. J’en ai lu très très peu, et je me vois mal en écrire, dans l’immédiat en tout cas. Même si on élargit ça au policier en général, je n’en lis presque pas. A part les roman de Fred Vargas, que j’aime beaucoup, mais ce parce que ses personnages sont excellents, son style et ses dialogues assez jouissifs et qu’au final on a assez peu l’impression de lire un polar en lisant ses bouquins.

Et je t'encourage plus que vivement à redonner sa chance à L’Assassin Royal, il le mérite !




Merci pour ta réponse :) 
J'ai lu les autres réponses et c'est super passionnant cette pratique de l'AMHE... encore plus la partie de l'arc à cheval ! 
Entre ma question et maintenant j'ai donc dévoré ton premier tome ! J'ai lu tes explications suite à la question d'Allison et ça m'éclaire sur mon propre ressenti à ma lecture, sur ce groupe soudé à la base de fille qui dont les caractères sont "indifférenciés" comme tu le dis. Je crois que c'est l'un des rares romans où tous les personnages sont autant sur un pied d'égalité. Si on prend Robin Hobb dont on parle beaucoup ici, je lis ses Aventuriers de la Mer et même s'il y a beaucoup de personnages principaux, à mes yeux, les héros sont surtout Althea, Hiémain et Kennit, les autres sont légèrement en retrait. Or, je n'ai pas du tout ressenti de hiérarchisation entre les 5 filles, ni même Aldemor, bien que tous n'ont pas le même statut à la base. 
D'où ma question : est-ce que ce n'est pas difficile de maintenir cet équilibre ? N'y a-t-il pas un personnage qui veut sortir du lot ou qui a davantage ton affection ? Si ça se trouve, cela se verra dans les prochains tomes.

Ah et oui les blasons sont une excellente idée ! Cela m'a aidé au départ et en plus ils sont superbes !



Chloé:


Bonjour Emilie ! Et merci encore :)

Oui, en effet, ne pas hiérarchiser les personnages est une chose à laquelle je tiens beaucoup. Ou, plus précisément, ne pas hiérarchiser les narrateurs (les trois Suivantes, le prince + le nouveau narrateur du tome 3). Les deux princesses restent forcément un peu en retrait. Vu qu’elles ne prennent pas la parole, on n’a pas accès à leur intériorité et donc on s’y identifie forcément moins, je suppose, même si j’essaye d’en dresser des portraits nuancés, selon quel narrateur parle d’elles, et de laisser comprendre que, justement, on n’a pas toutes les cartes en main pour les juger. Maintenir cet équilibre n’est pas si difficile, grâce, entre autres, à la multiplicité des points de vue narratifs. Raconter une histoire ou parler de quelqu’un, c’est toujours, pour une large part, une question de point de vue. Deux personnes vont pouvoir dresser des portraits radicalement opposés d’une troisième, et au final on ne pourra pas se faire de cette dernière une idée vraiment certaine. Au mieux on pourra faire la moyenne des deux avis, ou relever les points de concordance entre les deux descriptions. Dans leDemi-Loup, comme tous les narrateurs parlent de tous les autres, au final leurs avis s’équilibrent. Libre ensuite au lecteur d’ajouter à cela son point de vue à lui sur les choses, mais il s’agit alors d’un filtre totalement subjectif. Reste à ajouter une contrainte bêtement technique, qui consiste à veiller à répartir le « temps de parole » entre les narrateurs à peu près équitablement, et normalement l’équilibre est trouvé.Très honnêtement, parmi les personnages principaux, aucun n’a vraiment ma préférence. Il n’y en a pas un que j’aime plus que les autres. Je les connais trop bien pour ça, je sais quels sont leurs défauts, leurs faiblesses, et surtout tout ce qu’ils ont commis ou vont commettre de plus ou moins impardonnable dans leur vie. Mais je connais aussi tous leurs points forts, tout ce qui les rends grands, ou touchants - du moins pour moi. Donc, réciproquement, il n’y en a pas non plus que j’aime moins que les autres !Si je devais citer des personnages préférés, je dirais que mon coeur va surtout aux rôles secondaires - Vigtan, Grune, Vernard, Banadine, Crêm... - tous ceux qui subissent l’histoire tracée par les narrateurs et les princesses, et qui tentent de mener leur barque et de vivre comme ils peuvent, sans vraiment avoir de prise sur les événements.

[Audio] MÊME PAS MORT de Jean-Philippe Jaworski






Durée : 14 h 7 min 
Série : Les rois du monde, Livre 1
Version intégrale | Livre audio
Date de publication :25/02/2016
Éditeur : Audible Studios


Le pitch :

Je m'appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s'agit de rois de tribus rivales... Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu'il n'est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.
Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s'est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.





Découvrir la plume de Jean-Philippe Jaworski en commençant par Même pas mort, mais surtout par le biais d'un livre audio est une expérience vraiment marquante. Je me suis sentie dès le début, toute petite et insignifiante face à ce Bellovèse qui nous apostrophe, nous tutoie, lui ce vieux roi celte au destin qu'on pressent incroyable. Et à l'image du conteur ionien qu'il harangue pour conter sa vie sous peine de se voir trancher la tête, on ne bronche nous non plus d'une oreille et on l'écoute ce Bellovèse, fils de Sacrovèse, roi des Turons. 

Si je devais résumer en un mot cette première incursion dans le monde de Monsieur Jaworski ce serait PUISSANT.

Puissant l'univers dans lequel l'auteur plante le décor dans la Gaule antique peuplée de clans celtes. Même si j'étais un peu perdue entre les différents clans et leurs régions respectives, cela n'a nuit en rien à la compréhension générale du récit. Mais j'avoue avoir découvert avec plaisir une carte resituant tout ce monde dans la chronique de Lune qui m'a permis de remettre tout en ordre après ma lecture, éclaircissant certains points au passage. Cette époque où chaque région avait son roi, sa capitale, ses héros, ses soldures et ses vassaux. Où la moindre velléité d'extension se soldait par des guerres, des alliances qui se faisaient et se défaisaient.

Puissante la magie celte qui fleure bon l'humus des forêts, le brouillard et les embruns des îles bretonnes, les druides, les devins et les gallicènes.

Puissante l'histoire de sa jeunesse que nous conte Bellovèse. Dans ce récit absolument pas linéaire et surprenant, mêlant passé-présent, rêves-divinations. Ce Bellovèse très tôt marqué par une malédiction terrible : arraché adolescent des jupes de sa mère pour partir à la guerre et devenir un homme, d'avoir enfin le droit de se faire couper les cheveux, se faire tuer et n'être même pas mort.

Puissante l'intrigue, à l'image d'un gigantesque puzzle dont les pièces ne s'agenceront entres elles qu'à la toute fin de cette branche (tome).

Puissant le rythme lent de ce récit qui captive malgré tout et qui n'est pas exempt de surprises, de coups de théâtre et par moment de grands coups accélérateur notamment lors des batailles, nous laissant haletant.

Puissant ces personnages que l'on côtoie, à commencer par le principal et narrateur Bellovèse. Enfant manipulé par ses proches, subissant un passé défavorable, roi sans royaume. Il saura s'en défaire et s'affranchir à la force de son caractère. Et il lui en faudra vu les caractères trempés des autres personnages. Que ce soit Danissa sa mère, Ambigat le haut roi des Bituriges et frère de Danissa, Sumarios qui l'a pris sous son aile, Albios le vieux barde et aussi une kyrielle de grands guerriers.

Enfin et surtout puissante l'écriture de Monsieur Jaworski. Une plume sûre, un langage châtié non exempt de bons gros jurons parfois dans les dialogues montrant qu'il est comme vous et moi.

Bref j'ai adoré ce Même pas mort et j'en fais un magnifique coup de cœur. Il faut également que je salue le choix du lecteur fait par Audible pour lire ce puissant roman, il a juste la verve et la voix qu'il faut pour appuyer les mots de l'auteur. Une voix posée, sobre, capable d'envolée mais aussi de modulations pour caractériser certains personnages clés. En un mot, parfait !


Une lecture pour le challenge de la Licorne



lundi 25 septembre 2017

ANGIE de Karin Slaughter





Éditions Harper Collins (Noir)
593 pages
20,90 euros


4 ème de couv :

Jusqu’où iriez-vous pour sauver votre fille ?
Le corps sans vie d’un ex-flic vient d’être signalé dans un bâtiment destiné à devenir le prochain nightclub branché d’une star du basketball ; Marcus Rippy. Parce que ses empreintes sont retrouvées sur cette scène de crime particulièrement sordide, Angie est recherchée par la police d’Atlanta.
Elle est la femme de Will Trent, policier taiseux dont Rippy est un ennemi personnel.
Elle est la mère biologique de Jo, conjointe étrangement effacée d’un sportif de haut niveau qui contrôle chaque détail du quotidien de son épouse.
Elle est surtout une flic, une survivante, une manipulatrice. Une femme qui a décidé d'en protéger une autre, sans limite.
Et Will Trent le sait bien : sa femme peut disparaître ; elle finit toujours par revenir. Avec un plan.






Karin Slaughter je l'ai découverte il y a plus de dix ans avec son polar Indélébile. S'il ne me reste rien en mémoire du dit roman, en revanche il a dû me marquer inconsciemment car le nom de l'auteur est très bien resté dans ma mémoire de poisson rouge. L'an dernier, j'ai renoué avec ses écrits en découvrant Pretty girls, un puissant thriller psychologique. Cela a suffi pour qu'Angie me fasse de l'oeil dès sa sortie. Comme il a été proposé pour une LC (lecteur commune) sur Livraddict dans le cadre du Challenge de la licorne, la bonne excuse était toute trouvée! Angie est un thriller que j'ai dévoré en un rien de temps tant je l'ai trouvé prenant. 

Première partie: cela fait six mois que Will Trent du GBI (le FBI local d'Atlanta) galère pour essayer de coincer le basketteur Markus Rippy, accusé de viol. Mais ce dernier, plein aux as, est entouré d'une armada d'avocats qui font barrage. Or un ex-flic, bien ripou, est retrouvé assassiné dans un bâtiment en construction appartenant à Rippy. A côté de lui, une très grosse quantité de sang appartenant à une femme sûrement décédée depuis. Les indices trouvés sur la scène de crime aussi bien que le groupe sanguin pointent tous vers Angie Polaski. Ex-flic elle aussi, mais surtout femme de Will...

Dangereuse, borderline, et surtout un scorpion perfide, véritable de poison dans la vie de Will que celui ci tente de reconstruire avec Sara Linton, la médecin légiste de l'équipe. Will pète un câble, et part en solo traquer Angie, tandis que le reste de l'équipe poursuit son enquête. Drogues, règlements de compte, manipulations et toujours en toile de fond ces stars du basket.

Deuxième partie: L'auteur nous ramène une semaine avant le meurtre et nous voyons l'enchaînement des événements du point de vue d'Angie. Même si elle a des circonstances plus qu'atténuantes, même si son combat pour sauver sa fille victime de maltraitance est louable, cette femme reste détestable tant elle est ingérable. L'analyse psychologique faite par Karin Slaughter est vraiment poussée et remarquable. Elle a presque réussi à me faire fléchir... presque.

Troisième partie: On revient au présent du côté des enquêteurs que Will a rejoint suite à un coup de théâtre et une intrigue fort bien troussée. La scène finale qui se déroule sur plusieurs chapitres, se lit quasiment en apnée. Une sorte de Ok Corral en plein milieu d'un centre commercial bondé.. impressionnante scène vraiment, que je voyais se dérouler sous mes yeux comme au cinéma. J'ai sacrément flippé. 

Angie est un thriller captivant, à l'intrigue tordue à souhait mais ô combien réaliste, les personnages sont tous touchants même ceux qu'on déteste, et l'effet page turner est efficace et concluant. J'ai découvert après ma lecture que ce livre était le 8ème d'une série concernant l'agent Will Trent ! La seule chose que je peux vous dire c'est qu'il se lit très bien indépendamment... sauf qu'il me donne une furieuse envie de découvrir les précédents !


Lecture commune faite avec Zina et Alapagedesuzie
pour le challenge de la Licorne




vendredi 22 septembre 2017

[BD] LE PROJET BLEIBERG TOME 1 - LES FANTÔMES DU PASSÉ de Peynet, Khara, Le Tendre




Editions Dargaud
64 pages
14 euros


Depuis des décennies, une mystérieuse organisation met en tout en oeuvre afin de créer un nouvel ordre mondial. Son premier allié, dans les années 1920 : Hitler, à qui elle a promis, en échange de contreparties, d'énormes moyens afin d'accéder au pouvoir... Depuis, venue des heures les plus sombres de l'Histoire, une terrible machination s'est mise en marche, menaçant l'humanité tout entière. N'est-il pas déjà trop tard pour l'arrêter ? Un thriller haletant mené tambour battant par le scénariste de La Quête de l'oiseau du temps, d'après le roman choc de Khara, best-seller dans les librairies.









Quand j'ai entendu parler du passage en BD de l'une de nos série chouchoute, celle du fameux projet Bleiberg de David S. Khara, j'étais tout à la fois excitée comme une puce et effrayée comme une pucelle (humm, faut que j'arrête de lire des polars moi!). En effet, comment retranscrire en BD un récit aussi complexe que celui des romans? Voilà mon soucis ...

Résultat, je me suis ruée pour acheter la BD, je l'ai ramenée à la maison et posée sur une étagère. Depuis elle était restée là jusqu'à ce week-end. Mais là, j'ai vu que le tome 2 sortait, donc je me suis lancée, un peu inquiète, dans ma lecture.

Et mon inquiétude n'a fait que croître à la lecture des premières planches. Difficile de s'identifer au héros ou de ressentir de l'empathie, ce personnage est détestable, du moins au premier abord. Et puis je me suis souvenue qu'il en était de même dans le roman, il faut attendre, apprivoiser les personnages et d'un coup le déclic se fait. Eytan arrive ... La situation se met en place, les choses prennent tournure. 



A partir de ce moment, les pages tournent toutes seules. Il faut dire que le rythme est effréné et que l'action est omniprésente. Les personnages s'affinent, deviennent plus nuancés, plus intéressants. Évidemment il "manque" beaucoup de choses par rapport au roman, la complexité ne peut pas être du même niveau, mais il faut savoir s'en détacher et prendre le récit tel qu'il est dans la BD et "ça le fait bien!"

Le tout est servi par un très "joli" dessin. Joli n'est sans doute pas le terme approprié, mais le dessin rend bien le rythme nerveux de l'histoire. Il souligne les différentes périodes temporelles, car à l'instar du roman on navigue entre la période actuelle et les années 1930-1940. Petit à petit le puzzle prend forme.


Bref, ce premier tome (sur 3 prévus) se lit avec plaisir.  Ce n'est pas toujours facile pour ceux qui ont lu les romans de s'en détacher. Par contre, je me demande un peu ce que peuvent en penser ceux qui ne connaissent pas l'univers de Khara (si quelqu'un qui me lit n'a lu QUE la BD, je serai ravie de connaître son ressenti). Parce que Bleiberg est un récit complexe et à tiroir, qu'il n'est pas facile de retranscrire en BD, le risque étant de perdre totalement le lecteur. Je ne peux pas m'avancer sur ce point. La seule chose que je peux dire c'est que si on a aimé les romans, alors la BD constitue une jolie friandise pour se replonger dans cet univers, mais les romns restent quand même le plat principal! 





Pour en savoir plus sur les romans:

jeudi 21 septembre 2017

LE ROYAUME ÉVEILLÉ de Adrien Tomas



LE CHANT DES ÉPINES  

#  2


Éditions Mnémos
320 pages
19 euros


4ème de couv :


Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs
compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet de rassembler les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.

Presque un an après la bataille finale entre les citadelles de Sveld et d’Asreld, l’orpheline Ithaen est montée sur le trône du royaume unifié de Sveldia. Avec l’aide de ses amis et de l’étrange la Locuste, elle coordonne le destin de ses alliés, anciens ou nouveaux, avec la maîtrise d’un chef d’orchestre.
Mais il n’est pas certain que cela soit suffisant. Le Royaume Éveillé sera-t-il assez fort pour survivre à sa première grande guerre, alors que les Légions infinies de l’Empire séide se mettent en ordre de bataille ?






Rhaaaaa, Monsieur Adrien Tomas, vous subissez une très mauvaise influence à fréquenter Gabriel Katz. C'est inhumain une fin comme celle que vous nous avez concoctée là ! C'est même pire que le cliffhanger entre les deux tomes d'Aeternia, et je pèse mes mots. Une fin qui dure sur plusieurs chapitres, un uppercut massif à chaque fois. On finit par espérer que le chapitre qu'on lit sera le dernier de ce livre, mais non, un autre chapitre nous attend encore... misère !!!

Well, reprendre du début cette chronique va être dur maintenant que j'ai laissé exploser mon indignation. Retrouver l'écriture vive et entraînante d'Adrien a été un plaisir. Retrouver sa patte dans la construction de son récit aussi, où interviennent une foultitude de personnages au cours de chapitres courts les concernant. D'autant plus qu'on les connait tous, on les aime ou on les haït tous, aucun ne nous laisse indifférent.

Sveldia, le nouvel empire du nord a été créé au tome précédent. Nous retrouvons la jeune reine Ithaen et ses épines un an après. La tâche qui pèse sur leurs épaules est toujours aussi lourde, d'autant que la menace Séïde se confirme. Même si certains incrédules doutent toujours, nous lecteurs, nous savons car l'auteur nous trimbale aussi dans le sud. On y suit les préparatifs, les manigances, les alliances contre nature, les horreurs qui se préparent...

Rassembler les derniers clans réfractaires à l'union, renforcer les forces guerrières, augmenter les capacités défensives des nécromants. Tenter un rapprochement avec la sororité des Etoiles Grises, développer les pouvoirs déjà phénoménaux de la jeune sorcière Vermine, intégrer et profiter au mieux des ressources offertes par la présence de l'ange mécanique, ce fameux Projet 68. Elle a tout cela en tête notre toute jeune reine, alors batifoler avec l'un, l'une ou l'autre, non. Et ça a du mal à passer.

Il se passe vraiment beaucoup, beaucoup de choses dans ce tome 2, et cela va vite, trop vite peut-être alors que l'on se rend compte que l'on aborde déjà la bataille finale, attendue et redoutée. Je savais qu'il fallait la redouter celle là, mais à ce point, NON !

L'action prédomine vraiment, et pourtant les répercutions émotionnelles sur quelques uns des personnages ne sont pas en reste, particulièrement Ithaen et Vermine. On découvre un peu plus Solheim qui était plus en retrait dans l'opus précédent, au détriment de Ysemir et Merisia. Un Solheim bien naïf qui va perdre ses illusions dans la douleur. Adrien Tomas se permet même de faire entrer dans la danse de nouveaux personnages, Asphodèle une apprentie sorcière grise et même un membre du peuple de la forêt, Une. Un prénom qui veut tout dire...

Les questions que je me posais au sujet de La Locuste et Belunith ont été résolues... si je puis dire, mais remplacées par d'autres, beaucoup d'autres. Et ce qui m'a le plus frustrée c'est le peu de présence d'Ooldor*, le runique, l'historien. En revanche, le nombre de questions qui l'entoure est inversement proportionnel à sa présence donc je suis très curieuse de lire la suite de cette série.

Le royaume éveillé est un véritable page-turner qui apporte un grand plaisir de lecture, résout quelques questions mais en apporte tellement d'autres qu'on ne peut qu'attendre la suite avec beaucoup d'impatience. Une fin de ouf que je dois reconnaître génialissime même si je hurle et mon coeur saigne. Oui, un coup de coeur, vraiment, même si je crois que je préfère largement les bons gros pavés que l'auteur nous offrait précédemment, comme La geste et La maison des mages où les cliffhangers ne sont que des coups de théâtre...Vivement le tome 3 ! 
Adrien, si tu ne veux pas te faire lyncher en salon, tu as intérêt à sortir dare-dare ta suite !

* Ooldor, c'est affreux ce nom, à chaque fois que je l'ai lu je pensais à Hodor de GoT... or c'est bien le jour et la nuit ces deux là ! :)


Une lecture que j'inscris bien évidemment 


mercredi 20 septembre 2017

Pour le plaisir des yeux !





Sortie prévue le 15 novembre
Couverture de Marc Simonetti  ♥ ♥ ♥


Ça se passe presque de commentaires n'est-ce-pas ?  *bave*
Inutile de dire que je suis sur les starting-blocks !!!
Tellement, mais tellement hâte !



Et pour les veinards de parisiens :


Bradley P. Beaulieu sera en avant-première en dédicace à La Dimension Fantastique le vendredi 10 novembre de 18 heures à 20 heures !

Informations pratiques :
Librairie La Dimension Fantastique
106 Rue la Fayette, 75010 Paris
Métro 7 Poissonnière

mardi 19 septembre 2017

Interview de Chloé Chevalier Tome 3

Pour retrouver le début, ça se passe ici: ITV1, ITV 2


Photographe:Emmanuelle Heyd





Écrire un texte de présentation, quand je vais passer un mois à répondre à vos questions ? Quand me livrer, ailleurs que dans mes livres, n'est pas franchement mon fort ? Bigre. Quelle gageure. Que dire que je n'ai pas déjà laissé filtrer, volontairement ou non, dans le Demi-Loup, et sans trop anticiper sur les échanges à venir ?




Alors, puisqu'il sera probablement beaucoup question d'écrit, et que je vais pour vous, j'espère, noircir de nombreuses lignes, je propose de commencer par quelques images, plus ou moins mystérieuses et inédites. En guise de bande-annonce, si l'on veut !



Pendant ce Mois de, vous pourrez tout me demander sur...










… mes débuts dans l'écriture, le quoi, le comment ou le pourquoi.












… les origines du Demi-Loup.












… le reste de mon travail, de scénariste notamment. Sur mes marottes et mes sujets de prédilection quand il s'agit d'inventer une histoire.






Mais, surtout, surprenez-moi ! Si, plutôt que de littérature, vous préférez parler peinture, après tout pourquoi pas. Je peux même vous parler de mes chats, si cela vous tente. Ou bien d'escrime ou d'équitation, de Fitz, de d'Artagnan ou de Lyra, de Médée ou bien d'Antigone, de Pasolini ou de Joan Baez, d'Arizona dream ou de Titanic, de randonnée ou bien de ciné, de fleurs de montagne ou de fruits du verger.



Pendant ce Mois de, en somme, amusons-nous.





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Phooka  

Bonjour Chloé,

Puisqu'il y a un moment de creux, j'en profite pour y placer mes questions à la c** !:)

Quand tu n'écris pas, que fais tu?
As tu du temps pour les loisirs (on sait déjà que tu pratique l'équitation)? Lesquels?

Bon et puis Arizona Dream alors ? Qu'aimes tu? Kusturica? Depp? Dunaway? Lewis ? La musique d'Iggy Pop (moi là je craque totalement ..)

Tiens et quels sont tes films préférés?

(Je reviendrai plus tard, j'en ai plein d'autres des questions de ce stye! :)) 




Chloé




Bonjour Phooka !

J’ai tardé un peu sur ta question, désolée, mais comme ça je réponds à toute une salve d’un coup !

Mes loisirs quand je n’écris pas, donc.
L'équitation, même si désormais cela fait plus partie de mes passions que de mes loisirs réguliers, vu que je n’ai plus trop l’occasion de pratiquer aussi souvent que je le voudrais. (Je me suis pas mal étendue sur le sujet dans une autre réponse, donc je n’y reviens pas trop.)
Ce qui m’occupe le plus, c’est l'escrime, ou plus précisément les AMHE, les Arts Martiaux Historiques Européens, que je pratique depuis 2012. Comme d’expérience tout le monde ne connait pas, je vais détailler un peu : il s’agit d’une activité qui se développe depuis environ 10/15 ans (en France en tout cas), et qui croise à la fois une pratique sportive et de la recherche. L’idée est de reconstituer les différentes techniques de combats européennes, quelles que soient l’arme et l’époque, à travers les traces historiques et archéologiques qu’on en conserve - par exemple des traités écrits par des maîtres d’armes ou bien des manuels d’instruction militaire pour les siècles plus récents, ou des sources iconographiques pour les périodes plus anciennes. Cela va de la gladiature romaine à la baïonnette de la première guerre mondiale. On étudie et apprend à manier toute une variété d’armes et de techniques. Rapière, sabre, lance, dague, épée longue à deux mains, lutte, épée et bouclier vikings, etc. Il s’agit donc d’une activité à la fois intellectuelle (des traités qu’il faut traduire, déchiffrer...) et sportive puisque l’interprétation des sources passe par la mise en pratique, que ce soit dans du travail technique « en douceur » ou, quand on est plus expérimenté, dans des assauts, avec les protections nécessaires.
Je fais également du tir à l’arc, même si c’est un peu ma bête noire et que je reste très mauvaise malgré l’entraînement ! :) Par ailleurs, après avoir essayé pendant une journée de stage, et avec l’ouverture d’une section dans un centre équestre près de chez moi, j’aimerais pratiquer plus régulièrement le tir à l’arc à cheval. C’est assez difficile mais très intéressant (et assez excitant je dois dire) !
Sinon, dès que j’ai l’occasion pendant les weekends ou pendant les vacances, je vais randonner avec mon compagnon. Habiter à Grenoble, entourés de montagnes, en stimule l’envie et en fournit facilement l’occasion tout à la fois ! Je me suis aussi mise à l’escalade récemment, et j’espère que j’aurai le temps d’aller grimper régulièrement pendant l’année qui vient.
Pour ce qui est des activités non sportives, j’aime bien aller au cinéma, ou en tout cas voir des films, et lire, qu’il s’agisse de romans, d’essais, de BD. J’aime aussi beaucoup cuisiner, et faire quelques activités manuelles comme de la couture.
Et je prends aussi des cours de Polonais.
Là je crois que vous connaissez l’essentiel de ce qui compose mon emploi du temps !

Arizona Dream, un film parmi beaucoup d’autres que j’aurais pu citer ! Il m’a beaucoup marquée quand je l’ai découvert au collège, pour son côté à la fois déjanté, poétique et tragique… et sa BO très très cool, il faut bien l’admettre ! (j’ai d’ailleurs découvert la BO avant le film).
C’est difficile, voire impossible, d’élire un film préféré. Ce serait beaucoup trop restrictif !
Alors, complètement en vrac, sans aucune hiérarchie, quelques films, réalisateurs et séries que j’aime beaucoup et/ou qui m’on marquée lors de leur découverte et/ou qui m’ont accompagnée dans la vie.
Pasolini, Titanic, Amadeus, les Seigneur des Anneaux, Jane Campion, Game of Thrones, Breaking Bad, Star Wars, L’Ours, Urgences, le Cinquième élément, l’Histoire sans fin, Zardoz, Deliverance, Ponette, Dancer in the Dark, les frères Coen, the Wall… et tous ceux que j’oublie !


Pitiponks 

Oh la la, je découvre à peine "ce mois" de Chloé Chevalier, et je souffle de soulagement en constatant qu'il n'est pas encore trop tard pour poser mes questions!
Bonjour Chloé!
Je vais te tutoyer puisque c'est ce que tout le monde fait ici ^^ Déjà, je tiens à dire que la saga des Récits du Demi-Loup est une de mes préférées jusqu'ici, tous genres confondus. Je ne sais pas si je fais partie des chroniqueurs/euses que tu as eu l'occasion de lire alors je me permets de te laisser les liens de mes chroniques ici:
Maintenant que ceci est partagé j'aimerais rebondir sur tes goûts littéraires. L'Assassin Royal, Les Royaumes du Nord, Le Clan des Otori, Harry Potter... Que de références communes! Il faut dire aussi que nous avons presque le même âge (j'ai 27 ans).
Ma dernière découverte littéraire coup de poing est bien la saga de l'Assassin Royal (une découverte tardive puisqu'elle date de fin 2015). Véritable coup de foudre littéraire, je l'aime passionnément!! Je me suis acheté (ou fait offrir, hum hum) tous les livres de Robin Hobb (ou presque) mais je me retiens de ne pas tout dévorer d'un seul coup alors j'espace mes lectures.
Peux-tu nous dire comment tu as découvert Robin Hobb et l'Assassin Royal, ce qui t'a marqué dans cette histoire, les souvenirs que tu en gardes, une anecdote liée à cette lecture? (Attention, je n'ai pas encore lu le second cycle de l'Assassin Royal!)
En tout cas merci pour cet "interview" extrêmement intéressante et pour ces livres pépites que sont les volumes du Demi-Loup qui trônent fièrement dans ma bibliothèque. Vivement le 4! (je suis bien contente d'apprendre ici qu'il sera épais, miam)



PS: la question rigolote en bonus: quels sont tes plats préférés?? :P 




Chloé




Bonjour Pitiponks !

Tout d’abord merci beaucoup ! J’avais lu tes chroniques, oui, soit parce que mon éditeur me les avait relayées, soit parce que j’étais tombée dessus en me promenant sur le net pour voir ce qui se disait sur mes livres. Je les ai probablement, au moins en partie (je ne suis pas 100% exhaustive), relayées sur ma page FB d’ailleurs.Effectivement, on a à peu près le même âge, et les séries en question sont pour l’essentiel parues pendant nos années collège/lycée, normal que ça soit des références communes !

J’ai découvert l’Assassin Royal tout simplement quand un ami me l’a prêté, au collège. A l’époque, j’avais moyennement accroché et abandonné au bout de deux tomes. Puis j’ai recommencé deux/trois ans plus tard, et depuis je n’ai plus jamais lâché Fitz et les autres cycles qui se passent dans le même monde. J’ai relu certains un bon nombre de fois ! Le tout dernier tome de Fitz, le dernier du troisième cycle, en Anglais, attend dans ma bibliothèque depuis le printemps. Car après celui-là, ce sera fini...Ce qui précisément m’a marqué dans cette lecture ? Beaucoup de choses ! Hobb a une écriture tellement riche, fine, on est extrêmement près des émotions des personnages… Mais ce que j’aime avant tout, c’est son personnage principal, c’est Fitz. A force de lire (et relire) des centaines et des centaines de pages « de ses mémoires », de le suivre sur des décennies de sa vie pendant des années de la sienne, on a l’impression de le connaître comme une véritable personne, avec toutes ses qualités et ses (nombreux) défauts !Des petites anecdotes liées à l’Assassin Royal ou à sa lecture, à mon avis je pourrais en trouver des tas tellement ces bouquins m’accompagnent depuis longtemps et ont eu de l’importance pour moi. Au hasard, un souvenir de vacances, du lycée : on était parties avec des copines dans un chalet dans les Alpes, sans électricité ni eau courante, et personne n’avait le permis pour aller faire des courses. C’était nos premières vacances seules «comme des grandes», on avait un peu merdouillé sur la quantité de nourriture emportée et on passait notre temps à avoir très (très) faim. En même temps, on est toutes en train de lire à longueur de journée les premiers tomes de Fitz, à Castlecerf, où il ne fait que manger du ragoût et du fromage en piquant dans les cuisines du château toute la journée. C’était de la torture, on avait encore plus faim !Sinon, j’ai aussi un chat qui s’appelle Fitz (sauf que c’est une femelle, mais je l’ai vu trop tard). 

Un plat préféré, c’est presque aussi difficile qu’un livre ou un film préféré ! 
J’ai un gros gros faible pour tous les fruits à coque et tout ce qui en contient. Glaces à la noisette ou aux noix, purée d’amande, pâtisseries orientales, par exemple. J’aime bien les courges et le fromage aussi, tous. Mais en fait je suis très ouverte. Il n’y a aucun aliment que je n’aime pas (à part certains trucs industriels) et j’adore découvrir de nouvelles cuisines, de nouveaux mets, quand je voyage ou que je vais au restaurant.




Coucou Chloé ! Comment vas-tu ? 

Je suis impressionnée par ton utilisation de la première personne pour tant de personnages différents, tu le fais si bien ! Même sans les très jolis "blasons" en début de chapitres, on reconnait presque immédiatement le narrateur. Ce n'est pas difficile, de jongler d'une identité à l'autre ? écris-tu tout chronologiquement, comme nous le découvrons dans le roman fini, ou autrement ?

Et tiens d'ailleurs, laquelle des cinq te ressemble le plus ? Ont-elles toutes un peu de toi ? :)

Et puisque j'ai parlé des "blasons", je me suis rendue curieuse : comment ont-ils été créés ? C'est une collaboration avec Melchior aussi, comme pour la carte ? :)

Sinon, à quels salons littéraires pourrons-nous te croiser ? 



à bientôt ! 




Chloé




Bonjour Allisonline !

Ca va bien, merci ! :) Je vais tâcher de répondre à cette foule de questions intéressantes sans en oublier !

Jongler d’un personnage à l’autre ne m'est plus compliqué, mais ça l’était davantage au début. Quand les cinq filles vivent ensemble à Véridienne dans le tome 1, qu’elles ont toutes la même éducation, les mêmes repères, etc., elles forment un peu une masse indifférenciée. Elles se ressemblent toutes les unes les autres, ont les mêmes avis, la même façon de penser et de réagir. C’était plus délicat, à cette époque, de faire deviner des personnalités variées quand les différences étaient en réalité ténues, et que les filles vivaient tous plus ou moins les mêmes événements. Maintenant, quand j’en arrive au tome 4, et que les héroïnes sont devenues si différentes, qu’elles traversent des situations qui n’ont rien à voir, ça ne me pose plus de difficulté. Je sais immédiatement comment chacune réagit face à telle ou telle situation. J’ai plus l’impression de décrire des personnes que je connaitrais très bien, qui ont leur autonomie propre, que d’inventer. C’est d’ailleurs intéressant que tu utilises, dans ta question, l’expression « changer d’identité » plutôt que «changer de personnage » ou de point de vue ! Parce qu’il y a un peu de ça, en effet. Quand je passe à un chapitre narré par Lufthilde, il faut se glisser dans la « logique Lufthilde », puis basculer à la « logique Nersès », etc. Mais à ce stade de l’écriture, tous les ingrédients qui composent la psychologie des personnage sont déjà en place, il n’y a plus qu’à dérouler le fil.

J’écrivais scrupuleusement dans l’ordre du roman (donc l'ordre de lecture, qui n’est pas forcément l’ordre chronologique) pour les tomes 1 et 2, même si j’ai fini par les « remonter » au final pour changer un peu le rythme et la distribution des événements. Quand des idées pour une scène se passant longtemps après me venaient en tête, je les laissais de côté en me disant « non, on verra ça plus tard », même si je savais que le « plus tard » serait peut-être dans six ans. Au final, j’ai sans doute perdu beaucoup d’idées de scènes ainsi, ce qui est dommage. A parti du tome 3, j’ai commencé à assouplir ma technique. Par exemple, j’ai écrit tous les chapitres sur Aldemor, qui se trouve loin et déconnecté de ce qui se passe en Demi-Loup, d’une traite à la fin, puis les ai inséré au milieu des autres. Maintenant que j’en suis au tome 4, j’ai changé de méthode ! J’écris globalement dans le sens du roman, mais pas tant que ça. Dès qu’une idée me vient, j’écris la scène dans un carnet à part, quand bien même elle n'arriverait qu'à la fin du cycle (j’ai déjà écrit l’épilogue, par exemple). Ensuite j’agrège à mon texte tous ces petits fragments écrits au fur et à mesure. Ainsi, non seulement je gagne du temps, mais je ne perds aucune idée, et j’écris les scènes au moment où j’ai le plus envie de les écrire, ce qui est souvent un bon point pour la qualité.

Difficile de dire de laquelle des cinq filles je me sens la plus proche. Elles ont toutes un peu de moi, clairement - même si je ne vais certainement pas vous révéler quoi ! ;) - et sans doute certaines plus que d’autres. Comme elles changent pas mal au fil des tomes, cela fluctue, de toute façon. Je suppose que les lecteurs doivent ressentir la même chose : on n’aime pas les mêmes tout le temps, les préférences et identifications changent. Mais ça c’est à vous de me le dire !

Les blasons sont à l’origine une idée de ma bêta-lectrice Anna Brunstein, qui est monteuse dans le cinéma, et à qui j’ai fait relire tous mes textes. Elle m’avait suggéré ça pour aider à différencier visuellement les narrateurs dans le tome 1. Dans le manuscrit papier que j’avais envoyé aux Moutons, j’avais donc appliqué l’idée, en utilisant des petits logos tout moches trouvés sur internet. Les éditeurs ont accepté de garder l’idée, et Melchior a dessiné les blasons. Contrairement à la carte, on n’a pas fonctionné par aller-retours. J’ai juste indiqué quel «blason» (pas sûre que ça soit le meilleur terme, d’ailleurs… lettrines ? pictogrammes ?) je voulais pour chaque personnage (le chat pour Lufthilde, le loup pour Nersès, une fleur de lilas pour Cathelle, un renard pour Crassu, et le collier de torture pour Aldemor) et Melchior les a dessinés de son côté.


Niveau salons et dédicaces, rien de prévu dans les mois à venir hormis une signature à Décitre Chambéry le 26 octobre. Avis aux libraires et organisateurs de salons ! ;)



Bonsoir
Je reviens avec une question tellement cruciale que personne n'a osé la posée. 
Le jeu de rondelles existait-il avant d'écrire Veridienne? Sinon l'as-tu fabriqué ? Est-que tu as trouvé des joueurs ? Je joue à beaucoup de jeux de société avec mes gosses ... Bon là je n'ai plus que mon fils pour partager ce genre d'activité. .. et je ne connais pas ce jeu...


A plus 



Chloé




Bonjour Ramettes !

Ah, le jeu des rondelles ! Très bonne question, en effet.
L’objet en lui-même, tel qu’il est décrit dans les livres, est directement inspiré de la Tour de Hanoï, un jeu - ou plutôt un casse-tête - qui existe bel et bien. J’en ai toujours eu un chez moi, mais n’y ai jamais beaucoup joué parce que… c’est franchement ennuyeux (même si c’est joli dans la bibliothèque). Une fois qu’on a pigé l'algorithme pour résoudre le casse-tête, c’est juste long et répétitif pour arriver à la fin, mais on y parvient toujours.



Différentes règles, avec des variantes, sont citées dans les tomes du Demi-Loup. Toutes sont inspirées d’assez près de la Tour de Hanoï, à ceci près que j’en ai fait un jeu à plusieurs plutôt qu’un casse-tête solitaire… ce qui probablement rend la chose encore plus ennuyeuse. Je rigole toujours un peu quand j’écris les scènes où les files jouent au Jeu des Rondelles pendant des heures, parce que j’imagine un jeu à peu près aussi excitant qu’une Bataille ! Personnellement, je n’ai jamais essayé d’y jouer, mais il faudrait peut-être que je tente l’expérience, pour voir !


Le jeu le plus intéressant du Demi-Loup est sans doute la Rondelle du Loup, inventé par Crassu et ses amis à la fin du tome 3, pour détourner l’immémorial Jeu des Rondelles. Là à mon ami il y a beaucoup plus matière à s’amuser.



Encore moi ...

J'ai appris plein de choses en te lisant et en particulier l'existence de ce AMHE. J'imagine que les connaissances que tu acquières dans cet exercice, te servent aussi pour tes romans , non ?

Et à propos de connaissances, comment as tu réussi à te mettre dans la peau de Crassu pour retranscrire le handicap et la force que lui confère sa surdité? 




Chloé




Re-bonjour Phooka !

Oui, effectivement, la pratique de l’escrime, et surtout des AMHE, me sert dans les romans, pour rendre les scènes de combat, d’entraînement, tout ce qui touche aux armes ou aux techniques martiales plus crédibles. Quand on a soi-même une expérience, même très humble, du combat à l’épée (ou quelle que soit l’arme, d’ailleurs), ça aide beaucoup pour appréhender les scènes de façon plus concrète, plus vraisemblable. Pour autant, je suis loin d’être un puits de science ces questions d’armement ou d’histoire militaire, mais par contre j’ai plusieurs camarades escrimeurs qui sont de vraies encyclopédies sur ces sujets, et à qui je fais relire mes textes (du moins les plus récents) ou pose des questions pour vérifier si tout est crédible et prendre leurs précieux conseils.

Pour le personnage de Crassu, j’avoue n’avoir fait aucune recherche sur la surdité, ni échangé avec aucun sourd, que ce soit pour préparer l’écriture ou faire relire le texte. J’ai écrit entièrement à l’instinct, en suivant ce qui me semblait vraisemblable, mais sans me baser sur des témoignages ou quoi que ce soit de la sorte. Peut-être suis-je complètement à côté de la plaque sur certains points (voire beaucoup), d’ailleurs, je ne sais pas ! Je n’ai encore pas eu l’occasion d’en discuter avec le moindre lecteur sourd, même si je serais curieuse. Quoi qu’il en soit, on reste de toute façon dans de la fiction, et j’espère que les lecteurs sauront pardonner d’éventuelles entorses au réalisme, ou qu’en tout cas ça ne freinera pas leur plongée dans l’histoire.Quant à se « mettre dans la peau » de Crassu pour écrire ses passages, oui, il y a quelques contraintes inhérentes au personnage à respecter ! Garder toujours en tête que rien ne doit passer par le bruit : pas de description des sons d’ambiance, ni des timbres des voix ou des intonations, pas de réaction à des interpellations, difficultés à toujours tout percevoir, quand l’interlocuteur bouge, parle mal, etc. Mais en fait je trouve la contrainte plutôt stimulante, car elle me force à trouver d’autres solutions pour décrire les lieux et les personnages, et surtout ses perceptions des discussions. Mais ça m’oblige à rester hyper vigilante, pour ne rien laisser passer.Et puis quand ensuite je repasse à un autre personnage, il y toujours une petite phase où j’oublie que Cathelle, Lufthilde et cie entendent normalement, et donc que je peux remettre le son !


Olala quand tu dis ; "Le tout dernier tome de Fitz, le dernier du troisième cycle, en Anglais, attend dans ma bibliothèque depuis le printemps. Car après celui-là, ce sera fini..." j'ai l'impression de m'entendre. J'ai poussé le vice jusqu'à le mettre sur ma table de nuit, comme ça il me nargue tous les soirs !

Tes dernières réponses sont très intéressantes ! Je ne connaissais pas du tout l'AMHE, mais ça a l'air fascinant et ça m'a donné envie d'en savoir plus. Et merci d'avoir répondu de façon aussi détaillée à mon pavé :) je te laisse un peu de répit pour cette fois, mais je reviens :p 



Chloé



Et je serais prête ! ;)



Ramettes 

Merci
Chloé pour ta réponse franche... Mon côté naïf c'est laissé emporté par ta description du jeu qui semble passionnant... D'après ta description ici je me sens moins emballée ! algorithmes, casse tête ... des mots qui ne me correspondent pas. lol.
Donc bravo pour pour ton travail d'écriture qui emporte le lecteur.
oups pas de question...


C'est l'heure du goûter : thé ou café ?



Chloé

Thé, le plus souvent ! Le café pour les journées plus difficiles et la voiture.

MERS BRUMEUSES de Chloé Chevalier


RÉCITS DU DEMI-LOUP - Tome 3- 


Éditions Le moutons électriques
365 pages
19,90 euros


4ème de couv :

Pour Cathelle et Aldemor, l'heure n'est plus aux regrets. Rien n'arrêtera ce qu'ils ont déclenché.

Véridienne et les Éponas, pour la première fois, lèvent les armes l'un contre l'autre. Sur les rivages des Mers Brumeuses, les Chats de Calvina et les guerrières de Malvane se jaugent, et les deux Suivantes, résignées et amères, se préparent à devoir verser le sang de leurs camarades d'enfance. Alors que leurs reines, à tort ou à raison, leur retirent peu à peu toute confiance et que leurs terres se transforment en cimetières, plus rien ne semble pouvoir empêcher les désastres à venir.

Les rêves se fanent, les espoirs se muent en vaines illusions, amitiés et amours se délitent, tandis que le Demi-Loup, les yeux bandés, danse au bord du gouffre.











Que d'évolutions et de changements depuis le tout premier tome de la série !! La camaraderie, voire même l'amour qui unissait les deux princesses et leurs suivantes volent en éclat. Déjà lors du précédent opus, Cathelle avait fuit avec Aldemor, et les princesses étaient retournées chacune dans leur royaume respectif, le coeur plein de rancoeurs et de jalousie. Mais au moins les deux suivantes "survivantes" Nersès et Lufthilde restaient en contact et oeuvraient de concert en essayant d'aplanir du mieux possible les difficultés.

Mais voilà que la rencontre des Mers Brumeuses va réduire en miettes les derniers espoirs. Et là où les cinq ne faisaient qu'un  au début, elles vont faire dorénavant cinq entités totalement différentes et indépendantes. Chacune va agir à sa façon et les clivages deviennent inexorables. Bien sûr, Cathelle a bien oeuvré pour en arriver là. Qui mieux qu'une des cinq connaît les faiblesses des quatre autres ? Mais quand la manoeuvre devient évidente pour Lufthilde, il est trop tard, bien trop tard et les dés sont irrémédiablement jetés.

Véridienne était amour et harmonie, ou presque car on sentait quand même des dissensions parmi les cinq jeunes filles. Des failles qui n'ont fait que grandir, au point de devenir si profondes que plus rien ne peut les combler.

C'est avec ce regard toujours aussi perçant que Chloé Chevalier décortique les réactions de chacune, en les suivant tour à tour. On les aime toujours malgré leurs défauts, leurs erreurs ou leur manigances. On ne peut pas s'en empêcher c'est plus fort que nous, pauvres lecteurs.

Mais la cerise sur le gâteau, c'est la rencontre avec un nouveau personnage. Enfin nouveau, n'est pas le terme car il était présent avant, mais cette fois il est mis en avant et il "prend la parole". Crassu, le fils adoptif de Nersès fait une entrée fracassante dans le monde du Demi-Loup. Là encore Chloé Chevalier nous fait vibrer avec ce personnage hors du commun et tellement attachant. C'est lui qui éclaire ce tome 3, et dès le premier chapitre elle a sû en faire un héros discret mais d'une importance vitale.

Mers Brumeuses est le roman des discordes entre tous. On sent que l'on va inexorablement vers la fin, mais sans savoir de quoi cette fin sera faite. Au point où en sont rendus nos héros, on se dit que les choix vont être difficiles, que les sacrifices vont être immenses, bref que le destin tragique de certains (mais lesquels) va les rattraper implacablement. On pressent la tragédie tout en la refusant car nous, on les aime ces héros, malgré leurs erreurs. J'ai tout à la fois terriblement peur du quatrième et dernier tome et en même temps tellement envie de l'avoir entre les mains. 

Mers Brumeuses, est intense et prenant. On en sort bouleversé, mais je me doute que la suite va être encore plus puissante et forte en émotions. Une fois encore Chloé Chevalier brosse des tableaux de héros d'une profondeur incroyable, on en oublierait presque que ce sont des héros de papier!


Si vous avez raté le début: