jeudi 4 octobre 2012

TOI de Zoran Drvenkar




Sonatines Editions
567 pages
22 euros
Sortie prévu début novembre 2012



4ème de couv :

Un tueur en série.
Cinq adolescentes.
Un thriller magistral.

Imagine une tempête de neige sur l’autoroute. Un bouchon qui s’étire sur plusieurs kilomètres, aucune visibilité. Un homme sort de sa voiture et en silence assassine méticuleusement, à mains nues, vingt-six personnes dans les véhicules alentours. C’est le début d’une série de meurtres sans mobiles apparents commis par celui que la presse surnomme Le Voyageur.

Imagine maintenant cinq adolescentes. Cinq amies avec leurs espoirs et leurs peurs, leurs envies et leurs problèmes. Cinq jeunes filles que rien ne peut séparer, qui vont être prises au piège d’une situation qui les dépasse. Prises en chasse par un homme à qui tu ne voudrais pas avoir affaire, elles vont se jeter dans une fuite en avant sauvage et désespérée.

Imagine enfin un voyage jusqu’à un hôtel isolé en Norvège où tous ces protagonistes vont se retrouver pour une confrontation à la tension extrême et un dénouement qui te laissera sans voix.

Zoran Drvenkar n’est pas un auteur comme les autres. Après Sorry (Sonatine Éditions, 2010), il subvertit une nouvelle fois tous les codes du genre et revient avec un thriller remarquable, à la construction vertigineuse. C’est dans un véritable piège qu’il entraîne un lecteur impliqué comme jamais, vibrant pour des personnages aussi complexes que fascinants.


L'avis de Dup :

Un tueur en série, le Voyageur. Un gars normal la plupart du temps, mais qui tous les trois, voire quatre ou cinq ans, pète les plombs et tue méthodiquement, froidement, tous ceux qui vivent et qui ont eu le malheur d'être là, sur son chemin.

Cinq berlinoises de seize ans, copines depuis l'école maternelle, qui font tout ensemble, surtout les quatre cent coups. Une des cinq, Taja, a disparu depuis presque une semaine. Elles la retrouvent chez elle, complètement défoncée et malade. Cela fait une semaine qu'elle ne se nourrit qu'à l'héroïne, trouvée dans la "réserve" de son père. En fait son père est receleur pour son oncle Ragnar, le chef de la mafia de Berlin. Elles vont s'en occuper, et comme monnaie d'échange pour trouver des médicaments aidant au sevrage, monnayer le stock de drogue à leur disposition... Ragnar ne va pas se laisser voler ainsi et va s'en suivre une course poursuite à travers toute l'Allemagne jusqu'au nord de la Norvège.

Le lien entre le Voyageur et ce monde là ne se fera qu'à la page 450 ! Pendant 450 pages on se demande ce qu'il fait là ce gars dans cette histoire !  D'autant que ses "exploits" coupent un peu le rythme des aventures de nos cinq ados...

Construit à la manière d'un gigantesque puzzle dont les pièces sont les chapitres qui s’emboîtent les uns dans les autres. Et quand je dis s’emboîtent, c'est vraiment ça, car chaque chapitre suivant reprend l'action au milieu du précédent, mais vu par quelqu'un d'autre. On alterne donc les points de vue des différents protagonistes. Cela donne une sensation de va et vient permanent assez bizarre au début, mais aussi la fausse impression que cette histoire n'avance pas. 

Cela permet cependant de bien comprendre chacun des personnages, d'explorer leurs forces, leurs zones d'ombres. En cela l'auteur est très fort, la psychologie de ses personnages est vraiment bien détaillée, fouillée et passionnante. Et surtout, celle-ci sera la clé de toutes les situations, de l'enchaînement des évènements. Il demande à son lecteur d'être très attentif, pour qu'il ne rate surtout pas cette clé qui éclairera l'étape suivante, et très vite on se prend au jeu et c'est juste passionnant, oui, je le redis !

Et heureusement d'ailleurs parce que le type de narration adopté par Zoran Dvrenkar fait tout pour nous détacher d'eux. Il m'a fallu un moment d'ailleurs pour comprendre le titre de ce roman. C'est Toi, parce que chaque chapitre consacré à un personnage, la narration est à la deuxième personne du singulier. Tu observes, tu dis, tu vas faire ça...
Je vous mets un extrait qui souligne bien ce détachement. Il est consacré à Tanner, le bras droit, l'ami, l'homme à tout faire de Ragnar.
Tu as toujours eu des difficultés avec les femmes, mais nous ne déroulerons pas ta vie, le temps nous manque. Nous t'accompagnerons pendant quelques heures jusqu'à ce que tu quittes cette histoire, comme une poignée de main fatiguée après une longue soirée ou le tremblement d'une hache restée plantée dans le bois. Mais, auparavant, il faudra que tu parles à Ragnar et à son fils, autrement nous ne pourrions pas te donner congé.
Et si vous saviez comment ce que va dire Tanner justement va déclencher ensuite ! Et aussi, comment l'auteur va le faire sortir de cette histoire ! 
Cette narration créé une certaine distance, voire même une froideur et c'est certainement voulu. Il n'y a pas de personnages principaux dans ce roman, ils sont tous au même niveau.

Le tout donne un thriller surprenant, assurément pas comme les autres, que j'ai eu plaisir à lire. La fin est comme le reste du roman, imprévisible. J'ai adoré cette lecture, j'en fais un coup de coeur, et pourtant je suis persuadée que les avis seront partagés. En attendant, j'ai Sorry dans ma PAL et je vais très vite m'y plonger. L'écriture de cet auteur et sa maîtrise de l'intrigue me laisse pantoise, vraiment.




9 commentaires:

  1. Un auteur que tu me donnes envie de découvrir.

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    1. As-tu lu Sorry toi ? Je cherche des avis :)

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  2. Le résumé me tentait bien mais un petit quelque chose me refroidit après avoir lu ton avis. Il ne doit pas être évident à lire ce bouquin.

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    1. Tu as tord, il a une très belle écriture ce monsieur !

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  3. Dup, tu trouvera un joli billet sur "Sorry" chez Lisalor !
    Quant à celui-ci je l'ai aussi dans ma PAL et que dire sinon que ton billt me donne envie de vite le lire !

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  4. Je suis entrain de lire "Toi" et j'avais lu "Sorry" à sa sortie. J'avais ADORE!
    Si tu veux lire mon avis, c'est là: http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2011/03/22/20699726.html

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  5. J'attends avec impatience sa sortie. J'avais beaucoup aimé Sorry, quelle joie de pouvoir bientôt lire un nouveau roman de Zoran Drvenkar, en espérant qu'il soit aussi bien.

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  6. oh que j'ai passé un bon moment (tendu mais bon !). Le scénario est impec et la construction originale, à première vue compliquée et en fait pas du tout, ça coule tout seul.
    je suis ravie de lire ton billet qui décrit parfaitement ce que j'ai ressenti.

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    1. Merci beaucoup Stéphanie, j'en rougis !

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